Author

admin

Browsing

Alors que toute la Bretagne rigole encore de l’accueil fait à Marine Lepen à l’Ile de Sein, que les mobilisations contre les violences policières et le racisme d’état rassemblent beaucoup de monde à Rennes, Brest et Nantes: les trégorois.es ne sont pas en reste et invitent à se mobiliser pour les migrants.

A l’initiative du comité Lannionais de soutien aux sans-papiers une manifestation à Lannion à 11h au parvis des droits de l’homme.

Les militant.es e la Gauche Indépendantiste investis dans le soutien aux migrants et l’hébergement solidaire seront de la partie et vous invitent à y prendre part nombreux et nombreuses pour affirmer notre attachement à une Bretagne solidaire dans un monde sans frontières et pour en finir avec le racisme d’état.

La Gauche Indépendantiste Bretonne s’oppose vivement à la venue de Marine Le Pen et de ses proches collaborateurs sur l’île de Sein le jeudi 18 juin. C’est une véritable provocation que de vouloir se rendre sur l’île qui a fourni massivement les premiers résistants au fascisme et au nazisme en 1940. Déclarer rendre hommage à la Résistance quand son propre parti le Rassemblement National pseudo-successeur du sinistre Front National a été co-fondé par Léon Gaultier ancien SS en 1972, est abject. Faut-il rappeler qu’en plus de voler la mémoire des résistant-e-s sénan-e-s, le parti de Le Pen a été condamné à maintes reprises pour propos antisémites, racistes et négationnistes ? Cette grossière tentative de réécriture de l’Histoire impose de rappeler l’idéologie raciste et xénophobe sur laquelle est basée le Rassemblement National.

Si les rassemblements officiels pour célébrer l’appel du 18 juin à Sein sont annulés du fait de la volonté de Le Pen d’y prendre part, sa venue est quant à elle toujours d’actualité selon les dires du maire sénan affirmant que « le Rassemblement National a réservé son bateau ».

La Gauche Indépendantiste Bretonne se joint à l’appel lancé pour bloquer l’embarcadère d’Audierne (Place de l’embarcadère Sainte-Evette) le 18 juin à partir de 8h. Départs de bateau possibles à 9h et 11h35.

Pas de fascistes en Bretagne, ni ailleurs. No pasaran !

31 jours c’est la durée de la grève de la faim de Patxi Ruiz, détenu politique basque stoppée le 10 juin. Le mouvement était motivé par une série d’agressions verbales, de menaces d’agressions récurrentes émanant de fonctionnaires pénitentiaires. Dans le module 8 de la prison de Murcia, Patxi Ruiz avait participé avec d’autres prisonniers politiques basques à des mouvements revendicatifs aux cotés de prisonniers sociaux pour exiger en pleine crise du Covid :

  • Liberté des prisonniers agés enfermés et de ceux dont la peine est presque accomplie
  • Possibilité d’effectuer les visites
  • Recevoir le matériel pour empêcher la contagion (masques, gants…)
  • Réalisation de tests Covid-19 aux prisonniers et personnels.
  • Enfin, les détenus demandaient également la possibilité d’assister aux obsèques ou de se rendre au funérarium, en cas de décès d’un membre de la famille.

Désigné comme meneur de ce mouvement il avait été transféré, son mouvement de grève de la faim et de la soif visait à retourner dans le module 8 et obtenir satisfaction des revendications et l’arrêt des menaces d’agressions.

De très nombreuses manifestations de soutien à Patxi Ruiz ont eu lieu au nord et au sud du Pays Basque et ce en pleine période de confinement. Plusieurs prisonniers politiques basques ont jeûné ou refusé d’aller en promenade en solidarité avec lui, tout comme des prisonniers communistes ou antifascistes du PCE®-GRAPO. C’est le cas de notamment, deux des quatre prisonnières politiques basques incarcérées à Rennes en Bretagne. Hors du Pays Basque, notamment en Irlande et en Catalogne, plusieurs initiatives de solidarité ont eu lieu.

Cette grève de la faim a été un révélateur de la continuité des pratiques répressives contre les prisonniers politiques basques soumis à l’arbitraire des gardiens de prison ouvertement nostalgiques de Franquisme ou partisans de VOX (parti d’extrême-droite espagnol) alors même que le gouvernement de Madrid est aux mains du PSOE (« Socialistes ») et des amis de Jean-Luc Melanchon : Podemos.

Mais elle a aussi révélé des lignes de fractures entre les défenseurs du processus de désarmement d’ETA, c’est-à-dire le parti indépendantiste de gauche Sortu et son entourage politique, qui y voit l’opportunité de construire un processus souverainiste non armé légaliste et de l’autre côté une sphère plus antagonique refusant les abandons de la ligne historique de cette même gauche Abertzale.

Ce dernier secteur plus orthodoxe idéologiquement et moins influent réclame l’amnistie intégrale pour l’ensemble des prisonniers politiques basques et se regroupe sous ce mot d’ordre. C’est dans cette mouvance que Patxi Ruiz inscrit son combat. Et c’est ce secteur qui a mené l’ensemble des mobilisations de ces dernières semaines dans la rue.

Patxi Ruiz s’exprimera dans les jours qui viennent sur les raisons de rupture du jeûne.

La Fédération Anti-nucléaire Bretagne alertait il y a quelques jours sur un tir imminent de missile M51 au large de la Bretagne, vers Penmarc’h dans le Sud Finistère. Voici ci-dessous leur communiqué à ce sujet :

Encore un tir de missile M51 imminent au large de Penmarc’h !

A peine la côte du Sud Finistère rendue au public, déconfinée, un tir de Missile 51 est prévu le 9 juin 2020 entre 9h 30 et 17h 30 au large de Penmarc’h avec des reports possibles du 10 au 17 juillet.

Faut-t-il rappeler que ce nouveau missile mesure 12 m de haut et pèse 50 tonnes, pouvant embarquer une force de frappe de 600 fois Hiroshima sur 9000 km ?

Faut-il rappeler qu’un précédent missile M51 tiré le 5 mai 2013 avait explosé lors de son lancement, interdisant la pêche et autres activés littorales pendant plusieurs mois !

C’est une obscénité, en ces temps de pandémie : sachant que chaque essai coûte plus de 120 millions d’Euros et que la Loi de programmation militaire augmente son budget de plusieurs milliards ces prochaines années alors que la Santé, la Culture et l’Éducation manquent cruellement de moyens.

Vaine et dangereuse, cette reprise des essais ne fait qu’exacerber les tensions et accroît la vulnérabilité de la France. Elle est en contradiction totale avec le TNP (Traité de Non-Prolifération) qui reconnaît que certains États peuvent détenir l’arme nucléaire mais à condition (article IV) que ceux-ci réalisent de « bonne foi » un processus de désarmement nucléaire.

Une fois encore, dans quel état d’esprit sommes-nous ? Quel genre de contorsion morale devons- nous accomplir pour accepter que la France développe et modernise cette arme de destruction massive.

Une fois encore !

La FANB (la Fédération Antinucléaire de Bretagne) en ce qui concerne le nucléaire militaire et civil exige :

  • L’arrêt immédiat de l’exploitation de l’énergie nucléaire
  • L’arrêt des programmes de recherche et de développement pour cette technologie.

Contacts presse :  Marie Nicolas 06 72 50 89 14 / Chantal Cuisnier 06 84 14 58 87 / Alain Rivat : 06 65 72 31 66 /

La Fédération Anti-nucléaire Bretagne a été constituée le 27 octobre 2012 à Pontivy. Elle a pour but de structurer et d’amplifier l’action régionale du mouvement antinucléaire breton, et d’agir pour l’arrêt immédiat du nucléaire.

On se demande bien quelle est la priorité — en pleine pandémie COVID-19 — pour l’État français de réaliser ces essais de tirs de missiles… En plus de l’interdiction d’accès à toute une zone en mer, l’opération “Raphaël” coûte en effet, comme le rappelle la Fédération Antinucléaire de Bretagne, 120 millions pour chaque missile tiré ! Ce montant aberrant n’a pas manqué d’exaspérer plusieurs personnes sur les réseaux sociaux, comparant notamment avec les sommes dépensées dans des domaines où l’État français se montre souvent moins généreux, tel que la santé, l’éducation, etc.

Un tir de missile M51 permettrait ainsi de financer les écoles Diwan pendant… 24 ans !

Autre comparaison, il faudrait seulement 14 missiles M51 pour atteindre le montant du budget de la région administrative Bretagne en 2020 :

https://twitter.com/Lusk_BZH/status/1270296588217352192?s=20

Une comparaison qui montre à quel point la capacité d’agir réellement de la région Bretagne est faible, que ce soit au niveau du peu de compétences qu’elle a en charge aujourd’hui, autant que du budget limité qui lui est alloué (1,6 milliard d’euros seulement en 2020). Un sondage réalisé par DIBAB fin 2019 indiquait d’ailleurs que 38% des breton·ne·s souhaitaient que la région Bretagne puisse prélever l’impôt !

Car dans cette affaire d’essais de tirs de missile, c’est aussi la souveraineté de la Bretagne qui est en question. Combien de ces missiles sont stockés en Bretagne ? Quelle est la possibilité pour la région Bretagne de refuser ces essais ? Quelles sont les conséquences en cas d’essais raté ?

Breizhistance, Breizh O Stourm, Dispac’h, Gauche Indépendantiste… Les idées indépendantistes de gauche sont diffusées sous plusieurs sigles depuis de nombreux années… S’il existe une réelle proximité entre ces protagonistes, le temps de l’éclaircissement est venu pour mieux cerner les différentes approches et sensibilités dans le but de construire, par souci d’efficacité, les meilleurs outils pour diffuser ces idées.

Nous sommes un groupe de militant·e·s ayant participé à Emgann-MGI, au collectif des détenus politiques bretons, aux initiatives de soutien à ces derniers, au SLB université, à Dispac’h, Breizhistance, Breizh O Stourm / Bretagne en Luttes, à différentes campagnes électorales, à l’Union des Etudiant·e·s Breton·ne·s, etc.
Nous rendons publique cette contribution analytique, marquée par la pratique de l’autocritique et une forte détermination.

Compte tenu du contexte actuel lié au COVID-19, ce texte a été écrit à distance par plusieurs personnes et a fait l’objet d’échanges répétés ces dernières semaines. Il a pour objectif d’avancer sur les questions liées à l’organisation la Gauche Indépendantiste, pour y apporter des éléments de réponse, notamment stratégiques. Mais ce texte n’est pas définitif et pourra par la suite être débattu par les personnes souhaitant y participer lorsque la situation le permettra (en respectant les règles nécessaires) ou par les moyens de communication possibles.

Un calendrier sera proposé sous peu pour échanger sur le texte et sur le devenir de cette organisation.

La porte est ouverte. Pour nous contacter :
Mail : warsav.bzh[at]gmail.com
Twitter : https://twitter.com/war_sav
Telegram : https://t.me/war_sav

C’est le sentiment qu’on peut avoir à quelques jours du second tour des municipales. Comme nous l’expliquions le premier tour avait été le théâtre de certaines performances, modestes certes, mais notables de partisans d’un pouvoir politique breton.

Nous nous étions longuement étendus sur les performances des indépendantistes de gauche identifiés et élus lors de premier tour, à Cintré, Plounevez-Moedeg, Guingamp… Nous aurions aussi pu parler de l’élection de Lionel Henry à la tête de la mairie de Montreuil-Le-Gast, partisan bien connu d’une Bretagne réunifiée et souveraine et ne cachant pas son engagement à gauche, de Jean-Yves Kallag à Lannion qui entame un troisième mandat d’opposition et sur lequel on peut compter pour défendre notamment la langue bretonne.

Au moment où nous écrivons ces lignes nous ne savons pas quel sera le score de « Saint-Herblain en Commun » mais cette liste de Gauche, Écolo, Bretonne de la sixième ville de Bretagne avait tout de même gagné 30 % des suffrages au premier tour !

L’Union Démocratique Bretonne (autonomiste de gauche) et son allié Christian Troadec (réélu à Carhaix) de « Pour La Bretagne » pourront compter eux aussi leurs élus et faire un bilan plutôt positif de cet exercice électoral.

Mais c’est le deuxième tour des bords de Loire à Nantes qui fait ressurgir la Bretagne comme objet civique et politique.

Comme l’indique Le Télégramme dans son article du 7 juin, l’accord entre EELV et le PS et ses autres alliés stipule : « Dans un volet intitulé « Promouvoir la langue et la culture bretonne » (points 287 à 290 de leur « contrat de mandat »), Johanna Rolland et sa troisième colistière Julie Laernoes proposent, entre autres, d’« adopter un vœu demandant l’organisation d’un référendum sur la réunification de la Bretagne » et de continuer en indiquant que l’accord prévoit aussi que la Ville se dote d’« une instance pour engager une concertation avec l’État sur les modalités d’organisation de ce dernier ». Florian Le Teuf (candidat EELV, figure du milieu des supporters du FCN et opposant au Yellow Park) pourrait être chargé des questions bretonnes (dont le référendum) à la mairie de Nantes une fois élu, alors qu’il figure en 4ème position, même si l’UDB (également présente sur la liste de Johanna Roland mais dés le 1er tour) avait aussi introduit l’idée d’un tel « débat citoyen » dans ses accords.

Beaucoup dans la presse et sur les réseaux sociaux s’interrogent sur cette soudaine conversion et sur les limites de cet accord.

 

Mais ne boudons pas notre plaisir de voir la Bretagne, l’unité territoriale de notre pays devenir un objet de débat citoyen, surtout après des décennies de débretonisation !

Quelques soient nos réserves et interrogations, saluons là le fait que ces rapports de forces électoraux aient fait entrer dans les négociations le terme « référendum » et introduit ainsi l’idée que le droit de décider de l’avenir institutionnel de la Bretagne appartient au peuple breton.

C’est aussi le fruit du travail des adhérent·e·s de Bretagne Réunie, qui avaient marqué les esprits en rassemblant 100.000 signatures afin d’obliger (en vain) le Conseil Départemental de Loire-Atlantique à débattre de l’unité de la Bretagne dans le cadre du droit d’option.

Les votations auto-organisées par Dibab entre 2014 et 2015, assez nombreuses en Loire-Atlantique avaient aussi marquées l’histoire politique bretonne contemporaine et fait progresser l’idée d’un référendum sur l’unité de la Bretagne et la dévolution de pouvoirs à une « assemblée de Bretagne ».

Le sondage de septembre 2019, commandité par “DIBAB — Decidez la Bretagne” et le Breizh Civic Lab, mettait bien en exergue ce désir largement partagé des breton·ne·s de Brest à Clisson de s’exprimer sur l’avenir de la Bretagne.

Quelle méthode référendaire ?

La première crainte qui nous semble importante de rappeler, c’est qu’il est très risqué de laisser le gouvernement central déterminer l’objet de la question soumise au référendum et son périmètre. Et si l’on peux être sur que le Conseil Départemental de Loire-Atlantique ne voudra pas ouvrir la boite de pandore, c’est bien sûr vers la Région administrative Bretagne que l’instance chargée par la ville de Nantes désignera pour mener le débat va devoir se tourner.

Le Conseil Régional de Bretagne avait d’ailleurs pré-budgétisé en février 2020 une somme pour organiser un référendum sur l’unité de la Bretagne, sans en dire plus.

Et puis, si la question posée ne porte que sur le retour de la Loire-Atlantique dans la Région Bretagne — sans évoquer des avancées institutionnelles pour l’ensemble de la Bretagne en termes de souveraineté — tout laisse à croire que ce débat ne sera pas motivant.

Le sondage évoqué plus haut le rappelait déjà : ce sont les habitant·e·s du pays nantais qui sont le plus favorables à la prise de compétences d’état par la « Région Bretagne » ou une « Assemblée de Bretagne », et ce à la hauteur de 68 % des sondé·e·s. Et c’est le même chiffre qui ressort dans ce département sur l’opportunité d’organiser un référendum sur les compétences de la « Région Bretagne » !

Limiter le débat à la question de l’unité territoriale c’est jouer pour perdre et contribuera à confiner les échanges autour de l’histoire, de l’identité, du marketing territorial. Alors que l’enjeu doit se focaliser autour de la question démocratique et sociale et environnementale. En effet, quel serait l’intérêt pour les électeurs et électrices, d’une Bretagne réunifiée qui ne serait qu’une seule addition de conseils départementaux, si cela n’a aucun impact positif sur leur conditions de vie quotidienne ?

Quelle sociologie pour l’organisation du débat ?

On peut se réjouir du début de débat mais aussi faire part de ses craintes avec courtoisie quand on voit comment le débat risque fort d’être cantonné au sein des élus métropolitains. Toujours dans le même article du Télégramme on pouvait lire : « Et le sénateur Ronan Dantec de souligner en parallèle la probable nomination à la métropole d’Aziliz Gouez, anthropologue et ex-plume du charismatique président irlandais : “L’idée est de faire du pôle métropolitain Loire Bretagne un outil de dialogue entre territoires. Aziliz va œuvrer pour que Nantes, Brest et Rennes travaillent différemment”. »

Ainsi donc l’organisation du débat préalable au référendum serait élaboré, initié par les élu·e·s des métropoles ? Si on voulait opposer la Bretagne des petites « communautés de communes », celle des modestes intercommunalités à celle des métropoles où se concentrent équipements culturels de prestiges, transports, universités, emplois du tertiaire, etc… on ne s’y prendrait pas autrement…

Il suffit de jeter un coup d’œil à la liste de Nathalie Appéré pour le second tour des municipales à Rennes pour voir que parmi les noms de la liste (EELV/PS/UDB/Radicaux de Gauche/PCF), 42 d’entre eux sur 61 exercent des professions qualifiées de CSP +. La liste de Johanna Rolland à Nantes reflète le même genre de proportion de cadres, de chefs d’entreprises, de dirigeants, de possédants, de riches…

Cela illustre parfaitement le déséquilibre Est-Ouest en Bretagne. On voit bien où sont les lieux de pouvoirs réels.

Soyons sérieux : est-ce ce genre de sociologie habituée à un certain entre-soi des plus confortables qui va renverser la table si le gouvernement ne veut pas d’un référendum dans les termes choisis par les bretons ? Est-ce ce type de sociologie — celles des catégories socio-professionnelles supérieures — qui va incarner et percevoir le profond désir de justice sociale des classes les plus défavorisées, celles exclues des métropoles, celles exclues de la représentation politique ?

Bien sur que non… Car ces classes n’ont pas besoin d’un rééquilibrage réel des lieux de décisions, elles veulent surtout continuer à être l’interlocuteur raisonnable du gouvernement central pour négocier à leur profit quelques transferts de compétences.

16 ans de cogestion de la Région Bretagne par le PS et ses alliés (y compris EELV, l’UDB et tous les régionalistes) n’ont pas permis de faire progresser l’idée du droit de décider.

Ce dont nous avons besoin c’est d’un processus constituant pour que tous les breton·ne·s (et pas seulement les grands élus des métropoles !) puissent donner leur avis.

Une partie de l’alternative se trouvera dans la rue… Mais aussi dans les échéances électorales régionales et départementales de mars prochain. Couvrir la Loire-Atlantique de candidatures unitaires ou non concurrentielles pour les départementales pour affirmer la nécessité du droit à décider, de l’exercice d’autodétermination par voie référendaire, en défendant la démocratie directe, le partage des richesses, des mesures radicales en matière environnementale, est facile à mettre en place…

En « Région Bretagne »… certains autour de l’UDB et de Christian Troadec nous reparlent de « Oui la Bretagne », la coalition autonomiste des régionales de 2015… Mais « Oui, décidons la Bretagne en Commun ! » offrirait plus de perspectives pour imposer la tenue d’un référendum d’autodétermination, avec ou sans l’accord de Paris, dans le cadre du mandat 2020-2026…

C’est un scénario bien plus sûr pour mettre à l’agenda électoral la question du pouvoir politique breton, que la simple addition de forces vouées à fusionner avec le PS en négociant des postes de vice-présidence… Voter, décider, s’autogouverner en quelque sorte…

Sinon, bien sûr, la tentation de faire des listes plus ou moins testimoniales trouvera un peu d’écho pour faire entendre un autre discours.

Il suffit de le vouloir et de construire un accord programmatique pour quadriller le territoire de candidatures unitaire (aux départementales et aux régionales), d’un « Frente Amplio » de gauche, écolo, populaire, antilibéral, breton… dont la tenue du référendum sur la taille et les compétences de la Bretagne sera un point incontournable et non négociable.

Ce message subliminal sera-t-il entendu ?

Bretagne Info.

Abaoe meur a viz ez eus peadra da vezañ kollet gant an holl sinadurioù implijet gant paotred ha merc’hed Breizh dizalc’h. Un nebeud tud zo en em strollet en ur framm anvet (da c’hortoz) « War-Sav » da ginnig un hent nevez.

An dud o deus kemeret perzh da sevel ar skrid zo bet oberiant e Emgann, Breizhistance, SLB Skol-Veur, Dispac’h, UEB-USB, Kenurzhierezh Demokratel Breizh…

Sed aze o skrid diazez, un dielfenn an hini eo, awenet gant ar c’hoant da vont war-raok hag an emvarn. Un deiziataer a vo kinniget a-benn nebeut evit eskemm tro-dro d’an destenn ha war kinnig ar framm strategel.

Abalamour d’an enkadenn yec’hed liammet gant ar gCOVID ez eus bet labouret dre hanterouriezh doareoù kehentiñ a-vremañ. Ne viro ket ouzhomp da glask bodañ tud buan en gwir.

Da c’hortoz e kemeromp an anv War-Sav.

Bevet Breizh Dieub ha Sokialour !

 

Digor d’an holl eo an nor. Evit mont e darempred ganeomp :

Mail : warsav.bzh(at)gmail.com
Twitter : https://twitter.com/war_sav
Telegram : https://t.me/war_sav

Ezhomm zo un aozadur strategel evit : 

    • Evit dielfennañ ar mare ha kevredigezh ar renkadoù e Breizh hag e lec’h all, en ur implij rikted ar varksouriezh. Talvoudus e vo evit termeniñ war-zu peseurt renkadoù mont da zigentañ tout da sevel an unvaniezh pobl ha mont war-zu ar poent terriñ demokratel a zigoro hentad Republik Sokialour ha Gwregelour Breizh. Sevel unvaniezh ar bobl a dalvez ijinañ frammoù ledan da strollañ an holl o deus un interest da cheñch penn d’ar vazh da vat war an dachenn sokial.
    • Evit skrivañ ur steuñv strategel hag ul linenn bolitikel mennet evit an dizalc’hiezh, ar sokialouriezh, ar wregelouriezh evit enskrivañ ar palioù-se e deiziataer politikel Breizh.
    • Evit stummañ stourmerien ha stourmerezed gouest hag emren da gemer perzh er gevredigezh evel dizalc’hourien/dizalc’hourezed ha dispac’hourien/dispac’hourerezed, sternidi gwirion dre ur c’helc’hiad stummañ strizh.
    • Evit dougen glad ideologel an tu-kleiz dizalc’hour ha taolioù arnodiñ dispac’hel dre ar bed, ar stourmoù a zieubidigezh vroadel all, ar skiant-prenet gant ar stadoù sokialour, ar stourm a-enep an impalaerezh, evit an etrevroadelouriezh hag ar wregelouriezh.
    • Evit skignañ ha kehentiñ — dre hanterouriezh doareoù a-vremañ — hor gerioù-stur hag hon urzhioù evit ma teuio da vezañ ewelus kemmenadenn an tu-kleiz dizalc’hour hag evit ma raimp ganti dre stourmadegoù kabaliñ.
    • Evit doujañ d’ar greizennerezh demokratel ha d’ar c’henurzh dispac’hel en ur labourat en un doare reoliek da gentañ war an dachenn lec’hel, hini ar sindikadoù hag ar sevenadur.
  • Evit kenurzhiañ talbennoù stourm ar bobl, ar c’habaliñ, dispac’h ar barlamantouriezh vihan er c’huzulioù kêr hag er « Rannvro », ar stourmoù sokial pe reoù an endro.

Anzav a reomp e fell deomp goveliñ ur renerezh politikel hag ideologel evit ar stourm a zieubidigezh vroadel. Ne c’hell ket bezañ graet e framm un aozadur ledan, dav eo bezañ savet da gentañ gant ar stourmerien/stourmerezed mennet da vat, skiant-prenet ganto pe gant lod a garfe mont war an hent-se. Fellout a ra deomp mont da oberaeter stroll, evit kas ar pellañ ma c’heller barregezhioù emaozañ pobl Vreizh war-zu ur gevredigezh reishoc’h. Evel m’en lavare an dispac’hour sardad Gramsci e talvez e rankomp bountañ war an emsavadegoù emdarzhek emaozet gant renkadoù izel hor bobl war-zu ur poent terriñ uhel.
Estregedomp a c’hell derc’hel gant ur gaoz dizalc’hour hag a-gleiz, ha doujañs hon eus evit ar gamaraded hag ar c’hamaladezed o deus graet dibaboù disheñvel diouzh hor re.
Soñjal a ra deomp e ranker ober gant meur a live stourm.

Labour renerezh an aozadur n’eo nemet evidomp hini un tour-tan uvel. « E holl e gened, hon uhelvennad demokratel ha sokialour, a gas war-zu an trec’h klok da vat hag hollbouezus dre an hent berrañ hag eeun » (Lenin e « Daou daktik ar sokial-demokratelezh » 1905). Strollad pe aozadur, ar renerezh a ro diarselloù, met treuzskeudenn an tour-tan a gas da soñjal e meur a vag o fiñval, perzh eus ur strollad gant meur a lodenn dizalc’hour hag a-gleiz.

Setu ma c’hell kenvevañ lodennoù hag elfennoù an tu-kleiz dizalc’hour en ur genurzhierezh a ranker termeniñ hec’h harzhoù. Evit kengec’hiañ avat o deus d’ober da gentañ gant labour ar genurzhierezh demokratel evit ar gwir da zibab hag evit unvaniezh Breizh.

Dilennadegoù rannvro 2021 a vo ul lodenn all eus ar stourm politikel-se. N’eus ket ezhomm evit-se eus ar memes live stourm hag unaniezh ideologel, hag an emglevioù — evit ar framm-se — a rank bezañ diazezet war ar gwir d’en em dermeniñ. Dre aze e c’heller klask sevel an Unvaniezh Pobl evit lakaat da gengec’hiañ an holl nerzhioù stourm en ur framm unvan a-walc’h met skañv.

Hor briorelezh a zo da gentañ sevel arnodva an dizalc’houriezh dipac’hel a-vremañ evit Republik Breizh Sokialour ha Gwregelour ha stummañ ar re a zougo dislavarioù ar renkad e-mesk ar bobl gant ur pal hepken : gwellaat buhez pemdeziek al labourerien/labourerezed. Da gentañ e fell deomp kinnig diarselloù evit tremen dreist an digevatalderioù bro, sokial, yezh, hag istorel komprenet gant pobl Vreizh.

Fiziañs hon eus e barregezhioù emaozañ pobl Vreizh. Ar strollad pe an aozadur n’eo nemet un oberataer a rank ober sintezenn an taolioù arnodiñ a zieubidigezh bet e lec’h all, a rank ivez ober emvarn ha derc’hel eñvor an taolioù bet a-raok evit chom hep adober ar memes fazioù.

Le football a une place très importante dans la vie des bretons… À l’heure du football business, peu connaissent l’expérience du mouvement Football et Progrès dans les années 70. À Lamballe et à Rennes, au Releg, à Lesneven, il a eu une certaine implantation dans le cadre du long mai 68 breton. Ce fut une tentative généreuse, brève mais riche d’enseignements pour ceux et celles qui défendent la culture populaire, l’auto-organisation, le refus du culte du profit.

L’excellent site Dialectik Football a écrit une partie de cette histoire. C’est avec leur autorisation que nous reproduisons l’article ci-dessous, grand merci à eux. Signalons qu’une place de choix y est fait à l’actu et l’histoire du foot breton.

Bretagne-info.


Les années 70, dernier grand moment d’offensive révolutionnaire, ont vu des footballeurs, regroupés au sein du Mouvement Football Progrès, tenter de s’attaquer aux fondations rigides et austères du football français. Un vent de fraîcheur tant par la façon de concevoir le jeu que par la remise en cause de la gestion autoritaire des clubs. Vaincu par ses limites internes mais aussi par la restructuration capitaliste, du football comme de la société, le MFP se dissoudra peu à peu à partir de la fin des années 70. Retour sur une parenthèse où il n’a jamais été autant question que les footballeurs se réapproprient leur sport.

Le football est parfaitement intégré au système capitaliste qui lui impose ses logiques de profits et de rationalité économique à tous les échelons. Les grand clubs professionnels sont aujourd’hui des entreprises multinationales, qui passent de main en main entre des investisseurs cherchant qui le profit, qui le rayonnement international. Les stars se monnayent à des prix défiant l’entendement. On observe dans ce football la tendance à l’accumulation et à la centralisation du capital décrite par Marx. Des investisseurs injectent des sommes colossales, construisent des grandes entreprises-clubs qui, par leur domination économique, deviennent dominantes sur le plan sportif. Et les discussions autour de la création de ligues européennes fermées semblent confirmer cette tendance monopoliste croissante du football professionnel.

Les années 70, des footballeurs dans la mêlée sociale

Cette véritable restructuration du secteur capitaliste qu’est le football, entamée depuis les années 70, s’est accélérée dans les années 90 avec l’arrêt Bosman, libéralisant les transferts des joueurs, et l’importance prise par les diffuseurs TV. Et comme toutes les restructurations capitalistes, elle s’accompagne de son lot d’attaques contre les prolétaires : mesures sécuritaires dans les stades et répression du supportérisme organisé qui nuit à l’image respectable TV-compatible, augmentation du prix des places, précarité des professionnels « de seconde zone » (avec tout le respect pour ces sportifs de haut niveau qui cherchent tant bien que mal à vivre de leur passion).

Le monde amateur n’est pas épargné par l’emprise capitaliste. Les budgets des clubs de divisions inférieures grossissent, la concurrence se déplaçant de plus en plus du terrain sportif au terrain économique. Même dans les division régionales, de nombreux clubs font faillite n’arrivant plus à suivre la course à l’armement qui s’est installée. La centralité de la victoire est au cœur des politiques de formations des jeunes dont la professionnalisation est une source de revenus pour les clubs formateurs sur de longues années avec les primes à la revente.

De la restructuration capitaliste des années 70 commençaient à émerger ces problématiques mais aussi des formes de résistances. En mai 68, le siège de la FFF était occupé plusieurs jours par le comité d’action des footballeurs, au mot d’ordre de « Le football aux footballeurs ! ». Une action à l’initiative de journalistes du Miroir du Football, mensuel indépendant (bien qu’appartenant à une maison d’édition du PCF, même si le Parti a, au début, une influence nulle sur sa ligne éditoriale) qui prône une vision offensive, spectaculaire et artistique du football, et défendent les joueurs contre le foot business naissant. Les occupants du 60 bis avenue de Iéna critiquent la gestion des instances, les mesures ne prenant pas en compte les impératifs des prolétaires licenciés, la forme des contrats professionnels… Pendant cinq jours, ils organisent aussi des débats sur le jeu, critiquant le football défensif et rugueux prôné par la DTN de l’époque.

Dans le sillage de ces événements, en février 1974 va être créé le Mouvement Football Progrès (MFP). Il s’agit d’un mouvement se proposant de réfléchir et d’intervenir politiquement dans le football, aussi bien du point de vue de l’organisation des clubs et instances que du jeu en lui même. Pendant quelques années ses militants vont tenter de faire progresser ses conceptions dans les clubs et fédérations, notamment en Bretagne, prolongeant cette expérience par la publication d’une revue, Le contre pied.

Le Stade Lamballais, le « laboratoire » du MPF

Les prémices du MFP sont à chercher dans le Miroir du football et ses conceptions du jeu mais aussi et surtout dans les expérimentation menées au Stade Lamballais (Côtes d’armor) depuis le début des années 60. En 1964, Jean-Claude Trotel est nommé entraîneur de l’équipe fanion à la suite d’André Pouliquen qui avait initié la mise en place d’un système de jeu tourné vers l’attaque, organisé autour d’un 4-2-4 en rupture avec les systèmes de jeu de l’époque s’appuyant sur un libéro (joueur défensif libre tombé en désuétude). Avec des conceptions de jeu novatrices pour l’époque (défense en ligne, construction depuis l’arrière), Lamballe pratique un football collectif et offensif qui leur permet d’arriver en DH, meilleure division régionale en 1968.

Mais l’expérience lamballaise, qui pose les bases du jeu défendu par le MFP et qui sera son « laboratoire » pendant toute la période, ne se limite pas à un football novateur. A partir de 1969, des changements structurels vont avoir lieu dans le club avec un joueur de 28 ans seulement qui devient président. Puis en 1973, Jean-Claude Trotel, qui de sympathisant communiste s’était rapproché d’idées autogestionnaires, propose de mettre fin au modèle de l’entraîneur unique et de mettre à la place un collectif d’entraîneurs. Concrètement, les joueurs se réunissent tous les deux mois pour désigner parmi eux quatre entraîneurs (un par équipe) qui réalisent ensemble les entraînements et mises en place tactiques, les compositions et les causeries, avant un débriefing en AG et la désignation de quatre nouveaux entraîneurs. Autre originalité, la parution régulière d’un fanzine du club, La passe lamballaise, permettant de communiquer directement sur les conceptions du jeu défendu au sein du club, et souvent décriées par les instances autant que par les autres clubs et la presse locale.

Le contexte social et politique de l’époque, marqué par l’insubordination ouvrière et l’agitation révolutionnaire, est évidemment déterminant dans la construction de cette expérience comme le montre ce témoignage de Bernard Phillipe, joueur de l’époque recueilli par les auteur du livre Le Mouvement Football Progrès et la revue Le Contre-Pied.

Nous les jeunes, j’avais alors dix-huit ans, on était à fond là-dedans. Il faut se remémorer le contexte politique : on avait vu mai 1968 ; en 1972, il y avait eu la grande grève du Joint Français à Saint-Brieuc. Cela ne s’est pas fait par hasard.

En juin 1973, un décret de la FFF va provoquer la révolte à Lamballe et précipiter la constitution du MFP. En effet la fédération prend un décret imposant aux clubs de Division d’Honneur d’être entraîné par un coach diplômé par la Fédération. Le Stade Lamballais, directement touché par cette mesure s’insurge a travers un tract et une pétition envoyé à tous les clubs de DH breton. Mais c’est tout le monde du football « progressiste » qui va critiquer cette mesure par laquelle la Fédé entend prendre le contrôle sur les entraîneurs – et donc sur les conceptions du jeu – en imposant sa vision du jeu, de l’entraînement et de la formation, en rupture avec la vision émancipatrice portée par le courant du Miroir du football. Une première réunion appelée à Rennes par Jean-Claude Trotel va convoquer une Assemblée Générale nationale pour février 1974 a St-Cyr-l’École dans les Yvelines, relayée par un éditorial dans le Miroir du football. Va s’y constituer formellement le Mouvement Football Progrès dont l’action va s’articuler dès lors autour de trois principes :

« – Lutter contre la conception conformiste du football caractérisée par la commercialisation croissante, par l’emprise grandissante du gouvernement sur son organisation, par l’autoritarisme des dirigeants en place, par la recherche du résultat par tous les moyens dans les compétitions.

– Élaborer et répandre une conception du football qui respecte la dignité du joueur, sa liberté d’expression, son plaisir de jouer, l’épanouissement de sa personnalité, qui ne sont concevables et réalisables que dans un contexte de jeu offensif et collectif.

– Rechercher les moyens par lesquels les footballeurs peuvent eux-mêmes contribuer à l’avènement de ce football, en prenant leurs propres responsabilités, en luttant pour de meilleures conditions matérielles. »

En bref, ils souhaitent diffuser une conception du jeu et de son organisation basé sur le plaisir de jouer et l’auto-organisation, en rupture avec la culture du résultat et l’autoritarisme qui règne à tous les niveaux.

Le MFP s’emploiera à faire avancer ses positions par l’organisation locale au sein des ligues, avec un certain succès en Bretagne et en banlieue parisienne. En proposant des stages basés sur la réflexion collective et des méthodes innovantes, notamment l’utilisation de l’analyse vidéo des séquences de jeu, ils défendront et tenteront de mettre en application une manière de jouer tournée vers l’avant et centrée autour du plaisir. Les militants donneront corps à ce style dans des tournois de sixte estivaux mais aussi dans les clubs où ils réussiront à avoir de l’influence, Lamballe en tête.

Au-delà de l’autogestion

Bien sûr, ces propositions ne seront pas sans provoquer de conflits. Au sein des clubs, parfois jusqu’à la rupture, avec par exemple la création du Collectif Football des Korrigans de Lesneven par des militant MFP du Stade Relecquois. Mais aussi avec les instances fédérales et les pouvoirs locaux qui chercheront à mettre des bâtons dans les roues de ces « agitateurs gauchistes ». Ainsi l’Amicale Laïque de Lanriec se verra interdite de jouer sur le terrain neuf de la commune qui n’en a pourtant pas d’autres. Les joueurs braveront les arrêtés municipaux pendant un an, jouant illégalement tout leurs matchs officiels jusqu’à obtenir gain de cause.

Mais au-delà de la philosophie du jeu et l’idée autogestionnaire des clubs, les débats faisaient rage au sein du MFP autour de la question de l’idéologie et de l’intervention politique. Alors que certains voulaient garder une stricte ligne apolitique se limitant à un discours sur le jeu, d’autres voyaient bien la limite de ce discours. Comment en effet penser changer le football sans changer la société dans lequel il se déploie ?

Quelques tentatives d’intervention, liées au football, ont eu lieu sous l’étiquette MFP comme la participation par le CFK Lesneven à une manifestation à Brest pour le doublement du budget de Jeunesse et Sport, ou à Rennes par la diffusion de tracts contre le président du Stade Rennais, Lemoux qui licencia en 75 l’entraîneur Cédolin puis le capitaine de l’équipe Raymond Kéruzoré avec des justifications vaseuses. Cette intervention dans la politique d’un club pro est unique pour le MFP et le discours, critiquant la toute puissance patronale et en appelant aux « spectateurs rennais qui êtes des travailleurs », très intéressant. Un rassemblement de soutien à Kéruzoré est même organisé aux prud’hommes.

Plusieurs débat auront pour thème ce sujet lors des réunions du MFP en 75/76. Si Jean-Claude Trotel défend une position qui affirme qu’il faut politiser leur action, dans le sens de réfléchir aux intrications du football avec la société, sa position ne sera pas majoritaire. En témoigne l’incapacité du MFP à participer en tant que tel au mouvement pour le boycott de la Coupe du Monde 78 en Argentine. Si certains y ont participé, il n’a pas été possible de trouver un accord sur la participation du mouvement à une initiative pourtant consensuelle et directement liée au football.

Autre échec, qui s’est aussi retrouvé dans beaucoup d’organisations politiques des années 70, l’incapacité à rompre avec un certain intellectualisme et un langage difficilement réappropriable, caractéristique de l’appartenance de classe (notamment au monde enseignant) d’une bonne partie de ses membres. Ce côté théoricien sera durement critiqué en interne par de jeunes participants fatigués du verbiage. Il a sans doute empêché le MFP d’élargir son audience chez les pratiquants de football ! Cet échec est aussi à chercher dans l’incapacité, malgré les déclarations de principes, à poser réellement la question des conditions matérielles des footballeurs, mis à part dans l’affaire Kéruzoré, et donc à s’éloigner du terrain pour interroger l’exploitation et le salariat. Refus probablement lié au conflit que cela aurait pu engendrer au sein d’un sport qui, bien que largement prolétaire, regroupe des pratiquants de toutes classes sociales.

Cette hétérogénéité des visions, l’impossibilité de dépasser un discours purement footbalistique aussi novateur soit il, un certain élitisme du langage, combinés aux reflux général des mouvements émancipateurs de l’époque semblent être les limites qui ont contribué à la dissolution progressive du mouvement.

Pas d’autre football sans révolution

A partir de 78, le MFP cesse d’exister en tant que tel et se recentre autour de Lamballe et de l’association Le football, la vie… qui publiera jusqu’en 1985 un magazine défendant les positions du MFP : Le contre pied. Ce mouvement n’était clairement pas révolutionnaire et ce fut sans doute sa limite principale. Comme le disaient les membres du bureau du MFP dans une interview en 1975 : « Nous ne versons pas dans l’utopie et nous savons bien que le football que nous rêvons ne peut pleinement s’épanouir dans la société actuelle. »

Le football dans son spectacle et dans sa pratique est partie intégrante de la société capitaliste et il semble impossible de chercher à changer le football sans chercher à changer la société par la révolution. Néanmoins le MFP reste une expérience originale d’intervention politique sur le football et notamment sur le jeu en lui même.

Ses tentatives et ses limites donnent des pistes sur ce que pourrait être aujourd’hui des formes d’interventions révolutionnaires dans le sport et le football. Le sport en général et le football en particulier tiennent une telle place dans la société, drainant des millions de pratiquants et de passionnés, bien souvent prolétaires, qu’il est nécessaire pour les révolutionnaires de réfléchir aux enjeux politiques, économiques et aux manières dont il est possible d’y intervenir, en rompant avec la tradition méprisante d’une partie des révolutionnaires envers les amateurs de ballon rond mais aussi du fétichisme de certains notamment envers le mouvement ultra qui ne font que démontrer leur méconnaissance des réalités des tribunes. A nous révolutionnaires, pratiquants et ou passionnés, de foot comme d’autres sports, de réfléchir au discours et aux actions que l’ont veut porter contre le capitalisme, l’exploitation et le football qu’ils nous proposent au-delà des simples slogans « Pour un sport populaire » ou « Contre le football moderne ».

************************************

Pour aller plus loin :

Loïc Bervas et Bernard Goumelen, Le Mouvement Football Progrès et la revue Le Contre-Pied (éditions L’Harmattan)

Mickaël Correia, Une Histoire populaire du football (éditions La Découverte)

Une famille de Guingamp n’a pu déposé à l’état civil de la mairie de Pabu un deuxième prénom « Fañch” pour un petit Awen… c’ est une conséquence de l’absence de pouvoir politique en Bretagne pour légiférer nous même sur nos droits linguistiques. Après des mois de communication triomphaliste de la part des députés LREM et les promesses du gouvernement, de palabres au Sénat … force est de constater qu’aucun dossier relatif à la politique linguistique n’a avancé de façon pérenne et satisfaisante. Et ce tant au niveau des signes diacritiques contenus dans nos prénoms que du versement du forfait scolaire des municipalités aux écoles associatives laïques et gratuites Diwan. J’attends de la majorité régionale de Bretagne et municipale Guingampaise une voix forte pour faire respecter nos droits linguistiques les plus basiques pour que nos familles usent comme elle l’entendent de prénoms ayant court ici conformément aux promesses faites et malgré les interprétations restrictives de la jurisprudence.

Gael Roblin ,  élu Kumun Gwengamp/Guingamp en Commun le 30 /04/2020 

Ur familh deus Gwengamp n’en deus ket gellet reiñ « Fañch » evel eil anv d’un Awen bihan e servij marilh ar boblañs e ti-kêr Pabu. Disoc’h an diouer a c’halloud politikel e Breizh evit ma votfemp hon unan lezennoù a denn d’hor gwirioù yezh an hini eo.

Goude mizvezhioù a gehentiñ a-berzh kannaded LREM ha promesaou ar gouarnamant, hir divizou er Sened ne c’heller nemet stadañ n’eus ket bet tamm a-raokadenn stabilh ebet evet an teuliadoù a denn d’ar politikerezh yezh. Ha kement se koulz evit an anvioù bihan hag an arouezennoù diakritek a gaver enne hag an treziad skol sañset da vezañ roet gant ar c’humunioù d’ar skolioù lik, digoust ha kevredigezhel Diwan. Gortoz a ran a-berzh an dud zo e penn Rannvro Breizh ha ti-kêr Gwengamp ur vouezh unvan ha nerzhus da lakaat hor gwirioù yezh diazez da vezañ doujet evit ma c’hellfe hor tiegezhioù ober evel ma karont gant anvioù bihan a implijer amañ en hor bro evel ma oa bet prometet deomp ha daoust da zoareoù strishaus an devarnadurezh. 

Gael Roblin, dilennad Kumun Gwengamp