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Breizhistance, Breizh O Stourm, Dispac’h, Gauche Indépendantiste… Les idées indépendantistes de gauche sont diffusées sous plusieurs sigles depuis de nombreux années… S’il existe une réelle proximité entre ces protagonistes, le temps de l’éclaircissement est venu pour mieux cerner les différentes approches et sensibilités dans le but de construire, par souci d’efficacité, les meilleurs outils pour diffuser ces idées.

Nous sommes un groupe de militant·e·s ayant participé à Emgann-MGI, au collectif des détenus politiques bretons, aux initiatives de soutien à ces derniers, au SLB université, à Dispac’h, Breizhistance, Breizh O Stourm / Bretagne en Luttes, à différentes campagnes électorales, à l’Union des Etudiant·e·s Breton·ne·s, etc.
Nous rendons publique cette contribution analytique, marquée par la pratique de l’autocritique et une forte détermination.

Compte tenu du contexte actuel lié au COVID-19, ce texte a été écrit à distance par plusieurs personnes et a fait l’objet d’échanges répétés ces dernières semaines. Il a pour objectif d’avancer sur les questions liées à l’organisation la Gauche Indépendantiste, pour y apporter des éléments de réponse, notamment stratégiques. Mais ce texte n’est pas définitif et pourra par la suite être débattu par les personnes souhaitant y participer lorsque la situation le permettra (en respectant les règles nécessaires) ou par les moyens de communication possibles.

Un calendrier sera proposé sous peu pour échanger sur le texte et sur le devenir de cette organisation.

La porte est ouverte. Pour nous contacter :
Mail : warsav.bzh[at]gmail.com
Twitter : https://twitter.com/war_sav
Telegram : https://t.me/war_sav

En conférence de presse le 14 janvier, le président François Hollande s’est exprimé sur l’organisation territoriale de l’Hexagone. 

“Notre organisation territoriale devra être revue” pour “en finir avec les enchevêtrements, les doublons et les confusions” de compétences. “Il devra y avoir une clarification stricte des compétences entre collectivités territoriales”, les régions se verront confier un pouvoir réglementaire local d’adaptation”. Puis cette phrase sibylline : “les régions dont le nombre peut aussi évoluer” avant d’ajouter “Il n’y a pas de raison que ce nombre soit le même dans quelques années”.

Ces quelques phrases pourraient laisser penser à une ouverture sur la question de l’unité administrative de la Bretagne et à une évolution des capacités d’action politique de la Région, si seulement le premier ministre actuel n’était pas Jean-Marc Ayrault, défenseur d’une région «grand ouest» dans le cadre d’une réorganisation territoriale.

Ce projet purement technocratique ne répond clairement pas aux souhaits et intérêts des habitants de la Bretagne et des régions de l’ouest de la France. Nous nous en inquiétons, d’autant que depuis quelques années nombre d’administrations sont réorganisées en prenant comme cadre territorial la partition actuelle de la Bretagne. Les récentes mobilisations des Bonnets Rouges avaient en partie fait émerger des revendications institutionnelles pour la Bretagne (Réunification et décentralisation). Mais c’est depuis de nombreuses années et à travers des centaines de manifestations diverses que la revendication d’unité territoriale et de pouvoir régional existent en Bretagne.

Nous ne pourrons faire l’économie d’une amplification de ces mobilisations et de l’exigence d’un véritable droit à l’autodétermination pour le peuple breton sur ces questions, si nous voulons nous faire entendre du gouvernement français.

La Gauche Indépendantiste – Breizhistance IS

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“Nous,  participants et participantes à la rencontre organisée par le CNCP, le MODEMAS et le PKLS le jeudi 25 octobre 2018 au Centre Culturel du Bourg du Lamentin, affirmons  que le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, principe reconnu par les institutions et législations internationales, ne peut souffrir d’aucune exception ni dérogation  et que son application ne saurait, en aucun cas, être déterminé par les cadres et décisions venant de puissances dominantes dont l’autorité a été imposée aux peuples concernés. En conséquence :

  • Nous dénonçons les conditions dans lesquelles se déroule le référendum organisé par la France en Kanaky. L’offensive de peuplement ininterrompue depuis la circulaire de Pierre Messmer, la participation de ressortissants Français au suffrage, le contrôle des moyens médiatiques et la domination économique coloniale enlèvent toute crédibilité à ce référendum au résultat programmé.
  • Nous dénonçons la répression sauvage du peuple Catalan par le régime monarchique Espagnol. la violence policière contre des populations civiles, l’incarcération de dirigeants élus coupables d’avoir organisé ou participé à un référendum d’autodétermination et de prôner l’instauration d’une République sont une agression contre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
  • Nous dénonçons les manœuvres de déstabilisation et de subversion orchestrées par les puissances occidentales contre le peuple Vénézuélien. En bafouant les choix de ce peuple qui a exprimé sans équivoque son soutien à la Révolution Bolivarienne à travers des élections fiables et transparentes, en organisant le chaos économique et en attisant une subversion violente au Venezuela, les impérialistes piétinent le droit international.
  • Nous dénonçons le maintien de la domination coloniale française en Martinique.  La réalité du colonialisme se manifeste par une administration totalement dirigée par la France, l’absence pour le Peuple Martiniquais de tout pouvoir politique réel, le caractère extraverti de l’économie soumise aux intérêts français et le contrôle des médias et de l’éducation. Ce sont des barrières érigées contre le droit de notre peuple à l’autodétermination.

    Martinique le 25 Octobre 2018

La Gauche Indépendantiste appelle à participer le samedi 9 décembre à Saint-Herblain à l’Assemblée Générale proposée par le collectif 44=Breizh et l’association Dibab pour relancer le mouvement en Bretagne sur les questions de réunification et d’autodétermination. La participation la plus large à cette initiative ouverte est un objectif car elle offre une possibilité d’auto-organisation collective à ceux et celles que ce combat interpelle. Elle vise à redéfinir les objectifs et moyens du combat pour la réunification de la Bretagne et pour le droit de décider dans l’ensemble de notre pays. Il s’agit de créer un espace politique permettant de construire un agenda politique breton non basé sur le calendrier électoral parisien et ne refaisant pas les erreurs des structures régionalistes passées qui nous ont amenés dans l’impasse actuelle.

Nous souhaitons pour notre part, amener le peuple breton sur le chemin de la rupture démocratique, pour amorcer par nous même un processus constituant afin de choisir librement en tant que peuple un autre modèle économique sociale et environnementale, de Brest à Clisson. Pour ce faire il faut  créer les conditions pour que le peuple breton puisse exercer son droit à l’autodétermination dans l’ensemble de son territoire en mettant cette question à l’agenda politique sur nos bases et pas celles des réformes territoriales des gouvernants de Paris dont nous n’avons rien à attendre et bousculer les notables et élus locaux qui n’agissent pas.

Faisons circuler l’information. Participons ! Faisons vivre cette initiative !

 

La Gauche Indépendantiste (Breizhistance).


Alors que plus que jamais pour les peuples la question du droit à choisir son destin se pose dans l’actualité Européenne, notamment avec le processus en cours en Catalogne, force est de constater que ce débat ne progresse pas en Bretagne.

La revendication historique et légitime de l’unité de la Bretagne ne trouve pas de débouchés politiques car le pouvoir central reste sourd à cette revendication mais aussi et surtout parce que nos élus locaux ne se mobilisent pas pour changer cet état de fait antidémocratique.

Le mouvement pro-réunification peine à mobiliser après la réforme territoriale ratée de 2014, et n’arrive pas à créer un mouvement de masse susceptible de remettre cette question à l’agenda politique breton en la liant à un mouvement d’ensemble pour plus de démocratie dans l’ensemble de la Bretagne.

Nous sommes breton-ne-s de Brest à Clisson et de Fougères aux Glénans et nous pensons qu’il est légitime que nous puissions décider collectivement de notre destin en tant que peuple. Le premier de ces choix – que seul le peuple a le droit de faire – est celui de déterminer le périmètre institutionnel de notre pays, la Bretagne. Nous devons œuvrer ensemble pour réunir les conditions permettant au peuple breton de librement se déterminer pour un autre modèle institutionnel, démocratique, social et environnemental dans la Bretagne « historique ».

Pour ce faire nous avons besoin d’un nouveau cadre d’action collectif, trans-courant, apartisan, ouvert, accueillant tous ceux et celles attachés à cet objectif sans discrimination d’origine, de confession, ou d’orientation sexuelle.

Ce nouvel espace de conquête de droit démocratiques ne peut se construire en ayant la moindre complaisance ou ambiguïté avec les ennemis de la démocratie et ceux qui instrumentalisent les identités pour tenir un discours de haine xénophobe.

Nous avons besoin d’un espace participatif et imaginatif, traduisant notre vision inclusive de l’identité bretonne et notre désir commun de construire ici en Bretagne une démocratie de proximité aux bénéfices du plus grand nombre.

Nous avons aussi besoin de faire le bilan des initiatives en cours et passées allant dans ce sens.

Le samedi 9 décembre nous vous donnons rendez-vous au Centre Socioculturel Le Grand B. (11, rue de Dijon) a Saint-Herblain à partir de 9h30 pour construire la coordination démocratique bretonne dont nous avons tous et toutes besoin.
Cette réunion est ouverte aux individu-e-s et organisations partageant ces objectifs.

PROGRAMME :

  • 09h30-10h00 : accueil des participant-e-s.
  • 10h00-11h15 : Bilan des expériences DIBAB, 44=Breizh et Galv Pondi.
  • 11h30 : Bilan l’appel des « 100 000 signatures ».
  • 12h30 : Repas.
  • 13h45 : Tour de parole collectif « Quels outils pour la lutte pour la réunification et l’autodétermination ? ».
  • 16h00 : Mise en place d’un cadre organisationnel et d’un agenda permettant à toutes et tous de s’impliquer. Rédaction d’une charte et mise en place d’un calendrier revendicatif.
  • 18h30 : Fin des débats, mise en ligne du communiqué final.

 

Le 30 septembre dernier alors que Bretagne Réunie, ou tout au moins une partie de sa direction, se refusait au dernier moment à défiler dans Nantes pour l’unité de la Bretagne, le collectif 44=Breizh et la Gauche Indépendantiste avaient eux décidés d’occuper les rues de la capitale historique de la Bretagne.

Prés de 400 personnes ont bravé les appels à la démobilisation. Le cortège s’est déroulé sans aucun incident et dans une atmosphère déterminée mais familiale. Beaucoup de drapeaux de nations sans état coloraient le cortège, tout comme les drapeaux féministes et antifascistes. Les banderoles de 44=Breizh et de la Gauche Indépendantiste rappelaient clairement que la ligne politique à mettre en avant dans le combat pour la réunification est celle du droit à décider en tant que peuple, celui du droit à l’autodétermination.

On pouvait rencontrer dans le cortège des vieux routiers du mouvement pour le retour du pays Nantais en Bretagne comme Yann Chouq, ou Patrick Mareschal, Jean-Do Robin, Per Vari Kerloc’h mais aussi beaucoup de militants de Bretagne Réunie de Pornic ou Saint-Nazaire par exemple, déboussolés par la désertion de leur dirigeants.

Beaucoup ont noté la moyenne d’age très peu élevée du reste des participants, et la banderole de la Gauche Indépendantiste était exclusivement portée par des femmes. Les militants des autres composantes du cortège anticapitaliste ont eux aussi contribué au succès relatif de ce cortège jeune, dynamique, clairement anti raciste, pour réclamer le retour de Nantes en Bretagne. Bref, l’ambiance inverse de celle qu’on a pu voir dans les manifestations passéistes et infiltrées par l’extrême droite ces dernières années. 

Les fascistes eux n’ont pas montré le bout de leur nez, et les responsables au sein de Bretagne Réunie qui semblent avoir prit en catimini les décisions d’annulation contre l’avis de leur base en évoquant des risques de troubles et de violences vont devoir s’expliquer sur les responsabilités réelles de leur fiasco, tant politiques que conjoncturelles, tout comme de leur étrange complaisance revenant à mettre sur le même plan l’extrême-droite et les antifascistes.

La Gauche Indépendantiste a lu la déclaration de solidarité internationale avec le peuple catalan à la veille du 1er octobre, en breton et en français, puis une militante a lu le message suivant :

Nous sommes bretons et de Brest à Clisson, de Fougères aux Glénans et nous pensons qu’il est légitime que nous puissions décider collectivement de notre destin en tant que peuple. Le premier de ces choix que seul le peuple à le droit de faire est celui de déterminer le périmètre institutionnel de notre pays, la Bretagne. Nous devons œuvrer ensemble pour réunir les conditions permettant au peuple breton de librement se déterminer pour un autre modèle, institutionnel, démocratique, social et environnemental sur l’ensemble de la Bretagne historique.

Pour ce faire nous avons besoin d’un nouveau cadre d’action collectif, trans-courant, apartisan, ouvert, accueillant sans discrimination d’origine, de confession, ou d’orientation sexuel tous ceux et celles attachés à cet objectif. Ce nouvel espace de conquête de droit démocratiques ne peut se construire en ayant la moindre complaisance ou ambiguïté avec les ennemis de la démocratie et ceux qui instrumentalisent les identités pour tenir un discours de haine xénophobe. Nous avons besoin d’un espace participatif, imaginatif traduisant notre vision inclusive de l’identité bretonne et notre désir commun de construire ici en Bretagne une démocratie de proximité aux bénéfices du plus grand nombre.

C’est ce que nous proposons de faire par un cycle de réunions ouvert à tous ceux qui partagent cet objectif et qui commencera le 9 décembre à Saint-Herblain.

C’est ce message qui doit être diffusé et cette date qui doit être dans tous les agendas. Pour qu’en plus de reprendre nos rues aux fascistes nous construisions ensemble des outils d’émancipation.

La Gauche Indépendantiste.

 

 

Nous publions avec l’autorisation d’ ACTA  qui  est un média autonome et partisan qui produit depuis Paris, vidéos, interviews et articles d’intervention – de l’intérieur des luttes,  l’entretien de LEA El AZZI. Cette journaliste Libanaise du quotidien Al Akhbar revient sur la genèse du Hirak ( le soulèvement populaire ), le rôle de la gauche libanaise, notamment des communistes. Elle souligne aussi la quête de réelle souveraineté nationale du peuple Libanais  et le rôle néfaste de l’impérialisme dans l’instabilité chronique du pays. C’est bien sur avec un intérêt particulier que les bretons doivent lire ce texte. C’est leur ancien président de Région Jean-Yves Le Drian qui a rejoint la start-up Nation de Macron pour se mettre au service du lobby militaro-industriel et du néo-colonialisme français notamment dans cette partie du monde. L’impact du lobby militaro-industriel est énorme en Bretagne, personne n’ose le remettre en cause ( Arsenaux, cybersécurité ) et il est largement subventionné par de l’argent public. La voix de la France l’étranger , de son impérialisme destructeur c’est Le Drian. 

Bretagne Info.

Nous publions une discussion avec Léa El Azzi, journaliste libanaise à Al Akhbar, quotidien de gauche créé par l’intellectuel militant Joseph Samaha en réaction à l’agression israélienne sur le Liban en 2006. Marqué par son fort positionnement anti-impérialiste, le journal dénonce depuis sa création le colonialisme sioniste en Palestine et au Liban, mais aussi la politique occidentale et américaine dans l’ensemble du Moyen-Orient. Récemment au Liban, le journal a mené un important travail d’analyse et de dénonciation du système bancaire et de l’oligarchie financière.

Dans ce bref entretien, Léa El Azzi revient sur la crise économique, sur la mobilisation populaire au sein du Hirak contre le système bancaire, sur les contradictions qui ont traversé le mouvement ou encore sur la politique française au Liban suite à la crise financière.

ACTA : Pouvez-vous revenir sur les causes profondes qui ont déclenché le soulèvement populaire qui a débuté en 2019 ?

Léa El Azzi : Le soulèvement populaire a été le produit d’une accumulation de facteurs :

À l’été 2019, et pour la première fois depuis 1997, la livre libanaise a commencé à perdre de sa valeur, le dollar s’échange entre 1600 et 1610 livres libanaises (le taux de change était fixé à 1515/dollar). C’était l’un des indices d’indisponibilité du dollar. La Banque du Liban (BDL) continuait d’ignorer ce problème et le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, a annoncé que le taux de change élevé était le résultat d’un problème entre les changeurs de monnaie et certaines entreprises.

La BDL et les banques commerciales ont refusé d’ouvrir les lettres de crédit pour importer le blé, les médicaments, et le pétrole. Après que les distributeurs ont annoncé la grève, on voyait des colonnes de voitures devant les stations-service, devant les fours à la recherche du pain. Le problème était partout le même : la crise du change du dollar.  

Le Parti communiste libanais et différents groupes de gauche ont organisé des manifestations pour le changement du régime, contre les politiques du gouvernement et de la BDL, et pour des politiques sociales équitables.

– À l’aube des 13 et 14 Octobre, des incendies ont éclaté partout au Liban, c’était une vraie catastrophe avec la disparition de vastes zones vertes, de pins, mollusques… le feu a atteint les maisons. Ça a duré plusieurs jours, mais ce qui était stupéfiant, c’est que tous les fonctionnaires, ministres, parlementaires, sont restés endormis la nuit des incendies. Cet incident a montré la fragilité du système, le manque des ressources humaines et technologiques pour faire face à ce genre de problème.

Le cabinet discutait des « réformes économiques » et le premier ministre Saad Hariri a proposé d’augmenter la taxe sur la valeur à 12%, en plus d’augmenter la même taxe sur les produits de luxe. Le ministre des télécommunications Mohammed Choukair a proposé que l’application WhatsApp devienne payante. En réaction à cette dernière proposition, il y a eu des appels à manifester dans le centre-ville. Lors d’un déplacement, le personnel de sécurité du député Akram Chehayeb (membre du parti socialiste progressiste, dirigé par Walid Junblat) a violemment repoussé certains manifestants afin de pouvoir passer, ce qui a redoublé la colère des gens. Et voilà, le soulèvement a éclaté.

Le Hirak semblait avoir une composition sociale multiple, des revendications et des objectifs contradictoires, parfois antagonistes. Pouvez-nous en dire plus ?

C’est vrai, il n’y avait pas « un » Hirak, « un » objectif, « un » slogan, mais une mosaïque. Aux premiers jours, un très grand nombre de gens y ont participé : ceux qui appartiennent à la classe moyenne et qui se sont soudainement vus en train de tout perdre, les classes populaires et pauvres, des jeunes lycéens, et même des partisans des partis politiques pro-système. Les organisations de la société civile, les partis de gauche, et tous les groupes organisés, ont décidé que le « soulèvement » ne devait pas avoir de « tête », pour ne pas échouer. Ils ont essayé de ne pas brandir des slogans politiques qui pourraient diviser l’ensemble des manifestants.

Quelques jours plus tard, les interventions politiques ont commencé. Le Parti des Forces Libanaises (dirigé par Samir Geagea) et le Parti socialiste Progressiste1, qui étaient membres du gouvernement, ont annoncé leur participation aux manifestations, s’attaquant au président de la république et au gouvernement de Saad Hariri, en faisant pression sur ce dernier pour qu’il démissionne.

Petit à petit, chacun a tenté de manipuler le « Hirak », et on ne peut pas oublier les interventions des pays occidentaux, notamment les États-Unis, l’Angleterre, la France, ainsi que certains pays arabes. Il y avait ceux qui voulaient le désarmement du Hezbollah, la démission du Président Michel Aoun, la formation d’un nouveau gouvernement avec des ministres « technocrates », le renversement de tout le système, quand d’autres se dressaient contre la banque centrale et le pouvoir de l’oligarchie libanaise. Cette diversité de la société libanaise, et les profondes divisions entre les composantes communautaires et le poids du sectarisme, ont empêché la formation d’un front uni avec un programme commun pour affronter « l’establishment ». Sans parler des rivalités internes et des guerres d’ego entre les organisations issues de la société civile.

Qui est à l’origine de la mobilisation contre les banques et qu’en est-il aujourd’hui de la lutte pour les revendications sociales, à l’heure où des émeutes de la faim semblent reprendre, notamment à Tripoli ?

Le Parti communiste libanais, le « Mouvement des jeunes pour le changement » (un groupe de gauche fondé en 2015, leur objectif est la justice sociale et la libération nationale) et un certain nombre de forces de gauche ont été les principaux éléments qui se sont déplacés devant la Banque centrale du Liban. Le journal Al-Akhbar a joué aussi un rôle très important pendant des années pour expliquer les problèmes économiques, financiers et monétaires aux masses et leur présenter la vérité sur ce qu’il se passe.

Il y avait des groupes et personnes qui ne voulaient pas participer aux manifestations organisées devant la BDL ou les banques privées, car ils ne considéraient pas le dossier économique comme fondamental, et préféraient plutôt les slogans purement politiques, et il y avait ceux qui ont estimé que le Hezbollah bénéficierait des manifestations devant les banques et la Banque du Liban, et n’ont donc pas participé (il n’en bénéficiait pas, mais certains croyaient cela à cause des sanctions américaines).

Actuellement, le contexte à Tripoli est un peu différent. Il est vrai qu’il y a des conditions socio-économiques très difficiles à Tripoli. Tripoli est l’une des régions libanaises les plus pauvres, alors que ses politiciens sont parmi les plus riches du monde, comme l’ancien Premier ministre Najib Mikati. La colère des gens est très forte. Cependant, des « sources » affirment que des pays du Golfe, par l’intermédiaire de groupes locaux qui leur sont affiliés, ont profité de la misère à Tripoli pour des raisons politiques, et veulent peut-être pousser le premier ministre désigné Saad Hariri à ne plus former son cabinet. Bien sûr, on ne peut nier que beaucoup de manifestants aient participé en toute sincérité, sans avoir d’ « agenda » politique.

En ce qui concerne la lutte pour améliorer la vie des gens, socialement et économiquement, malheureusement, il n’y a actuellement aucune lutte organisée à l’échelle du pays, alors que la situation empire et que l’État n’a pas de programme de protection sociale.

Quelle est l’importance et l’actualité des idées nationalistes arabes, anti-impérialistes mais aussi communistes au sein du Hirak ?

Le problème au Liban n’est pas seulement une question de corruption ou de mauvaise gestion, etc. Le vrai problème est que le pays n’est pas indépendant ni politiquement ni économiquement, les interférences externes empêchent l’établissement d’un État. En outre, il y a le mariage entre le pouvoir politique et le pouvoir du capital, qui au cours des trente dernières années, au moins, a accumulé des profits et des richesses personnelles aux dépens du peuple. Le secteur public a été détruit, les infrastructures des services publics aussi, on n’a pas de système sanitaire public comme à Cuba par exemple, de même pour le système éducatif, les prestations sociales et les transports en commun. On nous a dit que le « système rentier » était la « solution » du « développement » au Liban. La ville, le pays et les plus pauvres étaient détruits, alors que seul le secteur bancaire et immobilier prospérait. L’industrie et la production nationale ont été détruites au profit des importations. Les taux d’intérêt des banques ont été augmentés afin d’attirer les dépôts de l’étranger, car notre système était basé sur la « mendicité » : mendier des dollars et emprunter aux autres pays.

Aujourd’hui, plus de la moitié de la population (selon ESCWA) vit en dessous du seuil de pauvreté. La première cause est interne, venant de la nature du régime, mais il y a aussi les pressions politiques américaines, européennes et du Golfe imposées au Liban. Alors je pense que la base de tout mouvement doit se faire sur des revendications socialistes qui donnent la priorité à la construction d’une véritable économie productive en protégeant les classes populaires, et d’un système politique résistant.

Quelle est la stratégie du Hezbollah par rapport au Hirak et qu’en pensez-vous ? Y’a-t-il eu des divergences de stratégies entre des mouvements communistes et le Hezb ?

Le Parti communiste libanais et le Hezbollah ne se retrouvent que sur la résistance contre « Israël » et la défense de la cause palestinienne. À part ça, il y a un désaccord total entre les deux partis sur toutes les questions internes, dont la plus importante est la vision du système confessionnel libanais. Comme on le sait, les divisions confessionnelles au Liban sont les plus fortes, tous les postes publics sont divisés sectairement. 

Quant au Hezbollah, son secrétaire général, Sayyed Hassan Nasrallah, a averti plusieurs fois des interventions étrangères au sein du Hirak et la mise en œuvre d’un agenda occidental, tout en reconnaissant la souffrance du peuple et ses revendications. Lors de certaines attaques contre les manifestants, le Hezbollah a été accusé, mais il a démenti toutes responsabilités.

Le Hezbollah veut, et c’est dans son intérêt, modifier le système existant, améliorer la vie des gens et renforcer l’arène interne face aux pressions extérieures, mais il ne permettra pas qu’aucun genre de Hirak soit déclencheur d’un conflit interne, vu les pressions étrangères. 

Quelles formes prennent aujourd’hui les pressions étrangères exercées sur le Hezbollah et ses représentants ? Et peut-on espérer des récentes élections aux USA un changement de politique à ce sujet ?

La pression exercée sur le Hezbollah par les États-Unis et ses alliés est d’ordre économique, politique et sécuritaire. Le Hezbollah est une très grande puissance régionale, et pour les États-Unis cela met en danger la sécurité d’« Israël ». Cependant, alors que l’Amérique dit qu’elle impose des sanctions sur le Hezbollah, en fait elle détruit toute la société libanaise. Pratiquement, le public du Hezbollah a été peu affecté par les sanctions, parce que le Hezbollah a continué de subvenir à tous leur besoins.

Selon les informations, il n’y aura pas un changement de la politique étrangère américaine envers le Moyen-Orient, et notamment le Liban, surtout que l’administration Biden ne sépare pas la question du Hezbollah du dossier iranien.

Selon vous, à quel jeu joue la France dans le cadre de la crise économique qui frappe le Liban actuellement ?

Pendant qu’Emmanuel Macron a de nombreux problèmes de nature sanitaire, économique et sociale en France, il se donne le droit d’agir en tant que « gouverneur » du Liban, et de diffuser des conseils sur la gestion de la crise. Macron estime que le Liban est toujours sous mandat français, tout comme il se comporte en Afrique et dans le reste du monde avec les pays de l’OTAN. La France ne s’intéresse au Liban que pour son influence et l’extension de son contrôle sur les pays de la Méditerranée orientale. De là, un document français de « réforme » (!) est présenté et des conférences d’aide sont organisées. Mais, par exemple, après l’explosion du port le 4 août, deux conférences ont été organisées pour aider le Liban. L’argent n’est pas parvenu au Liban jusqu’à maintenant. Macron a déclaré aux politiciens libanais que la reconstruction de Beyrouth n’aura pas lieu tant qu’un gouvernement ne sera pas formé avec le consentement des États-Unis et avec un programme d’action prédéterminé.

La France veut achever l’audit légal des comptes de la Banque du Liban, nommer un nouveau gouverneur de banque et s’ingérer dans la nomination des ministres libanais. La France aurait-elle accepté que Washington choisisse ses ministres ou que la Belgique nomme le gouverneur de la Banque centrale française ?

La France ne joue pas actuellement un véritable rôle au niveau de la crise économique, sauf pour tenir le bâton contre les politiciens libanais et les menacer de dossiers de corruption et les contraindre à mettre en œuvre des « réformes » appropriées afin d’étendre le contrôle français politique et d’exploiter les ressources du Liban.

Quelles sont les réactions de la classe politique et d’autre part, de la rue libanaise au « réchauffement » entre Israël et des États arabes tels que les Emirats arabes unis ou Bahreïn ? Pensez-vous que cela changera à l’avenir les rapports entre Israël et le Liban ?

Nombreuses sont les personnes au Liban qui croient en la cause palestinienne et le droit du peuple palestinien à regagner sa souveraineté sur tout son territoire, à libérer tous les pays arabes et à résister à l’ennemi sioniste et à ne jamais accepter ces alliances arabes. La normalisation des relations entre certains régimes arabes avec l’ennemi, et leurs accords stratégiques avec lui (notamment UAE), ne signifie pas que les peuples arabes y consentent.

Au Liban, tant que nous aurons une Résistance, d’une très grande puissance régionale et d’énormes capacités militaires, rien ne changera, et le Liban ne cessera pas d’être dans la ligne de défense de la Palestine, car par cela il défend aussi la souveraineté libanaise et ses ressources naturelles.

Le combat pour Georges Ibrahim Abdallah est toujours d’actualité en France mais au-delà de cette cause importante, sous quelle modalités pourrions-nous selon vous tisser de nouveaux liens entre les forces progressistes au Liban et en France, de façon actuelle et concrète ?

C’est une honte pour un pays comme la France, qui prétend préserver les droits de l’homme, de maintenir la détention du combattant internationaliste Georges Ibrahim Abdallah, alors qu’il fallait le libérer en 1999, selon les conditions requises pour sa libération, spécifiées par le code pénal français.

La France, en refusant de libérer Abdallah, exécute les ordres des américains et des israéliens. Alors tous les progressistes du monde doivent unir leurs efforts pour sa libération, en utilisant d’autres méthodes que la solidarité et des déclarations de soutien. Georges est détenu en France, donc le travail pour obtenir sa libération doit prendre une autre tournure, et le début est le rassemblement des forces des progressistes internationaux, pour exercer une pression maximale sur l’État français et pour le forcer à libérer Georges, peut-être qu’il s’agit d’organiser une conférence internationale pour commencer.

  1. Ces deux formations sont membres de « L’Alliance du 14-Mars », proche des puissances occidentales et de l’Arabie saoudite.

 

Les récents vœux en mairie de Nantes et Rennes mettent en relief la persistance de la revendication du retour de la Loire-Atlantique dans une collectivité “Bretagne”. Ces initiatives ont le mérite d’animer cette pré-campagne des élections Régionales et Départementales, et ce n’est pas rien. Tant pour l’instant les listes prétendant faire candidature en Juin (sauf changement de calendrier) se gardent bien de s’avancer sur l’évolution institutionnelle de la Bretagne. De ce point de vue, ce sont des initiatives à valoriser car elles placent ce débat dans un cadre civique et pas romantique et historique. Mais elles sont aussi à critiquer pour enrichir ce débat citoyen spécifiquement breton. 

L’initiative revient à l’association “À la Bretonne” et au “Breizh Civic Lab”, et avait été annoncée le 11 octobre dernier suite à un colloque rassemblant beaucoup d’élus de tous bords. Un nombre conséquent d’entre eux s’étaient engagés à œuvrer pour demander à l’état central et à son président la mise en place d’un référendum sur le rattachement de la “Loire-Atlantique” à la Bretagne.

J’avais pour ma part refusé de signer cette supplique au président de république Française car cela représente un danger tactique. Si je me réjouis de voir l’idée du droit de décider en Bretagne progresser, je me refuse à le saucissonner entre “Région Bretagne” et habitants du département de “Loire-Atlantique” : c’est tous ensemble que nous devons être consultés, en tant que sujet politique collectif, dans un seul agrégat.

  1. Je pense que faire croire qu’une telle démarche auprès de cette présidence si hautaine, méprisante et si honnie peut aboutir relève d’un certain irréalisme. Cela légitime dans une prétendue posture d’écoute un président qui a violemment réprimé les Gilets Jaunes, magnifiquement méprisé les manifestations contre la réforme des retraites et qui s’entoure d’un aréopage de personnages dont la proximité avec la fange de l’extreme-droite n’est plus à démontrer (Benalla, Darmanin…). Est-ce bien sérieux que de parler de démocratie, au nom du peuple, et de réclamer un référendum décisionnel à un pouvoir autoritaire lointain et brutal, depuis le confort de conseils municipaux réunis à huis-clos — crise sanitaire oblige — où l’on a été élus avec à peine 40 % de participation ? Est cela le débat populaire dont nous avons besoin ?

  2. Cela va à l’encontre de la tradition d’auto-organisation qui prévaut en Bretagne. Laisser le soin au pouvoir central de délimiter le périmètre et la question d’un tel référendum, que ses promoteurs veulent décisionnel, est du pur suicide politique pour les partisans d’une Bretagne unie dotée de compétences nouvelles. 

  3. Cela déresponsabilise ceux et celles qui  dirigeront la Région Bretagne, car toute l’initiative politique est laissée à Paris. Loig Chesnais-Girard peut continuer à poser des plaques Breizh 5/5 dans le hall du Conseil Régional de Bretagne en arguant qu’il ne peut faire plus tant que le président de la République n’a pas daigné répondre aux voeux… Cela l’exonère de toute initiative politique visant à auto-organiser une consultation sur l’ensemble de la Bretagne et sur son évolution globale vers plus de pouvoir politique breton. Christophe Prugne, le président d’ À la Bretonne peut faire un bon jeu de mots en disant que Loig Chesnais-Girard est à coté de la plaque, mais la pression qui est mise sur lui est bien négligeable… Et en annonçant que la perspective est 2026 pour le référendum, on comprend tout de suite que l’on parle du futur quinquennat et pas du futur mandat Régional.

  4. Les vœux en marie de Nantes et Rennes ont ceci de positifs qu’ils montrent que la question de la consultation sur le retour de la Loire-Atlantique en Bretagne bouscule tous les camps politiques. Le PS vote pour à Nantes mais s’abstient à Rennes, la droite s’abstient à Nantes et vote pour à Rennes. Le plus cocasse est la posture d’EELV avec qui Florian Le Teuff (initiateur d’A la Bretonne) est associé, puisqu’il a été élu sur la liste “Verte” au conseil municipal de Nantes. Ces derniers votent positivement pour une consultation aux Conseils Municipaux de Rennes et Nantes mais leurs tête de liste en Région “Pays de la Loire”, habitant en Loire-Atlantique, pond aussitôt un hallucinant communiqué pour réclamer plus de coopération entre la Région Bretagne et les Pays de la Loire et s’opposer ainsi à toute idée de réunification de la Bretagne. Un caillou (et pas un petit) dans les chaussures de la liste EELV-UDB en Région Bretagne… qui vont devoir nous expliquer comment ils vont faire pour faire pression sur le PS avec qui ils piaffent d’impatience de gérer la Région Bretagne, alors qu’ils n’ont pas réussi à convaincre dans leur propre camp…

     

Pour conclure provisoirement, je me permet de publier ici la question que j’avais posé à Nantes le 11 octobre, certes un peu longue, mais qui redéfinie la différence entre consultation et référendum, et sur la nécessité de remettre la conquête de nouvelles compétences pour la Région Bretagne ” (sanitaires… par exemple…) au calendrier politique… pour donner envie à d’autres d’y venir…

C’est ce que le sondage DIBAB et Breizh Civic Lab avait démontré.

On peut espérer que ces modestes réflexions permettront d’alimenter les projets de ceux et celles qui auraient des velléités à construire une alternative démocratique pour les futures élections régionales, assumant sans complexe aucun la perspective d’une Bretagne, unie, co-construite, solidaire, et dotée de compétences législatives et fiscales.

Gael Roblin (militant Indépendantiste de Gauche et accessoirement conseiller municipal à Guingamp) 

 

Merci infiniment aux initiateurs de cette journée qui contribue à dépoussiérer cette revendication de l’unité territoriale de la Bretagne, et à repolitiser, au sens noble du terme, cette problématique trop souvent limitée à des aspects culturels et pseudo-identitaires. Votre initiative qui soutient l’idée d’une participation citoyenne, d’une implication du peuple dans la délimitation du territoire breton et des compétences de la Bretagne est enthousiasmante.

Vous souhaitez fixer une feuille de route pour la réunification. Puisque l’on parle de « Transformer nos institutions et mieux coopérer pour répondre aux grands défis », je pense qu’il faut lister toutes les étapes, et pas seulement se concentrer sur 2026 et adresser des suppliques au pouvoir central pour qu’il organise un hypothétique référendum.

Certes la Région n’a pas compétence à organiser un référendum, mais rien n’empeche légalement une association de consulter les citoyens des 5 départements. Car le décret FILLON permet aux partis politiques d’organiser des primaires pour désigner leurs candidats en mettant à disposition urnes, lieux de vote, et listes électorales. C’est par ce biais que l’association DIBAB a organisé des votations sur le thème de l’unité de la Bretagne et de son l’évolution institutionelle.

La présidente ou le président de la Région Bretagne aura bien plus de légitimité — une fois consultée la population par ce biais — pour négocier avec le pouvoir central l’organisation d’un référendum en bonne et due forme.

L’organisation d’une consultation citoyenne par le riche tissu associatif breton, financée de façon participative par son biais permettra de surcroit de réunifier la Bretagne dans les faits.

Car limiter l’exercice du droit de décider à la seule Loire-Atlantique, le saucisonner en votant les uns après les autres, est pour le moins étrange… Étant donné que nous supposons, en tant que partisans de l’unité de la Bretagne, que la préférence de l’agrégat (de l’électorat breton dans son ensemble) se porte vers l’unité bretonne, il est pour le moins suprenant de considérer comme un acte démocratique répondant aux attentes du peuple breton de mettre un place une consultation qui exclut précisément cette option, celle de voter tous ensemble en tant que bretons.

C’est étrange intellectuellement de présuposser que la Bretagne est un espace civique cohérent pour impulser des politiques publiques aux bénéfices du plus nombre et de rediviser la Bretagne en consultant ses habitants les uns aprés les autres et pas tous en même temps.

C’est également étrange de présupposer que les bretons, de Brest à Clisson, ont un désir de Bretagne visant à maitriser de nouvelles compétences, en excluant de les interroger ensemble sur ces nouvelles compétences en même temps que l’on les interroge sur les limites de la Bretagne.

Pour mémoire, le sondage commanditée par DIBAB et Breizh Civic Lab l’an dernier indiquait que c’étaient les habitants de Loire-Atlantique qui étaient le plus favorables à la prise de compétences d’état par la Région Bretagne, et ce à la hauteur de 68 %.

L’ensemble des bretonnes et bretons répondaient favorablement à la hauteur de 61 % à la question : “Êtes-vous favorables à la mise en place d’un référendum sur les compéntences que devraient maitriser la Région Bretagne ?”

C’est bien une montée des compétences de la Région Bretagne qui favorisera le retour de la Loire-Atlantique dans la même collectivité territoriale. Ces questions ne sont pas disscociables.

II y a beaucoup d’élus ici, mais attention à l’entre-soi : il faut nous interroger en permanence sur notre représentativité, notre légitimité en tant qu’élu à parler aux noms des citoyens. À quelle taux de participation avons nous été élus ? A quel taux de participation seront élus les conseillers régionaux et départementaux ? Sans doute pas à 86 % comme lors du référendum de dimanche dernier en Kanaky ? Sommes-nous vraiment représentatifs de la population bretonne ? Combien d’élus de petites communes ? Combien d’ouvriers ? De paysans ? Combien de femmes ? Combien de moins de 50 ans ? Combien de bretons issus de l’immigration ? Des quartiers populaires ?

C’est la Bretagne dans toute sa diversité qui doit s’approprier le débat sur les limites et compétences de notre pays. Pour conférer à notre exécutif régional un vrai légitimité avant de discuter avec le pouvoir parisien de la mise en place d’un référendum en bonne et due forme.

Je crois que les organisateurs de la journée veulent mettre à l’agenda politique ces thèmes à la veille de régionales et départementales.

Qui parmi les participants à cette table ronde — et qui a des vélléités pour présider la Région Bretagne ou du département de Loire-Atlantique — s’engage à impulser et soutenir, accompagner cette consultation citoyenne précédent un éventuel référendum ?

Car le droit de grève s’acquiert en faisant grève, le droit de manifester en manifestant, le droit de vote en votant. C’est un catalan qui l’a rappelé à la barre d’un tribunal récemment pour avoir pris part à la mise en place d’une consultation pour le droit de décider.

Les militant.es indépendantistes de gauche du collectif War-Sav qui propose d’intervenir en tant qu’organisation stratégique a diffusé le texte suivant ainsi que du matériel graphique pour défendre l’idée d’un service public de santé géré par les bretons et défendre l’accès au vaccin.

Voici des explications sur leur démarche. 

War-Sav (Pour l’Organisation de la Gauche Indépendantiste) est un collectif qui se propose de contribuer à la construction du courant indépendantiste de Gauche en Bretagne. Nous estimons nous que la Bretagne de Brest à Clisson est un espace cohérent pour construire des politiques publiques en faveur des classes sociales les plus défavorisées. Nous sommes impliqués à titres personnels dans des pratiques militantes syndicales, culturelles, de réappropriation linguistique , féministes, écologistes, internationalistes ou des dynamiques municipalistes anticapitalistes. Ensemble nous affirmons le droit du peuple breton à construire en toute indépendance un autre modèle économique, sociale et environnementale au bénéfices des plus modestes.

 

 

La gestion centralisée de la crise sanitaire est de plus en plus incomprise du peuple, l’absence de compétence sanitaire publique des collectivités locales met en évidence les mesures inadaptées d’une Région à une autre, d’un département à un autre, d’une commune à une autre. Puisque nous vivons et travaillons en Bretagne où le débat pour plus de souveraineté décisionnelle prend une certaine ampleur nous faisons part des propositions suivantes pour orienter les mobilisations populaires en faveur du système de santé de proximité.

Cela nous semble légitime pour restaurer la confiance dans la science, elle-même mise à mal par les choix et le mode de gestion du gouvernement qui gère la crise et décide en comité de défense secret. Rien de pire pour créer de la défiance sur la sphère institutionnelle et alimenter les thèses conspirationnistes. Prenons nos affaires en mains ici en Bretagne.

De par la faiblesse du système de santé publique passablement dégradé par le gouvernement en place (fermeture de milliers de lits d’hôpitaux, fermeture d’hôpitaux de proximité, faibles salaires, Ségur de la Santé bien en-deçà des exigences des syndicats majoritaires) nous d’avons pas d’autre alternative.

L’absence d’un Plan de vaccination cohérent démontre un manque cruel d’anticipation, comme la gestion de la crise sanitaire depuis un an (pénurie de masques, annonces à l’emporte-pièce des mesures et des protocoles sanitaires dans l’éducation, incompatibilités des couvre-feu à 18h avec les transports et horaires de travail…). Le plan de vaccination doit être planifié de façon drastique ce que ne peuvent permettre les politiques libérales ultra centralisées.

L’histoire a prouvé que le vaccin est la seule et unique solution pour enrayer une épidémie. Dire le contraire c’est faire le lit du complotisme et de l’individualisme. C’est se positionner aux antipodes de la construction d’une société basée sur la solidarité et la collectivité.

 

 

Le vaccin est essentiel pour protéger les travailleurs, le peuple, ceux et celles qui subissent le plus la pandémie, Et pour protéger les personnes qui, pour des raisons médicales, ne peuvent pas être vaccinées.

La vaccination est une conquête de la science , que des multinationales en tirent profit n’invalide pas son utilité.

Les vaccins ont été financés par des fonds publics. Par conséquent, ils ne doivent pas servir à spéculer et leurs distributions doit se faire dans le cadre du service public.

Cela signifie que la Région Bretagne doit avec les autres collectivités locales faire face à la faillite de l’état français et réclamer la compétence sanitaire publique. 

Les syndicalistes, féministes, révolutionnaires et démocrates doivent faire cause commune et défendre politiquement l’accès au vaccin via le service public de santé. Nous sommes conscients que le choix du type de vaccin est une question légitime et pertinente, seule la construction d’un mouvement de défense de la santé publique permettra de poser ces revendications.

Alors que l’état central sous-traite au privé la mise en place du plan de vaccination nous pensons que la Bretagne, de Brest à Clisson, est un espace de proximité cohérent pour construire des politiques publiques afin d’améliorer les conditions de vie des plus modestes.

Pour amplifier et accélérer l’accès à la vaccination,

Pour la construction d’un service public sous contrôle local impliquant les usagers dans des politiques de santé depuis les communes, quartiers, villes et villages.

Pour restaurer la confiance dans la science mis à mal par les choix d’un pouvoir lointain qui nous fait subir des politiques d’austérité et des choix illogiques.

Nous sommes internationalistes et aussi solidaires de ceux et celles qui luttent pour que l’ensemble des anciennes colonies occidentales ou des pays subissant l’impérialisme aient accès aux vaccins et ce gratuitement. 

 

C’est le sentiment qu’on peut avoir à quelques jours du second tour des municipales. Comme nous l’expliquions le premier tour avait été le théâtre de certaines performances, modestes certes, mais notables de partisans d’un pouvoir politique breton.

Nous nous étions longuement étendus sur les performances des indépendantistes de gauche identifiés et élus lors de premier tour, à Cintré, Plounevez-Moedeg, Guingamp… Nous aurions aussi pu parler de l’élection de Lionel Henry à la tête de la mairie de Montreuil-Le-Gast, partisan bien connu d’une Bretagne réunifiée et souveraine et ne cachant pas son engagement à gauche, de Jean-Yves Kallag à Lannion qui entame un troisième mandat d’opposition et sur lequel on peut compter pour défendre notamment la langue bretonne.

Au moment où nous écrivons ces lignes nous ne savons pas quel sera le score de « Saint-Herblain en Commun » mais cette liste de Gauche, Écolo, Bretonne de la sixième ville de Bretagne avait tout de même gagné 30 % des suffrages au premier tour !

L’Union Démocratique Bretonne (autonomiste de gauche) et son allié Christian Troadec (réélu à Carhaix) de « Pour La Bretagne » pourront compter eux aussi leurs élus et faire un bilan plutôt positif de cet exercice électoral.

Mais c’est le deuxième tour des bords de Loire à Nantes qui fait ressurgir la Bretagne comme objet civique et politique.

Comme l’indique Le Télégramme dans son article du 7 juin, l’accord entre EELV et le PS et ses autres alliés stipule : « Dans un volet intitulé « Promouvoir la langue et la culture bretonne » (points 287 à 290 de leur « contrat de mandat »), Johanna Rolland et sa troisième colistière Julie Laernoes proposent, entre autres, d’« adopter un vœu demandant l’organisation d’un référendum sur la réunification de la Bretagne » et de continuer en indiquant que l’accord prévoit aussi que la Ville se dote d’« une instance pour engager une concertation avec l’État sur les modalités d’organisation de ce dernier ». Florian Le Teuf (candidat EELV, figure du milieu des supporters du FCN et opposant au Yellow Park) pourrait être chargé des questions bretonnes (dont le référendum) à la mairie de Nantes une fois élu, alors qu’il figure en 4ème position, même si l’UDB (également présente sur la liste de Johanna Roland mais dés le 1er tour) avait aussi introduit l’idée d’un tel « débat citoyen » dans ses accords.

Beaucoup dans la presse et sur les réseaux sociaux s’interrogent sur cette soudaine conversion et sur les limites de cet accord.

 

Mais ne boudons pas notre plaisir de voir la Bretagne, l’unité territoriale de notre pays devenir un objet de débat citoyen, surtout après des décennies de débretonisation !

Quelques soient nos réserves et interrogations, saluons là le fait que ces rapports de forces électoraux aient fait entrer dans les négociations le terme « référendum » et introduit ainsi l’idée que le droit de décider de l’avenir institutionnel de la Bretagne appartient au peuple breton.

C’est aussi le fruit du travail des adhérent·e·s de Bretagne Réunie, qui avaient marqué les esprits en rassemblant 100.000 signatures afin d’obliger (en vain) le Conseil Départemental de Loire-Atlantique à débattre de l’unité de la Bretagne dans le cadre du droit d’option.

Les votations auto-organisées par Dibab entre 2014 et 2015, assez nombreuses en Loire-Atlantique avaient aussi marquées l’histoire politique bretonne contemporaine et fait progresser l’idée d’un référendum sur l’unité de la Bretagne et la dévolution de pouvoirs à une « assemblée de Bretagne ».

Le sondage de septembre 2019, commandité par “DIBAB — Decidez la Bretagne” et le Breizh Civic Lab, mettait bien en exergue ce désir largement partagé des breton·ne·s de Brest à Clisson de s’exprimer sur l’avenir de la Bretagne.

Quelle méthode référendaire ?

La première crainte qui nous semble importante de rappeler, c’est qu’il est très risqué de laisser le gouvernement central déterminer l’objet de la question soumise au référendum et son périmètre. Et si l’on peux être sur que le Conseil Départemental de Loire-Atlantique ne voudra pas ouvrir la boite de pandore, c’est bien sûr vers la Région administrative Bretagne que l’instance chargée par la ville de Nantes désignera pour mener le débat va devoir se tourner.

Le Conseil Régional de Bretagne avait d’ailleurs pré-budgétisé en février 2020 une somme pour organiser un référendum sur l’unité de la Bretagne, sans en dire plus.

Et puis, si la question posée ne porte que sur le retour de la Loire-Atlantique dans la Région Bretagne — sans évoquer des avancées institutionnelles pour l’ensemble de la Bretagne en termes de souveraineté — tout laisse à croire que ce débat ne sera pas motivant.

Le sondage évoqué plus haut le rappelait déjà : ce sont les habitant·e·s du pays nantais qui sont le plus favorables à la prise de compétences d’état par la « Région Bretagne » ou une « Assemblée de Bretagne », et ce à la hauteur de 68 % des sondé·e·s. Et c’est le même chiffre qui ressort dans ce département sur l’opportunité d’organiser un référendum sur les compétences de la « Région Bretagne » !

Limiter le débat à la question de l’unité territoriale c’est jouer pour perdre et contribuera à confiner les échanges autour de l’histoire, de l’identité, du marketing territorial. Alors que l’enjeu doit se focaliser autour de la question démocratique et sociale et environnementale. En effet, quel serait l’intérêt pour les électeurs et électrices, d’une Bretagne réunifiée qui ne serait qu’une seule addition de conseils départementaux, si cela n’a aucun impact positif sur leur conditions de vie quotidienne ?

Quelle sociologie pour l’organisation du débat ?

On peut se réjouir du début de débat mais aussi faire part de ses craintes avec courtoisie quand on voit comment le débat risque fort d’être cantonné au sein des élus métropolitains. Toujours dans le même article du Télégramme on pouvait lire : « Et le sénateur Ronan Dantec de souligner en parallèle la probable nomination à la métropole d’Aziliz Gouez, anthropologue et ex-plume du charismatique président irlandais : “L’idée est de faire du pôle métropolitain Loire Bretagne un outil de dialogue entre territoires. Aziliz va œuvrer pour que Nantes, Brest et Rennes travaillent différemment”. »

Ainsi donc l’organisation du débat préalable au référendum serait élaboré, initié par les élu·e·s des métropoles ? Si on voulait opposer la Bretagne des petites « communautés de communes », celle des modestes intercommunalités à celle des métropoles où se concentrent équipements culturels de prestiges, transports, universités, emplois du tertiaire, etc… on ne s’y prendrait pas autrement…

Il suffit de jeter un coup d’œil à la liste de Nathalie Appéré pour le second tour des municipales à Rennes pour voir que parmi les noms de la liste (EELV/PS/UDB/Radicaux de Gauche/PCF), 42 d’entre eux sur 61 exercent des professions qualifiées de CSP +. La liste de Johanna Rolland à Nantes reflète le même genre de proportion de cadres, de chefs d’entreprises, de dirigeants, de possédants, de riches…

Cela illustre parfaitement le déséquilibre Est-Ouest en Bretagne. On voit bien où sont les lieux de pouvoirs réels.

Soyons sérieux : est-ce ce genre de sociologie habituée à un certain entre-soi des plus confortables qui va renverser la table si le gouvernement ne veut pas d’un référendum dans les termes choisis par les bretons ? Est-ce ce type de sociologie — celles des catégories socio-professionnelles supérieures — qui va incarner et percevoir le profond désir de justice sociale des classes les plus défavorisées, celles exclues des métropoles, celles exclues de la représentation politique ?

Bien sur que non… Car ces classes n’ont pas besoin d’un rééquilibrage réel des lieux de décisions, elles veulent surtout continuer à être l’interlocuteur raisonnable du gouvernement central pour négocier à leur profit quelques transferts de compétences.

16 ans de cogestion de la Région Bretagne par le PS et ses alliés (y compris EELV, l’UDB et tous les régionalistes) n’ont pas permis de faire progresser l’idée du droit de décider.

Ce dont nous avons besoin c’est d’un processus constituant pour que tous les breton·ne·s (et pas seulement les grands élus des métropoles !) puissent donner leur avis.

Une partie de l’alternative se trouvera dans la rue… Mais aussi dans les échéances électorales régionales et départementales de mars prochain. Couvrir la Loire-Atlantique de candidatures unitaires ou non concurrentielles pour les départementales pour affirmer la nécessité du droit à décider, de l’exercice d’autodétermination par voie référendaire, en défendant la démocratie directe, le partage des richesses, des mesures radicales en matière environnementale, est facile à mettre en place…

En « Région Bretagne »… certains autour de l’UDB et de Christian Troadec nous reparlent de « Oui la Bretagne », la coalition autonomiste des régionales de 2015… Mais « Oui, décidons la Bretagne en Commun ! » offrirait plus de perspectives pour imposer la tenue d’un référendum d’autodétermination, avec ou sans l’accord de Paris, dans le cadre du mandat 2020-2026…

C’est un scénario bien plus sûr pour mettre à l’agenda électoral la question du pouvoir politique breton, que la simple addition de forces vouées à fusionner avec le PS en négociant des postes de vice-présidence… Voter, décider, s’autogouverner en quelque sorte…

Sinon, bien sûr, la tentation de faire des listes plus ou moins testimoniales trouvera un peu d’écho pour faire entendre un autre discours.

Il suffit de le vouloir et de construire un accord programmatique pour quadriller le territoire de candidatures unitaire (aux départementales et aux régionales), d’un « Frente Amplio » de gauche, écolo, populaire, antilibéral, breton… dont la tenue du référendum sur la taille et les compétences de la Bretagne sera un point incontournable et non négociable.

Ce message subliminal sera-t-il entendu ?

Bretagne Info.

Abaoe meur a viz ez eus peadra da vezañ kollet gant an holl sinadurioù implijet gant paotred ha merc’hed Breizh dizalc’h. Un nebeud tud zo en em strollet en ur framm anvet (da c’hortoz) « War-Sav » da ginnig un hent nevez.

An dud o deus kemeret perzh da sevel ar skrid zo bet oberiant e Emgann, Breizhistance, SLB Skol-Veur, Dispac’h, UEB-USB, Kenurzhierezh Demokratel Breizh…

Sed aze o skrid diazez, un dielfenn an hini eo, awenet gant ar c’hoant da vont war-raok hag an emvarn. Un deiziataer a vo kinniget a-benn nebeut evit eskemm tro-dro d’an destenn ha war kinnig ar framm strategel.

Abalamour d’an enkadenn yec’hed liammet gant ar gCOVID ez eus bet labouret dre hanterouriezh doareoù kehentiñ a-vremañ. Ne viro ket ouzhomp da glask bodañ tud buan en gwir.

Da c’hortoz e kemeromp an anv War-Sav.

Bevet Breizh Dieub ha Sokialour !

 

Digor d’an holl eo an nor. Evit mont e darempred ganeomp :

Mail : warsav.bzh(at)gmail.com
Twitter : https://twitter.com/war_sav
Telegram : https://t.me/war_sav

Ezhomm zo un aozadur strategel evit : 

    • Evit dielfennañ ar mare ha kevredigezh ar renkadoù e Breizh hag e lec’h all, en ur implij rikted ar varksouriezh. Talvoudus e vo evit termeniñ war-zu peseurt renkadoù mont da zigentañ tout da sevel an unvaniezh pobl ha mont war-zu ar poent terriñ demokratel a zigoro hentad Republik Sokialour ha Gwregelour Breizh. Sevel unvaniezh ar bobl a dalvez ijinañ frammoù ledan da strollañ an holl o deus un interest da cheñch penn d’ar vazh da vat war an dachenn sokial.
    • Evit skrivañ ur steuñv strategel hag ul linenn bolitikel mennet evit an dizalc’hiezh, ar sokialouriezh, ar wregelouriezh evit enskrivañ ar palioù-se e deiziataer politikel Breizh.
    • Evit stummañ stourmerien ha stourmerezed gouest hag emren da gemer perzh er gevredigezh evel dizalc’hourien/dizalc’hourezed ha dispac’hourien/dispac’hourerezed, sternidi gwirion dre ur c’helc’hiad stummañ strizh.
    • Evit dougen glad ideologel an tu-kleiz dizalc’hour ha taolioù arnodiñ dispac’hel dre ar bed, ar stourmoù a zieubidigezh vroadel all, ar skiant-prenet gant ar stadoù sokialour, ar stourm a-enep an impalaerezh, evit an etrevroadelouriezh hag ar wregelouriezh.
    • Evit skignañ ha kehentiñ — dre hanterouriezh doareoù a-vremañ — hor gerioù-stur hag hon urzhioù evit ma teuio da vezañ ewelus kemmenadenn an tu-kleiz dizalc’hour hag evit ma raimp ganti dre stourmadegoù kabaliñ.
    • Evit doujañ d’ar greizennerezh demokratel ha d’ar c’henurzh dispac’hel en ur labourat en un doare reoliek da gentañ war an dachenn lec’hel, hini ar sindikadoù hag ar sevenadur.
  • Evit kenurzhiañ talbennoù stourm ar bobl, ar c’habaliñ, dispac’h ar barlamantouriezh vihan er c’huzulioù kêr hag er « Rannvro », ar stourmoù sokial pe reoù an endro.

Anzav a reomp e fell deomp goveliñ ur renerezh politikel hag ideologel evit ar stourm a zieubidigezh vroadel. Ne c’hell ket bezañ graet e framm un aozadur ledan, dav eo bezañ savet da gentañ gant ar stourmerien/stourmerezed mennet da vat, skiant-prenet ganto pe gant lod a garfe mont war an hent-se. Fellout a ra deomp mont da oberaeter stroll, evit kas ar pellañ ma c’heller barregezhioù emaozañ pobl Vreizh war-zu ur gevredigezh reishoc’h. Evel m’en lavare an dispac’hour sardad Gramsci e talvez e rankomp bountañ war an emsavadegoù emdarzhek emaozet gant renkadoù izel hor bobl war-zu ur poent terriñ uhel.
Estregedomp a c’hell derc’hel gant ur gaoz dizalc’hour hag a-gleiz, ha doujañs hon eus evit ar gamaraded hag ar c’hamaladezed o deus graet dibaboù disheñvel diouzh hor re.
Soñjal a ra deomp e ranker ober gant meur a live stourm.

Labour renerezh an aozadur n’eo nemet evidomp hini un tour-tan uvel. « E holl e gened, hon uhelvennad demokratel ha sokialour, a gas war-zu an trec’h klok da vat hag hollbouezus dre an hent berrañ hag eeun » (Lenin e « Daou daktik ar sokial-demokratelezh » 1905). Strollad pe aozadur, ar renerezh a ro diarselloù, met treuzskeudenn an tour-tan a gas da soñjal e meur a vag o fiñval, perzh eus ur strollad gant meur a lodenn dizalc’hour hag a-gleiz.

Setu ma c’hell kenvevañ lodennoù hag elfennoù an tu-kleiz dizalc’hour en ur genurzhierezh a ranker termeniñ hec’h harzhoù. Evit kengec’hiañ avat o deus d’ober da gentañ gant labour ar genurzhierezh demokratel evit ar gwir da zibab hag evit unvaniezh Breizh.

Dilennadegoù rannvro 2021 a vo ul lodenn all eus ar stourm politikel-se. N’eus ket ezhomm evit-se eus ar memes live stourm hag unaniezh ideologel, hag an emglevioù — evit ar framm-se — a rank bezañ diazezet war ar gwir d’en em dermeniñ. Dre aze e c’heller klask sevel an Unvaniezh Pobl evit lakaat da gengec’hiañ an holl nerzhioù stourm en ur framm unvan a-walc’h met skañv.

Hor briorelezh a zo da gentañ sevel arnodva an dizalc’houriezh dipac’hel a-vremañ evit Republik Breizh Sokialour ha Gwregelour ha stummañ ar re a zougo dislavarioù ar renkad e-mesk ar bobl gant ur pal hepken : gwellaat buhez pemdeziek al labourerien/labourerezed. Da gentañ e fell deomp kinnig diarselloù evit tremen dreist an digevatalderioù bro, sokial, yezh, hag istorel komprenet gant pobl Vreizh.

Fiziañs hon eus e barregezhioù emaozañ pobl Vreizh. Ar strollad pe an aozadur n’eo nemet un oberataer a rank ober sintezenn an taolioù arnodiñ a zieubidigezh bet e lec’h all, a rank ivez ober emvarn ha derc’hel eñvor an taolioù bet a-raok evit chom hep adober ar memes fazioù.