85 Results

quelle organisation

Search

Nous reproduisons ici l’appel bilingue des organisateurs de la manif de samedi 22 mars à Morlaix contre l’extrême-droite et la racisme.

Skarzhomp an tu dehou pellañ hag e vennozhioù!

E pep lec’h er bed e vez difennet ur raktres gouennelour ha dreistfrankizour gant an tu dehou pellañ. En emvodoù etrebroadel a gemer perzh enno ar Rassemblement National evel e prezegennoù Elon Musk, eo distroet ar saludoù nazi pa soñjer e oant aet da get da viken. E Frañs, Le Pen ha Bardella a ra o brud gant ar gouennelouriezh evit stourm ouzh diaesterioù an armerzh, stourm a-enep ar vreskted ha solutaat galloud ar re c’halloudus ha pinvidik. E Breizh ez eo kreñvoc’h-kreñvañ ha nec’husoc’h-nec’husañ o fouezh en disoc’hoù
 dilennadegoù koulz har er vuhez foran. O mennozhioù a zo anezhe skarzhañ tud pe strolladoù tud a vez adkavaet gant gouarnamant Bayrou gant tezennoù Retailleau pe Darmanin. En em harpañ a reont war un argad er mediaoù kaset war-raok gant mediaoù strollad Bollore hag eztaolet e vezont muioc’h-mui gant an holl vediaoù selaout kalz oute. Feulster an tu dehou pellañ a chom didamallet re alies. Retailleau pe Darmanin a embann ingal komzoù gouennelour pe estrangas me ne rannont grik pa vez kontellet un den e Pariz gant nazied, ne lavaront netra pa vez taget un dilennad gant faskourien e Kentreg eus an tu kleiz-dizalc’hour e-kichen Roazhon, ne lavaront netra pa oa vez taget yaouankizoù e kreiz-kêr Roazhon gant milisoù an tu dehou pellañ eus ar c’hlub e 1988.
 Trawalc’h! C’hoant hon eus da vevañ en ur gevredigezh denelour, kengred ha kevatal, a-enep ar gouennelouriezh, an ezlakaat hag ar gorvoiñ kapitalour !

 Stoppons l’extrême droite et ses idées !
 Partout dans le monde, l’extrême droite défend un projet raciste et ultralibéral. Dans  les sommets internationaux auxquels participe le Rassemblement National, comme  dans les discours d’Elon Musk, les saluts nazis sont de retour alors qu’on les croyait disparus à jamais.
 En France, Le Pen et Bardella surfent sur le racisme pour combattre les difficultés économiques, lutter contre la précarité et assurer la domination des puissants. En Bretagne, leur présence dans les urnes et la sphère publique est de plus en plus forte et inquiétante. Leurs idées excluantes contaminent le gouvernement Bayrou, au sein duquel Retailleau ou Darmanin sont coutumiers des thèses frontistes. Ils s’appuient sur une offensive médiatique impulsée par les médias du groupe Bolloré et bénéficient d’une expression toujours plus grande dans la totalité des médias de grande écoute.  La violence de l’extrême droite est impunie. Retailleau comme Darmanin multiplient les sorties racistes et xénophobes mais ne disent rien quand des néonazis poignardent un homme en plein Paris, ne disent rien quand un élu est agressé par des fascistes à Cintré près de Rennes, ne disent rien quand les milices d’extrême droite du club le 1988 tabassent des jeunes en plein centre de Rennes. Ça suffit !
 Nous voulons vivre dans une société humaniste, solidaire et égalitaire, contre le racisme, l’exclusion et l’exploitation.
 Le 18 décembre 2024 lors d’un meeting pour la journée Internationale des Migrants, nos organisations et collectifs ont déclaré : “Nous ne voulons pas d’une société raciste. Ensemble, construisons la société dans laquelle nous voulons vivre, une société de tous les droits pour toutes et tous, une société de solidarité, de fraternité, de justice, et de respect des libertés”. Cette déclaration commune est plus que jamais d’actualité face aux attaques renouvelées contre les personnes étrangères avec ou sans papier, d’origine étrangère
 ou présentées comme telles. Nous voulons, pour nous comme pour nos voisin-e-s, collègues de bureau, d’atelier, nos camarades d’amphi, pour notre médecin, notre boulangère, pour la copine ou le copain
 de classe de nos enfants… une réelle égalité des droits.  Nous ne concevons pas la société autrement que dans la fraternité qui est marquée sur le fronton des édifices publics, aux côtés de la liberté et de l’égalité. Nous ne concevons pas la société autrement que rassemblée par l’accès effectif à tous les droits, pour
 toutes et tous.
 Les comportements racistes et xénophobes sont le quotidien pour tant de personnes aujourd’hui, du fait de leur origine, de leur couleur de peau, de leur religion. Les actes violents se multiplient, faisant vivre dans la peur, la souffrance, l’injustice d’un quotidien de discriminations. Le quotidien, ce sont aussi les discours de haine désinhibés, les propos mensongers de responsables politiques et de médias contrôlés par des acteurs économiques disposantde moyens considérables, les comportements trop souvent racistes de la police, qui
 stigmatisent des populations et des quartiers et manipulent les chiffres.
 

La circulaire Retailleau s’inscrit pleinement dans cette approche : Repoussant les personnes sans-papiers dans la clandestinité et la surexploitation dans  l’emploi, imposant un durcissement des conditions de la régularisation de leur droit au  séjour, et ouvrant des possibilités supplémentaires d’expulsions.  Le même ministre ainsi que des médias d’extrême droite contrôlés par l’empire Bolloré s’en prennent aux associations et syndicats qui soutiennent les personnes étrangères, mettant en péril leur rôle crucial pour la démocratie, l’état de droit et l’inclusion sociale. Le premier ministre Bayrou lui-même reprend les formulations stigmatisantes de l’extrême droite, faisant des personnes d’origine étrangère les boucs émissaires de tous
 les maux la société. Ces discours publics, allant jusqu’à remettre en cause le droit du sol, cherchent à nous opposer les un.es aux autres alors que nous partageons les mêmes aspirations au bien- être, à la justice économique et sociale, et à l’égalité des droits. L’absence d’accès aux droits des uns n’a jamais donné plus de droits à d’autres ! C’est pourquoi, toutes et tous ensemble, nous agissons uni.e.s et nous nous  rassemblons ce samedi 22 mars 2025, pour la journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale, pour un autre projet de société, humaniste, solidaire et égalitaire.

 

 Les organisations signataires : Le Comité local NFP du Léon-Trégor, la Gauche indépendantiste, Génération s, les Ecologistes, la France Insoumise, PCF, le mouvement des jeunes communistes, le PS, l’UDB, la CGT, Solidaires, Force Ouvrière 29, la FSU, laLigue des droits de l’homme, Morlaix Libertés, Le mouvement national des chômeurs et précaires, le collectif des Inemployables, l’Association France Palestine Solidarité du Pays de Morlaix, Morlaix Antifasciste, L’Amarrée, la Batouk en feu, la Ral’Ko à l’Ouest…

Unité territoriale de la Bretagne, construction d’un pouvoir politique breton, co-officialité de la langue bretonne, antifascisme et solidarité internationaliste étaient les moteurs de la manif du Nantes du 28 septembre.

Prés de 1500 personnes se sont donc retrouvées dans une ambiance chaleureuse, complice. Une petite foule trés jeune, joyeuse, d’horizons divers a convergé dans un moment d’unité populaire pour affirmer que la Bretagne est un sujet politique et pas romantique, et que nous avons besoin d’un pouvoir politique breton de Brest à Clisson.

Bien sûr, actualité oblige, beaucoup souhaitaient aussi marquer leurs solidarité avec les peuples Kanaks, Palestiniens et Libanais.

On a pu y croiser quelques élus locaux, Primael Petit et Eric Bainvel, militants de la Gauche Indépendantiste élus à Saint-Herblain, Aziliz Gouez, élue à la mairie de Nantes et au Conseil Régional de Bretagne, Lionel Henry, maire de Montreuil le Gast, Anton Burel, élu à Cintré, Gael Roblin élu à Guingamp , Maxime Picard adjoint à Questembert, mais aussi Ségolène Amiot Députée, NFP-LFI à Nantes Ouest.

Les collectifs de la Gauche extraparlementaires qui avaient tissé des alliances en perspective de cet événement ont su élargir à d’autres sensibilités, et pour beaucoup de participant·e·s c’était sans doute une première de s’inscrire dans une manifestation pour la réunification de la Bretagne. Une mobilisation qui a affirmé sans complexe la pertinence d’un projet politique dotant notre pays, la Bretagne, d’un autogouvernement de Brest à Clisson.

L’intuition politique des militants de la gauche indépendantiste diffusée dès le mois de mai était la bonne.

Des dizaines de militants associatifs, d’animateurs de collectifs revendicatifs divers , des membres d’autres organisations politique ont répondu à l’appel, et souhaitent cheminer ensemble pour affirmer le droit du peuple breton à décider d ‘un autre modèle social, institutionnel, environnemental.

Les mobilisations internationalistes en cours pour la Palestine, et le Liban y ont trouvé une large place.

Un espace politique novateur se dessine en Bretagne. C’est encourageant.

Nous reproduisons ci dessous l’intégralité de la prise de parole du collectif organisateur, lue par deux jeunes brittophones avant que ce défilé, sans aucun incident, ne se termine au son de la musique bretonne au pied de la tour Bretagne.

Les propositions de mobilisations communes pour construire la Bretagne en commun sont nombreuses. Le 12 octobre une importante convergence à Carhaix se dessine pour défendre l’hopital public et l’accès aux soins partout en Bretagne.

 

Prise de parole Bretagne en Commun– 28 septembre 2024, Nantes.

Nous sommes venus redire que le pays nantais, c’est la Bretagne, et que nous voulons être consultés par voie référendaire sur le périmètre et les compétences de notre pays, de Brest à Clisson.

Nous sommes venus redire notre colère à l’endroit des stratégies d’austérité déployées par la droite réactionnaire qui préside aux destinées de l’invraisemblable Région des Pays de la Loire, et qui ciblent en particulier les associations œuvrant en Loire Atlantique pour la langue bretonne et le gallo et pour la culture populaire bretonnes.

Ces attaques contre notre culture populaire sous toute ses formes et le patrimoine immatériel sont inadmissibles !

Et elles sont singulièrement préjudiciables au moment où nous avons besoin de moyens renforcés pour développer des fondamentaux culturels et linguistiques qui nous permettent de décliner une vision intégratrice de la Bretagne.

Une vision ouverte à toutes celles et ceux qui viennent vivre et travailler en Bretagne, sans distinction de couleur, de religion ou de genre.

Une vision arrimée à des principes de pluralisme démocratique, de diversité culturelle et d’humanisme que nous saurons défendre face aux tenants d’un nationalisme français xénophobe, autoritaire et ultra-jacobin.

Alors ici à Nantes, dans la ville qui abrite la plus grande école Diwan de Bretagne, nous sommes venus redire que doit cesser l’hostilité institutionnelle vis-à-vis de ceux qui œuvrent pour faire vivre la langue bretonne dans nos écoles et hors leurs murs. L’avenir de notre langue se joue aussi dans les métropoles et l’Est de la Bretagne. Afin de cadrer la politique linguistique en Loire Atlantique, nous avons besoin d’une convention équivalente à celle accordée à la Région Bretagne. Et à 18 mois des élections municipales, nous attendons des engagements en ce sens des élus nantais.

Nous allons devoir nous appuyer sur nos collectivités locales car le pouvoir central est entre des mains hostiles.

Faut-il l’illustrer ? Au sein du gouvernement de droite radicale aujourd’hui en place à Paris, le Ministère de l’intérieur est aux mains de Bruno Retailleau, ancien Président des Pays de la Loire –un homme qui s’est distingué – parmi d’autres combats d’arrière-garde – par son hostilité à la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires. La nouvelle Ministre de l’Education, Anne Genetet, figure quant à elle parmi les 60 députés signataires du recours constitutionnel contre la loi Molac sur les langues dites « régionales », ayant conduit à une censure partielle de cette loi et donc à une précarisation de l’enseignement immersif en langue bretonne.

Nous pourrions continuer la liste mais nous préférons nous arrêter là et proclamer haut et fort que les lugubres desseins de ces hérauts d’une conception monolithique, verticale et asséchante de la République ne passeront pas en Bretagne !

Et c’est pourquoi aujourd’hui, à Nantes, nous sommes venus – aussi et surtout – parler de démocratie. Car la réunification, la construction d’un pouvoir politique breton sur les cinq départements, sont fondamentalement des enjeux de réappropriation du droit de débattre, de délibérer et de décider de notre avenir collectif.

En ces jours où la frustration démocratique est à son comble suite à la nomination à Paris d’un gouvernement ne reflétant pas le résultat des urnes, nous clamons notre défiance à l’endroit de ce gouvernement et notre volonté de voir les collectivités locales bretonnes – depuis la commune jusqu’à la Région – devenir autant de lieux de résistance à un projet politique qui, sous la bannière du « retour à l’Ordre », s’annonce d’ores et déjà dangereusement réactionnaire, autoritaire, antisocial, anti-écologique, anti-féministe et ultra-centralisateur.

Un projet politique en phase avec l’agenda du Rassemblement National.

Lequel Rassemblement National, rappelons-le, propose (entre autres infamies) la suppression des conseils régionaux. Et lequel Rassemblement National a été le seul parti à voter, en session plénière de la Région Bretagne, CONTRE la demande d’autonomie qui y fait formellement consensus.

Nous avons pourtant urgemment besoin d’un cadre d’autogouvernement fiscal et législatif en Bretagne pour porter des politiques publiques transformatrices et équitables en matière de logement et de santé, d’aménagement du territoire et de partage des ressources.

Et parce que nous sommes fiers de notre identité bretonne ; parce que nous sommes forts de notre cohésion sociale et de notre vivacité culturelle, nous rejetons fermement la politique du bouc émissaire et l’exploitation des colères sociales qui constituent le fonds de commerce des nationalo- populistes en France comme ailleurs en Europe :

Ce ne sont ni les réfugiés ni les migrants, quelle que soit leur religion, qui contribuent au dérèglement climatique. Ils en sont souvent les premières victimes.

Ce ne sont ni les réfugiés ni les migrants, quelle que soit leur religion, qui sont la cause de la diminution dramatique de la population agricole et du nombre de fermes à travers la Bretagne. Ils sont nombreux à trimer dans nos serres et dans nos usines agro-alimentaires.

Ce ne sont pas eux non plus qui ont cassé les outils de financement du logement social, qui contribuent à l’envolée des prix des maisons sur le littoral breton, ou qui décident de la fermeture des services publics – hôpitaux, collèges, écoles – essentiels à la prospérité de nos territoires.

Et puisque l’on parle beaucoup de Front Populaire et d’unité ces temps-ci, rappelons que le terme fut utilisé pour la première fois en janvier 1936 à l’occasion d’un scrutin dans l’état espagnol. Ce fut un accord entre toutes les forces de gauche, mais aussi avec toutes les forces des périphéries, les nationalités — catalane, basque, galicienne, andalouse – un accord qui intégrait le respect du droit à l’autodétermination des peuples et une large amnistie pour les prisonniers politiques. On peut espérer que de telles exigences en matière de démocratie et de justice puissent inspirer les animateurs contemporains du Nouveau Front Populaire en France.

Aucune refondation démocratique ne pourra avoir lieu sans rupture avec la mystique du centralisme national-républicain.

Pour notre part, nous tenons à clôturer cette prise de parole par un salut à nos amis ukrainiens et palestiniens, dont les drapeaux flottent ici aux côtés du Gwenn-ha-Du. Et nous adressons un salut chaleureux, par-delà les mers et les murs des pénitenciers, aux insurgés Kanaks emprisonnés et à leurs familles, ainsi qu’à ceux qui — en Martinique et en Guadeloupe — manifestent contre la vie chère ; ils nous montrent l’exemple.

La mobilisation de la société bretonne pour une reconstruction démocratique est en cours. Elle doit se poursuivre et s’amplifier :

Le 1er octobre, les organisations syndicales mobiliseront contre l’austérité ; soyons partout à leurs côtés, dans les villes et dans les bourgs, dans les entreprises et dans les quartiers de Bretagne !

Le 5 octobre, une flottille antifasciste tentera de libérer l’archipel des Glénan de l’emprise de M.Bolloré ; faisons tout pour que cette action soit couronnée de succès et appelons les vents de la Bretagne à gonfler leurs voiles !

Le 12 octobre, à Carhaix, les défenseurs des hôpitaux publics se rassembleront pour défendre l’accès aux soins dans tous les territoires bretons, urbains comme ruraux ; saisissons cette occasion pour réaffirmer que la Bretagne est un espace civique cohérent pour construire des politiques publiques volontaristes au bénéfice du plus grand nombre, à commencer par les plus modestes.

Oui, commençons dès à présent à construire la Bretagne en commun, en forgeant des liens complices, des solidarités assumées, des alliances inédites, pour décider, agir et vivre ici en toute dignité ! Betek an trec’h !

 

La Gauche Indépendantiste Bretonne dont nous sommes une des expressions organisées tient à s’exprimer sur le mouvement qui traverse le monde agricole notamment en Bretagne.

Libre échange et guerre impérialiste

Alors que les industriels et la grande distribution engrangent des profits exorbitants, il est  légitime que les agriculteurs/trices soient justement rémunéré-es.

Les accords de libre échange sont mortifères et il est anormal que, pour soutenir l’effort de guerre d’extension impérialiste que mènent l’Union Européenne et les USA en Ukraine contre l’autre puissance impérialiste en présence dans ce conflit – la Russie -, les poulets Ukrainiens puissent inonder le marché sans aucune restriction ni norme. 

Cela peut sembler étonnant de parler ici de la guerre en Ukraine, mais la guerre « entre États » : c’est la « continuation de la politique selon d’autres moyens », comme le disait le stratège Prussien Clausewitz. La guerre en Ukraine, pour condamnable que soit l’occupation d’une partie de l’Ukraine par la Russie, est de facto motivée par un élargissement de l’UE (et donc du marché agricole) et de l’OTAN. On peut souligner ici combien nous sommes soumis à un matraquage idéologique et médiatique féroce pour soutenir l’effort de guerre ukrainien sans broncher ni interroger ce régime. Et comment se fait-il que l’Ukraine, pas encore membre de l’UE, soit dispensée de norme et autorisée à exporter en masse ses produits agricoles (céréales et poulets)  vers l’UE et que nous n’ayons pas notre mot à dire ?

Qui pouvait penser que cette situation ne serait pas source de contradictions ?

À chaque fois que le marché européen s’est élargi, dans un cadre heureusement moins meurtrier que le conflit en Ukraine, cela s’est fait au détriment des paysans/agriculteurs les moins solides en Bretagne. Et cela a renforcé la concentration des terres, des organes de décisions et de redistribution aux mains de quelques-uns.

La guerre impérialiste en Ukraine est un motif d’augmentation des prix de l’énergie. Dans la grande distribution, l’inflation des produits du quotidien est justifiée par la guerre.

Il est évident que les négociations des prix pour la grande distribution à laquelle se livre le gouvernement pour tenter de prétendre lutter contre l’inflation obligeront les agriculteurs à baisser leurs marges sur les matières à transformer en amont.

C’est cette tenaille qui étrangle certains d’entre eux. Ceux qui ont déjà les conditions de vie les plus dures. Mais le corporatisme qui inclut dans les mêmes structures les plus pauvres et les dirigeants syndicaux de la FNSEA qui sont des business men-women dont les intérêts ne peuvent être ceux de la majorité sociale, ne peuvent permettre la mise en place d’un projet émancipateur et égalitaire, prenant en compte les enjeux climatiques urgents.

Il ne peut y avoir de lutte efficace contre le libre-échange si la Bretagne n’a pas son mot à dire à travers un pouvoir politique breton. 

Cette crise souligne aussi le déficit de représentation de la Bretagne à l’international dans les instances pour défendre les intérêts spécifiques du monde agricole breton au nom du droit à l’égalité entre toutes les nations. C’est la seule façon pour que les effets accords de libre-échange qui mettent les agriculteurs en concurrence soient atténués et que la Bretagne ne soit pas secouée régulièrement par les conséquences brutales d’accords sur lequels elle n’a pas à dire un mot, malgré le poids écrasant de l’agriculture dans l’économie bretonne.

Cela questionne bien sûr l’absence de statut spécifique pour la Bretagne et l’absence de concrétisation des prétendues velléités autonomistes des forces siégeant au Conseil Régional de Bretagne.

Nous soulignons que l’extrême-droite qui tente de surfer sur le mécontentement agricole se garde bien sûr de revendiquer le droit pour la Bretagne à avoir un statut spécifique et à s’émanciper de la tutelle de Paris.

Une sympathie naturelle pour des métiers difficiles, et la recherche d’un autre modèle agricole ?

En raison de liens familiaux, d’une proximité géographique évidente, d’une défense de la ruralité contre la métropolisation, du poids fort de l’agriculture dans l’économie bretonne, il y a une forte sympathie spontanée parmi de larges secteurs du peuple breton envers le monde agricole en réelle souffrance.

Cela n’exonère pas de la nécessaire et urgente élaboration d’un modèle agricole breton prenant en compte les désirs de l’ensemble de la population bretonne pour en finir avec un modèle ultra-productiviste et polluant qui a fait son temps. La Bretagne est riche d’alternatives autour de l’agriculture paysanne, valorisons-la, préservons et développons-la, notamment en accentuant les débouchés collectifs locaux pour ses produits. Pour cela, il faut en avoir les moyens, notamment une capacité d’intervention budgétaire locale renforcée qui fait défaut à la Bretagne en raison de la débilité de son statut. 

Malgré la compréhension de la sympathie populaire naturelle pour le monde agricole breton, nous ne pouvons faire l’économie de certaines critiques à l’endroit de quelques contradictions flagrantes qu’il convient de souligner.

Une partie des dirigeants syndicalistes agricoles se posent en champion de la ruralité contre la gabegie des métropoles qui seraient aux mains de bobos écolos. La critique du modèle de sur-attractivité des métropoles est juste et légitime. Mais nous n’avons pas vu ces derniers mois, hormis dans une certaine mesure à Carhaix, les leaders syndicalistes paysans mobiliser contre la liquidation des hôpitaux publics à Guingamp, Landerneau, Lannion, Pontivy… Ce simple constat rappelle la profondeur des réflexes corporatistes du milieu agricole, qui est prompt à critiquer ceux qui questionnent les conséquences environnementales du modèle agricole breton qui existe depuis 50 ans, en les présentant comme exogènes justement aux zones marquées par la ruralité. Mais que font-ils pour maintenir des services publics au bénéfice de toute la population en zone rurale ?

Trop de charges ? Trop de paperasse ?

Quiconque a un tant soit peu fréquenté les permanences d’Union Locale de syndicat de salariés en zone rurale sait que les ouvriers agricoles sont nombreux (malgré un faible taux de syndicalisation) à solliciter les syndicats pour des recours contre des employeurs agricoles qui, au nom du refus de la paperasse, s’exonèrent de leurs obligations d’employeurs les plus basiques.

Cela a parfois des conséquences dramatiques et irrémédiables.

 

De ce point de vue, si tout le monde comprend bien que moins de normes en matière environnementales est néfaste pour la biodiversité et la nature, il faut aussi entendre et lire les témoignages qui sont pléthores évoquant le non-respect délibéré du code du travail, des rappels des conditions de sécurité dans nombre d’exploitations agricoles. C’est bien souvent au nom d’une certaine phobie administrative que ces employeurs mettent leurs salariés en péril, ou ne les salarient pas dans un cadre légal.

On ne peut oublier que cette richesse produite par les agriculteurs et les ouvriers agricoles vient aussi de ceux qui la rendent possible et la transforme : ouvriers d’usines d’aliments pour bétails, ouvriers d’abattoirs et chauffeurs poids lourds font face à des conditions de travail difficiles, des cadences infernales, des horaires dépassant régulièrement les dix à douze heures de travail journalier, et ce, pour des salaires très bas. Augmentations de salaires et primes sont parfois refusées par les agriculteurs adhérents de la coopérative qui se partagent les bénéfices au lieu de les redistribuer aux ouvriers.

Dans cette période où l’extrême-droite impose sans trop de problèmes ses thématiques xénophobes, nous souhaiterions rappeler la présence de très nombreux travailleurs sans papiers dans les entreprises de l’agro-alimentaire (abattoirs) mais aussi dans le maraîchage et l’élevage. C’est le patronat agricole local qui a recours en connaissance de cause à cette main d’œuvre.

Enfin, si nous ne souhaitons évidemment  pas une judiciarisation du mouvement agricole en cours, nous ne pouvons que constater la totale impunité dont jouissent certains pour des faits qui théoriquement sont réprimables d’un point de vue légal. Cela tranche avec la répression qui continue de s’abattre dans les mêmes endroits de Bretagne contre des syndicalistes de la CGT ou d’autres participants au mouvement de défense des retraites de l’année 2023 pour des faits ayant entraînés bien moins de conséquences concrètes en termes d’atteintes aux biens. Si nous soulignons cette évidence, ce n’est pas pour appeler à la répression, mais plutôt pour remettre en évidence que la justice se rend sur la base de rapports de forces politiques et pas du tout par une gestion individuelles des dossiers comme aiment à nous le prétendre juristes, magistrats et politiciens.

 

Que faire ?

La tentation de ne pas passer à côté d’un mouvement social type Gilets Jaunes, après la défaite du mouvement de défense des retraites, taraude toute une partie de la gauche.

Autour de Nantes, la Confédération Paysanne a mené des actions de filtrage le 25 janvier, défendant leurs points de vue sans se mélanger aux autres organisations d’agriculteurs, valorisant ainsi un point de vue alternatif et « anti-libéral ».

Ainsi, la Confédération Paysanne réclame notamment, en entrant dans le mouvement de contestation, l’Instauration de prix garantis pour les produits agricoles et l’accompagnement  économique à la transition agroécologique à la hauteur des enjeux, la  priorité à l’installation face à l’agrandissement, l’arrêt de  l’artificialisation des terres agricoles.

Si l’appel de la CGT à construire de convergences avec le MODEF (Syndicat Paysan proche du PCF) et la Confédération Paysanne se concrétise dans des initiatives garantissant un minimum d’autonomie de classe, c’est-à-dire traçant une limite entre les intérêts divergents de certaines catégories du « monde agricole » et l’intérêt collectif, il faut y apporter une attention. S’y joindre en tant que militants indépendantistes révolutionnaires veut dire, y construire des moments d’unité populaire ne négligeant pas les revendications suivantes :

  • Non au libre-échange et droit à la représentation de la Bretagne dotée d’un statut politique au niveau international
  • Oui à des prix planchers pour les producteurs leur garantissant des revenus
  • Oui à des aides à la transition par le maintien d’un revenu garanti pour les producteurs voulant changer de modèle !
  • Régularisation des travailleurs sans papiers employés dans les exploitations agricoles et les usines d’agro-alimentaire en Bretagne !
  • Non à la casse des services publics hospitaliers dans les territoires ruraux non liés aux métropoles !
  • Non à l’augmentation des tarifs de l’énergie pour tous !
  • Retour de la distribution de l’énergie dans un cadre public !
  • Hausse des salaires, des pensions et des minimas sociaux !
  • Arrêt de l’aide militaire à la Guerre Impérialiste en Ukraine, des ventes d’armes à Israël et la Turquie et baisse des budgets militaires !
  • Amnistie pour les syndicalistes et manifestants du mouvement contre la réforme des retraites !

War-Sav, la Gauche Indépendantiste Bretonne

 

Après que 1500 personnes aient défilés à Concarneau, Douarnenez, Lannion et Vannes la Gauche Indépendantiste (War-Sav) se réjouit de voir autant d’individus, d’organisations, collectifs, et syndicats s’être impliqués pour l’extension du dispositif Zone Tendue aux communes de la Région Bretagne et la régulation du marché de l’immobilier en Bretagne pour garantir un logement à ceux qui y travaillent et y vivent toute l’année. Nous souhaitons qu’au delà de la manifestation de samedi un cadre collectif de mobilisation soit construit pour que les bretons pèsent tous ensemble pendant les débats sur la loi de finances qui dureront jusqu’à la fin de l’année afin d’obtenir gain de cause sur la Zone Tendue.

 

Ce cadre de mobilisation pour être efficace doit s’appuyer sur des collectifs locaux, ancrés dans les territoires, regroupant les forces organisées ou non œuvrant à la justice sociale.

 

Nous nous félicitons d’en voir éclore à Lorient, dans le Tregor-Goelo-Argoad et dans le pays de Morlaix. Nous sommes disponibles pour aider à l’émergence d’autres regroupement locaux. Nous invitons chacun à prendre bonne note de la prochaine étape de la mobilisation qui aura lieu à Morlaix fin octobre .

Ce cycle de mobilisations dans laquelle nos militants ont pris toute leur place contribue de la rentrée sociale pour l’amélioration des conditions de vie des travailleurs mais elle invite aussi les élus de la Région à exiger la compétence logement dans leur quête d’autogouvernement breton qui s’est traduit par un vœu sur l’autonomie, afin construire des politiques publiques en faveur du logement et de l’habitat ( compétence obligatoire des intercommunalités ) grâce à la mise en place d’un fiscalité bretonne alimentée par la surtaxe des résidences secondaires.

 

La Gauche Indépendantiste Bretonne ( War-Sav )

 

 

Toutes les organisations indépendantistes en Kanaky (FLNKS, UC, Palika, UNI, Parti Travailliste, USTKE… ) demandent le report du 3e référendum prévu unilatéralement par le pouvoir français le 12 décembre prochain (au lieu de 2022) et appellent à la non-participation si celui était maintenu. Source : ici

Vu la crise sanitaire en Kanaky, le confinement qui empêche une véritable campagne dans les tribus, les quartiers, les squats, il est impensable d’envisager un référendum dans ces conditions.

La période de deuil difficile à laquelle doit faire face le peuple kanak, les décès quotidiens et le taux d’incidence très élevé à moins de 50 jours de la consultation plaident pour un report.

L’État, par la tournée du ministre Lecornu sur le territoire ou l’intervention du Premier ministre à l’assemblée nationale “Nous avons réaffirmé notre souhait fort que le choix des Calédoniens soit celui de la France”, au mépris de la soi-disant neutralité, rend cette campagne référendaire totalement inéquitable et faussée.

Les enjeux du référendum sont bien trop importants pour brader ce dernier rendez-vous crucial pour l’avenir du peuple kanak.

La plus grande organisation nationlaiste le FLNKS explique :


Le Bureau Politique du FLNKS réuni en visioconférence le mardi 19 octobre 2021 a entendu les rapports et les analyses de ses composantes à la suite de leurs entretiens avec le ministre de l’Outre-mer, M. Sébastien LECORNU.
Le Bureau Politique du FLNKS a également pris acte des interventions médiatiques du ministre, argumentant la décision de l’Etat de maintenir coute que coute la tenue de la 3e et ultime consultation référendaire au 12 décembre 2021.
Le Bureau Politique du FLNKS constate que le gouvernement français s’entête à vouloir faire primer la campagne présidentielle dans le seul but de solder l’Accord de Nouméa sous son quinquennat au détriment de la consultation sur l’avenir de la Nouvelle Calédonie.
Le Bureau Politique du FLNKS dénonce cette attitude qui va priver les calédoniens d’une consultation qui devrait se dérouler avec au préalable une campagne électorale équitable, dans des conditions acceptées par tous les groupes politiques habilités.
Le Bureau Politique du FLNKS s’inquiète des lendemains d’une consultation qui, si elle est contestée, n’apportera pas la sérénité nécessaire pour la poursuite de discussions consensuelles sur l’avenir institutionnelle du Pays.
Le Bureau Politique du FLNKS demande à ses groupes politiques représentés au sein des institutions de ne pas donner suite aux demandes visant à participer à une éventuelle consultation qui pourrait se dérouler le 12 décembre 2021.
Le Bureau Politique du FLNKS demande au camp du OUI de s’inscrire dans la démarche de non-participation à la campagne électorale de la consultation dont la date serait maintenue au 12 décembre 2021.
Le Bureau Politique du FLNKS appelle à la non-participation de la consultation dont la date serait maintenue au 12 décembre 2021.
Le Bureau Politique du FLNKS demande que la consultation sur l’accession de la Nouvelle Calédonie à la pleine souveraineté et à l’indépendance soit reportée après les échéances électorales nationales françaises de l’année 2022.

Pour le Bureau Politique du FLNKS
Le secrétaire général de l’Union Progressiste en Mélanésie
Jean CREUGNET

Mais c’est aussi la position du Parti Travailliste Kanak, émanation de la puissante centrale syndicale USTKE.

C’est tous le spectre indépendantiste, anticolonialiste et nationaliste kanak qui retrouve son unité dans l’appel au boycott en cas de non report et qui fait comprendre à l’état français de prendre ses responsabilités.

 

La journée d’action contre la réforme de l’assurance chômage émanant des lieux culturels occupés par notamment des intermittents et précaires en lutte a rassemblé ce 23 avril des manifestants dans des proportions honorables à Lannion , Guingamp , Saint-Brieuc, Rennes ,Nantes ,Quimper, Brest, Vannes…

Les organisateurs majoritairement issus des milieux artistiques syndiqués et politisés un peu à la manière du mouvement « Nuit Debout » ont réussis à maintenir un cycle de mobilisation visible dans la durée puisque ces occupations durent depuis plus d’un mois pour certaines.

Bien sur le mouvement est traversé de contradictions et les limites de son volontarisme à être le mouvement de tous les précaires sont évidentes. Mais il est clair que les artistes et techniciens habitués à s’organiser ces dernières années contre les attaques du système de l’intermittence ont fait preuve d’une capacité certaine d’auto-organisation et ils disent avec raison être la partie émergée de l’iceberg de la misère et de la précarité qui s’abat sur tous sur fond de crise économique liée au Covid, prétexte pour attaquer les droits sociaux.

En Bretagne on croise parmi les animateurs de ce mouvement beaucoup de musiciens et chanteurs des scènes de musiques populaires bretonnes ( Fest-Noz), d’acteurs et actrices bilingues…On a vu fleurir ici et là des banderoles en breton , des affichettes dans cette langue…

Fin mars une initiative est passé un peu inaperçue, celle portée par le Collectif des Théâtres en Langues Autochtones. Cette structure regroupe des troupes de théâtres pro ou amateurs de Bretagne, Pays Basque, Corse , Occitanie, Alsace, Catalogne Nord depuis 2019.

Investis dans le mouvement d’occupations des lieux de spectacles ses animateurs et animatrices ont des revendications spécifiques aux langues dites « régionales » avec lesquelles ils et elles créent et travaillent.

Ces revendications qui leurs sont propres méritent d’être connues et popularisées car elles contribuent à la transmission de la langue bretonne.

Nous avons publié la version bretonne de ce texte ici.

 

 

 

Communiqué du C.T.L.AUTOCHTONES

Le Collectif des Théâtres en Langues Autochtones, solidaire de l’ensemble des luttes en cours, rappelle ses vœux généraux pour l’ensemble de la filière des théâtres en langues autochtones dites aussi « régionales », « minoritaires » ou « minorisées » du territoire national :

  • Avoir l’accès aux réseaux institutionnels de diffusion (Centres Dramatiques Nationaux, Scènes Nationales, Scènes Conventionnées…) et être programmés régulièrement et de façon officielle dans le cadre de leurs saisons culturelles.

  • Avoir les moyens humains et financiers pour développer des formations artistiques professionnelles spécifiques à nos langues et nos cultures.

  • Être soutenus dans nos moyens de production, de création, de diffusion et d’édition.

Quant aux effets délétères de la crise sanitaire, aggravant de fait :

  • L’état de « survivance » de la filière professionnelle des théâtres en langues autochtones,

  • Le maintien des personnels salariés et l’emploi des intermittents des secteurs artistique, culturel et associatif, dont nous nous portons solidaires,

  • La précarité des structures sans véritable reconnaissance officielle, dont nous nous portons solidaires,

Nous, C.T.L.Autochtones, souhaitons :

  • Une attention particulière envers la filière des Théâtres en Langues Autochtones de la part de l’ensemble des pouvoirs publics ayant la maîtrise de la chaîne artistique, culturelle et associative.

  • La création d’un statut officiel « Structure Empêchée » et la mise en place de moyens financiers qui permettront de garantir les loyers, les charges… les salaires à taux plein de l’ensemble des personnels intermittents (le paiement des répétitions etc…) et le maintien du personnel salarié.

  • Dès lors que la reprise du spectacle vivant sera possible : la garantie de programmations régulières de spectacles professionnels en langues autochtones en l’inscrivant au cahier des charges de l’ensemble des circuits de diffusion bénéficiant des fonds publics conséquents de l’Etat, des collectivités territoriales et locales.

  • Concernant toujours l’ensemble des lieux de diffusion subventionnés (scènes conventionnées, théâtres municipaux, nationaux…) : l’accueil en résidence de création et une aide financière de coproduction pour les compagnies de théâtre en langues autochtones.

  • Par région, la mise en place d’une aide spécifique pour la création de spectacles jeune public en langues autochtones, accompagné d’un circuit de diffusion destiné à l’ensemble des établissements scolaires associatifs, privés et publics de la maternelle au secondaire qui dispensent une langue régionale (en immersion et bilingues).

  • Pour les organisateurs occasionnels de spectacle : le développement, l’extension et la pérennisation d’un dispositif dédié à la diffusion de spectacles professionnels en langues autochtones à l’exemple de la Bretagne avec le GIP Cafés Cultures (qui prendra fin au 31/06/2021). 

Le C.T.L.Autochtones, le 22 mars 2021

 

Matthieu Guillemot, ses proches et ses camarades du NPA Kreiz-Breizh sont bien connus pour leurs engagements divers en faveur des plus démunis, des travailleurs licenciés par les patrons de l’agro-alimentaire, des services publics notamment hospitaliers,des prisonniers politiques bretons.

Pendant 12 ans dans le cadre de son mandat municipal, il a continué à défendre ces engagements.

Désormais commerçant de son état il a naturellement pris des initiatives visant à attirer l’attention sur les difficultés auxquelles doivent faire face les professions des commerces fermés en temps de pandémie.

Dans ce cadre il a interpellé à plusieurs reprises le préfet, le sous préfet et le président de l’assemblée nationale et député Macroniste Richard Ferrand avec ténacité, humour et franc parler.

Au lendemain d’un accueil revendicatif en musique d’une délégation préfectorale en Mairie de Carhaix pour rappeler les demandes des intermittents en lutte, action au cours de laquelle Mathieu a dressé un faux PV au préfet dont la délégation était composée de plus de 6 personnes, il a été convoqué à la gendarmerie.

Il doit être entendu le 7 avril dans le cadre de l’enquête sur les dégradations intervenues sur le domicile de Mr Richard Ferrand à Mottreff pendant le mouvement de Gilets Jaunes et ce en tant que témoin,action dans laquelle il n’a évidemment rien à voir.

Face à cette nouvelle tentative d’intimidation d’un militant connu pour son irrévérence et son impertinence à l’endroit des puissants nous tenons à adresser un salut fraternel à Matthieu , ses proches et camarades. Un salut du type de ceux que les Communards s’adressaient il y a 150 ans quand ils devaient faire face aux Versaillais de Thiers dont Mr Ferrand est l’héritier politique tant son engagement incarnant un pouvoir lointain, incompétent et autoritaire au service des plus riches est de plus en plus flagrant.

La poursuite des pressions exercées sur Matthieu entraînera les mobilisations nécessaires au-delà des limites du Poher.

Pour l’Organisation de la Gauche Indépendantiste ( War-Sav ) : Gael Roblin

 

( Illustration Mr Guillemot et Ph. Poutou ) 

Pour une stratégie de réappropriation linguistique qui ne soit pas basée sur le parlementarisme parisien et les institutions françaises !

Nous tenons tout d’abord à féliciter les organisateurs de la manifestation du samedi 13 mars à Kemper. Réussir à mobiliser plus de 5000 personnes en une semaine, qui plus est dans le contexte sanitaire actuel, est un tour de force. Et cela à peine 15 jours après celle de Brest qui avait rassemblée en 3 jours 2000 personnes pour défendre les dotations horaires en langue bretonne dans les collèges Diwan.

Elles sont parmi le plus grandes manifestations de défiance à l’endroit du pouvoir central de LREM dans un contexte de pandémie et de repli sur soi, de restrictions. Ne boudons pas notre plaisir.

 

 

C’est un signal de défiance populaire envoyé à l’encontre d’un gouvernement pourfendeur de l’éducation et peu enclin à faire évoluer la place de la langue bretonne dans notre société, notamment par le biais de la convention Etat-Région. C’est ce socle populaire qui doit être amplifié et sur lequel il faudra s’appuyer pour créer une nouvelle stratégie afin de gagner nos droits. Nous ne sommes pas d’accord sur la place disproportionnée donnée samedi à la tribune aux députés, et à un degré moindre celle des de certains élus de la Région Bretagne. C’est le signe d’une stratégie basée majoritairement sur la seule compétence des députés pour gagner le combat, cette stratégie a un nom, c’est le parlementarisme parisien. Pourquoi s’interdire de construire d’autres stratégies ? Qu’avons-nous gagné par cette méthode depuis 40 ans ?  Des miettes, bien loin d’être à la hauteur des enjeux pour sauver une langue en danger de mort. L’histoire contemporaine de la langue bretonne prouve que la stratégie du parlementarisme choisie par  les organisateurs Diwan, Div Yezh, Divaskell, Kelennomp et Kevre Breizh est vouée à l’échec. Le temps du parlementarisme parisien est révolu. Demander l’aumône envers l’État Français et l’utilisation de ses institutions d’un autre temps est une voie sans issue. 

Les victoires obtenues depuis bientôt un demi-siècle sont le fruit des mobilisations populaires, associatives et syndicales. La création de Diwan en 1977 ne doit rien à l’État, son ancrage dans l’enseignement non plus. Les avancées dans l’enseignement bilingue entre les années 1980 et les années 2000 sont le fait du collectif UGB (Unvaniezh ar gelennerien brezhoneg), l’Union des enseignants en langue bretonne, et des syndicats étudiants tels que USB (Unvaniezh ar studierien brezhoneg) Dazont : développement de l’enseignement bilingue public et privé, création du CAPES de breton en 1985 ou encore le DEUG de breton en 1989. Le développement de la signalétique routière bilingue s’est fait grâce au rapport de force établi par les militants de Stourm ar Brezhoneg dans les années 1980-2000 puis d’Ai’ta dans les années 2010. 

La palme d’or de la stratégie parlementariste revient sans conteste au député LREM de Guingamp, Yannick Kerlogot, accompagné des députés LREM Annaïg Le Meur (Quimper) Graziella Melchior (Landivisiau-Lesneven),  Didier le Gac (Landerneau-Plabennec) et de la sénatrice LREM du Finistère Nadège Havet. Comment les organisateurs ont-ils pu accorder la parole à la tribune au représentant d’un gouvernement qui a voulu supprimer des heures d’enseignement en breton dans les collèges Diwan ? Car si le soldat Kerlogot a parlé « d’erreur administrative » pour voler au secours de Blanquer, la réalité est toute autre. Si erreur administrative il y avait eu, l’Education Nationale aurait fait machine arrière. Que nenni. C’est le Rectorat de Rennes qui financera les heures que l’Education Nationale a supprimé, dans leur droite logique d’économies budgétaires à tout va. Mais ça, les députés LREM ne vous le diront pas. Comment les organisateurs ont-ils osé donner la parole à celui qui assure le service après-vente de Blanquer ? Un député qui prétend défendre l’éducation et la langue bretonne mais ne manque jamais une occasion de défendre le ministre Blanquer et son travail de sape, souvent sournois. Jugez vous-même : l’obtention des cours de breton enseignés par le CNED dans le second degré est présentée comme une avancée, alors que cela permettra d’économiser des heures d’enseignement et donc des postes. L’enseignement de la langue bretonne dans les écoles n’échappe pas à cette logique de rentabilisation de l’éducation quand le budget du ministère de l’Intérieur et celui des Armées continue lui de croître pour assurer la sacro-sainte sécurité et vendre des armes de guerre. Ainsi, les regroupements de plusieurs niveaux de classes au collège sont devenus monnaie courante et le nombre de postes au CAPES de breton stagne depuis des années matière. Les conditions de travail des enseignants de breton dans le premier et le second degré se dégradent : fermeture de classes et regroupements de niveaux (jusqu’à 5 ou 6 niveaux ! ) dans le premier degré, non-titularisation sur un poste par la systématisation des TZR (titulaire en zone de remplacement) dans le second degré pendant des années, enseignement de disciplines non linguistiques (histoire-géographie ou mathématiques par exemple) en français et non en breton toujours dans le second degré. Le dialogue social se dégrade fortement avec le gouvernement Macron, puisque les syndicats ont été boutés hors des commissions paritaires pour les ajustements de postes. Ce coup de poignard dans le dos met souvent en danger les filières bilingues par la création de postes ne tenant pas compte des spécificités de l’enseignement bilingue.

Enfin, quelle légitimité à Kerlogot à se poser en défenseur de la langue bretonne quand ses  proches soutiens dans le pays de Guingamp — à l’instar  de Rémy Guilloux, maire de Plouisy — ne verse pas le forfait scolaire aux élèves de sa communes allant à l’école Diwan de Guingamp. Tout comme ne le fait pas Laurence Corson, élue au Merzer (toujours prés de Guingamp) mais aussi colistière de Yannick Kerlogot, avec qui elle a été élue au Conseil Départemental des Cotes d’Armor. 

 

Afin d’occuper le terrain médiatique pour promouvoir son projet de loi, le député Paul Molac était présent à la manifestation de Quimper, et c’est d’ailleurs sans doute lui-même qui l’a suscitée. A l’instar du député Kerlogot, une place de choix lui a été réservée à la tribune par les organisateurs, confirmant la stratégie de parlementarisme choisie pour gagner nos droits linguistiques. 

La proposition de loi définit « trois domaines dans lesquels des mesures de protection et de promotion des langues régionales peuvent être apportées : le patrimoine, l’enseignement, les services publics via la signalétique et les actes d’état civil. ». La réforme Blanquer qui met à mal l’enseignement du breton et en breton n’est pas remise dans la proposition de loi, les perspectives de recrutement préalable au développement de l’enseignement sont inexistantes. Le volet ayant trait aux services publics est louable mais fort incomplet. Enfin, nulle part le statut de la langue n’est abordé. Si Paul Molac se trompe sur les objectifs à atteindre, il nous tire une balle dans le pied avec l’utilisation du terme « régional » pour définir  la langue bretonne. Nous ne sommes ou ne seront pas des locuteurs de langue régionale mais des locuteurs. D’ailleurs, que veut dire « langue régionale », alors même que la Loire-Atlantique n’est pas dans la région administrative Bretagne, bien que la langue bretonne y soit également présente ? Pourquoi cette incessante classification entre les langues ? Un complexe d’infériorité en opposition à la langue française que nous parlons toutes et tous ? Il faut assumer et revendiquer un statut égal pour la langue  bretonne, qui ne verra jamais le jour sans construction politique. Si Paul Molac se trompe sur les objectifs, il fait également fausse route sur la méthode. La loi ne doit pas être un but sorti d’un artifice institutionnel sclérosé mais un outil à construire par un rapport de force populaire. Les ouvriers en lutte au 19e siècle ont-ils attendu les lois autorisant le droit de grève en 1864 et les syndicats en 1884 pour arrêter le travail et se regrouper ? Les femmes ont-elles attendu la loi Veil en 1975 pour avorter ? Les homosexuel·le·s ont-ils/elles attendu la loi sur le mariage pour tous en 2013 pour vivre ensemble ? Youenn Gwernig chantait « les droits qu’on a ça s’demande pas, les droits  qu’on a les prendra ! ». Paul Molac et les afficionados du parlementarisme parisien se trompent encore quand ils placent leur confiance en l’institution. Si les députés français se sont fait berner en première lecture du fait de leur absentéisme récurrent, il y a fort à parier, médiatisation aidant, que le rappel des troupes soit battu par la majorité jacobine et ses alliés idéologiques allant de la France Insoumise au Rassemblement National. Une majorité des députés contre le projet de loi en 2e lecture et il rejoindra la liste de ceux ayant fini avant lui dans les poubelles de l’Assemblée Nationale française. 

Les directions de Diwan, Div Yezh et Div Askell, en se basant sur le seul calendrier parlementaire, semblent prendre le risque de se retrouver sans perspectives stratégiques suite à l’échec de l’initiative Molac.

Une fois de plus, le discours réformiste visant à œuvrer pour un remodelage des lois françaises aura pompé toutes les énergies en dégageant les élus locaux de toutes responsabilités. Cela aura un effet démobilisateur.

Les manifestants de Brest et Kemper doivent profiter de leur capacité à mobiliser rapidement pour faire pression localement contre les politiques d’austérité et de mépris de la langue bretonne des élus locaux et ce en priorité.

Nos faiblesses sont aussi dues au fait que les forces militantes des salarié.e.s de la langue bretonne sont dispersées dans des petits syndicats appartenant à des grandes centrales. Peu sont syndiqués et ces salariés ne sont donc pas autonomes pour faire entendre leurs point de vue face aux errements des directions de leurs filières. 

La question de la création d’un Syndicat Unifiée des Travailleurs de l’Enseignement et de la Culture Bretonne doit revenir à l’ordre du jour.

Loig Chesnais-Girard, président de la Région Bretagne, était lui aussi aux premières loges à Quimper. C’est d’ailleurs lui qui a mis le feu aux poudres en rendant public les blocages avec le ministère de l’Education Nationale sur la signature de la Convention Etat-Région. Info ? Intox ? Le contexte électoral et ses dissensions avec LREM, composante de sa majorité à la Région, peuvent laisser à penser qu’il a freiné des quatre fers pour parapher la Convention et mettre ainsi en difficulté LREM. Quoi qu’il en soit, et malgré la bonne volonté de Lena Louarn, vice-présidente en charge des langues de Bretagne, force est de constater que les avancées consécutives à la politique linguistique régionale sont faibles. Il est loin d‘être à la hauteur des enjeux. Mais comment peut-il en être autrement quand on sait que le budget alloué est de 7,5 millions d’euros, soit 2,26 € par an et par habitants. A titre de comparaison c’est 8,7 € par an et par habitant en Corse et au-delà de 20 € par an et par habitant au Pays de Galles, dans la Communauté Autonome Basque et au sein de la Generalitat de Catalogne. C’est la nature même de l’institution qu’il convient de changer car à moins de croire au miracle elle ne pourra faire grand-chose de plus avec de tels moyens.  Un transfert de compétence en matière de politique linguistique serait une première avancée. Force est de constater que ça ne figure pas dans les priorités de la majorité régionale ni dans les intentions programmatiques des candidats aux élections régionales devant se dérouler cette année.  

Le parlementarisme parisien et les institutions françaises n’ont rien apporté — ou si peu — à la langue bretonne en presque 50 ans de lutte. La Gauche Indépendantiste se veut force de proposition pour créer une nouvelle dynamique nous conduisant à conquérir nos droits. Les droits linguistiques inhérents à ceux de chaque peuple. N’est-ce pas la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948 qui dans son article 2 dit que «  Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de […] de langue […] ».

La langue bretonne ne sera sauvée que par la lutte continue et assumée pour un pouvoir politique breton et l’officialisation de la langue bretonne. Pas un intervenant ne l’a évoqué à Quimper le 13 mars dernier. 

La crise du Covid-19 a mis en lumière aux yeux de l’opinion publique la nécessité de relocaliser les décisions. C’est plus qu’une décentralisation au bon vouloir de Paris ou des élu·e·s du Conseil Régional de Bretagne que nous souhaitons : nous voulons construire un pouvoir politique breton pour élargir les compétences. Ailleurs en Europe les peuples s’organisent pour décider de leur avenir, comme en Écosse ou en Catalogne. En Bretagne, cela permettra aux bretonnes et aux bretons de participer directement aux décisions.  De toute part la question d’une démocratie plus proche de la population se fait entendre, que ça soit au niveau de la santé, de la réunification de la Bretagne, de l’égalité femme/homme, de l’environnement, des services publics. Il doit en être de même sur les questions linguistiques. Le droit de décider et la question du référendum en Bretagne commence à réapparaître dans les débats publics, notamment dans les institutions du Conseil Régional de Bretagne, au Conseil Municipal de Nantes ou celui de Rennes. C’est le reflet d’une volonté populaire forte qui ne se traduit pour l’instant que par des promesses. L’abstention aux élections et le succès honorable de certaines listes citoyennes aux élections municipales de 2020 interpellent le modèle démocratique actuel. Cela montre une volonté de changement fort. C’est pourquoi il faut aller plus loin en faisant progresser l’idée de l’organisation d’un référendum pour décider de Brest à Clisson. Cette consultation devra permettre de choisir quelles compétences (notamment législatives et fiscales) nous voulons ici en Bretagne. 

Le changement de statut de la Bretagne est indispensable dans la conquête de nos droits. Faut-il rappeler, par exemple, que le statut de Collectivité Territoriale en Corse — donnant des compétences propre à l’île de Beauté — permet une politique linguistique plus ambitieuse ? Le rapport de force avec l’État est singulièrement différent selon le statut du territoire en question, comme nous le prouve l’actualité. Mise en marche en janvier dernier, la réforme du CAPES par Blanquer compte modifier les modalités du concours du CAPES de langue corse. La première mouture prévoyait de faire la part belle à la langue française lors des épreuves : les coefficients des épreuves en langue corse seraient passés de 7 à 4 et les coefficients des épreuves en langue française de 4 à 8. Après deux mois de bras de fer,  le ministre a ainsi assuré “un coefficient de 8 sur 12 de matières passées en langue corse”. Comment sérieusement envisager faire évoluer de manière drastique les conditions d’enseignement du breton, bilingue ou immersif, au sein du système pyramidal et ultra-centralisé de l’Education Nationale ? C’est pot de terre contre pot de fer. 

Pour conclure, nous devons avoir des objectifs clairs pour la langue bretonne :

Dans le domaine de l’enseignement, le statut de l’enseignement immersif doit être renforcé et ce mode d’enseignement développé. Les élus ne versant pas le forfait scolaire à Diwan doivent être combattus, dénoncés et marginalisés. Le CAPES de breton, à l’instar du CAPES de corse, ne doit plus être bivalent. C’est une discrimination à l’égard des enseignants en langue bretonne devant enseigner deux matières. C’est une discrimination à l’égard des étudiants préparant le concours et devant assimiler deux programmes au lieu d’un. Il faut créer des CAPES bivalents s’adressant aux spécialistes des matières (histoire-géographie, sports, musique, etc.) afin de ne plus se retrouver avec des enseignants formés sur le tas. Le nombre de postes au CAPES n’excède quasiment jamais 2 depuis des décennies ! Il faut une hausse significative afin de pouvoir accompagner un développement de l’offre d’enseignement mais aussi pouvoir remplacer les personnels partant en retraite. Si ce n’est pas le cas, le nombre d’enseignants va diminuer, et l’enseignement avec. Les mêmes objectifs doivent être fixés pour l’enseignement dans le 1er degré, pour les mêmes raisons : multiplier par deux le nombre de postes aux concours de recrutement. 

 

Pour en revenir à la Convention État-Region sur la Transmission des langues de Bretagne et leurs usages dans la vie publique : il convient aussi de constater que peu d’acteurs du mouvement linguistique et culturel breton semblent l’avoir lue dans son ancienne version, tant les propositions qui émanent maintenant ne concernent que l’enseignement, révélant par là même le manque de culture politique socio-linguistique de cette mouvance.

Une langue ne se transmet pas qu’a l’école. Dans la société post-industrielle des loisirs dans laquelle nous vivons elle doit trouver toute sa place dans les sports, les loisirs, les distractions…

Si l’ancienne version de la convention permettait la création de centre de loisirs en langue bretonne, elle ne fléchait pas les financements des collectivités locales. Un centre de loisirs ouvert les mercredi et pendant les vacances permet d’offrir près de 400 heures de langue bretonne par an aux enfants le fréquentant. 

 

Enfin nous sommes pour une vigilance accrue quand l’application effective de cette convention en Loire-Atlantique, qui dépend d’une autre Académie, et où par exemple l’école Diwan de Saint-Herblain n’est toujours pas sous contrat (et donc à la charge du réseau), malgré le fait qu’elle remplisse tous les critères d’ancienneté. 

La convention État-Région signée en 2015 avait été validée par le recteur de l’Académie de Rennes, ainsi que par les présidents des Universités de Rennes et de Brest : il serait judicieux que celle qui sera signée prochainement intègre également l’Académie de Nantes et l’Université de Nantes. Enfin, il serait bien que le Département de Loire-Atlantique et d’autres collectivités locales (Métropole de Nantes par exemple) s’associent aussi aux discussions concernant cette convention qui sera signée avec l’État, afin de développer une convention qui permette le développement des pratiques et de la transmission de la langue bretonne sur l’ensemble de la Bretagne.

 

 

 

 

La langue bretonne doit changer de statut et devenir co-officielle.  Si cela permettra bien sûr une reconnaissance institutionnelle de notre langue, elle permettra de fait un développement des moyens lui étant consacrés dans la sphère publique. En Irlande, où  le gaëlique est officiel, la signalétique routière bilingue est généralisée, de même que le bilinguisme écrit au sein des services publics et le bilinguisme oral par le biais de formations continues des salariés. L’usage écrit et oral du breton doit être obligatoire également dans le domaine des transports. L’usage de la langue bretonne doit être un critère d’éligibilité aux subventions (toutes thématiques et tous demandeurs : entreprises, collectivités, associations). L’usage du breton par les entreprises doit être un critère de notation dans les marchés publics.

Dans le domaine des médias, nous devons avoir une radio publique et une chaîne de TV publique en langue bretonne. Il sera nécessaire d’accroître le soutien aux développements des radios locales émettant en langue bretonne (Radio Kerne, Radio Kreiz Breizh, Radio Bro Gwened, Radio Arvorig, et Radio Naoned), notamment en ce qui concerne les ouvertures de fréquences (FM ou radio numérique DAB+) qui auront lieu dans les prochains mois et années sur l’ensemble de la Bretagne. En effet, de nouvelles fréquences gagnées permettront à beaucoup de nouvelles personnes d’écouter les émissions en breton plus facilement au quotidien, mais signifieront aussi un coût annuel très important pour les radios associatives, pour chaque nouvelle antenne ouverte. Ces coûts devront être en partie pris en charge par les collectivités, tout comme la formation de plus de professionnels pouvant travailler dans ces radios.

La convention qui sera signée d’ici quelques temps devra prendre en compte les éléments qui ont été mentionnés dans ce texte (et sûrement d’autres), et faire participer l’ensemble des acteurs et actrices qui font vivre la langue bretonne au quotidien.

Nous devons rapidement et collectivement nous donner d’impulser une stratégie de réappropriation linguistique qui ne soit pas basée sur le parlementarisme parisien et les institutions françaises ! Brezhoneg ofisiel !

 

War-Sav Pour l’Organisation de la Gauche Indépendantiste.

 

Nous publions avec l’autorisation d’ ACTA  qui  est un média autonome et partisan qui produit depuis Paris, vidéos, interviews et articles d’intervention – de l’intérieur des luttes,  l’entretien de LEA El AZZI. Cette journaliste Libanaise du quotidien Al Akhbar revient sur la genèse du Hirak ( le soulèvement populaire ), le rôle de la gauche libanaise, notamment des communistes. Elle souligne aussi la quête de réelle souveraineté nationale du peuple Libanais  et le rôle néfaste de l’impérialisme dans l’instabilité chronique du pays. C’est bien sur avec un intérêt particulier que les bretons doivent lire ce texte. C’est leur ancien président de Région Jean-Yves Le Drian qui a rejoint la start-up Nation de Macron pour se mettre au service du lobby militaro-industriel et du néo-colonialisme français notamment dans cette partie du monde. L’impact du lobby militaro-industriel est énorme en Bretagne, personne n’ose le remettre en cause ( Arsenaux, cybersécurité ) et il est largement subventionné par de l’argent public. La voix de la France l’étranger , de son impérialisme destructeur c’est Le Drian. 

Bretagne Info.

Nous publions une discussion avec Léa El Azzi, journaliste libanaise à Al Akhbar, quotidien de gauche créé par l’intellectuel militant Joseph Samaha en réaction à l’agression israélienne sur le Liban en 2006. Marqué par son fort positionnement anti-impérialiste, le journal dénonce depuis sa création le colonialisme sioniste en Palestine et au Liban, mais aussi la politique occidentale et américaine dans l’ensemble du Moyen-Orient. Récemment au Liban, le journal a mené un important travail d’analyse et de dénonciation du système bancaire et de l’oligarchie financière.

Dans ce bref entretien, Léa El Azzi revient sur la crise économique, sur la mobilisation populaire au sein du Hirak contre le système bancaire, sur les contradictions qui ont traversé le mouvement ou encore sur la politique française au Liban suite à la crise financière.

ACTA : Pouvez-vous revenir sur les causes profondes qui ont déclenché le soulèvement populaire qui a débuté en 2019 ?

Léa El Azzi : Le soulèvement populaire a été le produit d’une accumulation de facteurs :

– À l’été 2019, et pour la première fois depuis 1997, la livre libanaise a commencé à perdre de sa valeur, le dollar s’échange entre 1600 et 1610 livres libanaises (le taux de change était fixé à 1515/dollar). C’était l’un des indices d’indisponibilité du dollar. La Banque du Liban (BDL) continuait d’ignorer ce problème et le gouverneur de la BDL, Riad Salamé, a annoncé que le taux de change élevé était le résultat d’un problème entre les changeurs de monnaie et certaines entreprises.

– La BDL et les banques commerciales ont refusé d’ouvrir les lettres de crédit pour importer le blé, les médicaments, et le pétrole. Après que les distributeurs ont annoncé la grève, on voyait des colonnes de voitures devant les stations-service, devant les fours à la recherche du pain. Le problème était partout le même : la crise du change du dollar.  

– Le Parti communiste libanais et différents groupes de gauche ont organisé des manifestations pour le changement du régime, contre les politiques du gouvernement et de la BDL, et pour des politiques sociales équitables.

– À l’aube des 13 et 14 Octobre, des incendies ont éclaté partout au Liban, c’était une vraie catastrophe avec la disparition de vastes zones vertes, de pins, mollusques… le feu a atteint les maisons. Ça a duré plusieurs jours, mais ce qui était stupéfiant, c’est que tous les fonctionnaires, ministres, parlementaires, sont restés endormis la nuit des incendies. Cet incident a montré la fragilité du système, le manque des ressources humaines et technologiques pour faire face à ce genre de problème.

– Le cabinet discutait des « réformes économiques » et le premier ministre Saad Hariri a proposé d’augmenter la taxe sur la valeur à 12%, en plus d’augmenter la même taxe sur les produits de luxe. Le ministre des télécommunications Mohammed Choukair a proposé que l’application WhatsApp devienne payante. En réaction à cette dernière proposition, il y a eu des appels à manifester dans le centre-ville. Lors d’un déplacement, le personnel de sécurité du député Akram Chehayeb (membre du parti socialiste progressiste, dirigé par Walid Junblat) a violemment repoussé certains manifestants afin de pouvoir passer, ce qui a redoublé la colère des gens. Et voilà, le soulèvement a éclaté.

Le Hirak semblait avoir une composition sociale multiple, des revendications et des objectifs contradictoires, parfois antagonistes. Pouvez-nous en dire plus ?

C’est vrai, il n’y avait pas « un » Hirak, « un » objectif, « un » slogan, mais une mosaïque. Aux premiers jours, un très grand nombre de gens y ont participé : ceux qui appartiennent à la classe moyenne et qui se sont soudainement vus en train de tout perdre, les classes populaires et pauvres, des jeunes lycéens, et même des partisans des partis politiques pro-système. Les organisations de la société civile, les partis de gauche, et tous les groupes organisés, ont décidé que le « soulèvement » ne devait pas avoir de « tête », pour ne pas échouer. Ils ont essayé de ne pas brandir des slogans politiques qui pourraient diviser l’ensemble des manifestants.

Quelques jours plus tard, les interventions politiques ont commencé. Le Parti des Forces Libanaises (dirigé par Samir Geagea) et le Parti socialiste Progressiste1, qui étaient membres du gouvernement, ont annoncé leur participation aux manifestations, s’attaquant au président de la république et au gouvernement de Saad Hariri, en faisant pression sur ce dernier pour qu’il démissionne.

Petit à petit, chacun a tenté de manipuler le « Hirak », et on ne peut pas oublier les interventions des pays occidentaux, notamment les États-Unis, l’Angleterre, la France, ainsi que certains pays arabes. Il y avait ceux qui voulaient le désarmement du Hezbollah, la démission du Président Michel Aoun, la formation d’un nouveau gouvernement avec des ministres « technocrates », le renversement de tout le système, quand d’autres se dressaient contre la banque centrale et le pouvoir de l’oligarchie libanaise. Cette diversité de la société libanaise, et les profondes divisions entre les composantes communautaires et le poids du sectarisme, ont empêché la formation d’un front uni avec un programme commun pour affronter « l’establishment ». Sans parler des rivalités internes et des guerres d’ego entre les organisations issues de la société civile.

Qui est à l’origine de la mobilisation contre les banques et qu’en est-il aujourd’hui de la lutte pour les revendications sociales, à l’heure où des émeutes de la faim semblent reprendre, notamment à Tripoli ?

Le Parti communiste libanais, le « Mouvement des jeunes pour le changement » (un groupe de gauche fondé en 2015, leur objectif est la justice sociale et la libération nationale) et un certain nombre de forces de gauche ont été les principaux éléments qui se sont déplacés devant la Banque centrale du Liban. Le journal Al-Akhbar a joué aussi un rôle très important pendant des années pour expliquer les problèmes économiques, financiers et monétaires aux masses et leur présenter la vérité sur ce qu’il se passe.

Il y avait des groupes et personnes qui ne voulaient pas participer aux manifestations organisées devant la BDL ou les banques privées, car ils ne considéraient pas le dossier économique comme fondamental, et préféraient plutôt les slogans purement politiques, et il y avait ceux qui ont estimé que le Hezbollah bénéficierait des manifestations devant les banques et la Banque du Liban, et n’ont donc pas participé (il n’en bénéficiait pas, mais certains croyaient cela à cause des sanctions américaines).

Actuellement, le contexte à Tripoli est un peu différent. Il est vrai qu’il y a des conditions socio-économiques très difficiles à Tripoli. Tripoli est l’une des régions libanaises les plus pauvres, alors que ses politiciens sont parmi les plus riches du monde, comme l’ancien Premier ministre Najib Mikati. La colère des gens est très forte. Cependant, des « sources » affirment que des pays du Golfe, par l’intermédiaire de groupes locaux qui leur sont affiliés, ont profité de la misère à Tripoli pour des raisons politiques, et veulent peut-être pousser le premier ministre désigné Saad Hariri à ne plus former son cabinet. Bien sûr, on ne peut nier que beaucoup de manifestants aient participé en toute sincérité, sans avoir d’ « agenda » politique.

En ce qui concerne la lutte pour améliorer la vie des gens, socialement et économiquement, malheureusement, il n’y a actuellement aucune lutte organisée à l’échelle du pays, alors que la situation empire et que l’État n’a pas de programme de protection sociale.

Quelle est l’importance et l’actualité des idées nationalistes arabes, anti-impérialistes mais aussi communistes au sein du Hirak ?

Le problème au Liban n’est pas seulement une question de corruption ou de mauvaise gestion, etc. Le vrai problème est que le pays n’est pas indépendant ni politiquement ni économiquement, les interférences externes empêchent l’établissement d’un État. En outre, il y a le mariage entre le pouvoir politique et le pouvoir du capital, qui au cours des trente dernières années, au moins, a accumulé des profits et des richesses personnelles aux dépens du peuple. Le secteur public a été détruit, les infrastructures des services publics aussi, on n’a pas de système sanitaire public comme à Cuba par exemple, de même pour le système éducatif, les prestations sociales et les transports en commun. On nous a dit que le « système rentier » était la « solution » du « développement » au Liban. La ville, le pays et les plus pauvres étaient détruits, alors que seul le secteur bancaire et immobilier prospérait. L’industrie et la production nationale ont été détruites au profit des importations. Les taux d’intérêt des banques ont été augmentés afin d’attirer les dépôts de l’étranger, car notre système était basé sur la « mendicité » : mendier des dollars et emprunter aux autres pays.

Aujourd’hui, plus de la moitié de la population (selon ESCWA) vit en dessous du seuil de pauvreté. La première cause est interne, venant de la nature du régime, mais il y a aussi les pressions politiques américaines, européennes et du Golfe imposées au Liban. Alors je pense que la base de tout mouvement doit se faire sur des revendications socialistes qui donnent la priorité à la construction d’une véritable économie productive en protégeant les classes populaires, et d’un système politique résistant.

Quelle est la stratégie du Hezbollah par rapport au Hirak et qu’en pensez-vous ? Y’a-t-il eu des divergences de stratégies entre des mouvements communistes et le Hezb ?

Le Parti communiste libanais et le Hezbollah ne se retrouvent que sur la résistance contre « Israël » et la défense de la cause palestinienne. À part ça, il y a un désaccord total entre les deux partis sur toutes les questions internes, dont la plus importante est la vision du système confessionnel libanais. Comme on le sait, les divisions confessionnelles au Liban sont les plus fortes, tous les postes publics sont divisés sectairement. 

Quant au Hezbollah, son secrétaire général, Sayyed Hassan Nasrallah, a averti plusieurs fois des interventions étrangères au sein du Hirak et la mise en œuvre d’un agenda occidental, tout en reconnaissant la souffrance du peuple et ses revendications. Lors de certaines attaques contre les manifestants, le Hezbollah a été accusé, mais il a démenti toutes responsabilités.

Le Hezbollah veut, et c’est dans son intérêt, modifier le système existant, améliorer la vie des gens et renforcer l’arène interne face aux pressions extérieures, mais il ne permettra pas qu’aucun genre de Hirak soit déclencheur d’un conflit interne, vu les pressions étrangères. 

Quelles formes prennent aujourd’hui les pressions étrangères exercées sur le Hezbollah et ses représentants ? Et peut-on espérer des récentes élections aux USA un changement de politique à ce sujet ?

La pression exercée sur le Hezbollah par les États-Unis et ses alliés est d’ordre économique, politique et sécuritaire. Le Hezbollah est une très grande puissance régionale, et pour les États-Unis cela met en danger la sécurité d’« Israël ». Cependant, alors que l’Amérique dit qu’elle impose des sanctions sur le Hezbollah, en fait elle détruit toute la société libanaise. Pratiquement, le public du Hezbollah a été peu affecté par les sanctions, parce que le Hezbollah a continué de subvenir à tous leur besoins.

Selon les informations, il n’y aura pas un changement de la politique étrangère américaine envers le Moyen-Orient, et notamment le Liban, surtout que l’administration Biden ne sépare pas la question du Hezbollah du dossier iranien.

Selon vous, à quel jeu joue la France dans le cadre de la crise économique qui frappe le Liban actuellement ?

Pendant qu’Emmanuel Macron a de nombreux problèmes de nature sanitaire, économique et sociale en France, il se donne le droit d’agir en tant que « gouverneur » du Liban, et de diffuser des conseils sur la gestion de la crise. Macron estime que le Liban est toujours sous mandat français, tout comme il se comporte en Afrique et dans le reste du monde avec les pays de l’OTAN. La France ne s’intéresse au Liban que pour son influence et l’extension de son contrôle sur les pays de la Méditerranée orientale. De là, un document français de « réforme » (!) est présenté et des conférences d’aide sont organisées. Mais, par exemple, après l’explosion du port le 4 août, deux conférences ont été organisées pour aider le Liban. L’argent n’est pas parvenu au Liban jusqu’à maintenant. Macron a déclaré aux politiciens libanais que la reconstruction de Beyrouth n’aura pas lieu tant qu’un gouvernement ne sera pas formé avec le consentement des États-Unis et avec un programme d’action prédéterminé.

La France veut achever l’audit légal des comptes de la Banque du Liban, nommer un nouveau gouverneur de banque et s’ingérer dans la nomination des ministres libanais. La France aurait-elle accepté que Washington choisisse ses ministres ou que la Belgique nomme le gouverneur de la Banque centrale française ?

La France ne joue pas actuellement un véritable rôle au niveau de la crise économique, sauf pour tenir le bâton contre les politiciens libanais et les menacer de dossiers de corruption et les contraindre à mettre en œuvre des « réformes » appropriées afin d’étendre le contrôle français politique et d’exploiter les ressources du Liban.

Quelles sont les réactions de la classe politique et d’autre part, de la rue libanaise au « réchauffement » entre Israël et des États arabes tels que les Emirats arabes unis ou Bahreïn ? Pensez-vous que cela changera à l’avenir les rapports entre Israël et le Liban ?

Nombreuses sont les personnes au Liban qui croient en la cause palestinienne et le droit du peuple palestinien à regagner sa souveraineté sur tout son territoire, à libérer tous les pays arabes et à résister à l’ennemi sioniste et à ne jamais accepter ces alliances arabes. La normalisation des relations entre certains régimes arabes avec l’ennemi, et leurs accords stratégiques avec lui (notamment UAE), ne signifie pas que les peuples arabes y consentent.

Au Liban, tant que nous aurons une Résistance, d’une très grande puissance régionale et d’énormes capacités militaires, rien ne changera, et le Liban ne cessera pas d’être dans la ligne de défense de la Palestine, car par cela il défend aussi la souveraineté libanaise et ses ressources naturelles.

Le combat pour Georges Ibrahim Abdallah est toujours d’actualité en France mais au-delà de cette cause importante, sous quelle modalités pourrions-nous selon vous tisser de nouveaux liens entre les forces progressistes au Liban et en France, de façon actuelle et concrète ?

C’est une honte pour un pays comme la France, qui prétend préserver les droits de l’homme, de maintenir la détention du combattant internationaliste Georges Ibrahim Abdallah, alors qu’il fallait le libérer en 1999, selon les conditions requises pour sa libération, spécifiées par le code pénal français.

La France, en refusant de libérer Abdallah, exécute les ordres des américains et des israéliens. Alors tous les progressistes du monde doivent unir leurs efforts pour sa libération, en utilisant d’autres méthodes que la solidarité et des déclarations de soutien. Georges est détenu en France, donc le travail pour obtenir sa libération doit prendre une autre tournure, et le début est le rassemblement des forces des progressistes internationaux, pour exercer une pression maximale sur l’État français et pour le forcer à libérer Georges, peut-être qu’il s’agit d’organiser une conférence internationale pour commencer.

  1. Ces deux formations sont membres de « L’Alliance du 14-Mars », proche des puissances occidentales et de l’Arabie saoudite.

 

Les récents vœux en mairie de Nantes et Rennes mettent en relief la persistance de la revendication du retour de la Loire-Atlantique dans une collectivité “Bretagne”. Ces initiatives ont le mérite d’animer cette pré-campagne des élections Régionales et Départementales, et ce n’est pas rien. Tant pour l’instant les listes prétendant faire candidature en Juin (sauf changement de calendrier) se gardent bien de s’avancer sur l’évolution institutionnelle de la Bretagne. De ce point de vue, ce sont des initiatives à valoriser car elles placent ce débat dans un cadre civique et pas romantique et historique. Mais elles sont aussi à critiquer pour enrichir ce débat citoyen spécifiquement breton. 

L’initiative revient à l’association “À la Bretonne” et au “Breizh Civic Lab”, et avait été annoncée le 11 octobre dernier suite à un colloque rassemblant beaucoup d’élus de tous bords. Un nombre conséquent d’entre eux s’étaient engagés à œuvrer pour demander à l’état central et à son président la mise en place d’un référendum sur le rattachement de la “Loire-Atlantique” à la Bretagne.

J’avais pour ma part refusé de signer cette supplique au président de république Française car cela représente un danger tactique. Si je me réjouis de voir l’idée du droit de décider en Bretagne progresser, je me refuse à le saucissonner entre “Région Bretagne” et habitants du département de “Loire-Atlantique” : c’est tous ensemble que nous devons être consultés, en tant que sujet politique collectif, dans un seul agrégat.

  1. Je pense que faire croire qu’une telle démarche auprès de cette présidence si hautaine, méprisante et si honnie peut aboutir relève d’un certain irréalisme. Cela légitime dans une prétendue posture d’écoute un président qui a violemment réprimé les Gilets Jaunes, magnifiquement méprisé les manifestations contre la réforme des retraites et qui s’entoure d’un aréopage de personnages dont la proximité avec la fange de l’extreme-droite n’est plus à démontrer (Benalla, Darmanin…). Est-ce bien sérieux que de parler de démocratie, au nom du peuple, et de réclamer un référendum décisionnel à un pouvoir autoritaire lointain et brutal, depuis le confort de conseils municipaux réunis à huis-clos — crise sanitaire oblige — où l’on a été élus avec à peine 40 % de participation ? Est cela le débat populaire dont nous avons besoin ?

  2. Cela va à l’encontre de la tradition d’auto-organisation qui prévaut en Bretagne. Laisser le soin au pouvoir central de délimiter le périmètre et la question d’un tel référendum, que ses promoteurs veulent décisionnel, est du pur suicide politique pour les partisans d’une Bretagne unie dotée de compétences nouvelles. 

  3. Cela déresponsabilise ceux et celles qui  dirigeront la Région Bretagne, car toute l’initiative politique est laissée à Paris. Loig Chesnais-Girard peut continuer à poser des plaques Breizh 5/5 dans le hall du Conseil Régional de Bretagne en arguant qu’il ne peut faire plus tant que le président de la République n’a pas daigné répondre aux voeux… Cela l’exonère de toute initiative politique visant à auto-organiser une consultation sur l’ensemble de la Bretagne et sur son évolution globale vers plus de pouvoir politique breton. Christophe Prugne, le président d’ À la Bretonne peut faire un bon jeu de mots en disant que Loig Chesnais-Girard est à coté de la plaque, mais la pression qui est mise sur lui est bien négligeable… Et en annonçant que la perspective est 2026 pour le référendum, on comprend tout de suite que l’on parle du futur quinquennat et pas du futur mandat Régional.

  4. Les vœux en marie de Nantes et Rennes ont ceci de positifs qu’ils montrent que la question de la consultation sur le retour de la Loire-Atlantique en Bretagne bouscule tous les camps politiques. Le PS vote pour à Nantes mais s’abstient à Rennes, la droite s’abstient à Nantes et vote pour à Rennes. Le plus cocasse est la posture d’EELV avec qui Florian Le Teuff (initiateur d’A la Bretonne) est associé, puisqu’il a été élu sur la liste “Verte” au conseil municipal de Nantes. Ces derniers votent positivement pour une consultation aux Conseils Municipaux de Rennes et Nantes mais leurs tête de liste en Région “Pays de la Loire”, habitant en Loire-Atlantique, pond aussitôt un hallucinant communiqué pour réclamer plus de coopération entre la Région Bretagne et les Pays de la Loire et s’opposer ainsi à toute idée de réunification de la Bretagne. Un caillou (et pas un petit) dans les chaussures de la liste EELV-UDB en Région Bretagne… qui vont devoir nous expliquer comment ils vont faire pour faire pression sur le PS avec qui ils piaffent d’impatience de gérer la Région Bretagne, alors qu’ils n’ont pas réussi à convaincre dans leur propre camp…

     

Pour conclure provisoirement, je me permet de publier ici la question que j’avais posé à Nantes le 11 octobre, certes un peu longue, mais qui redéfinie la différence entre consultation et référendum, et sur la nécessité de remettre la conquête de nouvelles compétences pour la Région Bretagne ” (sanitaires… par exemple…) au calendrier politique… pour donner envie à d’autres d’y venir…

C’est ce que le sondage DIBAB et Breizh Civic Lab avait démontré.

On peut espérer que ces modestes réflexions permettront d’alimenter les projets de ceux et celles qui auraient des velléités à construire une alternative démocratique pour les futures élections régionales, assumant sans complexe aucun la perspective d’une Bretagne, unie, co-construite, solidaire, et dotée de compétences législatives et fiscales.

Gael Roblin (militant Indépendantiste de Gauche et accessoirement conseiller municipal à Guingamp) 

 

Merci infiniment aux initiateurs de cette journée qui contribue à dépoussiérer cette revendication de l’unité territoriale de la Bretagne, et à repolitiser, au sens noble du terme, cette problématique trop souvent limitée à des aspects culturels et pseudo-identitaires. Votre initiative qui soutient l’idée d’une participation citoyenne, d’une implication du peuple dans la délimitation du territoire breton et des compétences de la Bretagne est enthousiasmante.

Vous souhaitez fixer une feuille de route pour la réunification. Puisque l’on parle de « Transformer nos institutions et mieux coopérer pour répondre aux grands défis », je pense qu’il faut lister toutes les étapes, et pas seulement se concentrer sur 2026 et adresser des suppliques au pouvoir central pour qu’il organise un hypothétique référendum.

Certes la Région n’a pas compétence à organiser un référendum, mais rien n’empeche légalement une association de consulter les citoyens des 5 départements. Car le décret FILLON permet aux partis politiques d’organiser des primaires pour désigner leurs candidats en mettant à disposition urnes, lieux de vote, et listes électorales. C’est par ce biais que l’association DIBAB a organisé des votations sur le thème de l’unité de la Bretagne et de son l’évolution institutionelle.

La présidente ou le président de la Région Bretagne aura bien plus de légitimité — une fois consultée la population par ce biais — pour négocier avec le pouvoir central l’organisation d’un référendum en bonne et due forme.

L’organisation d’une consultation citoyenne par le riche tissu associatif breton, financée de façon participative par son biais permettra de surcroit de réunifier la Bretagne dans les faits.

Car limiter l’exercice du droit de décider à la seule Loire-Atlantique, le saucisonner en votant les uns après les autres, est pour le moins étrange… Étant donné que nous supposons, en tant que partisans de l’unité de la Bretagne, que la préférence de l’agrégat (de l’électorat breton dans son ensemble) se porte vers l’unité bretonne, il est pour le moins suprenant de considérer comme un acte démocratique répondant aux attentes du peuple breton de mettre un place une consultation qui exclut précisément cette option, celle de voter tous ensemble en tant que bretons.

C’est étrange intellectuellement de présuposser que la Bretagne est un espace civique cohérent pour impulser des politiques publiques aux bénéfices du plus nombre et de rediviser la Bretagne en consultant ses habitants les uns aprés les autres et pas tous en même temps.

C’est également étrange de présupposer que les bretons, de Brest à Clisson, ont un désir de Bretagne visant à maitriser de nouvelles compétences, en excluant de les interroger ensemble sur ces nouvelles compétences en même temps que l’on les interroge sur les limites de la Bretagne.

Pour mémoire, le sondage commanditée par DIBAB et Breizh Civic Lab l’an dernier indiquait que c’étaient les habitants de Loire-Atlantique qui étaient le plus favorables à la prise de compétences d’état par la Région Bretagne, et ce à la hauteur de 68 %.

L’ensemble des bretonnes et bretons répondaient favorablement à la hauteur de 61 % à la question : “Êtes-vous favorables à la mise en place d’un référendum sur les compéntences que devraient maitriser la Région Bretagne ?”

C’est bien une montée des compétences de la Région Bretagne qui favorisera le retour de la Loire-Atlantique dans la même collectivité territoriale. Ces questions ne sont pas disscociables.

II y a beaucoup d’élus ici, mais attention à l’entre-soi : il faut nous interroger en permanence sur notre représentativité, notre légitimité en tant qu’élu à parler aux noms des citoyens. À quelle taux de participation avons nous été élus ? A quel taux de participation seront élus les conseillers régionaux et départementaux ? Sans doute pas à 86 % comme lors du référendum de dimanche dernier en Kanaky ? Sommes-nous vraiment représentatifs de la population bretonne ? Combien d’élus de petites communes ? Combien d’ouvriers ? De paysans ? Combien de femmes ? Combien de moins de 50 ans ? Combien de bretons issus de l’immigration ? Des quartiers populaires ?

C’est la Bretagne dans toute sa diversité qui doit s’approprier le débat sur les limites et compétences de notre pays. Pour conférer à notre exécutif régional un vrai légitimité avant de discuter avec le pouvoir parisien de la mise en place d’un référendum en bonne et due forme.

Je crois que les organisateurs de la journée veulent mettre à l’agenda politique ces thèmes à la veille de régionales et départementales.

Qui parmi les participants à cette table ronde — et qui a des vélléités pour présider la Région Bretagne ou du département de Loire-Atlantique — s’engage à impulser et soutenir, accompagner cette consultation citoyenne précédent un éventuel référendum ?

Car le droit de grève s’acquiert en faisant grève, le droit de manifester en manifestant, le droit de vote en votant. C’est un catalan qui l’a rappelé à la barre d’un tribunal récemment pour avoir pris part à la mise en place d’une consultation pour le droit de décider.