La Région Bretagne dépense beaucoup pour la guerre et l’armement. Ainsi en juin dernier c’est 7 M€ qui sont explicitement des fonds européens FEDER (Fonds européen de développement régional) qui ont été réaffectés par la Région Bretagne pour soutenir la filière défense.
Ces fonds doivent financer :
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- l’amélioration de la performance industrielle ;
- les investissements productifs et les capacités de production ;
- l’accompagnement des entreprises via un programme de type « Booster Défense » ;
- la structuration de la filière régionale.
Cela n’a provoqué aucune mobilisation , remarque ou critique. Surtout pas des forces écologistes, communistes ou autonomistes présentes dans cette assemblée. La France Insoumise qui siège désormais dans de nombreux conseils municipaux et conseil d’agglo ou métropolitain en Bretagne iméctés par le lobby militaro-industriel a également gardé le silence.
Pourtant on aurait par exemple dépenser ces 7 M€ pour lutter contre la précarité alimentaire . .
Imaginons que la Région Bretagne ait conservé ces 7 M€ dans d’autres priorités plutôt que de créer un axe « défense ». Ils auraient pu servir à :
- créer ou agrandir des plateformes logistiques alimentaires territoriales ;
- financer des légumeries ou ateliers de transformation locaux ;
- soutenir des projets portés par des EPCI pour développer des épiceries sociales et solidaires ;
- équiper des banques alimentaires ;
- développer des infrastructures favorisant l’accès à une alimentation durable dans les territoires ruraux
- soutenir des projets territoriaux alimentaires (PAT) à l’échelle intercommunale.
Au Pays de Galles, nation sans état vers laquelle les Bretons aiment regarder , il en est tout autre. La société civile engagée contre le militarisme se mobilise contre la guerre et les dépenses militaires et invite à consacrer ces dépenses aux politiques sociales. Alors que le Plaid Cymru ( le parti du Pays de Galles, Nationaliste de gauche et enclin à un virage indépendantiste ) a gagné les dernières élections à l’assemblée galloise, les militants pacifistes et anti-impérialistes se rappellent à lui.
En Bretagne, environ 40 000 emplois civils sont liés à l’armement. ( 30 000 en Région et un peu moins de 10 000 en Loire-Atlantique ). Et il faut y ajouter 30 000 emplois militaires. Soit environ 70 000 emplois.
Alors que de larges secteurs de la gauche bretonne et des écologistes critiquent le monde agricole et le modèle productiviste, non sans fondement, on remarquera leurs incroyable silence sur le poids du militarisme et de l’impérialisme français et européen dans notre économie. Ce silence semble partagé par le milieu associatif breton…où sont passés les antimilitaristes ? Les pacifistes ?
De ce point de vue les mobilisations annoncées au Pays de Galles sont intéressantes et devraient alimenter la réflexion de ceux et celles qui veulent faire de la Bretagne un pays où l’on puisse décider de politiques publiques au bénéfice de la majorité sociale, solidaires et non alignées sur les dépenses imposées par l’OTAN et la mafia patronale impérialiste.
Des militants indépendantistes de gauche.
Voila les axes de mobilisations antimilitaristes au Pays de Galles dans les prochaines semaines :
Stop the War Cymru, CND Cymru, Cymdeithas y Cymod, Heddwch ar Waith, Palestine Solidarity Campaign Cymru, les groupes militants d’Amnesty International au pays de Galles et Cymru Cuba se sont accordés sur la déclaration suivante, appelant le gouvernement gallois à annuler le prochain salon de l’armement organisé par celui-ci sous l’appellation de sommet « Defence Security Resilience Cymru ». Cet événement doit se tenir les 3 et 4 septembre 2026 au Centre international de conventions du Celtic Manor, à Newport.
Le pays de Galles se trouve à la croisée des chemins, tant sur le plan politique qu’économique. Il doit choisir entre, d’une part, une forte augmentation des dépenses dites de « défense », fondée sur la peur des autres et l’installation permanente du Royaume-Uni dans une économie de guerre, et, d’autre part, la véritable défense de nos populations : des logements de qualité, des services de santé et d’aide sociale, une alimentation saine et une eau propre, des revenus décents, ainsi que la création d’une stabilité écologique nous protégeant des conséquences du réchauffement climatique.
Plaid Cymru s’est jusqu’à présent prononcé en faveur de cette seconde voie, et non de la première :
- En 2018, le parti s’était tenu aux côtés des militants qui avaient contraint un salon de l’armement à quitter Cardiff.
- L’année dernière encore, Rhun ap Iorwerth, aujourd’hui Premier ministre du pays de Galles, avait critiqué le gouvernement travailliste d’Eluned Morgan pour avoir accordé 500 000 livres sterling d’argent public gallois à une entreprise d’armement dont les produits pourraient avoir été utilisés par Israël dans le génocide en cours du peuple palestinien.
- Lors de la conférence d’automne 2024 de Plaid Cymru, les délégués du parti avaient adopté à l’unanimité la motion d’urgence de PARC appelant à agir contre le projet de radar DARC dans le Pembrokeshire.
Nous appelons donc le nouveau gouvernement gallois dirigé par Plaid Cymru à se tenir une nouvelle fois aux côtés des militants pacifistes et opposés à la guerre, et à annuler le sommet « Defence Security Resilience Cymru », qui doit avoir lieu les 3 et 4 septembre au Centre international de conventions du Celtic Manor, à Newport.
Le gouvernement gallois coorganise actuellement ce sommet avec Business in Focus, ADS Group et General Dynamics Land Systems.
ADS Group est présenté comme l’organisme professionnel représentant l’industrie britannique de l’armement. Il représente les principales entreprises du secteur et défend les intérêts des fabricants d’armes.
General Dynamics Land Systems est une filiale de General Dynamics, l’une des plus grandes entreprises d’armement au monde. General Dynamics a fourni des armes à l’armée israélienne durant le génocide en cours à Gaza.
Ce sommet alignera le pays de Galles sur le programme d’expansion militaire du gouvernement britannique et sur la course mondiale aux armements.
Le précédent gouvernement travailliste gallois affirmait que le développement de l’industrie de l’armement créerait des emplois, présentant régulièrement les emplois liés à la défense comme indispensables. Pourtant, la dépendance envers un petit nombre de contrats militaires à haut risque expose les populations galloises à l’instabilité, aux décisions politiques prises à Westminster et aux controverses éthiques entourant les exportations d’armes.
Les compétences de nos ingénieurs, techniciens, scientifiques et travailleurs devraient être orientées vers des productions socialement utiles, notamment dans les domaines des énergies renouvelables, des transports publics, du logement abordable et de la reconstruction de nos services publics.
Chaque livre sterling détournée vers des dépenses militaires excessives est une livre qui n’est pas investie dans la lutte contre les véritables crises auxquelles le pays de Galles est confronté : le changement climatique, la pauvreté, le manque de logements abordables et les pressions exercées sur les services publics.
Si le nouveau gouvernement gallois maintient ce salon de l’armement, les mouvements pacifistes, antiguerre et de solidarité organiseront ensemble une manifestation massive devant le sommet, afin d’affirmer haut et fort que le peuple gallois veut un avenir fondé sur la protection sociale, et non sur la guerre : « Welfare, not Warfare » — des politiques sociales, pas la guerre.


