Saviez vous que le 4 décembre, jour du drapeau andalou est une journée officiellement célébrée par le gouvernement local et les organisations de gauche et souverainistes pour commémorer les manifestations du 4 décembre 1977 pour l’autonomie, et que le 23 février les Andalous ne travaillent pas pour célébrer leurs accession à l’autonomie ? Malgré le fait que l’Andalousie bénéficie d’un faible statut d’autonomie comparé à la Catalogne ou au Pays Basque , il n’en demeure pas moins que les andalous bénéficient d’un jour férié pour leur fête nationale, et d’un autre pour célébrer officielement leur drapeau blanc et vert. Tout comme les basques, les catalans…Sans parler des Ecossais avec qui Loig Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, aime s’afficher….Tout au moins avec leurs dirigeants…En Ecosse la Saint Andrew est un jour férié.
Dans l’état espagnol les jours fériés des nationalités historiques ou autonomies donnent lieu à des manifestations revendicatives. En Bretagne la Saint-Yves n’est qu’une suite d’animations culturelles dépolitisées…plus ou moins folkloriques.
Dans la suite des débats et bilan ayant eu lieu avec d’autres forces suite à la manif de Nantes pour une Bretagne en Commun du 28 septembre dernier, les militants de la gauche Indépendantiste ont suggéré de continuer à ritualiser la vie politique bretonne avec un calendrier ayant pour objet d‘inscrire la Bretagne comme sujet politique dans le débat public. Voici leur première contribution publique pour une Saint-Yves revendicative. Le débat est ouvert.
Pour une Saint-Yves revendicative !
Rendez-vous le 17 mai dans la rue à Rennes pour un pouvoir politique breton !
La nomination à Paris d’un gouvernement ne reflétant pas le résultat des urnes a abouti à un motion de censure soulignant le caractère obsolète de la 5eme république. Le nouveau gouvernement nommé fin décembre ne va pas résoudre ce sentiment de hold-up démocratique.
Nous avions affirmé notre défiance à l’endroit du précédent gouvernement et notre volonté de voir les collectivités locales bretonnes – depuis la commune jusqu’à la Région – devenir autant de lieux de résistance à un projet politique qui, sous la bannière du « retour à l’Ordre » cher à Mr Retailleau et ses amis, était déjà dangereusement réactionnaire, autoritaire, antisocial, anti-écologique, anti-féministe et ultra-centralisateur.
Un projet politique en phase en grande partie avec l’agenda néo-fasciste du Rassemblement National, qui se pose en alternative à la crise des institutions et fait de la surenchère.L’arrivée de Manuel Valls , avec l’accord du RN, dans le casting renforce le caractère profondément hostile de cette équipe à la tête de l’état envers toutes les revendications des peuples sous domination française.
Lequel Rassemblement National, rappelons-le, propose (entre autres infamies) la suppression des conseils régionaux. Et lequel Rassemblement National a été le seul parti à voter, en session plénière de la Région Bretagne, CONTRE la demande d’autonomie qui y fait formellement consensus.
Demande d’autonomie que la majorité de gestion à la Région Bretagne se garde bien de promouvoir sérieusement.
Le gouvernement qui a chuté en décembre voulait faire porter aux collectivités locales le coût d’une politique d’austérité que nous n’avons pas choisit. Celui qui prendra sa place ira forcément dans le même sens.
Cela affaiblira les services publics sous responsabilités locales dans l’enseignement, le transport, le logement…Cela dégradera nos conditions de vie.
En Bretagne nous avons pourtant urgemment besoin d’un cadre d’autogouvernement fiscal et législatif pour porter des politiques publiques transformatrices et équitables en matière de logement et de santé, d’aménagement du territoire et de partage des ressources. C’est notre pays c’est à nous de décider.
Aucune refondation démocratique ne pourra avoir lieu sans rupture avec la mystique du centralisme national-républicain. Nous n’avons pas à subir l’échec de ce centralisme qui nous prive de toute vie démocratique locale, qui rabote nos faibles marges de manœuvres pour construire une société plus juste socialement.
Saisissons l’opportunité de la Fête de la Bretagne pour revendiquer un pouvoir politique breton de Brest à Clisson.
Subvertissons le symbole désuet de la Saint-Yves en la transformant en journée de lutte pour un pouvoir politique breton. De nombreux peuples sans état d’Europe occidentale manifestent le jour de leur fête nationale (souvent fériée!) : en Catalogne, en Andalousie, au Pays de Galles, au Pays Basque…
A l’heure où le patronat français et breton veut nous supprimer un jour de congés après avoir soutenu la très impopulaire réforme des retraites pour nous faire bosser toujours plus, exigeons de la Région Bretagne que la Saint-Yves soit fériée pour ses agents et que les autres collectivités de Brest à Clisson lui emboîtent le pas, que les patrons bretons prétendument attachés à notre pays accordent un jour chômé et payé à leur salariés.
Rendez-vous le samedi 17 mai 2025 à Rennes pour une manifestation affirmant :
-Les bretons ont le droit de s’autogouverner de Brest à Clisson ! En avant vers le pouvoir politique breton !
-Non aux mesures d’austérité imposés par le gouvernement de Paris ! Un jour de congé supplémentaire pour les travailleurs bretons !
War-Sav !- Pour L’Organisation de la Gauche Indépendantiste
