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Bretagne réunie et anticapitaliste

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Unité territoriale de la Bretagne, construction d’un pouvoir politique breton, co-officialité de la langue bretonne, antifascisme et solidarité internationaliste étaient les moteurs de la manif du Nantes du 28 septembre.

Prés de 1500 personnes se sont donc retrouvées dans une ambiance chaleureuse, complice. Une petite foule trés jeune, joyeuse, d’horizons divers a convergé dans un moment d’unité populaire pour affirmer que la Bretagne est un sujet politique et pas romantique, et que nous avons besoin d’un pouvoir politique breton de Brest à Clisson.

Bien sûr, actualité oblige, beaucoup souhaitaient aussi marquer leurs solidarité avec les peuples Kanaks, Palestiniens et Libanais.

On a pu y croiser quelques élus locaux, Primael Petit et Eric Bainvel, militants de la Gauche Indépendantiste élus à Saint-Herblain, Aziliz Gouez, élue à la mairie de Nantes et au Conseil Régional de Bretagne, Lionel Henry, maire de Montreuil le Gast, Anton Burel, élu à Cintré, Gael Roblin élu à Guingamp , Maxime Picard adjoint à Questembert, mais aussi Ségolène Amiot Députée, NFP-LFI à Nantes Ouest.

Les collectifs de la Gauche extraparlementaires qui avaient tissé des alliances en perspective de cet événement ont su élargir à d’autres sensibilités, et pour beaucoup de participant·e·s c’était sans doute une première de s’inscrire dans une manifestation pour la réunification de la Bretagne. Une mobilisation qui a affirmé sans complexe la pertinence d’un projet politique dotant notre pays, la Bretagne, d’un autogouvernement de Brest à Clisson.

L’intuition politique des militants de la gauche indépendantiste diffusée dès le mois de mai était la bonne.

Des dizaines de militants associatifs, d’animateurs de collectifs revendicatifs divers , des membres d’autres organisations politique ont répondu à l’appel, et souhaitent cheminer ensemble pour affirmer le droit du peuple breton à décider d ‘un autre modèle social, institutionnel, environnemental.

Les mobilisations internationalistes en cours pour la Palestine, et le Liban y ont trouvé une large place.

Un espace politique novateur se dessine en Bretagne. C’est encourageant.

Nous reproduisons ci dessous l’intégralité de la prise de parole du collectif organisateur, lue par deux jeunes brittophones avant que ce défilé, sans aucun incident, ne se termine au son de la musique bretonne au pied de la tour Bretagne.

Les propositions de mobilisations communes pour construire la Bretagne en commun sont nombreuses. Le 12 octobre une importante convergence à Carhaix se dessine pour défendre l’hopital public et l’accès aux soins partout en Bretagne.

 

Prise de parole Bretagne en Commun– 28 septembre 2024, Nantes.

Nous sommes venus redire que le pays nantais, c’est la Bretagne, et que nous voulons être consultés par voie référendaire sur le périmètre et les compétences de notre pays, de Brest à Clisson.

Nous sommes venus redire notre colère à l’endroit des stratégies d’austérité déployées par la droite réactionnaire qui préside aux destinées de l’invraisemblable Région des Pays de la Loire, et qui ciblent en particulier les associations œuvrant en Loire Atlantique pour la langue bretonne et le gallo et pour la culture populaire bretonnes.

Ces attaques contre notre culture populaire sous toute ses formes et le patrimoine immatériel sont inadmissibles !

Et elles sont singulièrement préjudiciables au moment où nous avons besoin de moyens renforcés pour développer des fondamentaux culturels et linguistiques qui nous permettent de décliner une vision intégratrice de la Bretagne.

Une vision ouverte à toutes celles et ceux qui viennent vivre et travailler en Bretagne, sans distinction de couleur, de religion ou de genre.

Une vision arrimée à des principes de pluralisme démocratique, de diversité culturelle et d’humanisme que nous saurons défendre face aux tenants d’un nationalisme français xénophobe, autoritaire et ultra-jacobin.

Alors ici à Nantes, dans la ville qui abrite la plus grande école Diwan de Bretagne, nous sommes venus redire que doit cesser l’hostilité institutionnelle vis-à-vis de ceux qui œuvrent pour faire vivre la langue bretonne dans nos écoles et hors leurs murs. L’avenir de notre langue se joue aussi dans les métropoles et l’Est de la Bretagne. Afin de cadrer la politique linguistique en Loire Atlantique, nous avons besoin d’une convention équivalente à celle accordée à la Région Bretagne. Et à 18 mois des élections municipales, nous attendons des engagements en ce sens des élus nantais.

Nous allons devoir nous appuyer sur nos collectivités locales car le pouvoir central est entre des mains hostiles.

Faut-il l’illustrer ? Au sein du gouvernement de droite radicale aujourd’hui en place à Paris, le Ministère de l’intérieur est aux mains de Bruno Retailleau, ancien Président des Pays de la Loire –un homme qui s’est distingué – parmi d’autres combats d’arrière-garde – par son hostilité à la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires. La nouvelle Ministre de l’Education, Anne Genetet, figure quant à elle parmi les 60 députés signataires du recours constitutionnel contre la loi Molac sur les langues dites « régionales », ayant conduit à une censure partielle de cette loi et donc à une précarisation de l’enseignement immersif en langue bretonne.

Nous pourrions continuer la liste mais nous préférons nous arrêter là et proclamer haut et fort que les lugubres desseins de ces hérauts d’une conception monolithique, verticale et asséchante de la République ne passeront pas en Bretagne !

Et c’est pourquoi aujourd’hui, à Nantes, nous sommes venus – aussi et surtout – parler de démocratie. Car la réunification, la construction d’un pouvoir politique breton sur les cinq départements, sont fondamentalement des enjeux de réappropriation du droit de débattre, de délibérer et de décider de notre avenir collectif.

En ces jours où la frustration démocratique est à son comble suite à la nomination à Paris d’un gouvernement ne reflétant pas le résultat des urnes, nous clamons notre défiance à l’endroit de ce gouvernement et notre volonté de voir les collectivités locales bretonnes – depuis la commune jusqu’à la Région – devenir autant de lieux de résistance à un projet politique qui, sous la bannière du « retour à l’Ordre », s’annonce d’ores et déjà dangereusement réactionnaire, autoritaire, antisocial, anti-écologique, anti-féministe et ultra-centralisateur.

Un projet politique en phase avec l’agenda du Rassemblement National.

Lequel Rassemblement National, rappelons-le, propose (entre autres infamies) la suppression des conseils régionaux. Et lequel Rassemblement National a été le seul parti à voter, en session plénière de la Région Bretagne, CONTRE la demande d’autonomie qui y fait formellement consensus.

Nous avons pourtant urgemment besoin d’un cadre d’autogouvernement fiscal et législatif en Bretagne pour porter des politiques publiques transformatrices et équitables en matière de logement et de santé, d’aménagement du territoire et de partage des ressources.

Et parce que nous sommes fiers de notre identité bretonne ; parce que nous sommes forts de notre cohésion sociale et de notre vivacité culturelle, nous rejetons fermement la politique du bouc émissaire et l’exploitation des colères sociales qui constituent le fonds de commerce des nationalo- populistes en France comme ailleurs en Europe :

Ce ne sont ni les réfugiés ni les migrants, quelle que soit leur religion, qui contribuent au dérèglement climatique. Ils en sont souvent les premières victimes.

Ce ne sont ni les réfugiés ni les migrants, quelle que soit leur religion, qui sont la cause de la diminution dramatique de la population agricole et du nombre de fermes à travers la Bretagne. Ils sont nombreux à trimer dans nos serres et dans nos usines agro-alimentaires.

Ce ne sont pas eux non plus qui ont cassé les outils de financement du logement social, qui contribuent à l’envolée des prix des maisons sur le littoral breton, ou qui décident de la fermeture des services publics – hôpitaux, collèges, écoles – essentiels à la prospérité de nos territoires.

Et puisque l’on parle beaucoup de Front Populaire et d’unité ces temps-ci, rappelons que le terme fut utilisé pour la première fois en janvier 1936 à l’occasion d’un scrutin dans l’état espagnol. Ce fut un accord entre toutes les forces de gauche, mais aussi avec toutes les forces des périphéries, les nationalités — catalane, basque, galicienne, andalouse – un accord qui intégrait le respect du droit à l’autodétermination des peuples et une large amnistie pour les prisonniers politiques. On peut espérer que de telles exigences en matière de démocratie et de justice puissent inspirer les animateurs contemporains du Nouveau Front Populaire en France.

Aucune refondation démocratique ne pourra avoir lieu sans rupture avec la mystique du centralisme national-républicain.

Pour notre part, nous tenons à clôturer cette prise de parole par un salut à nos amis ukrainiens et palestiniens, dont les drapeaux flottent ici aux côtés du Gwenn-ha-Du. Et nous adressons un salut chaleureux, par-delà les mers et les murs des pénitenciers, aux insurgés Kanaks emprisonnés et à leurs familles, ainsi qu’à ceux qui — en Martinique et en Guadeloupe — manifestent contre la vie chère ; ils nous montrent l’exemple.

La mobilisation de la société bretonne pour une reconstruction démocratique est en cours. Elle doit se poursuivre et s’amplifier :

Le 1er octobre, les organisations syndicales mobiliseront contre l’austérité ; soyons partout à leurs côtés, dans les villes et dans les bourgs, dans les entreprises et dans les quartiers de Bretagne !

Le 5 octobre, une flottille antifasciste tentera de libérer l’archipel des Glénan de l’emprise de M.Bolloré ; faisons tout pour que cette action soit couronnée de succès et appelons les vents de la Bretagne à gonfler leurs voiles !

Le 12 octobre, à Carhaix, les défenseurs des hôpitaux publics se rassembleront pour défendre l’accès aux soins dans tous les territoires bretons, urbains comme ruraux ; saisissons cette occasion pour réaffirmer que la Bretagne est un espace civique cohérent pour construire des politiques publiques volontaristes au bénéfice du plus grand nombre, à commencer par les plus modestes.

Oui, commençons dès à présent à construire la Bretagne en commun, en forgeant des liens complices, des solidarités assumées, des alliances inédites, pour décider, agir et vivre ici en toute dignité ! Betek an trec’h !

 

La Gauche indépendantiste bretonne organise vendredi 29 septembre un meeting de solidarité avec le peuple catalan.

Il est fondamental après les déclarations de Jean-Yves Le Drian en faveur d’une Espagne forte et unie que le bretons se mobilisent pour faire respecter le droit à l’autodétermination du peuple catalan.

On y parlera aussi de l’appel international de soutien au peuple catalan que nous avons initié et signer par de nombreuses organisations de nations sans état sous domination française et de la manifestation pour l’unité de la Bretagne qui se déroulera le lendemain à Nantes.

Nous recevrons Gautier Sabrià, membre de la CUP (Gauche indépendantiste catalane), pour nous expliquer la situation actuelle en Catalogne, où sera organisé dimanche 1er octobre un référendum d’autodétermination, malgré l’interdiction du pouvoir central de l’état espagnol. Gautier Sabrià nous expliquera le processus qui a amené à l’organisation de ce référendum, et il nous éclairera également sur la situation du Nord de la Catalogne situé dans l’état français.

Rendez-vous vendredi 29/09 à 20h00 au Centre culturel breton “Yezhoù ha Sevenadur” à Saint-Herblain / Sant-Ervlan (44).

Infos pratiques :


Tram ligne 3, Bus 50 & 54 — Arrêts “Sillon de Bretagne”, “Angevinière”.

L’an dernier, la traditionnelle manifestation de Bretagne Réunie avait été l’objet de fortes polémiques suite à la présence en son sein pour la première fois d’un fort groupe d’extrême-droite composé de membres d’Action Française, Adsav, Identitaires, Renouveau Français. Nous écrivions ceci :

La direction de Bretagne Réunie sous couvert d’apolitisme a fait fuir des mobilisations pro réunification de larges secteurs progressistes et démocrates. En réalité c’est cette direction partiellement vendue à la frange la plus extrême de la droite locale, tout en prétendant être non partisane, qui a permis encore une fois à des politiciens professionnels de venir vendre leur soupe électoraliste sans perspective pour faire progresser l’idée du droit à décider en Bretagne et qui a laissé rentrer, en connaissance de cause, des néo-fascistes dans une manifestation pour la démocratie.

Depuis, Bretagne Réunie s’est doté d’une nouvelle direction qui refuse clairement dans son appel à manifester le 30/09 prochain à Nantes la présence de l’extrême -droite. Nous nous en réjouissons.

Par ailleurs, à l’initiative de la Gauche Indépendantiste, deux réunions ont eu lieu en pays Nantais pour initier un regroupement anticapitaliste pour ce 30/09. C’est sur ces bases clairement antifascistes que 4 formations et collectifs appellent à y participer pour également refuser de laisser la rue bretonne au personnel politique parisien libéral qui n’a jamais œuvré pour l’exercice du droit à l’autodétermination, et pour rappeler le lien entre combat breton et luttes sociales et environnementales.

Voici ci-dessous le texte d’appel de cette initiative. D’autres collectifs sont en discussion pour la rejoindre.

La Gauche Indépendantiste.

30 septembre 2017 à Nantes :

Manifestons pour une Bretagne réunie et anticapitaliste !

Le 30 septembre prochain aura lieu une manifestation à Nantes pour la réunification administrative de la Bretagne. Au fil des années, ces rassemblements légitimes ont été marqués par une dépolitisation croissante des mots d’ordre. L’association organisatrice préférant l’agitation de thèmes tournés vers la justification historique et identitaire, plutôt que d’axer le combat sur son caractère démocratique et notre droit à l’autodétermination.

En refusant de condamner préalablement la participation de l’extrême droite, comme cela était traditionnellement le cas, l’association Bretagne Réunie a prêté le flanc à des débordements inacceptables. Militants d’Adsav agressant des passager-e-s du tram avec des saluts nazis, présence au sein de la manifestation d’un cortège fasciste sous l’étiquette « Yaouankiz Breizh », ont amené l’année dernière une partie des participant-e-s habituel-le-s a quitter le défilé.

Alors que les militant-e-s d’extrême droite multiplient ces derniers temps les agressions violentes contre de multiples composantes de la société bretonne, nous réaffirmons avec force que le peuple et les travailleurs-ses de Bretagne n’ont rien à attendre de ces derniers qui véhiculent des conceptions excluantes de l’identité bretonne.

Nous n’avons rien à attendre non plus des politicien-ne-s qui se succèdent chaque année à la tribune de Bretagne Réunie. Elles et ils agitent des symboles qui témoignent plus de leur art à récupérer et trahir nos luttes au profit de leur carrière plutôt que leur volonté et capacité à provoquer un véritable changement institutionnel en Bretagne.

Comme le montrent les luttes bretonnes contre les projets miniers ou l’aéroport, ou les luttes internationales au Kurdistan, au Chiapas, en Catalogne, au Pays Basque, dans les colonies françaises… C’est notre auto-organisation et la pratique de l’auto-détermination qui permettront de mettre en place les alternatives à l’ordre capitaliste et antisocial actuel, qui amèneront à renverser les rapports de domination et la logique sécuritaire et répressive, à protéger notre environnement et nos cadres de vie, à nous défaire du centralisme français et de son caractère uniformisant.

Nous n’avons pas besoin de chef-fe-s pour permettre l’émancipation des personnes vivant en Bretagne. Il nous revient de nous organiser et d’agir nous-même pour une rupture institutionnelle en faveur de l’unité bretonne, engageant la mise en place des alternatives politiques, sociales, économiques et environnementales nécessaires, en Bretagne et partout ailleurs.

Nous vous appelons donc à rejoindre le cortège anticapitaliste unitaire le samedi 30 septembre prochain à Nantes pour ne laisser aucun espace à l’extrême-droite et affirmer la complémentarité de nos luttes.

Premiers signataires : Action Antifasciste Nantes, NPA, Action Antifasciste Saint-Nazaire, Nantes en Résistances, Gauche Indépendantiste Bretonne, Bro Duig enepfaskour/Pays de l’Aven Duig antifasciste.