Breizhistance, Breizh O Stourm, Dispac’h, Gauche Indépendantiste… Les idées indépendantistes de gauche sont diffusées sous plusieurs sigles depuis de nombreux années… S’il existe une réelle proximité entre ces protagonistes, le temps de l’éclaircissement est venu pour mieux cerner les différentes approches et sensibilités dans le but de construire, par souci d’efficacité, les meilleurs outils pour diffuser ces idées.
Nous sommes un groupe de militant·e·s ayant participé à Emgann-MGI, au collectif des détenus politiques bretons, aux initiatives de soutien à ces derniers, au SLB université, à Dispac’h, Breizhistance, Breizh O Stourm / Bretagne en Luttes, à différentes campagnes électorales, à l’Union des Etudiant·e·s Breton·ne·s, etc.
Nous rendons publique cette contribution analytique, marquée par la pratique de l’autocritique et une forte détermination.
Compte tenu du contexte actuel lié au COVID-19, ce texte a été écrit à distance par plusieurs personnes et a fait l’objet d’échanges répétés ces dernières semaines. Il a pour objectif d’avancer sur les questions liées à l’organisation la Gauche Indépendantiste, pour y apporter des éléments de réponse, notamment stratégiques. Mais ce texte n’est pas définitif et pourra par la suite être débattu par les personnes souhaitant y participer lorsque la situation le permettra (en respectant les règles nécessaires) ou par les moyens de communication possibles.
Un calendrier sera proposé sous peu pour échanger sur le texte et sur le devenir de cette organisation.
En conférence de presse le 14 janvier, le président François Hollande s’est exprimé sur l’organisation territoriale de l’Hexagone.
“Notre organisation territoriale devra être revue” pour “en finir avec les enchevêtrements, les doublons et les confusions” de compétences. “Il devra y avoir une clarification stricte des compétences entre collectivités territoriales”, “les régions se verront confier un pouvoir réglementaire local d’adaptation”. Puis cette phrase sibylline : “les régions dont le nombre peut aussi évoluer” avant d’ajouter “Il n’y a pas de raison que ce nombre soit le même dans quelques années”.
Ces quelques phrases pourraient laisser penser à une ouverture sur la question de l’unité administrative de la Bretagne et à une évolution des capacités d’action politique de la Région, si seulement le premier ministre actuel n’était pas Jean-Marc Ayrault, défenseur d’une région «grand ouest» dans le cadre d’une réorganisation territoriale.
Ce projet purement technocratique ne répond clairement pas aux souhaits et intérêts des habitants de la Bretagne et des régions de l’ouest de la France. Nous nous en inquiétons, d’autant que depuis quelques années nombre d’administrations sont réorganisées en prenant comme cadre territorial la partition actuelle de la Bretagne. Les récentes mobilisations des Bonnets Rouges avaient en partie fait émerger des revendications institutionnelles pour la Bretagne (Réunification et décentralisation). Mais c’est depuis de nombreuses années et à travers des centaines de manifestations diverses que la revendication d’unité territoriale et de pouvoir régional existent en Bretagne.
Nous ne pourrons faire l’économie d’une amplification de ces mobilisations et de l’exigence d’un véritable droit à l’autodétermination pour le peuple breton sur ces questions, si nous voulons nous faire entendre du gouvernement français.
La Région Bretagne dépense beaucoup pour la guerre et l’armement. Ainsi en juin dernier c’est 7 M€ qui sont explicitement des fonds européens FEDER (Fonds européen de développement régional) qui ont été réaffectés par la Région Bretagne pour soutenir la filière défense.
Ces fonds doivent financer :
l’amélioration de la performance industrielle ;
les investissements productifs et les capacités de production ;
l’accompagnement des entreprises via un programme de type « Booster Défense » ;
la structuration de la filière régionale.
Cela n’a provoqué aucune mobilisation , remarque ou critique. Surtout pas des forces écologistes, communistes ou autonomistes présentes dans cette assemblée. La France Insoumise qui siège désormais dans de nombreux conseils municipaux et conseil d’agglo ou métropolitain en Bretagne iméctés par le lobby militaro-industriel a également gardé le silence.
Pourtant on aurait par exemple dépenser ces 7 M€ pour lutter contre la précarité alimentaire . .
Imaginons que la Région Bretagne ait conservé ces 7 M€ dans d’autres priorités plutôt que de créer un axe « défense ». Ils auraient pu servir à :
créer ou agrandir des plateformes logistiques alimentaires territoriales ;
financer des légumeries ou ateliers de transformation locaux ;
soutenir des projets portés par des EPCI pour développer des épiceries sociales et solidaires ;
équiper des banques alimentaires ;
développer des infrastructures favorisant l’accès à une alimentation durable dans les territoires ruraux
soutenir des projets territoriaux alimentaires (PAT) à l’échelle intercommunale.
Au Pays de Galles, nation sans état vers laquelle les Bretons aiment regarder , il en est tout autre. La société civile engagée contre le militarisme se mobilise contre la guerre et les dépenses militaires et invite à consacrer ces dépenses aux politiques sociales. Alors que le Plaid Cymru ( le parti du Pays de Galles, Nationaliste de gauche et enclin à un virage indépendantiste ) a gagné les dernières élections à l’assemblée galloise, les militants pacifistes et anti-impérialistes se rappellent à lui.
En Bretagne, environ 40 000 emplois civils sont liés à l’armement. ( 30 000 en Région et un peu moins de 10 000 en Loire-Atlantique ). Et il faut y ajouter 30 000 emplois militaires. Soit environ 70 000 emplois.
Alors que de larges secteurs de la gauche bretonne et des écologistes critiquent le monde agricole et le modèle productiviste, non sans fondement, on remarquera leurs incroyable silence sur le poids du militarisme et de l’impérialisme français et européen dans notre économie. Ce silence semble partagé par le milieu associatif breton…où sont passés les antimilitaristes ? Les pacifistes ?
De ce point de vue les mobilisations annoncées au Pays de Galles sont intéressantes et devraient alimenter la réflexion de ceux et celles qui veulent faire de la Bretagne un pays où l’on puisse décider de politiques publiques au bénéfice de la majorité sociale, solidaires et non alignées sur les dépenses imposées par l’OTAN et la mafia patronale impérialiste.
Des militants indépendantistes de gauche.
Voila les axes de mobilisations antimilitaristes au Pays de Galles dans les prochaines semaines :
Stop the War Cymru, CND Cymru, Cymdeithas y Cymod, Heddwch ar Waith, Palestine Solidarity Campaign Cymru, les groupes militants d’Amnesty International au pays de Galles et Cymru Cuba se sont accordés sur la déclaration suivante, appelant le gouvernement gallois à annuler le prochain salon de l’armement organisé par celui-ci sous l’appellation de sommet « Defence Security Resilience Cymru ». Cet événement doit se tenir les 3 et 4 septembre 2026 au Centre international de conventions du Celtic Manor, à Newport.
Le pays de Galles se trouve à la croisée des chemins, tant sur le plan politique qu’économique. Il doit choisir entre, d’une part, une forte augmentation des dépenses dites de « défense », fondée sur la peur des autres et l’installation permanente du Royaume-Uni dans une économie de guerre, et, d’autre part, la véritable défense de nos populations : des logements de qualité, des services de santé et d’aide sociale, une alimentation saine et une eau propre, des revenus décents, ainsi que la création d’une stabilité écologique nous protégeant des conséquences du réchauffement climatique.
Plaid Cymru s’est jusqu’à présent prononcé en faveur de cette seconde voie, et non de la première :
En 2018, le parti s’était tenu aux côtés des militants qui avaient contraint un salon de l’armement à quitter Cardiff.
L’année dernière encore, Rhun ap Iorwerth, aujourd’hui Premier ministre du pays de Galles, avait critiqué le gouvernement travailliste d’Eluned Morgan pour avoir accordé 500 000 livres sterling d’argent public gallois à une entreprise d’armement dont les produits pourraient avoir été utilisés par Israël dans le génocide en cours du peuple palestinien.
Lors de la conférence d’automne 2024 de Plaid Cymru, les délégués du parti avaient adopté à l’unanimité la motion d’urgence de PARC appelant à agir contre le projet de radar DARC dans le Pembrokeshire.
Nous appelons donc le nouveau gouvernement gallois dirigé par Plaid Cymru à se tenir une nouvelle fois aux côtés des militants pacifistes et opposés à la guerre, et à annuler le sommet « Defence Security Resilience Cymru », qui doit avoir lieu les 3 et 4 septembre au Centre international de conventions du Celtic Manor, à Newport.
Le gouvernement gallois coorganise actuellement ce sommet avec Business in Focus, ADS Group et General Dynamics Land Systems.
ADS Group est présenté comme l’organisme professionnel représentant l’industrie britannique de l’armement. Il représente les principales entreprises du secteur et défend les intérêts des fabricants d’armes.
General Dynamics Land Systems est une filiale de General Dynamics, l’une des plus grandes entreprises d’armement au monde. General Dynamics a fourni des armes à l’armée israélienne durant le génocide en cours à Gaza.
Ce sommet alignera le pays de Galles sur le programme d’expansion militaire du gouvernement britannique et sur la course mondiale aux armements.
Le précédent gouvernement travailliste gallois affirmait que le développement de l’industrie de l’armement créerait des emplois, présentant régulièrement les emplois liés à la défense comme indispensables. Pourtant, la dépendance envers un petit nombre de contrats militaires à haut risque expose les populations galloises à l’instabilité, aux décisions politiques prises à Westminster et aux controverses éthiques entourant les exportations d’armes.
Les compétences de nos ingénieurs, techniciens, scientifiques et travailleurs devraient être orientées vers des productions socialement utiles, notamment dans les domaines des énergies renouvelables, des transports publics, du logement abordable et de la reconstruction de nos services publics.
Chaque livre sterling détournée vers des dépenses militaires excessives est une livre qui n’est pas investie dans la lutte contre les véritables crises auxquelles le pays de Galles est confronté : le changement climatique, la pauvreté, le manque de logements abordables et les pressions exercées sur les services publics.
Si le nouveau gouvernement gallois maintient ce salon de l’armement, les mouvements pacifistes, antiguerre et de solidarité organiseront ensemble une manifestation massive devant le sommet, afin d’affirmer haut et fort que le peuple gallois veut un avenir fondé sur la protection sociale, et non sur la guerre : « Welfare, not Warfare » — des politiques sociales, pas la guerre.
“Nous, participants et participantes à la rencontre organisée par le CNCP, le MODEMAS et le PKLS le jeudi 25 octobre 2018 au Centre Culturel du Bourg du Lamentin, affirmons que le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, principe reconnu par les institutions et législations internationales, ne peut souffrir d’aucune exception ni dérogation et que son application ne saurait, en aucun cas, être déterminé par les cadres et décisions venant de puissances dominantes dont l’autorité a été imposée aux peuples concernés. En conséquence :
Nous dénonçons les conditions dans lesquelles se déroule le référendum organisé par la France en Kanaky. L’offensive de peuplement ininterrompue depuis la circulaire de Pierre Messmer, la participation de ressortissants Français au suffrage, le contrôle des moyens médiatiques et la domination économique coloniale enlèvent toute crédibilité à ce référendum au résultat programmé.
Nous dénonçons la répression sauvage du peuple Catalan par le régime monarchique Espagnol. la violence policière contre des populations civiles, l’incarcération de dirigeants élus coupables d’avoir organisé ou participé à un référendum d’autodétermination et de prôner l’instauration d’une République sont une agression contre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Nous dénonçons les manœuvres de déstabilisation et de subversion orchestrées par les puissances occidentales contre le peuple Vénézuélien. En bafouant les choix de ce peuple qui a exprimé sans équivoque son soutien à la Révolution Bolivarienne à travers des élections fiables et transparentes, en organisant le chaos économique et en attisant une subversion violente au Venezuela, les impérialistes piétinent le droit international.
Nous dénonçons le maintien de la domination coloniale française en Martinique. La réalité du colonialisme se manifeste par une administration totalement dirigée par la France, l’absence pour le Peuple Martiniquais de tout pouvoir politique réel, le caractère extraverti de l’économie soumise aux intérêts français et le contrôle des médias et de l’éducation. Ce sont des barrières érigées contre le droit de notre peuple à l’autodétermination.
La Gauche Indépendantiste appelle à participer le samedi 9 décembre à Saint-Herblain à l’Assemblée Générale proposée par le collectif 44=Breizh et l’association Dibab pour relancer le mouvement en Bretagne sur les questions de réunification et d’autodétermination. La participation la plus large à cette initiative ouverte est un objectif car elle offre une possibilité d’auto-organisation collective à ceux et celles que ce combat interpelle. Elle vise à redéfinir les objectifs et moyens du combat pour la réunification de la Bretagne et pour le droit de décider dans l’ensemble de notre pays. Il s’agit de créer un espace politique permettant de construire un agenda politique breton non basé sur le calendrier électoral parisien et ne refaisant pas les erreurs des structures régionalistes passées qui nous ont amenés dans l’impasse actuelle.
Nous souhaitons pour notre part, amener le peuple breton sur le chemin de la rupture démocratique, pour amorcer par nous même un processus constituant afin de choisir librement en tant que peuple un autre modèle économique sociale et environnementale, de Brest à Clisson. Pour ce faire il faut créer les conditions pour que le peuple breton puisse exercer son droit à l’autodétermination dans l’ensemble de son territoire en mettant cette question à l’agenda politique sur nos bases et pas celles des réformes territoriales des gouvernants de Paris dont nous n’avons rien à attendre et bousculer les notables et élus locaux qui n’agissent pas.
Faisons circuler l’information. Participons ! Faisons vivre cette initiative !
La Gauche Indépendantiste (Breizhistance).
Alors que plus que jamais pour les peuples la question du droit à choisir son destin se pose dans l’actualité Européenne, notamment avec le processus en cours en Catalogne, force est de constater que ce débat ne progresse pas en Bretagne.
La revendication historique et légitime de l’unité de la Bretagne ne trouve pas de débouchés politiques car le pouvoir central reste sourd à cette revendication mais aussi et surtout parce que nos élus locaux ne se mobilisent pas pour changer cet état de fait antidémocratique.
Le mouvement pro-réunification peine à mobiliser après la réforme territoriale ratée de 2014, et n’arrive pas à créer un mouvement de masse susceptible de remettre cette question à l’agenda politique breton en la liant à un mouvement d’ensemble pour plus de démocratie dans l’ensemble de la Bretagne.
Nous sommes breton-ne-s de Brest à Clisson et de Fougères aux Glénans et nous pensons qu’il est légitime que nous puissions décider collectivement de notre destin en tant que peuple. Le premier de ces choix – que seul le peuple a le droit de faire – est celui de déterminer le périmètre institutionnel de notre pays, la Bretagne. Nous devons œuvrer ensemble pour réunir les conditions permettant au peuple breton de librement se déterminer pour un autre modèle institutionnel, démocratique, social et environnemental dans la Bretagne « historique ».
Pour ce faire nous avons besoin d’un nouveau cadre d’action collectif, trans-courant, apartisan, ouvert, accueillant tous ceux et celles attachés à cet objectif sans discrimination d’origine, de confession, ou d’orientation sexuelle.
Ce nouvel espace de conquête de droit démocratiques ne peut se construire en ayant la moindre complaisance ou ambiguïté avec les ennemis de la démocratie et ceux qui instrumentalisent les identités pour tenir un discours de haine xénophobe.
Nous avons besoin d’un espace participatif et imaginatif, traduisant notre vision inclusive de l’identité bretonne et notre désir commun de construire ici en Bretagne une démocratie de proximité aux bénéfices du plus grand nombre.
Nous avons aussi besoin de faire le bilan des initiatives en cours et passées allant dans ce sens.
Le samedi 9 décembre nous vous donnons rendez-vous au Centre Socioculturel Le Grand B. (11, rue de Dijon) a Saint-Herblain à partir de 9h30 pour construire la coordination démocratique bretonne dont nous avons tous et toutes besoin.
Cette réunion est ouverte aux individu-e-s et organisations partageant ces objectifs.
PROGRAMME :
09h30-10h00 : accueil des participant-e-s.
10h00-11h15 : Bilan des expériences DIBAB, 44=Breizh et Galv Pondi.
11h30 : Bilan l’appel des « 100 000 signatures ».
12h30 : Repas.
13h45 : Tour de parole collectif « Quels outils pour la lutte pour la réunification et l’autodétermination ? ».
16h00 : Mise en place d’un cadre organisationnel et d’un agenda permettant à toutes et tous de s’impliquer. Rédaction d’une charte et mise en place d’un calendrier revendicatif.
18h30 : Fin des débats, mise en ligne du communiqué final.
Prés de 400 personnes ont bravé les appels à la démobilisation. Le cortège s’est déroulé sans aucun incident et dans une atmosphère déterminée mais familiale. Beaucoup de drapeaux de nations sans état coloraient le cortège, tout comme les drapeaux féministes et antifascistes. Les banderoles de 44=Breizh et de la Gauche Indépendantiste rappelaient clairement que la ligne politique à mettre en avant dans le combat pour la réunification est celle du droit à décider en tant que peuple, celui du droit à l’autodétermination.
On pouvait rencontrer dans le cortège des vieux routiers du mouvement pour le retour du pays Nantais en Bretagne comme Yann Chouq, ou Patrick Mareschal, Jean-Do Robin, Per Vari Kerloc’h mais aussi beaucoup de militants de Bretagne Réunie de Pornic ou Saint-Nazaire par exemple, déboussolés par la désertion de leur dirigeants.
Les fascistes eux n’ont pas montré le bout de leur nez, et les responsables au sein de Bretagne Réunie qui semblent avoir prit en catimini les décisions d’annulation contre l’avis de leur base en évoquant des risques de troubles et de violences vont devoir s’expliquer sur les responsabilités réelles de leur fiasco, tant politiques que conjoncturelles, tout comme de leur étrange complaisance revenant à mettre sur le même plan l’extrême-droite et les antifascistes.
Nous sommes bretons et de Brest à Clisson, de Fougères aux Glénans et nous pensons qu’il est légitime que nous puissions décider collectivement de notre destin en tant que peuple. Le premier de ces choix que seul le peuple à le droit de faire est celui de déterminer le périmètre institutionnel de notre pays, la Bretagne. Nous devons œuvrer ensemble pour réunir les conditions permettant au peuple breton de librement se déterminer pour un autre modèle, institutionnel, démocratique, social et environnemental sur l’ensemble de la Bretagne historique.
Pour ce faire nous avons besoin d’un nouveau cadre d’action collectif, trans-courant, apartisan, ouvert, accueillant sans discrimination d’origine, de confession, ou d’orientation sexuel tous ceux et celles attachés à cet objectif. Ce nouvel espace de conquête de droit démocratiques ne peut se construire en ayant la moindre complaisance ou ambiguïté avec les ennemis de la démocratie et ceux qui instrumentalisent les identités pour tenir un discours de haine xénophobe. Nous avons besoin d’un espace participatif, imaginatif traduisant notre vision inclusive de l’identité bretonne et notre désir commun de construire ici en Bretagne une démocratie de proximité aux bénéfices du plus grand nombre.
C’est ce que nous proposons de faire par un cycle de réunions ouvert à tous ceux qui partagent cet objectif et qui commencera le 9 décembre à Saint-Herblain.
C’est ce message qui doit être diffusé et cette date qui doit être dans tous les agendas. Pour qu’en plus de reprendre nos rues aux fascistes nous construisions ensemble des outils d’émancipation.
Le texte qui suit est une contribution écrite par Eric Bainvel, militant de longue date de la Gauche Indépendantiste, ex élu municipal à St Herblain , syndicaliste impliqué dans l’enseignement bilingue en pays Nantais. L’annonce faite par LFI sur les Eco-Régions , quand bien même nous la critiquons, permet de mettre le sujet de l’unité de la Bretagne sur la table dans le cadre des débats politiques liés à la présidentielle.
TABLE RONDE — RÉUNIFICATION DE LA BRETAGNE : COMMENT SORTIR DU STATU QUO ?
Pourquoi la réunification de la Bretagne reste-t-elle au point mort ? Quels sont les blocages politiques et institutionnels ? Et comment sortir du statu quo ?
— Coordination.Democratique.BZH (@CoordinationBZH) September 5, 2026
Cette position sur les Eco-Regions de LFI a suscité en Bretagne d’autres réactions critiques. Citons entre autres , en plus de celle de Jonathan Guillaume de la Coordination Démocratique de Bretagne , celle de Yves Le Bahy des Géographes de Bretagne sur le site Geobreizh et celle du collectif indépendantiste Dispac’h . Sans oublier celle Mickael Bodlore Penlae su site GeoBreizh. A l’intérieur même des rangs de LFI en Bretagne elle jette aussi un certain trouble. Ainsi les élus LFI de Loire-Atlantique ont renoncés à participer au débat de la Coordination Démocratique de Bretagne du lundi 7 septembre à Nantes alors qu’ils y étaient conviés.
Bretagne info.
Les contradictions de la France Insoumise sur les “Ecorégions”
Par Eric Bainvel militant de la Gauche Indépendantiste
Le 2 juillet dernier, Jean-Luc Mélenchon présentait la proposition de la France Insoumise, les écorégions.
Ces écorégions remplaceraient les régions actuelles et seraient organisées autour des bassins versants, avec des compétences fortes quant à la transition écologique et d’adaptation au changement climatique dans le cadre d’une « République écologique ».
On doit reconnaître que au sein des grandes formations politique françaises classées à gauche, la FI et le parti les Ecologistes, sont les seuls à s’emparer réellement des questions écologiques et climatiques en les mettant en avant et à faire des propositions qui ne soient pas des mesures cosmétiques.
Aussi cette proposition de la création d’écorégions apparaît en premier lieu comme une rupture avec la pensée d’aménagement fondée uniquement sur la course à la croissance, puisqu’elle se veut « faire face à la crise écologique globale ». Mais qu’en est-il réellement ?
Eric Bainvel en 2023 dans une manif à Nantes pour l’unité de la Bretagne
Ce concept d’écologie politique a commencé à être théorisé à la fin des années 1960 / début 1970 aux Etats-Unis, dans le bouillonnement politique de la contre-culture californienne. Ses principaux penseurs états-uniens sont Peter Berg, Raymond Dasmann et Kirckpatrick Sale.
L’affirmation de réorganisation par bassin versant et la carte qui l’accompagne sont complètement en contradiction avec ce qui est écrit dans le programme de la FI pour les élections de 2027, puisqu’il y est écrit qu’il sera « Organiser le débat démocratique et le processus de planification à l’échelle du pays à travers la participation de tou·tes les citoyen·nes dès l’élaboration du plan par l’organisation de débats publics pouvant déboucher sur des Référendums d’initiative citoyenne (RIC), afin d’aboutir à un projet considéré comme réaliste et légitime par la population. » Quel débat démocratique pourrait avoir lieu si tout est déjà décidé par l’État central ?
Contradiction aussi au sujet des RIC, lorsque J-L Mélenchon le 14 juillet en meeting à Paimpont affirme qu’il ne veut pas de réunification, alors que plus de 105 000 électrices et électeurs de Loire-Atlantique, soit plus de 10 % du corps électoral départemental, ont signé une pétition, normalement prévue par la loi, pour demander une consultation sur la réunification. Et que les déput.é.e.s Insoumis.e.s de Loire-Atlantique, Ségolène Amiot et Andy Kerbrat, ont iels-mêmes cosigné en 2023 la proposition de loi de Paul Molac relative à la consultation des habitants d’un département sur le choix de leur région d’appartenance. Mais qu’en est-il aujourd’hui de leur part depuis les déclaration de leur leader ?
Comment s’étonner alors des déclarations totalement confuses et truffées d’inexactitudes géographiques, pour ne pas dire d’une nullité crasse, de Cécile Beaudouin, tête de liste de la FI aux élections municipales de Brest en 2027 et élue au Conseil Municipal, au micro de radio Breizh le 19 août dernier, tentant de justifier l’injustifiable pour une citoyenne élue en Bretagne.
Celle-ci affirme que « le pays nantais est lié à la Loire, ce qui n’est pas le cas pour le pays rennais et le pays vannetais. Ceux-ci sont liés à la Vilaine, la Rance, l’Elorn, l’Aulne… Pour l’eau et les rivière, la Bretagne est un pays un peu différent (sic) ». La réalité géographique et hydrographique qu’elle décrit est profondément fausse et uniquement motivée pour essayer de justifier leur projet.
Comme le signalait Jonathan Guillaume dans un texte publié le 16 juillet dernier sur ce même site, « en Bretagne, Jean-Luc Mélenchon refuse de discuter de la réunification alors même que près de 45 % du réseau hydrographique de la Loire-Atlantique ne relève pas du bassin versant de la Loire, tandis que les enjeux environnementaux de l’estuaire dépendent directement des politiques maritimes de la péninsule bretonne. » De même les géographes de Bretagne rappellent ce qu’est la réalité de la géographique physique en Bretagne en terme hydrographique : « Car en Bretagne, péninsule s’avançant dans l’océan, ce qui prime d’abord en matière hydrologique, c’est d’abord l’état de la mer, directement dépendant de nos actions à terre, impacté par de nombreuses pollutions et impliquant de gérer la ressource en eau , de la mer en remontant vers la source. Et retenir cette option proposée, ne résoudrait pas tout le problème. Car la Bretagne est un territoire complexe sur le plan hydrographique, n’offrant guère de réserves hydriques dans ses sols granitiques. Ici, 80% de pluies tombées rejoignent en moins de 3 jours la mer. Ici, peu de grands fleuves, hormis la Loire qui l’effleure mais impacte profondément son littoral sud. Le réseau hydrographique breton se distingue par l’existence de 4 autres systèmes bien distincts avec leurs caractéristiques propres selon les secteurs géographiques. L’essentiel de la ressource en eau provient de la zone centrale plus élevée (Monts d’Arrée et Montagne Noire) pour ensuite s’écouler à la mer dans des bassins bien différents de nature. La côte Nord-Ouest se caractérise par de petits fleuves côtiers rapides aux bassins limités qui coïncident à peu de chose près aux Pays, aux Communautés d’agglomération et aux nombreux Schémas de cohérence (SCoTs) des villes ports s’égrenant sur la côte. Ici la notion d’éco région peut prendre tout son sens, localement, mais son origine est tout autant historique que physique. Mais pour le reste du territoire, c’est moins le cas. Au Nord-Est, cette belle cohérence s’estompe, les fleuves côtiers en provenance des rebords nord du synclinorium médian s’avèrent moins nombreux, plus courts et plus lents, irriguant des bassins plus disparates et moins en adéquation avec l’organisation humaine sauf dans le cas de la Rance. Sur la côte Sud, le problème est plus complexe encore car les fleuves côtiers (Aulne, Elorn, Scorff et Ellé, Blavet) ont un parcours plus long, couvrant des bassins étendus n’offrant pas la même cohérence d’organisation humaine et surtout alimentant la plaine côtière littorale très densément peuplée (1/3 de la population bretonne y réside). Celle-ci devient alors plus complexe, couvrant plusieurs Pays. Quant au grand bassin de la Vilaine, le seul sédimentaire, il dépend pour son approvisionnement des reliefs du Mené et de ceux situés aux confins de la Mayenne. »
Le 1/4 Nord de la Loire-Atlantique en fait parti. Ainsi qu’une petite partie du Maine et Loire. « C’est le seul à posséder des réserves aquifères mais il doit supporter actuellement le poids de la métropole rennaise qui les pompe. Quant à la portion de la Loire irriguant de sud de la Bretagne, elle n’est en fait que l’estuaire d’un fleuve qui, après un long cours à travers le centre du pays s’englue dans ses sables et un lit majeur très large, s’évanouit en grand partie en arrivant en Bretagne, Son cours en aval de St Florent le Vieil n’est en fait qu’un estuaire soumis à la marée mais qui rejette les pollutions du grand bassin de la Loire. Aussi cette agence de gestion hydrographique Loire-Bretagne n’a guère de pertinence dans la gestion des eaux bretonnes, hormis sur la question des eaux maritimes bordières du littoral sud, fortement impactées par les rejets de ce fleuve. »
Si Mélenchon veut donc aller au bout de son raisonnement et suivre les bassins versants, il faudrait donc modifier aussi les frontières départementales, voir les supprimer pour être en cohérence avec son projet. Mais peu de chance car le département, création technocratique de la révolution française, est un totem « républicain » pour lui. Il pourrait aller plus loin aussi pour être totalement logique, en rattachant l’Alsace au Bade-Wurtemberg puisqu’iels dépendent du bassin versant du Rhin. Mais aussi de réunifier le Pays Basque Nord avec le sud en raison du bassin versant de la Bidassoa.
Mais la réalité a peu d’importance dans la proposition des écorégions faite par la FI. Le but n’est pas la réalité et la vérité mais l’imposition d’une réalité alternative répondant aux fantasmes idéologiques nationalistes non ethnicistes et impérialistes français de gauche, dont J-L Mélenchon en bon disciple lambertiste inscrit sa pensée.
Dans la suite de l’interview, le journaliste lui fait remarquer l’importance de la culture, de l’histoire etc… pour les régions et pays et d’autant plus en terme écologique, et qu’avec cette carte ces points sont supprimés, elle répond : « je ne pense pas que c’est une bonne chose de lier le pays nantais avec la Bretagne (resic) car le pays nantais va aspirer les gens et les activités économiques. Ce sera fini pour le pays rennais, ce ne sera pas super pour le Finistère car nous sommes plus loin de Nantes que de Rennes. » Faut-il rappeler à Cécile Baudoin que Rennes est beaucoup plus près de Nantes que de Brest et que les distances entre Brest et Rennes et Brest et Nantes sont très proches. Si elles sont compliquées en terme de déplacement ferroviaire c’est uniquement en raison de choix politiques visant à favoriser le transport routier, au système centraliste français tourné vers Paris au détriment des territoires et de leurs populations, et de la volonté de détacher la Loire-Atlantique de la Bretagne afin de poursuivre l’oeuvre lancée par Pétain Darlan Laval à laquelle la FI semble aussi s’atteler. D’ailleurs les limites géographiques de la région proposée par la FI englobant la Loire-Atlantique correspond à celle créée par Vichy en 1941. Serait-ce en souvenir de François Mitterrand, dont J-L Mélenchon est un fervent admirateur, et de son passé collaborationniste vichyste ?
Quand au fait que « le pays nantais va aspirer les gens et les activités économiques » et que « ce sera fini pour le pays rennais », on tombe dans la méconnaissance, voulue ou non, des réalités. D’une part l’influence de l’économie du pays nantais, rattachement ou non, sur le reste de la Bretagne n’est pas récente. Elle date du moyen-âge, époque où le siège du pouvoir était Nantes. D’autre part Rennes n’est pas aspiré par Nantes et ne le sera pas.
La question en Bretagne ne se joue pas là, mais dans la fracture Est-Ouest, que la Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (DATAR) définissait en 1992 : « Tout ce qui est à l’ouest de la ligne Rennes/Nantes/-Saint-Nazaire est un finistère, c’est à dire un territoire sans intérêt économique ». Et c’est ce territoire, dans le cadre de la politique de métropolisation et de concurrence territoriale, qui aspire depuis 40 ans les gens et les activités économiques de l’Ouest de la Bretagne, comme le montre leur dynamisme économique et démographique, au détriment du reste de la Bretagne, et en particulier des Côtes d’Armor et du centre Bretagne, de Pontivy à Carhaix. Cette volonté de résistance et de refus à cette politique délétère fut un des motifs de la lutte au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Enfin cela signifie donc pour Cécile Beaudoin, et on peut l’imaginer pour d’autres élu.e.s breton.ne.s de la FI, qu’elle ne remet pas en cause cet état de fait néolibérale de concurrence des territoires, puisqu’elle ne plaide pas pour une remise en cause de cette politique, mais au contraire l’assume comme inévitable.
Biorégions contre écorégions : Démocratie locale contre centralisme étatique
Le choix du terme écorégions et non biorégions par la direction de la FI et donc Jean-luc Mélenchon n’est pas fortuite. En effet l’écorégion, à l’inverse de la biorégion, n’inclue pas la dimension humaine, culturelle et historique. Exit donc la question des différents peuples et de leurs cultures et langues qui composent le territoire français continental européen que la République française n’a cessé et ne cesse de chercher à détruire. Tout en dénonçant l’impérialisme de la langue anglaise au non de la diversité.
Le concept de biorégion est bien plus large que celui d’écorégion car il prend en compte de nombreux autres critères dont la réalité humaine, culturelle et historique.
Comme l’écrivent en 1977 Peter Berg et Raymond Dasmann, le terme de « biorégion » est utilisé pour « faire référence au contexte géographique autant qu’au contexte cognitif – à savoir aussi bien à un lieu qu’aux idées qui ont été développées à propos des manières de vivre en ce lieu». « Au sein d’une biorégion, on trouve une uniformité de conditions d’influence du vivant ; conditions qui à leur tour influencent l’occupation humaine. » Et plus loin : « Une biorégion peut initialement être déterminée par le biais de la climatologie, de la géomorphologie, de la géographieanimale et végétale, de l’histoire naturelle et d’autres sciences naturelles encore. Cependant, ce sont les gens qui y vivent, avec leur capacité à reconnaître les réalités du vivre in situ qui s’y pratique, qui peuvent le mieux définir les limites d’une biorégion. »
Pour l’auteur américain Kirckpatrick Sale, le biorégionalisme implique nécessairement des modes d’organisation décentralisés de la société. Selon lui, la biorégion est «un lieu défini non pas par des diktats humains, mais par des formes de vie, la topographie, son biotope ; une région gouvernée non par la législature, mais par la nature […]. Le biorégionalisme exprime ses idées essentielles que je crois nécessaires à la survie de l’humanité sur la terre : la compréhension écologique, la conscience régionale et communautaire, la possibilité de développer un ensemble de sagesses et de spiritualité basée sur la nature, la sensibilité bio centrée, l’organisation sociale décentralisée, l’entraide, et l’humilité des groupes humains. » A l’inverse donc du projet des fantasmes des technocrates centralisateurs de la France Insoumise ne connaissant pas les réalités locales et niant la réalité humaine, culturelle et historique.
La Bretagne : une bio région
Selon Serge Latouche, professeur émérite d’économie à l’université d’Orsay, surnommé « le pape de la décroissance », une biorégion correspond à « uneentité spatiale cohérente traduisant une réalité géographique, sociale et historique ».
C’est exactement ainsi que l’on peut définir la Bretagne. Ce que l’on appelle l’identité bretonne, ou le peuple breton, correspond à cette entité. Il existe en effet une réalité géographique, sociale et historique, bien antérieure à ce que l’on appelle la France. Cette dernière commence véritablement à exister à partir du 13e siècle avec Louis 9, dit Saint Louis, qui abandonne le titre de roi des Francs au profit de celui de roi de France. La Bretagne, au début nommée Petite Bretagne (pour ne pas la confondre avec la Grande Bretagne) apparaît dans des textes dès le 6e siècle. Puis la noblesse bretonne s’émancipe totalement des carolingiens avec Nominoe en 845 en tant que royaume. Elle se transforme en duché en 945 avec Nantes comme capitale. Ses frontières n’ont quasiment pas bougées pendant 1000 ans jusqu’au découpage administratif de l’Etat Français pétainiste puis de l’Etat Français de la très monarchique et centraliste 5e République en 1972 avec la création de la région administrative dite des Pays De Loire (PDL qui sont aussi les initiales des 3 grands démocrates français qui en 1941 ont signé le 1er décret amputant la Bretagne d’1/5e de son territoire, à savoir Pétain Darlan Laval). Mais ce découpage purement administratif et technocratique fait que le pays nantais (en gros la Loire-Atlantique moins la partie morbihanaise située au sud de La Vilaine) est détaché administrativement de la Bretagne (sauf dans le domaine judiciaire) et rattaché à une région totalement artificielle qui elle est l’inverse même d’une entité spatiale cohérente traduisant une réalité géographique, sociale et historique. Lors de son dernier discours au palais de région (là encore la nostalgie monarchique contre la démocratie) de la région dite des Pays de Loire, un de ses créateurs et 1er président, Olivier Guichard affirma que cette région administrative était obsolète.
Serge Latouche rajoute dans cette définition qu’une biorégion « peut-être plus ou moins rurale ou urbaine. […] Constituée d’un ensemble complexe de systèmes territoriaux locaux, dotée d’une forte capacité d’autosoutenabilité écologique ». Ce qui là aussi correspond au territoire breton historique. Même si celui-ci a été très abîmé par l’agriculture pétro-chimique, à l’image des marées vertes ; Que la pêche artisanale a été très affaiblie et sacrifiée par les dirigeant.e.s de l’Etat français au profit de la pêche industrielles et de celle d’autres Etats européens ; qu’un déséquilibre important a été créé par les politiques d’aménagement en faveur de l’axe Rennes, Nantes, Saint-Nazaire, la Bretagne est encore doté d’un maillage de petites ou moyennes communes, d’une agriculture qui se tourne de plus en plus vers l’avenir en se convertissant au bio (6e rang français pour la région administrative et 5e département de France pour la Loire Atlantique) et qui ne cesse de progresser en nombre, d’une pêche artisanale encore présente. Sa jeunesse est la plus diplômée et formée de l’hexagone. Et enfin et surtout une vitalité culturelle et un attachement important au territoire qui s’exprime régulièrement depuis la fin des années 1960 et en particulier depuis la lutte contre le projet de centrale nucléaire à Plogoff. Suivra la lutte contre le projet de centrale nucléaire au Pellerin puis au Carnet. L’antinucléaire peut être considéré comme un sentiment national breton. Et évidement la lutte contre le projet d’aréroport à Notre Dame des Landes. La Bretagne est donc « dotée d’une forte capacité d’autosoutenabilité écologique » si les choix politiques sont pris en ce sens afin de viser, comme le définit Serge Latouche, « à la réduction des dés économies externes et de la consommation d’énergie »
Conclusion :
Les élection de 2027 et le péril fasciste, qu’il soit des candidat.e.s authentiquement d’extrême droite, comme de ceux ou celles qui en épousent les idées à droite, ne laisseront que peu de choix. Mais il n’y aura pas de chèque en blanc comme en 1981. Fini les lendemains qui déchantent.
Il en va du projet des écorégions présenté par J-L Mélenchon, en contradiction avec ce que son programme présente en terme de démocratie. Et en totale contradiction avec la pensée de l’écologie politique en général qui est basée sur la décentralisation des pouvoirs et l’autonomie démocratique, le respect des peuples, des cultures et des langues, et opposée donc à toute forme de centralisme et d’impérialisme. Il est donc nécessaire que celui-ci soit rediscuté. C’est ça la démocratie, n’en déplaise à Mélenchon et son rapport ambigu hérité du lambertisme à cette idée qu’il ne cesse d’invoquer. A moins qu’il ne veuille perde des voix, alors que le résultat du premier tour sera comme en 2022 très serré pour se qualifier au second tour.
Mais les déclarations de J-L Mélenchon souligne aussi la faiblesse historique du mouvement politique breton démocratique et l’incapacité des responsables du mouvement culturel et linguistique de comprendre que le problème est politique. Beaucoup dénonce ce que les corses ou basques du nord obtiennent. Mais c’est simplement à travers un rapport de force politique qu’iels sont construit.e.s dans leur territoire que les dirigeant.e.s de l’État français leur accorde plus d’autonomie. La FI d’ailleurs le reconnaît implicitement à travers ses déclarations sur l’autonomie de la Corse qu’elle considère comme légitime en raison des scores électoraux des mouvements autonomistes et indépendantistes corses.
Comme le déclarait officieusement, en décembre 1999, un ancien président socialiste du département de Loire-Atlantique : « tant que vous ne ferez pas au moins 5 % on en aura rien à foutre ! Et tant que certains accepteront des miettes, on leur donnera des miettes ! »
On peut se réjouir que les listes unitaires UDB/War-Sav/Pour la Bretagne aux sénatoriales dans les Finistère et dans les Côtes D’Armor assument cette revendication et fasse cette offre politique basée sur le droit de décider en Bretagne.
Le prochain rendez-vous pour rappeler que cette revendication reste vivante en Loire-Atlantique aura lieu le 26 septembre à Nantes à 15h place de Bretagne.
Nous avions déjà évoqué ici la possible confrontation politique entre les pacifistes gallois et le gouvernement Plaid Cymru du parlement Gallois sur la question du soutien à l’industrie militaire. Le site de Undod, un regroupement sur la gauche de Plaid Cymru qui se revendique de l’indépendantisme publie une nouvelle contribution à ce sujet . Une partie de la base électorale des nationalistes du centre gauche du Plaid Cymru semble bien motivée à continuer la mobilisation dont les manifestations massives pour la Palestine ne sont que les derniers épisodes les plus récents. D’autres secteurs de la société galloise , plus à gauche que nationalistes comme les communistes de Welsh Communists sont sur la même ligne. En voici une traduction :
Il a été annoncé qu’une foire aux armements, intitulée « Defence Security Resilience Cymru » (« Défense, sécurité et résilience du pays de Galles »), se tiendrait au Centre international de conférences du pays de Galles, à Newport, les 3 et 4 septembre 2026.
Cymdeithas y Cymod — le Mouvement international de la Réconciliation au pays de Galles — s’oppose totalement à cet événement et déplore que le pays de Galles accueille une manifestation faisant la promotion de la capacité à tuer à une échelle industrielle. Cette abomination doit être annulée immédiatement. Nous pensons que tel est le souhait de l’ensemble du mouvement pacifiste gallois.
Le pays de Galles se trouve incontestablement à un carrefour moral et économique.
Un nouveau gouvernement, dirigé par Plaid Cymru, est désormais en place au Senedd. Il a la possibilité de changer de cap et de passer d’une économie de guerre à une économie durable. Cet événement, initialement soutenu par le gouvernement travailliste gallois, laisse entendre que notre pays souhaite continuer à se comporter en petit serviteur docile de l’industrie de la mort. Il ne s’agit pas d’une industrie de défense, mais d’une industrie de l’agression.
Voulons-nous réellement construire une nation de paix ? Ou voulons-nous continuer à soutenir le complexe militaro-industriel, comme l’a fait le précédent gouvernement gallois ? Ce que nous savons jusqu’à présent ne laisse guère présager un changement de cap majeur de la part du nouveau gouvernement.
Le gouvernement gallois et l’ensemble des membres de Plaid Cymru sont confrontés à des questions absolument fondamentales concernant le type de pays de Galles qu’ils veulent construire. L’héritage de Gwynfor Evans ( NDLR : militant historique du Plaid Cymru, de la Ligue Celtique , de la langue galloise et objecteur de conscience, député….) , l’un des grands artisans gallois de la paix, doit-il être oublié ? N’est-il pas hypocrite de condamner volontiers les guerres menées à l’étranger tout en faisant la promotion des moyens qui permettent de les mener ?
Cymdeithas y Cymod et de nombreuses autres organisations s’étaient opposées à la foire aux armements organisée à Cardiff en 2018. À l’époque, cette foire avait été condamnée par Leanne Wood, alors dirigeante de Plaid Cymru. Depuis lors, plusieurs membres de Plaid Cymru siégeant au Senedd ont également condamné des événements de ce type.
Nous déplorons que notre gouvernement figure parmi les parrains de cette foire aux armements. Selon certaines informations, Adam Price, ministre chargé des entreprises, des réseaux et de l’énergie, devait prendre la parole au cours de l’événement. Nous comprenons désormais que cette information était erronée et qu’il a décliné l’invitation qui lui avait été adressée.
Cependant, suffisamment de temps s’est écoulé depuis les élections pour que le gouvernement décide de faire tout ce qui est en son pouvoir afin de mettre fin à son soutien à cette foire aux armements. Après tout, l’un des organisateurs, aux côtés du gouvernement, est General Dynamics Land Systems. Cette société est une filiale de General Dynamics, entreprise associée au carnage commis à Gaza que Plaid Cymru a pourtant condamné.
Un autre coorganisateur est ADS Group, organisme professionnel représentant les entreprises de l’armement. Le troisième est Business in Focus, dont le directeur général affirme se réjouir de pouvoir participer à cet effort « national » — mais de quelle « nation » parle-t-il exactement ? — et notamment au développement des débouchés commerciaux du pôle gallois de la défense et de la sécurité.
Il n’est pas davantage rassurant d’apprendre qu’Adam Price s’est récemment rendu au salon aéronautique de Farnborough, organisé par une entreprise appartenant à ADS Group. Nous comprenons que M. Price s’y est entretenu avec Lee Bruce, l’un des hauts responsables d’ADS Group.
Selon M. Bruce, Adam Price et lui ont évoqué « la poursuite de la collaboration entre le gouvernement gallois, l’industrie et ADS », notamment dans le cadre du Defence Growth Deal for Wales, le plan de développement du secteur de la défense au pays de Galles, doté de 50 millions de livres sterling. Ce programme vise à développer l’industrie de l’armement au pays de Galles, notamment la production de drones, et à permettre aux petites entreprises de profiter des débouchés offerts par cette industrie.
La présence, parmi les exposants du salon, d’entreprises d’armement israéliennes — Elbit Systems, Rafael Advanced Defense Systems et Israel Aerospace Industries — rend celle de M. Price encore moins acceptable.
Interrogé sur la présence de M. Price à Farnborough, un porte-parole du gouvernement a répondu :
« Nous continuerons à dialoguer avec les secteurs de l’aérospatiale, de la défense, de la sécurité et de la résilience nationale afin de soutenir les milliers d’emplois gallois hautement qualifiés, bien rémunérés et liés aux technologies de pointe, tout en promouvant le respect des droits humains et du droit international. Un cadre éthique applicable au secteur de la défense est en cours d’élaboration. Il s’appuie notamment sur des discussions avec nos homologues du gouvernement écossais et de l’exécutif d’Irlande du Nord et guidera nos relations futures avec ce secteur. »
Il est difficile de croire que l’on puisse attendre de nous que nous acceptions une telle déclaration, qui revient en réalité à dire :
« Les emplois dans l’industrie de l’armement comptent davantage que toute autre considération. Nous pouvons nous abriter derrière les droits humains et le droit international, bien que l’un comme l’autre aient désormais perdu une grande partie de leur signification. »
Ne serait-il pas préférable que le gouvernement gallois recherche de meilleurs moyens de créer des emplois que le développement de l’industrie de la mort ? Ne devrions-nous pas chercher à démilitariser le pays de Galles, plutôt que d’accepter la présence d’une cinquantaine de sites du ministère de la Défense sur notre territoire ?
Ne devrions-nous pas nous demander pourquoi la confiscation des terres d’Epynt continue de laisser une cicatrice dans notre pays ? Pourquoi Aberporth et Llanbedr sont devenus des centres d’expérimentation de drones militaires ? Pourquoi les pilotes de la Royal Air Force sont formés à Valley par Elbit Systems ? Et pourquoi la dépendance économique envers cette industrie meurtrière crée un climat belliciste, ainsi que la peur de prendre publiquement la parole pour s’y opposer ?
Pourquoi n’organisons-nous pas un véritable débat autour des excellentes propositions de CND Cymru, réunies dans le document intitulé « Au-delà de l’économie de guerre », qui met en lumière les autres possibilités qui s’offrent à nous ?
Les compétences des travailleurs de l’industrie de l’armement peuvent être employées à des fins utiles, tout en permettant naturellement la création de nouveaux emplois. Pensons aux industries écologiques, à la protection des milieux naturels et, par conséquent, à la prévention des inondations et à la réduction des risques d’incendie.
Après tout, quelle est la plus grande menace à laquelle nous sommes confrontés, sinon le changement climatique ? Les guerres engendrent d’importantes émissions de carbone, sans même parler des destructions environnementales.
Considérons également leur coût économique : par exemple, les dizaines de milliers d’emplois qui risquent d’être supprimés en Grande-Bretagne — le sud du pays de Galles figurant parmi les régions les plus durement touchées — en raison de l’augmentation des prix de l’énergie provoquée par la guerre en Iran.
Ne devrions-nous pas considérer que la création d’une économie de guerre constitue une politique délibérée de l’État britannique, qui ne profite qu’à une petite minorité privilégiée ? La création d’une économie de paix devrait constituer, elle aussi, une politique délibérée du gouvernement gallois. De nombreux éléments démontrent que chaque livre d’argent public investie dans le secteur militaire crée moins d’emplois que si elle était investie dans d’autres secteurs.
Les actes du gouvernement gallois nous montreront quelles personnes et quels intérêts il entend véritablement privilégier.
Fondamentalement, continuer à soutenir et à promouvoir l’industrie de l’armement et le militarisme montrerait que le gouvernement gallois ne souhaite pas réellement tracer son propre sillon. Il a aujourd’hui la possibilité de montrer que notre pays de Galles rejette le système qui nous a conduits au bord de l’anéantissement.
Nous pensons que Mererid Hopwood parlait en notre nom, en tant que Gallois, lorsqu’elle a déclaré depuis l’Eisteddfod ( NDLR : RdV annuel en faveur de la langue galloise ) :
« Partout, on nous parle du manque d’argent pour sortir les enfants de la pauvreté, prendre soin des personnes âgées, assurer l’éducation, donner à chacune et chacun la possibilité de découvrir les arts, ou encore soutenir le secteur du livre et de la musique. Partout, le petit soulier serre, serre toujours davantage.
« Et pourtant, il y a de l’argent pour nourrir le système militaire. Car voilà ce qu’on nous présente comme du bon sens : nous armer jusqu’à nous appauvrir, prétendument pour assurer notre sécurité.
« Que voulons-nous défendre ? Nourrir la machine militaire, ou renforcer la beauté d’un pays où la terre et les êtres humains coexistent pacifiquement ? Je ne fais que poser la question. »
Le dossier du Lycée Diwan de Carhaix est revenu sur la table du président de région Loïc Chesnais-Girard le 10 Mars lorsque les lycéen.ne.s ont bloqué leur établissement pour dénoncer les conditions d’accueil fortement dégradées depuis la rentrée en Septembre 2024.
Rappelons que suite à des difficultés budgétaires et une baisse d’effectifs depuis la réforme des lycées, un accord “provisoire” a été trouvé avec l’association l’Aile qui gère la DSP ( Délégation de Service Public) pour l’occupation des bätiments et la facturation des services ( entretien, refectoire…).
Rappelons aussi qu’avant L’Aile, une autre association, Ti Degemer Kerampuilh, avait en charge cette responsabilité, et ce afin que puisse ouvrir un lycée Diwan sur le site de Kerampuilh. Ce site avait été choisi pour cette mission en 1999 et seulement pour cela, à savoir se doter à l’époque du seule lycée immersif en langue Bretonne en Bretagne. Il n’a jamais été question de partager ce site avec des activités touristiques ou autres durant la période scolaire, à charge pour l’association bénéficiaire de cette DSP de respecter cet engagement non négociable décidé par tous les partenaires à l’époque, Diwan, la Mairie de Carhaix et la Région Bretagne. La vocation première du site de Kerampuilh est un lycée Diwan, immersif en langue bretonne, et non pas une activité commerciale. Un lycée étant un sanctuaire, tout un chacun comprend bien que pour pouvoir evoluer sereinement dans son parcours éducatif, il ne faut pas ëtre déconcentré par l’organisation d’un festival , d’une classe verte ou d’un voyage organisé pour retraités. Or les choses n’ont plus l’air aussi évidentes pour l’Aile qui en quelques mois a transformé la mission du lieu, et ce avec l’aval de la Région, pour en dédier une partie à un centre d’hébergement, et ce au détriment du bien-ëtre des lycéen.ne.s brittophones. Pour exemple l’hébergement le 14 et 15 Mai d’un festival des mini-entreprises, organisé par “Entreprendre pour Apprendre”(sic§) et dont le premier partenaire sur leur site n’est autre que le Mouvement des Entreprises de France-MEDEF, accueillant plus de 2000 collégiens, et ce en mileu de semaine en plein Bac blanc, plus un concert le mercredi soir collé au dortoir du Lycée !
Enfin rappelons les conditions d’accueil qui ont déclenchées le mouvement de colères des jeunes: des classes surchargées, des chambres aussi avec certaines chambrées de 6 voire 7 jeunes ( difficile de travailler le soir dans ces conditions !) , pas de foyer, pas de cour mais un parking à la place. Les jeunes, privés de foyer, ont donc passé l’hiver les pieds dans la boue quand ils n’investissaient pas la bibliothèque pour avoir un endroit chaud, et donc par la force des choses détourner ce lieu de sa vocation initiale. Ils ont été reçu par le Président de Région afin d’exposer leurs revendications, plus que raisonnables, et ont eu une bonne leçon de “real politique”, des promesses mais toujours rien 3 mois plus tard et une grosse incertitude quand à la rentrée 2025-2026.
Les travaux sur le bâtiment B3 sont terminés après des années de chantier au milieu du Lycée, financés par la Région, donc par l’impöt des bretons pour l’accompagnement de la politique linguistique et de l’éducation en langue bretonne. Et nous apprenons que les salles de classe réalisées ne pourront servir de… salles de classe. Toujours pas de foyer, et maintenant la proposition de l’Aile de changer la destination de la moitié du lycée en hébergement touristique, censé être signée le Vendredi 6 Juin à Quimper, entre L’Aile, la Région et la mairie de Carhaix. Nous savons que Monsieur Christian Troadec, maire de Carhaix, refusera ce crachat à la face des lycéen.ne.s et de l’équipe pédagogique.
Quelle est la volonté de l’Aile ? Grignoter encore plus le lieu afin d’en récupérer la totalité et d’expulser le Lycée Diwan
Et celle de la Région ? Accompagner voire accélérer le déclin de notre langue ?
Le sondage commandé par ses services n’est-il pas assez explicite? La baisse de la moitié des locuteurs n’est pas encore suffisante ? Diwan assure la transmission aux jeunes générations en formant des jeunes bretonnants actifs, ils font le “taf”, et c’est comme ça qu’on les remercie ?
Qu’en dit Madame Kaourintine Hulaud, vice-présidente de Région en charge de la langue bretonne ? Nous aimerions l’entendre apporter tout son soutien au Lycéé Diwan de Carhaix.
Et qu’en dit Monsieur Chesnais-Girard qui s’est fait élire avec le slogan ” plus de Bretagne” ? Mais quelle Bretagne ? Une Bretagne sans langue bretonne ?
Les lycéen.ne.s nous ont montrés la voie au Printemps en se mobilisant, nous ne devons pas les décevoir. Affichons haut et fort notre soutien au Lise Diwan Karaez et à la langue bretonne comme nous l’avons fait le 17 Mai dans les rues de Rennes.
Nous ne laisserons pas la logique mercantile l’emporter sur la sauvegarde et la transmission de la langue bretonne et le respect de notre jeunesse. Le Lycée Diwan de Carhaix assure une mission de service public, il doit ëtre traité comme n’importe quel autre lycée public. Ce n’est pas aux familles , aux jeunes et aux travailleurs de l’éducation en langue bretonne de supporter l’absence de volonté et de courage politique de la majorité en place à Rennes !
Soutien total aux lycéens et lycéennes de Kerampuilh
Nous reproduisons ici l’appel bilingue des organisateurs de la manif de samedi 22 mars à Morlaix contre l’extrême-droite et la racisme.
Skarzhomp an tu dehou pellañ hag e vennozhioù!
E pep lec’h er bed e vez difennet ur raktres gouennelour ha dreistfrankizour gant an tu dehou pellañ. En emvodoù etrebroadel a gemer perzh enno ar Rassemblement National evel e prezegennoù Elon Musk, eo distroet ar saludoù nazi pa soñjer e oant aet da get da viken. E Frañs, Le Pen ha Bardella a ra o brud gant ar gouennelouriezh evit stourm ouzh diaesterioù an armerzh, stourm a-enep ar vreskted ha solutaat galloud ar re c’halloudus ha pinvidik. E Breizh ez eo kreñvoc’h-kreñvañ ha nec’husoc’h-nec’husañ o fouezh en disoc’hoù
dilennadegoù koulz har er vuhez foran. O mennozhioù a zo anezhe skarzhañ tud pe strolladoù tud a vez adkavaet gant gouarnamant Bayrou gant tezennoù Retailleau pe Darmanin. En em harpañ a reont war un argad er mediaoù kaset war-raok gant mediaoù strollad Bollore hag eztaolet e vezont muioc’h-mui gant an holl vediaoù selaout kalz oute. Feulster an tu dehou pellañ a chom didamallet re alies. Retailleau pe Darmanin a embann ingal komzoù gouennelour pe estrangas me ne rannont grik pa vez kontellet un den e Pariz gant nazied, ne lavaront netra pa vez taget un dilennad gant faskourien e Kentreg eus an tu kleiz-dizalc’hour e-kichen Roazhon, ne lavaront netra pa oa vez taget yaouankizoù e kreiz-kêr Roazhon gant milisoù an tu dehou pellañ eus ar c’hlub e 1988.
Trawalc’h! C’hoant hon eus da vevañ en ur gevredigezh denelour, kengred ha kevatal, a-enep ar gouennelouriezh, an ezlakaat hag ar gorvoiñ kapitalour !
Stoppons l’extrême droite et ses idées !
Partout dans le monde, l’extrême droite défend un projet raciste et ultralibéral. Dans les sommets internationaux auxquels participe le Rassemblement National, comme dans les discours d’Elon Musk, les saluts nazis sont de retour alors qu’on les croyait disparus à jamais.
En France, Le Pen et Bardella surfent sur le racisme pour combattre les difficultés économiques, lutter contre la précarité et assurer la domination des puissants. En Bretagne, leur présence dans les urnes et la sphère publique est de plus en plus forte et inquiétante. Leurs idées excluantes contaminent le gouvernement Bayrou, au sein duquel Retailleau ou Darmanin sont coutumiers des thèses frontistes. Ils s’appuient sur une offensive médiatique impulsée par les médias du groupe Bolloré et bénéficient d’une expression toujours plus grande dans la totalité des médias de grande écoute. La violence de l’extrême droite est impunie. Retailleau comme Darmanin multiplient les sorties racistes et xénophobes mais ne disent rien quand des néonazis poignardent un homme en plein Paris, ne disent rien quand un élu est agressé par des fascistes à Cintré près de Rennes, ne disent rien quand les milices d’extrême droite du club le 1988 tabassent des jeunes en plein centre de Rennes. Ça suffit !
Nous voulons vivre dans une société humaniste, solidaire et égalitaire, contre le racisme, l’exclusion et l’exploitation.
Le 18 décembre 2024 lors d’un meeting pour la journée Internationale des Migrants, nos organisations et collectifs ont déclaré : “Nous ne voulons pas d’une société raciste. Ensemble, construisons la société dans laquelle nous voulons vivre, une société de tous les droits pour toutes et tous, une société de solidarité, de fraternité, de justice, et de respect des libertés”. Cette déclaration commune est plus que jamais d’actualité face aux attaques renouvelées contre les personnes étrangères avec ou sans papier, d’origine étrangère
ou présentées comme telles. Nous voulons, pour nous comme pour nos voisin-e-s, collègues de bureau, d’atelier, nos camarades d’amphi, pour notre médecin, notre boulangère, pour la copine ou le copain
de classe de nos enfants… une réelle égalité des droits. Nous ne concevons pas la société autrement que dans la fraternité qui est marquée sur le fronton des édifices publics, aux côtés de la liberté et de l’égalité. Nous ne concevons pas la société autrement que rassemblée par l’accès effectif à tous les droits, pour
toutes et tous.
Les comportements racistes et xénophobes sont le quotidien pour tant de personnes aujourd’hui, du fait de leur origine, de leur couleur de peau, de leur religion. Les actes violents se multiplient, faisant vivre dans la peur, la souffrance, l’injustice d’un quotidien de discriminations. Le quotidien, ce sont aussi les discours de haine désinhibés, les propos mensongers de responsables politiques et de médias contrôlés par des acteurs économiques disposantde moyens considérables, les comportements trop souvent racistes de la police, qui
stigmatisent des populations et des quartiers et manipulent les chiffres.
La circulaire Retailleau s’inscrit pleinement dans cette approche : Repoussant les personnes sans-papiers dans la clandestinité et la surexploitation dans l’emploi, imposant un durcissement des conditions de la régularisation de leur droit au séjour, et ouvrant des possibilités supplémentaires d’expulsions. Le même ministre ainsi que des médias d’extrême droite contrôlés par l’empire Bolloré s’en prennent aux associations et syndicats qui soutiennent les personnes étrangères, mettant en péril leur rôle crucial pour la démocratie, l’état de droit et l’inclusion sociale. Le premier ministre Bayrou lui-même reprend les formulations stigmatisantes de l’extrême droite, faisant des personnes d’origine étrangère les boucs émissaires de tous
les maux la société. Ces discours publics, allant jusqu’à remettre en cause le droit du sol, cherchent à nous opposer les un.es aux autres alors que nous partageons les mêmes aspirations au bien- être, à la justice économique et sociale, et à l’égalité des droits. L’absence d’accès aux droits des uns n’a jamais donné plus de droits à d’autres ! C’est pourquoi, toutes et tous ensemble, nous agissons uni.e.s et nous nous rassemblons ce samedi 22 mars 2025, pour la journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, pour un autre projet de société, humaniste, solidaire et égalitaire.
Les organisations signataires : Le Comité local NFP du Léon-Trégor, la Gauche indépendantiste, Génération s, les Ecologistes, la France Insoumise, PCF, le mouvement des jeunes communistes, le PS, l’UDB, la CGT, Solidaires, Force Ouvrière 29, la FSU, laLigue des droits de l’homme, Morlaix Libertés, Le mouvement national des chômeurs et précaires, le collectif des Inemployables, l’Association France Palestine Solidarité du Pays de Morlaix, Morlaix Antifasciste, L’Amarrée, la Batouk en feu, la Ral’Ko à l’Ouest…
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