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C’est une petite foule d’un millier de personnes qui a défilé dans Nantes le 27 septembre. La moyenne d’âge était très basse et beaucoup de militants plus aguerris ont apprécié la tenue de ce rendez-vous qui s’est déroulée sans anicroche.

Il semblait important aux organisateurs, regroupés sous le sigle “Coordination Démocratique de Bretagne”, de garder un rendez-vous dans la rue pour socialiser dans l’espace publique une revendication qui ne doit pas être cantonnée aux débats “citoyens” entre Happy-Few ou entre personnalités (plus ou moins qualifiées…) qui s’approprient le débat sur la réunification bretonne.

Les slogans en breton ou en français rappelaient l’importance du recentrage de ce débat dans le combat plus vaste pour un pouvoir politique breton de Brest à Clisson. C’est l’axe central de l’intervention des organisateurs lue en début de manif reproduit plus bas. Ce slogan “Pour un pouvoir politique breton de Brest à Clisson” peut être l’axe central d’une campagne plus large que nous appelons de nos vœux. 

Une petite délégation Kanak conduite par le président du FLNKS Christian Tein, récemment libéré de prison, était présente et fût chaleureusement applaudie.

L’intervention, reproduite ici, replace notre combat au cœur des mobilisations sociales en cours du moment contre l’austérité imposée par Paris.

Déclaration de la manifestation de Nantes
27/09/2025

Les débats feutrés dans les salons et les vœux que personne ne prend en compte ne nous satisfont pas. Pour faire avancer la nécessité d’envisager la Bretagne, toute la Bretagne, comme un espace politique, il faut occuper la rue, à date régulière, pour ritualiser notre agenda politique breton.

Et pour expliquer pourquoi , la construction d’un pouvoir politique breton de Brest à Clisson est un projet réaliste pour améliorer nos conditions de vie que les gouvernements qui se succèdent à Paris veulent encore dégrader avec des budgets d’austérité.

Dans son projet, M. Bayrou envisageait de demander un effort de 5,3 milliards d’euros aux collectivités locales pour l’année 2026 qui devrait en réalité s’élever à 9 milliards, selon le vice-président délégué de l’Association des maires. Si Sébastien Le Cornu reprenait ce budget, cela grèverait de façon inacceptable la capacité des communes et des intercommunalités à renforcer les services publics locaux qui sont sous leurs responsabilités. Cela nous empêcherait de répondre aux exigences légitimes pour un meilleur accès au logement social, à la médecine dans le cadre du service public, aux investissements dans les écoles publiques, à la revalorisation du traitement aux agents de la fonction publique territoriale, à l’accompagnement du riche tissu associatif qui œuvre au quotidien pour l’accès de toutes et tous aux sports, à la culture et aux loisirs.

Il n’était pas question de faire des économies pour doter la région parisienne d’équipements sportifs de prestige pour les Jeux olympiques. Il n’était pas question de faire des économies lorsque la France dépensait des milliards pour mater nos frères et sœurs Kanaks en révolte contre le colonialisme. Il n’était pas question de faire des économies pour arroser d’argent public les entreprises du lobby militaro-industriel qui vendent des armes à Israël pour massacrer les Palestiniens ou pour continuer l’escalade belliciste.

Ici, en Loire-Atlantique, on subit en plus et depuis longtemps la rigueur de la gestion de la Région Pays de la Loire par Christelle de la Morançais qui impacte de larges secteurs de la vie artistique et culturelle et plus particulièrement le tissu culturel et linguistique spécifiquement breton qui puisqu’il est hors Région Bretagne ne peut bénéficier des mêmes aides et conventions notamment pour l’usage et la transmission de la langue bretonne.

Les budgets de rigueur précédents imposés par Paris ont cassé les services publics de santé en Bretagne et privent d’accès aux soins des centaines de milliers de Bretons. L’absence de politique du logement ambitieuse pilotée depuis la Bretagne prive d’accès à un toit des milliers de travailleurs bretons. Nous avons notre mot à dire et le droit de décider ici de la façon dont l’argent des bretons est dépensé par Paris.

La lutte des classes a aussi une dimension territoriale. L’économie capitaliste dans le cadre de l’État français profite au grand patronat, mais aussi quasi exclusivement au centre de la métropole impérialiste parisienne et à quelques grandes métropoles.

C’est pour toutes ces raisons que la Bretagne doit être réunifiée, pour construire un pouvoir populaire breton, pas seulement pour rectifier une décision antidémocratique qui nie l’histoire de Bretagne. Il faut réunifier la Bretagne pour garantir à tous et toutes l’accès aux services publics sous gouvernance locale et gérer nous même notre fiscalité.

Alors oui il faudra voter en Loire-Atlantique comme dans le reste de la Bretagne pour librement déterminer des compétences que nous voulons maîtriser en tant que peuple breton, mais il ne faut donc pas dissocier le combat pour la réunification du combat breton plus large pour la construction d’un pouvoir politique breton de Brest à Clisson !

Il ne faut pas déserter la rue bretonne, ni la laisser aux fascistes. Merci à celles et ceux qui sont venus aujourd’hui. Nous étions des milliers pour une Saint-Yves revendicative le 17 mai dernier à Rennes. En 2026, la Saint-Yves revendicative aura lieu sur le parcours de la Redadeg qui finira le 16 mai 2026 à Nantes. Que les derniers kilomètres soient une clameur populaire pour la langue bretonne, la démocratie et le droit à l’autodétermination du peuple breton.

Ne désertons pas la rue, rendez-vous le samedi 26 septembre 2026 ici, place de Bretagne à Nantes.

La Bretagne, toute la Bretagne, est notre pays,
nous avons le droit de décider de son avenir !

Communiqué de presse

Le 28 septembre, près de 1500 personnes défilaient à notre initiative, sans aucun incident, dans Nantes, en défendant une vision de la Bretagne arrimée à des principes de pluralisme démocratique, de diversité culturelle et d’humanisme face aux tenants d’un nationalisme français xénophobe, autoritaire et ultra-jacobin. Il s’agissait aussi de réaffirmer que la Bretagne, de Brest à Clisson, est un espace civique cohérent pour construire des politiques publiques volontaristes au bénéfice du plus grand nombre, à commencer par les plus modestes. Dans une ambiance chaleureuse, complice, une petite foule très jeune, joyeuse, de divers horizons avait donc convergé pour affirmer le droit du peuple breton à décider d’un autre modèle social, institutionnel, environnemental.


C’est cette manifestation que Bretagne Réunie et ses alliés avaient choisi de concurrencer par une initiative le 12 octobre dernier.

Nous avons été surpris que certains acteurs de la vie démocratique Nantaise que nous estimons ne sachent pas saisir l’opportunité du 28 septembre pour une Bretagne démocratique.
L’initiative du 12 octobre — qui a fini dans la confusion et des échanges de coups — est la conséquence de la présence d’un groupe nostalgique du 3ᵉ Reich, puisque que Bretagne Réunie n’a pas su les tenir à distance en ayant un message clairement antiraciste.
Plutôt que de se livrer à une autocritique, Bretagne Réunie préfère aujourd’hui mettre sur le même plan les néofascistes et ceux qui les combattent et refusent leur présence. C’est pour nous inacceptable. Cela oblitère de manière définitive et irrémédiable la possibilité pour Bretagne Réunie d’incarner un quelconque combat démocratique breton et de défiler dans les rues de Nantes.
Nous donnons d’ors et déjà rendez-vous à celles et ceux qui défendent l’idée d’un pouvoir politique breton sur les cinq départements et le refus du fascisme, à manifester le samedi 27 septembre 2025 dans les rues de Nantes.

D’ici là, nous proposerons d’autres rendez-vous de mobilisations communes sur lesquels nous communiquerons.

Réseau Asambles : Coordination pour Un Front Révolutionnaire Breton, Dispac’h, Ensemble Sur Nos Territoires, Ingalañ, UDB Yaouank, War-Sav-Gauche Indépendantiste, …

 

Bonus Bretagne Info sur les dérives anciennes de Bretagne Réunie
et sa capacité à tolérer l’intolérable :

2010 : Alan Coraud, actuel président de Bretagne Réunie, œuvrait déjà pour faire entrer des fascistes dans nos actions
https://44breizh.com/2010/03/02/fresque-humaine-reactions-de-44breizh/

2016 : Communiqué de la Gauche Indépendantiste sur les compromis de Bretagne Réunie avec le fascisme
https://www.bretagne-info.bzh/2016/09/26/pour-une-bretagne-reunie-de-brest-a-clisson-pour-le-droit-de-decider-et-contre-le-fascisme/

2017 : Lettre ouverte de Jean-Do Robin aux dirigeants de Bretagne Réunie
https://www.bretagne-info.bzh/2017/09/27/lettre-ouverte-aux-co-presidents-de-bretagne-reunie/

 

 
 

 

Un ugent strollad ha kevredigezh bennak o doa galvet da zibuniñ en Naoned disadorn. Deuet eo brav gante, tost da 1500 den a oa deuet da heul ar galv. A bep seurt tud, izel ar geidenn oad memes tra, o doa dibunet gant nerzh ha lañs e straedoù kêrbenn Breizh.

Daou vrezhoneger yaouank o doa kemeret ar gaoz en dibenn e brezhoneg hag e galleg, e anv an aozerien. Sed aze ar pezh o doa lennet :

Deuet omp da lâret endro emañ Bro-Naoned e Breizh, fellout a ra deomp reiñ hor soñj diwar-benn ment ha galloudoù hor bro dre referendom, ha kement-se deus Brest betek Klison.

Deuet omp da lâret endro pegen fuloret omp gant ar strategiezh a rusterioù lakaet e plas gant an tu-dehou kilstourmel hag a zo e penn Rannvro broioù al liger, ur rannvro na c’heller ket krediñ enni. Ar c’hevredigezhioù zo war an dachenn e Liger-Atlantel evit lakaat da vevañ ar gallo hag ar brezhoneg a c’houzañv kalz diwar se.

Trawalc’h gant an tagadennoù enep d’ar brezhoneg, d’ar gallo ha d’ar glad digenvezel !

Gwall nec’hus int d’ar c’houlz ma vez ken nebeud a sikourioù kadarnaet a-benn diorren diazezoù sevenadurel ha yezh hor bro, a-benn lakaat e pleustr hor mod enbarzhus da sellet ouzh hon identelezh.

Ur sell digor war an dud a erru e Breizh a-benn bevañ, labourat er vro, ne vern o liv, o relijion pe o jener.

Un doare da sellet ouzh hor bro zo diazezet war al liesseurted politikel, ar binvidigezh sevenadurel, an denegezh a zifennimp a-benn talañ ouzh ar vroadelouriezh c’hall, estrengas, aotrouniek ha jakobin-meurbet.

Amañ e Naoned, e-lec’h m’emañ ar vrasañ skol Diwan e Breizh, ez omp deuet da lâret e rank enebiezh an ensavadurioù chom a-sav, da geñver an dud oberiant evit ar brezhoneg er skolioù pe en diavaez. Dazont hor yezh a vo ivez er meurgêrioù hag e reter hor bro. A-benn sterniañ ar politikerezh yezh e Liger-Atlantel hon eus ezhomm deus un emglev par d’an hini zo e Rannvro Breizh. 18 miz a-raok an dilennadegoù kêr e fell deomp klevet promesaoù dilennidi Naoned war an dachenn-se.

Ret e vo deomp en em harpañ war strollegezhioù lec’hel p’emañ ar galloud kreiz etre daouarn hon enebourien.

Hag ezhomm zo displegañ ? Er gouarnamant deus an tu-dehou pellañ a gaver e Pariz, maodiernezh an diabarzh zo mestroniet gant Bruno Retailleau, bet prezidant Rannvro Broioù al liger –un den brudet evit e oberennoù kilstourmel, ec’h enebiezh da garta Europa ar yezhoù bro pe minorel.

Ministrez  nevez an deskadurezh, Anne Genetet zo bet e-mesk an 60 kannad o doa goulennet digant ar c’huzul bonreizhel lakaat un harz d’al lezenn Molac war ar yezhoù bro, dre se eo bet breskaet c’hoazh statud ar skolioù brezhonek dre soubidigezh.

Gellout a rafemp hiraat al listennad met kavout a reomp gwelloc’h chom a-sav hag embann fraezh ha sklaer ne blegimp ket e Breizh dirak ar mod kriz, reut ha rust o deus da dermeniñ ar Republik.

Setu perak omp deuet hiziv da Naoned evit komz dreist-holl deus demokratelezh. Unaniñ hor bro ha sevel ur galloud politikel Breizhad war ar pemp departamant zo ar pep retañ da adperc’hennañ ar gwir da dabutal, divizout ha dibab petra a vo hon dazont.

D’ur c’houlz m’eo fallgontant an dud gant ar gouarnamant zo e Pariz, ur gouarnamant na glot ket gant disoc’h ar votadegoù e embannomp hon disfiz bras outañ hag hor c’hoant da welet ar strollegezhioù e Breizh da zont da vezañ, deus ar gumun betek ar Rannvro, lec’hioù da enebiñ ouzh ur raktres politikel zo dindan banniel distro an urzh, ur raktres kilstourmel hag arvarus, enep-sokial, enep an ekologiezh, enep-benelour, ha kreizennour tre.

Ur raktres politikel a zo hini ar Rassemblement National e gwirionez.

Degas a reomp d’ho soñj e kinnig ar strollad-se lakaat un termen d’ar c’huzulioù-rannvro. E Rannvro Breizh dilennidi ar strollad-se zo bet ar re nemeto o doa votet enep ar goulenn a emrenerezh douget gant ar brasañ niver.

Ezhomm zo en un doare mallus deus un emc’houarnamant e Breizh gant barregezhioù da sevel tailhoù ha da ober lezennoù, da zougen politikerezhioù publik reizh war dachenn al lojeiz, ar yec’hed, an doare da aozañ ar vro, hag ar mod da rannañ ar pinvidigezhioù.

He peogwir omp fier deus hon identelezh breizhad omp kreñv ivez deus hon birvilh sevenadurel, deus hor c’henunaniezh sokial, hag e nac’homp groñs an doare m’o deus ar bopulisted da dennañ gounit deus ar fulorioù sokial o tiskouez ingal ar memes re a vefe pennoù boucʼhed ar pecʼhedoù. An doare d’ober vil-se zo boutin d’an holl vroadelourien ha populisted er Frañs evel e lec’h all en Europa.

N’eo ket ar repuidi nag an harluidi , ne vern o relijion, zo penn kaoz tommadur an hin. Ar re gentañ int o c’houzañv deus an emdroadur-se.

N’eo ket ar repuidi nag an harluidi, ne vern o relijion, zo penn kaoz an digresk drastus a labourerien-douar, a venajoù e Breizh. Ha gwall niverus int o kiañ er parkeier pe en uzinoù gounezvouederezh.

N’eo ket gante kennebeut eo torret an doareoù da arc’hantaouiñ al lojeiz sokial, n’eo ket ar re-se a laka da greskiñ betek re priz an tiez war aodoù Breizh, n’eo ket gante e vez dibabet da serriñ ar servijoù publik-ospitalioù, skolajoù pe skolioù mil bouezus evit ma c’hellfemp bevañ mat en hor bro.

Ha peogwir e vez kaozeet kalz deus an unaniezh ha deus talbenn ar bobl er mare-mañ, e tegasomp d’ho soñj e oa bet implijet an termen-se evit ar wezh kentañ e miz Genver 1936 da vare votadegoù er stad spagn. Un emglev e oa bet etre nerzhioù an tu-kleiz, reoù ar broadoù hep stad : Katalan, Euskal Herria, Galiza pe Andalouzia, un emglev a zifenne ar gwir d’en em dermeniñ evel pobl hag un distaoliadeg ledan evit ar brizonidi politikel. Emichañs e vo tapet awen diwar an istor-se gant luskerien Talbenn ar Bobl hiziv an deiz er Frañs.

Ne vo ket nevesaet an demokratelezh ma ne lakaer ket un termen da vojenn ar c’hreizennadur broadelour republikan.

Deus hon tu, a-raok klozañ ar brezegenn e saludomp hor c’hamaraded stourm e Palestina pe Ukraina, gwelet e vez o bannieloù o strakal tro-dro deomp, e-kichen ar Gwenn-ha-Du. Ur salud tomm a gasomp , dreist d’ar mor ha da vogerioù an toulloù-bac’h da emsavidi Kanaky, pe da bobl Martinik ha Gwadeloup a ren ur stourm enep da goust ar vuhez pemdez. Ur skouer int evidomp.

Emañ ar bobl e Breizh war an dachenn evit reneveziñ ar vuhez demokratel. Ret eo kenderc’hel ha mont pelloc’h !

D’ar c’hentañ a viz Here e vo ar sindikadoù er straed evit ar goproù : bezomp asambles gante, er c’hêrioù koulz hag er bourkioù, en uzinoù hag e karterioù Breizh !

D’ar 5 a viz Here e klasko ur bagad bigi dieubiñ an inizi Glenan zo dindan krabanoù Bolloré : harpomp anezho evit ma rafent berzh, ra c’hwezo kreñv avelioù Breizh en o gouelioù.

D’an 12 a viz Here, difennourien an ospitalioù publik a vo asambles er straedoù e Karaez evit ma c’hellfe an holl  Breizh, er c’hêrioù bras pe diwar ar maez ober war-dro o yec’hed. Bezomp gante da embann fraezh ez eo Breizh un egorenn bolitikel a-zoare d’ober war-dro politikerezhioù publik youlek e servij ar brasañ niver ha da gentañ tout ar re vunud.

Ya, krogomp da sevel Breizh asambles, da skoulmañ kenskoazelloù dic’hortoz evit bevañ, labourat ha divizout e Breizh ! Betek an trec’h !

Ar re a soñj dezho ne vo kaoz ken eus distro Liger-Atlantel e Breizh, ur vro a rank tapout galloudoù ledanoc’h, a zo o faziañ.
 
Breizhiz ha Breizhadezed o deus ar gwir da zibab petra a vo dazont o bro, he ment hag he barregezhioù.
Ne ra ket ken ar stad-greiz war-dro he c’hefridi da gas a-benn politikerezhioù publik p’az a war-gresk an dizingalderioù sokial ha pa rank ar strollegezhioù kemer e kont ar rusterioù. Erru eo poent adlavarout ez eus ezhomm ur galloud politikel Breizhad, eus Brest betek Klison, gant barregezhioù evit :
• Un dasparzh reizh deus ar pinvidigezhioù hag an aveadurioù etre ar meurgêrioù ha peurrest Breizh.
• Ma vo tu d’an holl daremprediñ servijoù publik ar yec’hed, an treuzdougen hag evit ma vo ul lojeiz a-hed ar bloaz evit an dud zo o chom hag o labourat amañ.
Ar vuhez politikel gall zo saotreet gant tabutoù flaerius diwar-benn an identelezh estrengas : pouezus eo deomp lavarout ez eo Breizh un egor keodedel a-feson a-benn seveniñ politikerezhioù publik talvoudus d’ar muiañ niver, dreist-holl d’ar re vunud.
An dud zo oberiant e Liger-Atlantel evit sevenadur ar vro e-mesk ar bobl, koulz hag evit lakaat da vevañ ar brezhoneg er skolioù ha tro-dro zo o taliñ ouzh un enebiezh ensavadurel splann. Kuzul Rannvro Broioù al Liger a nac’h yalc’hadiñ ar c’hevredigezhioù oberiant tro-dro da Naoned war dachenn yezh ha sevenadur Breizh.
E Liger-Atlantel ne c’hell ket ar vrezhonegerien en em harpañ war un emglev etre ar stad hag ur strollegezh lec’hel, evel ma vez graet e Rannvro Breizh, evit aesaat implij ha treuzkas ar yezh. Ezhomm hon eus da gaout peadra da rannañ diazezoù hor sevenadur hag hor yezh en un doare embarzhus gant an dud a ra an dibab d’ober annez amañ.
 
• Pobl Breizh zo ar gwir ganti da zibab he dazont eus Brest betek Klison !
• Evit ma c’hello yezh ha sevenadur Breizh bezañ harpet e Liger-Atlantel evel e Rannvro Breizh.
 
Diskennomp er straedoù ! Emgav d’an 28 a viz Gwengolo dirak ar Melezour Dour e Naoned da 3 e GM !
 

Les récents vœux en mairie de Nantes et Rennes mettent en relief la persistance de la revendication du retour de la Loire-Atlantique dans une collectivité “Bretagne”. Ces initiatives ont le mérite d’animer cette pré-campagne des élections Régionales et Départementales, et ce n’est pas rien. Tant pour l’instant les listes prétendant faire candidature en Juin (sauf changement de calendrier) se gardent bien de s’avancer sur l’évolution institutionnelle de la Bretagne. De ce point de vue, ce sont des initiatives à valoriser car elles placent ce débat dans un cadre civique et pas romantique et historique. Mais elles sont aussi à critiquer pour enrichir ce débat citoyen spécifiquement breton. 

L’initiative revient à l’association “À la Bretonne” et au “Breizh Civic Lab”, et avait été annoncée le 11 octobre dernier suite à un colloque rassemblant beaucoup d’élus de tous bords. Un nombre conséquent d’entre eux s’étaient engagés à œuvrer pour demander à l’état central et à son président la mise en place d’un référendum sur le rattachement de la “Loire-Atlantique” à la Bretagne.

J’avais pour ma part refusé de signer cette supplique au président de république Française car cela représente un danger tactique. Si je me réjouis de voir l’idée du droit de décider en Bretagne progresser, je me refuse à le saucissonner entre “Région Bretagne” et habitants du département de “Loire-Atlantique” : c’est tous ensemble que nous devons être consultés, en tant que sujet politique collectif, dans un seul agrégat.

  1. Je pense que faire croire qu’une telle démarche auprès de cette présidence si hautaine, méprisante et si honnie peut aboutir relève d’un certain irréalisme. Cela légitime dans une prétendue posture d’écoute un président qui a violemment réprimé les Gilets Jaunes, magnifiquement méprisé les manifestations contre la réforme des retraites et qui s’entoure d’un aréopage de personnages dont la proximité avec la fange de l’extreme-droite n’est plus à démontrer (Benalla, Darmanin…). Est-ce bien sérieux que de parler de démocratie, au nom du peuple, et de réclamer un référendum décisionnel à un pouvoir autoritaire lointain et brutal, depuis le confort de conseils municipaux réunis à huis-clos — crise sanitaire oblige — où l’on a été élus avec à peine 40 % de participation ? Est cela le débat populaire dont nous avons besoin ?

  2. Cela va à l’encontre de la tradition d’auto-organisation qui prévaut en Bretagne. Laisser le soin au pouvoir central de délimiter le périmètre et la question d’un tel référendum, que ses promoteurs veulent décisionnel, est du pur suicide politique pour les partisans d’une Bretagne unie dotée de compétences nouvelles. 

  3. Cela déresponsabilise ceux et celles qui  dirigeront la Région Bretagne, car toute l’initiative politique est laissée à Paris. Loig Chesnais-Girard peut continuer à poser des plaques Breizh 5/5 dans le hall du Conseil Régional de Bretagne en arguant qu’il ne peut faire plus tant que le président de la République n’a pas daigné répondre aux voeux… Cela l’exonère de toute initiative politique visant à auto-organiser une consultation sur l’ensemble de la Bretagne et sur son évolution globale vers plus de pouvoir politique breton. Christophe Prugne, le président d’ À la Bretonne peut faire un bon jeu de mots en disant que Loig Chesnais-Girard est à coté de la plaque, mais la pression qui est mise sur lui est bien négligeable… Et en annonçant que la perspective est 2026 pour le référendum, on comprend tout de suite que l’on parle du futur quinquennat et pas du futur mandat Régional.

  4. Les vœux en marie de Nantes et Rennes ont ceci de positifs qu’ils montrent que la question de la consultation sur le retour de la Loire-Atlantique en Bretagne bouscule tous les camps politiques. Le PS vote pour à Nantes mais s’abstient à Rennes, la droite s’abstient à Nantes et vote pour à Rennes. Le plus cocasse est la posture d’EELV avec qui Florian Le Teuff (initiateur d’A la Bretonne) est associé, puisqu’il a été élu sur la liste “Verte” au conseil municipal de Nantes. Ces derniers votent positivement pour une consultation aux Conseils Municipaux de Rennes et Nantes mais leurs tête de liste en Région “Pays de la Loire”, habitant en Loire-Atlantique, pond aussitôt un hallucinant communiqué pour réclamer plus de coopération entre la Région Bretagne et les Pays de la Loire et s’opposer ainsi à toute idée de réunification de la Bretagne. Un caillou (et pas un petit) dans les chaussures de la liste EELV-UDB en Région Bretagne… qui vont devoir nous expliquer comment ils vont faire pour faire pression sur le PS avec qui ils piaffent d’impatience de gérer la Région Bretagne, alors qu’ils n’ont pas réussi à convaincre dans leur propre camp…

     

Pour conclure provisoirement, je me permet de publier ici la question que j’avais posé à Nantes le 11 octobre, certes un peu longue, mais qui redéfinie la différence entre consultation et référendum, et sur la nécessité de remettre la conquête de nouvelles compétences pour la Région Bretagne ” (sanitaires… par exemple…) au calendrier politique… pour donner envie à d’autres d’y venir…

C’est ce que le sondage DIBAB et Breizh Civic Lab avait démontré.

On peut espérer que ces modestes réflexions permettront d’alimenter les projets de ceux et celles qui auraient des velléités à construire une alternative démocratique pour les futures élections régionales, assumant sans complexe aucun la perspective d’une Bretagne, unie, co-construite, solidaire, et dotée de compétences législatives et fiscales.

Gael Roblin (militant Indépendantiste de Gauche et accessoirement conseiller municipal à Guingamp) 

 

Merci infiniment aux initiateurs de cette journée qui contribue à dépoussiérer cette revendication de l’unité territoriale de la Bretagne, et à repolitiser, au sens noble du terme, cette problématique trop souvent limitée à des aspects culturels et pseudo-identitaires. Votre initiative qui soutient l’idée d’une participation citoyenne, d’une implication du peuple dans la délimitation du territoire breton et des compétences de la Bretagne est enthousiasmante.

Vous souhaitez fixer une feuille de route pour la réunification. Puisque l’on parle de « Transformer nos institutions et mieux coopérer pour répondre aux grands défis », je pense qu’il faut lister toutes les étapes, et pas seulement se concentrer sur 2026 et adresser des suppliques au pouvoir central pour qu’il organise un hypothétique référendum.

Certes la Région n’a pas compétence à organiser un référendum, mais rien n’empeche légalement une association de consulter les citoyens des 5 départements. Car le décret FILLON permet aux partis politiques d’organiser des primaires pour désigner leurs candidats en mettant à disposition urnes, lieux de vote, et listes électorales. C’est par ce biais que l’association DIBAB a organisé des votations sur le thème de l’unité de la Bretagne et de son l’évolution institutionelle.

La présidente ou le président de la Région Bretagne aura bien plus de légitimité — une fois consultée la population par ce biais — pour négocier avec le pouvoir central l’organisation d’un référendum en bonne et due forme.

L’organisation d’une consultation citoyenne par le riche tissu associatif breton, financée de façon participative par son biais permettra de surcroit de réunifier la Bretagne dans les faits.

Car limiter l’exercice du droit de décider à la seule Loire-Atlantique, le saucisonner en votant les uns après les autres, est pour le moins étrange… Étant donné que nous supposons, en tant que partisans de l’unité de la Bretagne, que la préférence de l’agrégat (de l’électorat breton dans son ensemble) se porte vers l’unité bretonne, il est pour le moins suprenant de considérer comme un acte démocratique répondant aux attentes du peuple breton de mettre un place une consultation qui exclut précisément cette option, celle de voter tous ensemble en tant que bretons.

C’est étrange intellectuellement de présuposser que la Bretagne est un espace civique cohérent pour impulser des politiques publiques aux bénéfices du plus nombre et de rediviser la Bretagne en consultant ses habitants les uns aprés les autres et pas tous en même temps.

C’est également étrange de présupposer que les bretons, de Brest à Clisson, ont un désir de Bretagne visant à maitriser de nouvelles compétences, en excluant de les interroger ensemble sur ces nouvelles compétences en même temps que l’on les interroge sur les limites de la Bretagne.

Pour mémoire, le sondage commanditée par DIBAB et Breizh Civic Lab l’an dernier indiquait que c’étaient les habitants de Loire-Atlantique qui étaient le plus favorables à la prise de compétences d’état par la Région Bretagne, et ce à la hauteur de 68 %.

L’ensemble des bretonnes et bretons répondaient favorablement à la hauteur de 61 % à la question : “Êtes-vous favorables à la mise en place d’un référendum sur les compéntences que devraient maitriser la Région Bretagne ?”

C’est bien une montée des compétences de la Région Bretagne qui favorisera le retour de la Loire-Atlantique dans la même collectivité territoriale. Ces questions ne sont pas disscociables.

II y a beaucoup d’élus ici, mais attention à l’entre-soi : il faut nous interroger en permanence sur notre représentativité, notre légitimité en tant qu’élu à parler aux noms des citoyens. À quelle taux de participation avons nous été élus ? A quel taux de participation seront élus les conseillers régionaux et départementaux ? Sans doute pas à 86 % comme lors du référendum de dimanche dernier en Kanaky ? Sommes-nous vraiment représentatifs de la population bretonne ? Combien d’élus de petites communes ? Combien d’ouvriers ? De paysans ? Combien de femmes ? Combien de moins de 50 ans ? Combien de bretons issus de l’immigration ? Des quartiers populaires ?

C’est la Bretagne dans toute sa diversité qui doit s’approprier le débat sur les limites et compétences de notre pays. Pour conférer à notre exécutif régional un vrai légitimité avant de discuter avec le pouvoir parisien de la mise en place d’un référendum en bonne et due forme.

Je crois que les organisateurs de la journée veulent mettre à l’agenda politique ces thèmes à la veille de régionales et départementales.

Qui parmi les participants à cette table ronde — et qui a des vélléités pour présider la Région Bretagne ou du département de Loire-Atlantique — s’engage à impulser et soutenir, accompagner cette consultation citoyenne précédent un éventuel référendum ?

Car le droit de grève s’acquiert en faisant grève, le droit de manifester en manifestant, le droit de vote en votant. C’est un catalan qui l’a rappelé à la barre d’un tribunal récemment pour avoir pris part à la mise en place d’une consultation pour le droit de décider.

Dans son allocution sur les mesures relatives à la situation sanitaire Emmanuel Macron a indiqué que les déplacements entre régions ne seraient pas possibles.

Voila qui nous interpelle en tant qu’élus de Bretagne. Les déplacements entre la Loire-Atlantique et le reste de la Bretagne seront-ils possibles ? Si ce n’était pas le cas cela serait pour le moins surprenant. Non seulement en raison du fait que la Bretagne correspondant au cinq départements est d’abord un espace de vie sociale et économique cohérent façonné par des échanges humains et culturels non pris en compte par le gouvernement français qui a découpé notre pays sans nous consulter. Mais aussi par que ce les autres Régions auxquelles semble se référer Emmanuel Macron sont celles issues de la réforme territoriale ayant aboutie à la mise en place de macro-Régions irrespectueuses des réalités locales bien plus vastes que la Bretagne mais dans lesquelles chacun pourraient circuler sur des distances plus longues.

Nous souhaitons des éclaircissements et nous souhaitons que le président de la Région Bretagne , Mr Chesnais-Girard interpelle le gouvernement de Paris pour que les bretons puissent circuler munis des autorisations de sorties adéquates dans l’ensemble de la Bretagne, de Brest à Clisson.

Eric Bainvel , Conseil municipal Saint Herblain en Commun

Primael Petit, Conseil municipal Saint Herblain en Commun, élu Nantes Métropole

Anton Burel, Conseil municipal Cintré en Commun

Gael Roblin Conseil municipal Guingamp en Commun-Kumun Gwengamp 

Primael Petit conseiller municipal de Saint-Herblain, lors de la votation pour la Réunification du samedi 6 Avril 2013 à Nantes

Suite à la publication du “Sondage pour la Bretagne” et des dernières mobilisations en faveur de l’unité de la Bretagne et du droit de décider, les éditions Stourmomp ont eu la riche idée de revenir sur le contenu intégral du sondage souvent uniquement présenté sous l’angle du rapport de Nantes au reste de la Bretagne, et de proposer des pistes de réflexion.

A l’heure ou les idées de référendum ou d’assemblée de Bretagne sont évoquées de façon récurrente dans la presse et dans le débat, à l’approche des élections municipales et régionales pour lesquelles même les plus fervents défenseurs d’un pouvoir politique breton peinent à nous dire comment ils et elles comptent faire pour progresser vers “+ de Bretagne“, voila de quoi souffler sur la Breizh.

Ce livre compile le travail d’enquête de DIBAB – Décidez la Bretagne, réalisé en partenariat avec Breizh Civic Lab et Radio Naoned. Il contribue par ses résultats et analyses à souligner l’existence d’un débat citoyen spécifiquement breton. Ce débat va au-delà de la question de l’unité territoriale de la Bretagne, car la quête de pouvoir décisionnel politique ne pourra se faire sans une réappropriation du concept d’autodétermination.

En plus des analyses sur le désir de Bretagne des sondé·e·s faites par Jeanne Toutous (doctorante en science politique à l’université de Rennes 1) et le commentaire de Carlo Pala (politiste de l’université de Sassari en Sardaigne), l’association DIBAB – Décidez la Bretagne nous propose ici un scénario pour plus de Bretagne, basé sur le droit de décider. Une contribution nécessaire au débat démocratique.

 

Le livre sera en vente lors du Festival du Livre de Carhaix, le samedi 26 et dimanche 27 octobre 2019.

 

Auteur(s) / Oberour(ien) DIBAB / Jeanne Toutous / Carlo Pala
Numéro / Niverenn ISBN 978-2-9566934-1-3
Nombre de pages / Niver a bajennoù 88
Format / Stumm 21*29,7 cm
Date de publication / Deiziad embann octobre 2019 / Here 2019
Prix / Priz 15,00 €
Éditeur / Embanner Stourmomp
Langue / Yezh Français / Galleg

 

Ce 28 septembre la Coordination Démocratique de Bretagne  avait convoqué dans les rues de Nantes une manifestation pour l’unité et l’évolution institutionnelle de la Bretagne en revendiquant le droit de décider. Ce dernier aspect de la mobilisation a été quasi escamoté par l’ensemble des comptes-rendus médiatiques.

En tant que militantEs indépendantistes ayant pris part au défilé et à la campagne en amont nous avons plusieurs observations à formuler.

Sur la participation et

le traitement médiatique de la manif

Tout d’abord la Coordination Démocratique de Bretagne n’avait pas mobilisé depuis le 8 décembre dernier à Rennes. Sur les mêmes bases c’était plus ou moins 1000 personnes qui avaient défilé ce jour-là. C’est la seule base de comparaison possible pour évaluer quantitativement la manifestation de Nantes.

La manifestation de Rennes le 8 décembre dernier.

De ce point de vue les comparaisons journalistiques évoquant une “baisse de la mobilisation” sont à relativiser. Surtout quand cette même presse avait déjà annoncé dès le vendredi 27 que la mobilisation allait être à la baisse au regard de la non participation de “Bretagne Réunie”. Pas un journaliste n’a relevé que cette association n’a pas occupé la rue Nantaise depuis septembre 2016… Et pour cause, cette année-là des fascistes de la pire espèce avaient pu défiler impunément en décrédibilisant notre combat à cause de la complicité des dirigeants de Bretagne Réunie. Un de ces dirigeants, Paul Loret, a annulé la manifestation de 2017 en obéissant à la préfecture de Région des Pays de la Loire, arraché les affiches de la mobilisation de 2018 lors de la grande tablée Nantaise et organisé la démobilisation en 2019… A chacun son bilan. Les déserteurs et les saboteurs complaisant avec l’extrême-droite de la direction de Bretagne Réunie — qui n’a aucune perspective — en sont même réduit à ne pas diffuser les infos du comité Nantais de Bretagne Réunie. Ce comité local a pourtant mobilisé, en organisant une réunion publique avant la manif et en participant à la manif de samedi dernier, tout comme le comité Nazairien.

On pourrait consacrer un chapitre entier à la nullité crasse de la couverture médiatique de la mobilisation. Même le Télégramme ne s’est pas embêté à dépêcher un journaliste : le journal a repris l’article d’une agence de presse et a publié une photo de 2018 prise à Rennes pour illustrer son propos.

Mais c’est Ouest-France qui s’est surpassé dans le parti pris et les clichés, notamment grâce à la plume de Christophe Jaunet. Un chroniqueur zélé des campagnes électorales de la République en Marche, qui s’acharne tel un plumitif d’extrême-droite a décerner des certificats de bretonnité aux manifestants. Son tweet précédent la manif — qui sentait bon l’apéro et les brèves de comptoir dans la rédaction de OF Nantes — en dit long sur les clichés coloniaux qui peuplent son imaginaire et ceux de ses collègues. On devine le pleurnichard à carte de presse qui geint sur les réseaux sociaux lorsqu’il est accueilli froidement dans les mobilisations suite à ses “papiers”…

Les médias en langue bretonne tel “Radio Naoned” et l’automedia “Dispak” ont eux chroniqué sous un tout autre angle, au sein de la manif, du début à la fin. D’autres médias comme Hitwest et L’Éclaireur de Châteaubriant ont pris la peine de rester jusqu’au bout de la manifestation et ont rendu compte des faits de manière plus objective et moins militante que leurs collègues de Ouest France.

Réunir entre 1500 et 2000 personnes dans ces conditions n’est donc pas si mal, et la mobilisation sur le “droit de décider” est donc un peu en progrès par rapport à la manifestation de Rennes.

Sur la composition de la manif

La principale caractéristique de la manifestation a été la présence d’une foule importante de jeunes (voir très jeunes) qui ont pris la tête du cortège. Un nombre très important de femmes, impliquées dans les luttes féministes, étaient bien visibles et ce sont deux porte-paroles féminines qui ont lu le communiqué final de la mobilisation. Les drapeaux féministes et les tracts pour se mobiliser contre les violences faites aux femmes ont trouvé toute leur place. Les drapeaux de la communauté LGBT étaient eux aussi de la partie. Evidemment, cela fait grincer les dents des nostalgiques coincés dans les couloirs du temps, qui arborent des oriflammes d’Anne de Bretagne, et dont une certaine presse raffole…

Beaucoup de militants de Bretagne Réunie, de l’UDB, quelques centristes du PB et du PFE, beaucoup de parents et lycéens de Diwan et public bilingue, quelques éluEs, dont Lena Louarn (Vice-Présidente de la Région Bretagne), Paul Molac (député régionaliste également élu au CR), Eric Bainvel (militant de la Gauche Indépendantiste et élu “Saint-Herblain à Gauche Toute”), Glenn Jegou (majorité municipale Rennaise), …

Drapeau breton “Melen ha Gwer” (=jaune et vert) aux couleurs du FC Nantes.

Beaucoup de supporters du FCN encore dans l’euphorie de leur victoire contre Rennes dans le “Derby Breton”, quelques gilets jaunes et des syndicalistes des chantiers de Saint-Nazaire venaient compléter cette petite foule familiale, sympathique et déterminée. Seule la Gauche Indépendantiste dans toutes ses sensibilités s’était donné les moyens de vraiment mobiliser. Un petit cortège bien visible des maoistes des “Jeunes Révolutionnaires” était également de la partie.

Au final, si des critiques sont légitimes (notamment sur la pertinence de certains slogans ou de l’accoutrement simili “Black Bloc version carnavalesque), tout le monde s’accorde à dire que la manif s’est déroulée dans le calme, ce qui n’était pas arrivé depuis longtemps à Nantes, tant cette ville subit les violences policières ces derniers mois. Nous proposons à ceux et celles qui ont pu s’offusquer de quelques slogans de défiance vis-à-vis de la police et de son action à Nantes d’aller discuter avec les amis et proches de Steve Maia Caniço, mort après une charge policière à Nantes, noyé dans la Loire le soir de la Fête de la musique… ou bien avec les amis et la famille d’Aboubakar Fofana, tué il y a maintenant plus d’un an dans le quartier du Breil à Nantes par un tir policier.

Panneau “Castaner el Liger / Justis evit Aboubakar” en breton pour demander justice pour Steve et Aboubakar.

Sur le contenu revendicatif

On reste sidéré par le fait qu’aucun média ou presque n’ai relevé que la revendication centrale est la tenue d’un référendum sur l’ensemble de la Bretagne historique, pour discuter à la fois de la taille et des compétences de la Bretagne, et ce avec ou sans l’autorisation de Paris ! Ce scénario possible est validé comme crédible par plus de 60 % des sondés dans le dernier sondage TMO pour Dibab et BCL. La banderole de tête “Décider, Voter, S’autogouverner : un référendum pour la Bretagne !“, les slogans ” De Nantes à Quimper, de Brest à Fougères, nous voulons voter et nous allons le faire ! étaient pourtant clairs.

Aucun journaliste n’a pris le temps de rester jusqu’à la prise de parole finale. Elle annonce pourtant des événements importants, notamment la structuration de la Coordination Démocratique de Bretagne comme la maison commune pour construire les mobilisations transpartisanes en faveur de l’unité et l’évolution institutionnelle de toute la Bretagne. La mise en place d’un calendrier de mobilisation pour influer dans le débat des municipales était également annoncé.

Dans cette prise de parole qui revenait longuement sur le sondage commandé par Dibab et Breizh Civic Lab (qui a été  débattu et expliqué à Nantes, Rennes, Morlaix les jours précédents la manif), était rappelé que la mobilisation à venir était importante car “il nous faut alimenter ce débat en maintenant la mobilisation sous toutes ses formes, afin que ces enjeux ne soient pas évacués par les chantres d’une France qui ne peut se concevoir que dans une homogénéité aussi lisse qu’artificielle“.

https://www.facebook.com/Coordination.Democratique.BZH/videos/486557878855463/

Il était aussi posé une question, que ceux et celles qui veulent réduire le combat pour l’unité bretonne à une quête identitaire et non l’élargir à un combat civique et démocratique, devraient méditer : “Finalement, à quoi nous servirait une cinquième assemblée départementale, et un conseil régional ayant un budget plus faible que celui des métropoles rennaise et nantaise cumulées ?“.

Prise de parole bilingue à la fin de la manifestation

Répondre à cette dernière question pour dépasser le cadre des mots d’ordre surannés d’un autre siècle permettra sans doute que tous ceux et celles qui n’étaient pas à Nantes le 28 septembre 2019 trouvent leur places dans les prochaines mobilisation pour “décider, voter et s’autogouverner en Bretagne.”

Merci à tous ceux et celles qui ont permis cette mobilisation.

L’intégralité de la prise de parole est à lire ici en PDF.

Des militants de la Gauche Indépendantiste.

La Gauche Indépendantiste Bretonne (Breizhistance) remercie le collectif « Dibab — Décidez la Bretagne » initiateur du sondage qui met en exergue l’appétence des bretons pour les revendications en faveur d’un pouvoir politique breton de Brest à Clisson.

Ce sondage va bien au-delà de la simple question relative à l’unité de la Bretagne, et souligne par l’intérêt qu’il suscite le déficit démocratique que la France fait subir au peuple breton.

C’est une gifle pour ceux qui, autour de Nantes, tentent de nier et d’effacer le sentiment d’appartenance à la Bretagne.

 

Les concepts d’auto-gouvernement, d’autodétermination, de souveraineté, de transferts de compétences (y compris législatives) sont désormais des sujets de débats politiques et citoyens bretons. Ces idées ont progressé au sein des masses bretonnes.

En tant qu’indépendantistes, nous nous réjouissons de constater que près de 40 % des sondés pensent que le peuple breton devrait voter ses propres lois, prélever lui-même l’impôt et être représenté dans les instances internationales et dans les compétitions sportives.

 

Enfin, le fait que plus de 60 % des sondés répondent positivement à la question relative à l’organisation d’un référendum sur les compétences d’une Bretagne réunifiée montre la pertinence de la revendication du droit à décider, du droit à l’autodétermination nationale du peuple breton à choisir son destin.

Le nombre d’indécis à chaque question posée souligne combien notre marge pour faire progresser l’idée d’une république bretonne est importante.
C’est bien la perspective d’exercer dans le cadre d’une autogouvernance bretonne des compétences pour un mieux-disant démocratique, social et environnemental qui déterminera la rapidité de cette progression au sein des larges masses.

C’est une invitation claire faites aux partisans de l’unité de la Bretagne et à ceux et celles qui œuvrent pour faire progresser le degré de souveraineté décisionnelle bretonne à changer de paradigme, en délaissant les seules justifications historiques, culturelles et linguistiques. C’est la perspective d’une Bretagne civique, d’une Bretagne qui serait un espace citoyen de transformation sociale, et où la démocratie participative et décisionnelle serait une réalité qui fera basculer de larges secteurs de l’opinion vers le souverainisme breton.

Le droit à l’autodétermination de Brest à Clisson sera le thème central de la manifestation de Nantes du 28 septembre prochain, à l’initiative de la Coordination Démocratique Bretonne. Nous exhortons notre militance et nos sympathisants à se consacrer en priorité au succès de cette initiative pour finir d’inscrire à l’agenda politique breton cette revendication démocratique.

Nous sommes disponibles, comme nous y invite DIBAB, pour construire un large front devant amener la classe politique bretonne sous la pression et la mobilisation populaire multiforme — dans le cadre d’un calendrier déconnecté de l’agenda électoral parisien — pour organiser la rupture démocratique avec Paris.
Cette rupture démocratique se concrétisera par la construction d’un rapport de force devant nous amener à nous passer de l’autorisation du pouvoir français pour organiser un référendum d’autodétermination sur le périmètre et les compétences de la Bretagne nouvelle dont nous avons tous et toutes besoin pour améliorer nos conditions de vie.

La Gauche Independantiste. Le 29 août 2019.

PS : Excellente analyse de DIBAB ici, les résultats complets .

 

Une centaine de manifestant.e.s se sont rassemblé.e.s samedi 31 mars à Châteaubriant pour réclamer la création d’une filière bilingue breton-français à l’école.

Une demande d’ouverture avait été refusée par l’inspecteur académique alors que toutes les conditions étaient réunies (et notamment avec la pré inscription d’une quinzaine d’enfants).

La partition de la Bretagne impact le développement de l’enseignement bilingue en Loire-Atlantique où à chaque fois qu’il y a des tentatives de mettre en place des projets bilingues cela s’apparente à un véritable parcours du combattant. À 30km de Châteaubriant, à la la Guerche de Bretagne en Ille-et-Vilaine, une filière a pu voir le jour dans les mêmes conditions l’année dernière, comment expliquer ce refus ?

Les parents d’élèves ont appelé à la mobilisation, seul moyen de faire pression sur l’inspection académique. Dans une ambiance familiale, la manifestation s’est rendue de la mairie aux locaux de l’académie où des représentants des parents d’élèves, Divyezh, Diwan et du syndicat de l’éducation Snuipp ont pris la parole pour défendre le projet d’école bilingue.

Une lettre et des dessins d’enfants ont été déposé dans la boîte aux lettres du rectorat d’académie afin d’obtenir un rendez-vous.

La mobilisation va continuer afin d’obtenir l’ouverture de la filière, on l’espère, en septembre prochain.