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Malgré un ultime recours en cassation, non suspensif, le militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah, incarcéré en France depuis 1984 en raison de sa participation à des actions contre l’occupation de la Palestine et du Liban par Israel et contre l’impérialisme devrait rentrer au Liban le 25 juillet.

 

Comme toutes les composantes impliquées dans la campagne pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah les militants de la Gauche Indépendantiste se réjouissent de sa prochaine libération. Une libération obtenue comme le rappelle le principale intéressé grâce à la solidarité tant au Liban, en Palestine que dans l’état français , en Bretagne et ailleurs..
Nous avons depuis 2005 contribué à ces campagnes pour Georges Abdallah aux cotés d’autres forces et sensibilités en Bretagne et dans l’Hexagone. A Rennes, Saint-Herblain, Guingamp, Nantes, Brest, Carhaix nous avons souvent fait campagne pour lui sous différentes formes d’actions. Nous nous sommes attachés à faire connaitre sa situation dans la population mais aussi chez nos camarades en Kanaky, Galice, Irlande, Martinique qui ont eux aussi répondu présents pour Georges. Nous n’avons pas hésité à nous servir de la tribune électorale pour le soutenir en faisant fi de toute quête de respectabilité.

Si Georges aurait bien sur du rentrer chez lui bien plus tôt , obtenir sa libération sans contrepartie de reniement dans le contexte actuel de profonde offensive contre le mouvement de solidarité avec le Peuple Palestinien tant dans le périmètre de la République Française que dans le reste de l’UE et du monde occidental est bel et bien une victoire politique.

 

BREIZH PALESTINA 2014 Rennes-Roazhon !

En 1999 Georges Abdallah , incarcéré lui depuis 1984, et d’autres prisonniers politiques écrivaient dans le cadre de la Plate-forme du 19 juin 1999 signée par des prisonnier(e)s révolutionnaires, communistes, anarchistes, antifascistes et anti-impérialistes : «Au-delà de leurs divergences politiques et idéologiques, ils/elles entendent constituer une communauté de lutte dans et contre la prison impérialiste et ils/elles espèrent que cette initiative rencontrera un écho dans les luttes extérieures à la prison. La solidarité est une arme ! Les signataires constatent que les raisons qui les ont amené(e)s à lutter contre la bourgeoisie impérialiste, ses États, ses alliances, ses fractions nationales, ses compradores, ses forces armées et policières, etc., loin d’avoir disparu, sont plus impératives que jamais. Jamais l’injustice, la misère et l’oppression n’ont régné à ce point en maîtres de l’humanité. Les lois de l’économie de marché plongent chaque jour plus profondément les peuples du monde dans la misère. La négation des droits nationaux de nombreux peuples, le racisme, le sexisme et la dévastation de l’écosystème participent de cet écrasement général de l’humanité au profit d’une poignée de nanti(e)s. On a raison de se révolter ! » Si le contexte a changé, si beaucoup ont été libérés , ces constats restent pertinents.
Ce texte initié par les militants de la Guérilla Anti-impérialiste des années 80 en Europe de l’Ouest avait été cosigné par Georges bien sur, mais aussi des militants anarchistes, communistes, des républicains irlandais et indépendantistes bretons incarcérés.

Le Parti Travailliste Kanak, les militants de l’IRSP et Eric Bainvel élu de la Gauche indépendantiste en 2018  en solidarité avec Georges Ibrahim Abadallah à St Herblain en Bretagne

Plus loin, anticipant le chantage au reniement , au repentir que la justice Française n’a cessé de réclamer (en vain ) de Georges Abdallah , les signataires précisaient : « Au-delà de toutes les divergences possibles de stratégie et de tactique, au-delà de toutes les discussions sur l’opportunité de telle ou telle forme de lutte à tel ou tel moment, les signataires affirment que le recours à la violence est légitime contre l’exploitation et l’oppression, pour la libération sociale et populaire, pour la conquête d’une société juste et fraternelle.
Pas de justice, pas de paix ! Par conséquent, les signataires refusent et dénoncent tout chantage du type « libération contre repentir », « libération contre dissociation », « libération contre collaboration », etc. Les signataires peuvent avoir un regard critique sur leur expérience militante, mais ce regard critique ne concerne et ne doit servir que le mouvement de libération sociale et populaire. Ils refusent donc de faire de cet éventuel regard critique l’objet d’une transaction avec l’appareil bourgeois, dans la mesure où celui-ci ne pourra que s’en servir contre le mouvement de libération sociale et populaire. Ni repentir, ni capitulation ! Les signataires ont tous et toutes bénéficié d’un soutien extérieur, d’une solidarité active avec leurs pays respectifs et parfois au-delà. Ils/elles appellent toutes les forces et toutes les personnes solidaires à prendre acte de la communauté de lutte qu’ils/ elles constituent, à refléter cette communauté de lutte dans leur propre activité de soutien, à développer la coopération et l’unité entre elles. »

Manif en 2014 à Rennes Libérez Georges Ibrahim Abdallah !
@Crédit Bretagne-Info

Dans une période de dépolitisation extrême , de criminalisation de l’expression la plus basique de la solidarité avec le peuple palestinien , relire cet appel , un quart de siècle après , replace les enjeux  fondamentalement politiques de la solidarité avec Georges Abdallah, mais aussi avec les forces qui au Liban et en Palestine, combattent l’impérialisme occidental , notamment français.
Nous saluons ceux et celles avec qui nous avons partagé ces campagnes et initiatives et qui parfois , tel le collectif “Palestine Vaincra” de Toulouse ou d’autres qui ont subit la répression pour leur solidarité avec le mouvement de libération nationale en Palestine.
Nous remercions Georges Abdallah qui a tenu tête à la justice française depuis tant de décennies et qui prouve ainsi que l’on peut résister à l’ordre impérialiste qui ordonne dans la métropole la soumission et la dépolitisation.

Nous affirmons notre solidarité avec les milliers de prisonniers politiques palestiniens, avec tous les détenus de la guérilla communiste et anti-impérialiste encore emprisonnés dans l’État Espagnol, en Italie et plus particulièrement avec Daniela Klette actuellement en procès en Allemagne pour sa participation aux actions de la Fraction Armée Rouge. Cette solidarité politique s’étend aussi aux militants indépendantistes Corses et Basques qui ont été longtemps les camarades de détention de Georges.

Nous émettons le souhait que les convergences nées en Bretagne dans les campagnes de solidarité avec la Palestine depuis quelques mois qui ont permis d’affirmer haut et fort l’exigence de la libération de Georges Abdallah perdurent. La dénonciation du versement d’argent public à l’industrie de mort à Brest, Etrelles, Nantes, Indret, Saint-Nazaire, Lorient, Lannion, au profit de Thalès, Naval Group, et tous leurs sous-traitants doit être à l’agenda politique du mouvement de la solidarité avec la Palestine en  Bretagne. C’est avec cet argent de différentes collectivités locales , dont le Conseil Régional de Bretagne, que sont fabriqués les engins de mort qui participent au génocide à Gaza perpétré aux yeux de tous par les sionistes.

C’est un objectif important pour la solidarité concrète avec le peuple palestinien et avec tous ceux qui vivent sous les bombes de l’impérialisme notamment au Liban et qui résistent. C’est aussi un objectif important pour démilitariser la Bretagne et la libérer de l’influence néfaste du lobby militaro-industriel qui gangrène notre économie et pollue notre pays, trompe notre jeunesse.

War-Sav, Pour la Gauche Indépendantiste Bretonne.

 

D’ar 6 a viz Kerzu : e Breizh hag e lec’h all, ra vo muioc’h a oberou evit dieubidigezh Georges Abdallah !

Ar stourm evit dieubidigezh Georges Abdallah na c’hell ket bezañ distag diouzh ar stourm evit frankiz ar pobloù !    

Ul lodenn eus ar stourm evit dieubiñ ar brizonidi politikel ha dispac’hel an hini eo !

 

Georges Abdallah , ur c’homunour Libanad anezhañ, zo engouestlet e dieubidigezh Palestin.

Gallout a rafe bezañ dieub abaoe 1999, nac’hañ a ra Stad-C’hall e vefe laosket da vont, peogwir e talc’h da zougen mouezh ar stourm er brezel a zieubidigezh enep d’an impalaeriezh hag e eztaol sionour. Georges Abdallah zo ar prizoniad politikel koshañ en Europa- goude 40 vloaz en toull-bac’h. Sevel a ra ar bloaz mañ evit an 10vet gwezh ur goulenn dieubiñ amplegadek.

D’ar 15 a viz Du, lez-varn-dalc’h ar c’hastizoù e Pariz he doa klevet ar 4000 den deuet da sikour anezhañ e Lanamesa e-lec’h m’emañ bac’het Georges Abdallah. Heklev o c’hoant dibleg ha pennek da zerc’hel gant ar stourm betek ma vo dieub ar prizoniad dibar-se zo bet klevet ganto.

D’ar 15 a viz Du, lez-varn-dalc’h ar c’hastizoù e Pariz he doa klevet trouz ar c’houlzad evit dieubidigezh Georges Abdallah o vont war greñvaat hag al lañs poblek a c’heller klevet e pep lec’h er C’hwec’hkorn koulz ha war an dachenn etrevroadel o huchal a unvouez  «  Frankiz evit Georges Abdallah !» evel ma oa bet graet d’ar 14 a viz Du e 35 kêr kenurzhiet er stourm.

 

D’ar 15 a viz Du, lez-varn-dalc’h ar c’hastizoù e Pariz he doa klevet ne ra al lañs a genskoazell bet kroget ouzhpenn 20 vloaz zo nemet mont war gresk , en em silhañ a ra e pep lec’h, er miziou diwezhañ dreist-holl, evit dont da vezañ ur wagennad greñv evit ma teufe dieubidigezh Georges Abdallah- hag asambles gantañ, ar stourm reizh evit Palestin- da vezañ e deiziataer politikel hon holl stourmoù a wel d’an holl war an dachenn bolitikel.

 

D’ar 15 a viz Du, lez-varn-dalc’h ar c’hastizoù e Pariz he doa komprenet ne  « tougfe morse Gaza banniel gwenn ar c’hodianañ. Nag ar sionourien, na nerzh torfedel ebet na vo trec’h war youl taliñ ar rezistañs e Gaza » evel ma oa splann e vije graet kement all gant Georges Abdallah hag ar re a harp anezhañ, kar Georges Abdallah zo perzh deus hon stourmoù hag e dieubidigezh da vat zo perzh deus hon emgann betek an trec’h pe an trec’h !

 

Ya ‘vat,  ar 15 a viz Du zo bet un trec’h politikel ha lezennel , met dalc’homp da stourm ! Evit enebiñ ouzh ar galv kaset a-benn gant ar prokulor a lakaa astal war diviz ar-l lezvarn a roe e frankiz da Georges Abdallah e kemeromp perzh e galv nevez ar c’hKoulzad Unvan evit Dieubidigezh Georges Abdallah (KUeDGA) evit ma vo « mil oberenn o vleuñviñ evit e dieubidigezh war an dachenn lec’hel, broadel pe etrebroadel »

.

E pep lec’h e Breizh, e-lec’h ma vez roet kalz arc’hant gant ar strollegezhioù lec’hel da Thalès ha d’al lobi milourel-industriel a denn gounidoù deus an dagadenn impalaerour e Liban-Palestin, bezomp niverus o kemer perzh d’ar 6 a viz Kerzu 2024 , en devezh stourm etrevroadel kenurzhiet evit dieubidigezh Georges Abdallah, Ra vo stank an tolpadegoù, prezegennoù, skritellaouegoù, gitonioù dispaket pe oberennoù arzel.

 

Ar stourm evit Georges Abdallah zo stag da vat ouzh an emgann evit dieubigezh pobloù Liban ha Palestin. Perzh eo deus an emgann evit dieubidigezh ar brizonidi politikel pe dispac’hel bac’het gant Stad-C’hall, hag en o mesk :  re hor c’hamaladed deus Kanaky, Korsika pe Euskal Herria.

 

Jean-Do Robin, connu pour son engagement de longue date pour l’enseignement public bilingue, la langue bretonne, la justice sociale et la solidarité internationaliste avec notamment la Palestine au sein de l’AFPS et le Pays Basque a écrit cette tribune pour réagir à l’actualité.

Nous la publions avec son autorisation… en toute complicité !

Bretagne-Info

Dénoncer le sionisme, c’est combattre l’antisémitisme

et le racisme sous toutes ses formes

Le conflit « israélo-palestinien » n’est pas un problème proche-oriental. L’occupation de la Palestine symbolise le discrédit dont souffre le droit international. C’est donc un dossier international. Enfin, le projet sioniste à l’origine de ce fait colonial est né à Rennes en 1899, lorsque Theodore Herzl vint y assister au procès Dreyfus. C’est donc aussi un avatar de “l’histoire de France” (et de Bretagne NDLR).

Le conflit « israélo-palestinien » n’est pas un problème proche-oriental qui s’importerait en Europe.

Il n’y a d’ailleurs pas de « conflit israélo-palestinien », mais une résistance légitime du peuple palestinien à l’occupation militaire et à la colonisation de sa terre par une population d’origine majoritairement européenne, y compris française.

De plus, l’occupation de la Palestine par cette entité coloniale est, depuis 1947, fondée sur une violation du droit international, à commencer par la seconde convention de Genève, de manière si constante, si répétée et si totalement impunie qu’elle symbolise à elle seule le discrédit qui ne cesse d’entraver une mise en œuvre équitable du droit international dans le monde entier. C’est donc bien un dossier de portée éminemment internationale.

Enfin, le projet sioniste qui est à l’origine de ce fait colonial n’est pas né à Jérusalem : il est né ici : d’abord à Rennes en 1899, lorsque Theodore Herzl vint y assister au procès Dreyfus. Herzl en fut tellement écœuré qu’il abandonna son combat pour que les États européens reconnaissent enfin les juifs comme des citoyens à part entière… Il mit alors toute son énergie dans le projet de création d’un foyer national où ceux-ci seraient à l’abri des persécutions dont ils souffraient en Europe. C’est donc aussi un avatar de “l’histoire de France”.

Vint alors l’humiliant traité de Versailles imposé en 1919 par la France et ses alliés à l’Allemagne vaincue, l’occupation de la Ruhr et la surexploitation des ouvriers allemands par les vainqueurs. Cette humiliation et le ressentiment qu’elle généra furent le terreau du nazisme. Les exterminations de masse, dont le massacre des juifs d’Europe, qui résultèrent du triomphe nazi, vint conforter et donner corps au projet sioniste. Et ce d’autant plus qu’après la libération des camps, les USA et la Grande-Bretagne s’empressèrent de renvoyer vers les côtes de Palestine, les milliers de juifs européens qui, eux, demandaient à trouver refuge dans un pays de culture occidentale, comme la leur.

Dès lors, et de plus en plus, l’idéal sioniste originel devint un instrument aux mains des puissances impérialistes pour défendre leurs intérêts au Proche Orient.  Une idéologie colonialiste. Un projet colonial. Bien peu à voir avec le judaïsme et encore moins avec les héritages culturels et linguistiques, yiddish et ladino, des juifs d’Europe, puis ceux des juifs du Maghreb et de la riche tradition judéo-arabo-andalouse… dont l’éradication fut une des pierres d’angle du nouvel État et de son projet nationaliste et raciste : la fabrication d’un être nouveau, total et conquérant. Non pas un citoyen israélien, mais une sorte d’Hébreu moderne complètement mythique.

 Voici ce qu’en disait, le 17 mars 2015, Avraham Burg, ancien président de la Knesset, ancien président de l’Agence Juive Mondiale, et soutien de la liste commune judéo-arabe des élections israéliennes de mars 2015 :

« Le sionisme a été un mouvement national gagnant pour les juifs qui a créé une révolution fantastique dans l’existence juive, a donné naissance à une horrible tragédie pour les Palestiniens et a expiré en 1948. Le but du sionisme a été de transformer le peuple juif d’une structure de diaspora en une structure souveraine. Cela n’a été qu’un échafaudage. À partir de 1948, nous aurions dû n’être que des Israéliens, quelle que soit l’origine. Mais si ce n’est pas suffisant et que vous avez besoin du sionisme pour définir quelque chose, cela signifie que vous discriminez quelqu’un. Oui, aujourd’hui, en Israël, le sionisme est un outil de discrimination ».

Et du même auteur : « Que celui qui refuse de voir et d’entendre ne s’étonne pas de découvrir un jour qu’Israël ressemble déjà à l’Allemagne qui trompa son peuple et permit à nos exterminateurs de faire aboutir leurs projets diaboliques. En effet, notre situation rappelle étrangement l’Allemagne – durant la période qui va de l’humiliation de la défaite de la 1e guerre mondiale à la conquête du pouvoir par Hitler et les nazis » (« Vaincre Hitler », p.108). Burg qui a dit aussi que les Palestiniens d’aujourd’hui sont les juifs d’hier.

 L’État d’Israël n’est pas ce foyer national juif espéré par Herzl et évoqué dans le projet de l’ONU de partition de la Palestine en 1947.

C’est une entité militaro-étatique qui refuse de définir ses frontières une fois pour toutes et qui n’a pour seule constitution qu’une compilation de lois religieuses ; un état d’apartheid qui ne reconnaît de citoyenneté pleine et entière qu’à ceux de ses ressortissants auxquels il attribue la « nationalité juive »… et plus encore, un État qui prétend désormais unilatéralement  être « l’État des Juifs » du monde entier, auxquels il reconnaît le droit d’accéder à la propriété sur les terres qu’il occupe en toute illégalité… tandis qu’il refuse ce même droit à ceux qui y habitent depuis toujours, comme leurs aïeux avant eux.

Pour autant, Israël existe désormais, selon le « principe d’effectivité » invoqué par les instances de l’ONU elles-mêmes.

Nier l’existence d’Israël n’a donc aucun sens.

Mais invoquer la menace de « destruction » qui pèserait sur Israël et ses habitants pour tenter de justifier la poursuite de ses exactions contre les droits fondamentaux est tout aussi vain : aucun État, aucune puissance n’a jamais réellement mis Israël en danger, ni ne le menace aujourd’hui : pas même l’Iran où les fulminations apocalyptiques de quelques mollahs n’ont d’autre portée que de faire vibrer la corde nationale pour tenter d’occulter l’urgence démocratique exprimée par la société iranienne.

En revanche, il n’existe pas, en droit international, de « droit à l’existence » d’un État, et ceci vaut pour Israël comme pour tout autre État. La légitimité d’un État n’est pas seulement fragile : elle est aussi relative et ne peut donc se décréter. Elle dépend totalement de la synergie entre ses propres ressortissants et ses voisins dans le niveau de reconnaissance qu’ils lui  accordent.

C’est ainsi que l’État d’apartheid d’Afrique du sud a aujourd’hui disparu.

C’est ainsi que l’État d’apartheid d’Israël doit disparaître afin qu’Israël  – ou quelque autre nom que prendra tout ou partie de l’ancien pays de Canaan – ne soit pas plus « L’État des Juifs » que l’État de toute autre confession religieuse, mais l’État de tous ses citoyens et citoyennes.

Ce qui menace réellement Israël, c’est la fuite en avant de ses institutions : militariste, colonialiste, et de plus en plus ségrégationniste, envers les Palestiniens bien-sûr et envers ses « protégés » druzes aussi, mais même envers les juifs non-européens : falashas, mizrahim et séfarades… ou pauvres, comme ces survivants de la Shoah, abandonnés à la misère dans  les immeubles décrépis des années 50 de Akkà.

Ce qui menace d’abord Israël, c’est l’implosion de sa société : celle à laquelle conduisent inexorablement l’état de guerre permanente, la paranoïa envers l’étranger, ou « l’autre » de manière générale, ainsi que le manque d’empathie envers les plus démunis.

Quant à l’instrumentalisation du conflit israélo-palestinien pour attiser les conflits « intercommunautaires » en France, voici ce qu’en écrivait Rony Brauman – ex-président de MSF – dans Siné Mensuel d’avril 2015 :

« Il (le CRIF), ne cesse d’affirmer le soutien inconditionnel des Juifs français à Israël tout en faisant vibrer la corde antisémite jusqu’à l’extrême. Il a franchi un degré supplémentaire en faisant campagne contre l’appel à la reconnaissance d’un État palestinien voté au Parlement français. Soudainement, la reconnaissance d’un État Palestinien était un acte antisémite. Le CRIF vide de son sens-même la notion d’antisémitisme en l’assimilant à une critique ou à une attitude politique. Ces gens-là mettent les juifs en danger. »

Plus qu’une expression particulière du racisme, le sionisme est donc devenu un des principaux pourvoyeurs de l’antisémitisme dont le CRIF a fait son fond de commerce pour peser sur la politique proche-orientale de la France.

Dénoncer l’idéologie sioniste, c’est combattre le racisme sous toutes ses formes, à commencer par l’antisémitisme.

Plus qu’un délit, l’antisémitisme est un crime. À ce titre, il doit être poursuivi et condamné sans ambiguïté aucune.

L’antisionisme, lui, est une opinion et une composante du combat antiraciste : prétendre en faire un délit revient à mettre en cause la liberté d’expression et constituerait une étape supplémentaire et fort significative dans la régression des droits démocratiques en France.

C’est pourquoi, n’en déplaise aux dirigeants du CRIF et à leurs affidés, Emmanuel Macron en tête, je suis antisioniste et le revendique, tout comme mon grand-père, officier FTPF et mon grand-oncle, combattant FTPF tombé au maquis, étaient antinazis et le revendiquaient… face aux sbires de Pétain… auquel Macron rendait hommage en novembre dernier.

Jean-Do ROBIN

21 février 2019

La veille de la manif pour l’unité de la Bretagne la Gauche Indépendantiste tenait une session de formation pour sa 4eme université de rentrée organisée pour la première fois en pays Nantais. Prés de 40 personnes y ont prit part pour écouter les délégués Irlandais et Kanaks venus parler de leur combat pour l’indépendance de leur pays et leur position sur le référendums. Les camarades de la CUP Catalane avaient fait parvenir une vidéo car retenus par d’importantes mobilisations antifascistes en cette veille de d’anniversaire du référendum d’indépendance.

Pour les Kanaks du Parti Travailliste et de l’USTKE ( Union Syndical des Travailleurs Kanaks et Exploités ) le référendum du 4 novembre prochain ne correspond pas à leur conception de la démocratie. Mina Kherfi représentante du PT a expliqué la position de non participation de ces deux formations pour ce référendum en détaillant des faits sociaux :

  • taux de chômage chez les Kanaks : 26 % contre 7 % chez les non-Kanaks ;
  • 57 % des non-diplômés sont kanak : on compte seulement 6 % de diplômés de l’enseignement supérieur chez les Kanaks
  • 85 % des chefs d’entreprise et 75 % des cadres supérieurs sont des métropolitains ; par contre 75 % des ouvriers sont kanak.
  • Une violence sociale forte envoyant des jeunes kanaks en nombre derrière les barreaux (90 % de la population carcérale est d’origine kanak, des faits principalement dus à l’alcool), un taux de suicide inquiétant, l’échec scolaire, le chômage, les jeunes sont écartelés entre les valeurs coutumières et le monde occidental et peinent à trouver leur place dans une société dominée par les Européens et l’argent.

Pour toute ces raisons et par ce que c’est la puissance coloniale française qui délimite le corps électoral, et qui détermine la question posé en imposant le concept de Calédonie à celui de Kanaky notre camarade a justifié la non participation. Le FLNKS ( Front Libération National Kanak Socialiste ) importante composante historique du mouvement national Kanak appelle lui a y participer et à voter “OUI”. Elle nous a fait part de l’émergence d’une réflexion sur la mise en place d’un référendum auto-organisé dans le mouvement de libération Kanak.

Son témoignage simple et directe a été une parole anticolonialiste appréciée et ce d’autant plus qu’elle se fait rare tant les médias métropolitains ne parlent pas de la situation en Kanaky.

Puis l’IRSP , le Parti Républicain Socialiste Irlandais représenté notamment par Ciaran Cunnimgham nous a fait aprt de la situation en Irlande. La perspective du retour d’une frontière entre le sud et le nord de l’Ile comme conséquence du Brexit a remis au gout du jour le débat sur l’unité de l’Irlande. Depuis 1998 les accords du Vendredi Saint que l’IRSP et l’INLA ( Armée Nationale de Libération Irlandaise ) l’autre composante du mouvement socialiste républicain Irlandais ont refusé de soutenir prévoient néanmoins la possibilité d’un référendum «sur la frontière»  inscrite dans l’accord de paix. Il devrait être organiser s’il devenait incontestable qu’une majorité dans les deux Irlandes penchait pour la fin de la partition. Tous les sondages suite au référendum pro Brexit donne une majorité large au maintien de l’Irlande dans L’UE au sud comme au nord de la frontière. Pour cette raison et par ce que la démographie est favorable à la communauté qui vote républicain au nord au détriment des unionistes l’IRSP et le Provisional Sinn Fein ont choisi de faire campagne pour la tenue de ce référendum transfrontalier.

L’IRSP radicalement anticapitaliste veut que la gauche la plus décomplexée soit à l’avant-garde de ce mouvement démocratique qui permettrait de remettre à l’agenda politique la question de la souveraineté Irlandaise, de l’unité de l’ile et celle du départ des troupes britanniques dans le cadre d’un grand mouvement citoyen.

Les échanges avec le public ont permis d’aborder plus la position originale de l’IRSP sur cette campagne ” Yes For Unity” ainsi que celle du maintien en détention sans procès de prisonniers politiques comme Tony Taylor et sur la répression en général.

Le lendemain , aprés un hommage à Bobby Sands nos camarades Kanaks et Irlandais furent reçus en mairie de Saint-Herblain par Eric Bainvel militant de la Gauche Indépendantiste et élu pour la coalition Saint-Herblain à Gauche Toute. Ce fut l’occasion d’échanger sur le municipalisme , la solidarité internationale et la solidarité avec les détenus politiques en France tel Georges Ibrahim Abdallah détenu depuis 1984 pour son action dans la résistance Palestinienne.

Dans l’après-midi les militants de l’IRSP et du PT Kanak et du Mouvement des Jeunes Kanaks en France ont pris part au cortège internationaliste dans la manif de Nantes pour l’unité de la Bretagne et le droit à l’autodétermination. Une présence remarquée et appréciée de tous et toutes et  chaleureusement applaudie par les 3000 personnes présentes.

Bien évidemment ils prirent toutes leur place dans la minute d’hommage aux prisonniers et exilés Catalans.

Dans quelques semaines la Gauche Indépendantiste présentera son cycle de formation pour l’année 2018-2019.

 

Alors que la Palestine s’embrase suite aux provocations impérialistes des USA en soutien à Israel nous diffusons le communiqué en français de la fraction la plus révolutionnaire de la résistance Palestinienne. 

Bretagne-Info.

Le Front Populaire pour la Libération de la Palestine a décrit la déclaration Président des États-Unis Donald Trump comme une déclaration de guerre contre les Palestiniens et leurs droits, qui clarifie la position étasunienne comme étant une entité hostile envers notre peuple et un partenaire de l’état sioniste dans ses crimes contre le peuple palestinien et sa terre, et il faut s’adresser à lui sur cette base.
De plus, le Front a considéré que Trump a également porté un « coup de grâce » à la soit disant solution de deux états, au projet de règlement et aux idées délirantes du processus de paix. Il a appelé les dirigeants palestiniens à tirer les enseignements nécessaires de l’expérience dévastatrice faisant confiance à des négociations et à la domination des Etats Unis, et à annoncer le retrait immédiat de l’accord d’Oslo et de toutes les obligations subséquentes et auxiliaires.
Le FPLP a appelé les masses palestiniennes et leurs organisations à unir leurs efforts et à réagir collectivement, pratiquement et avec force à cette décision par l’action et l’escalade de la dynamique du mouvement populaire.
La bataille de Jérusalem est une bataille pour l’ensemble de la Palestine. Pour nous, Jérusalem est Haifa, Safad, Yafa, Gaza, Ramallah et chaque village et ville de Palestine.
En outre, le Front a souligné la nécessité d’affronter le triangle du complot contre Jérusalem et la Palestine et les droits du peuple palestinien et arabe, le triangle de l’impérialisme, des régimes réactionnaires arabes et du sionisme, et la nécessité d’ouvrir la porte à des options appropriées pour résister à ces régimes.
Les masses arabes rejettent également clairement cette décision qui clarifie davantage la nature de l’impérialisme US comme le principal commanditaire du terrorisme sioniste dans la région qui cherche constamment à enflammer la région afin de maintenir son hégémonie.
Jérusalem restera toujours la capitale du peuple palestinien et de l’Etat de Palestine, et l’alliance impérialiste sioniste ne réussira pas dans ses tentatives visant à oblitérer l’identité arabe de la ville et son statut dans le monde arabe et islamique.

Front Populaire pour la Libération de la Palestine

6 décembre 2017

On nous signale la tournée d’un documentaire sur la Palestine en Bretagne ces jours ci “Derrière les fronts”  : Tournée de projections-débats en Bretagne en présence de la réalisatrice  bretonne Alexandra Dols. La page FB est ici.  Et d’autres infos ici.

Derrière les fronts : résistances et résiliences en Palestine

Une traversée de la Palestine en compagnie de la psychiatre palestinienne, Dr. Samah Jabr – د. سماح جبر qui met en lumière les résistances et les résiliences face aux blessures invisibles de la guerre et de l’occupation.

  •  Lundi 27 à Saint-Brieuc, Cinéma le Club dès 20H30 en présence de la réalisatrice.
  • Mardi 28 à Guingamp, Cinéma Les Korrigans Guingamp dès 20H30 en présence de la réalisatrice.
  • Mercredi 29 à Lannion, Cinéma Les Baladins dès 20H30 en présence de la réalisatrice.
  • Jeudi 30 à Morlaix, Cinéma La Salamandre dès 20H30 en présence de la réalisatrice.
  •  Vendredi 1er décembre à Saint Renan, Cinéma Le Bretagne dès 20H15 en présence de la réalisatrice.
  • Samedi 2 à Brest, Cinéma Les Studios dès 17H en présence de la réalisatrice.

Vivian Petit militant Rennais et auteur de “Retours sur une saison à Gaza“, ouvrage solidaire sur la Palestine que nous avions interviewé continue sa tournée de réunions publiques en Bretagne et ailleurs.

Nous vous recommandons vivement de vous rendre à un de ces rendez-vous pour vous procurer l’ouvrage et participer à ces débats sur la solidarité avec le lutte de libération nationale du peuple Palestinien. La page Facebook du livre est là.

Pour commander le livre chez Scribest on passe par là.

  • 14 novembre : Châteaubriant (44), Bar La charrue, 20h.
  • 15 novembre : Rennes (35), Université Rennes 2, 18h. (En compagnie de Julien Salingue).
  • 17 novembre : Plourin les Morlaix (29), Centre social Ti An oll, 18h. (A l’occasion de l’inauguration d’une exposition de l’ACAT, du CCFD et de l’AFPS à propos de Gaza).
  • 18 novembre : Locquirec (29), Maison occupée Poul Rodou, 18h. (Suivi d’une projection du documentaire “The lab”, de Yotam Feldman).
  • 21 novembre : Rennes (35), Institut d’Études politiques, 18h15. (A l’invitation de l’association Ysegoria et de la librairie Planet io).

Vivian Petit est un militant anti-capitaliste et anti-impérialiste, originaire du Havre que nous côtoyons depuis de nombreuses années dans les mobilisations sociales à Rennes. Il est également investi dans la solidarité avec le peuple Palestinien.

Il vient de signer un ouvrage, préfacé par Julien Salingue, sur son expérience internationaliste : “Retour sur une saison à Gaza” chez Scribest. Il viendra présenter cet ouvrage le samedi 23 septembre à l’université de la Gauche Indépendantiste (vente et signature sur place). Nous lui avons posé quelques questions.

Bonjour Vivian. Ton livre est en partie un témoignage de ton séjour à Gaza, en 2013. Peux-tu nous dire dans quel cadre tu t’y es rendu ?

Bonjour. C’était en effet en 2013, je me suis décidé à y aller assez rapidement. Je n’imaginais pas pouvoir aller à Gaza un an ou deux avant mon voyage… Depuis 2006, Gaza est sous blocus terrestre et maritime, un siège mis en place par Israël mais aussi par l’Egypte. Mais la situation s’est un temps améliorée à partir de 2012, avec l’élection des Frères musulmans en Egypte faisant suite à la chute de Moubarak. En 2013, après avoir travaillé à Paris pour l’Agence Media Palestine et à Londres auprès de la représentation du Boycott National Committee, j’avais envie de retourner en Palestine (j’étais allé quelques années plus tôt en Cisjordanie et à Jérusalem, avec des membres de SUD-Etudiant). Puisque le passage de Rafah, où se situe la frontière entre Gaza et l’Egypte, n’était plus infranchissable à ce moment, j’ai décidé de saisir l’occasion.

Pour passer la frontière et obtenir un visa de la part des autorités gazaouies, il me fallait un emploi à Gaza et une organisation se portant garante du fait que je n’étais pas un espion (et dont le membre me « sponsorisant » risquait d’être inquiété si j’étais accusé d’avoir enfreint la loi). J’ai pu trouver un poste de chargé de cours en Français Langue Etrangère à l’université Al-Aqsa de Gaza, et un étudiant, membre de l’association Baraka City, s’est occupé de toutes les démarches vis-a-vis des autorités. Je suis arrivé à Gaza en février 2013. J’ai pu me lier aux militants de l’ISM, l’International Solidarity Movement, organisation de militants venus de différents pays, tentant comme ils le peuvent de soutenir la résistance des Palestiniens, par exemple en se rendant avec les paysans sur leurs terres lorsqu’ils risquent d’être attaqués.

Deux mois et demi après mon arrivée à Gaza, je suis allé passer une semaine en Egypte. Une semaine plus tard, lorsque j’ai voulu comme prévu retourner à Gaza, la carte de séjour d’un an qui m’avait été délivrée à Gaza par les autorités ne suffisait plus à ce que les garde-frontières me laissent passer. Après avoir fait des pieds et des mains pour tenter de passer la frontière les jours suivants, je suis finalement rentré en France au mois de mai 2013. Moins de deux mois plus tard, la frontière était finalement totalement fermée suite au coup d’Etat de l’armée en Egypte. Depuis, la situation n’a fait qu’empirer. De janvier à août 2017, le passage de Rafah (qu’un ami palestinien appelle maintenant le « barrage de Rafah ») est resté totalement fermée, à l’exception de 13 jours durant lesquels des Gazaouis ont pu passer au compte goutte pour se rendre en pèlerinage à la Mecque. Ces dernières années, pour couper tout contact entre le Sinaï et Gaza et éviter la reconstruction des tunnels, qui permettaient tout de même de passer cette frontière dans le dos de l’armée égyptienne, l’Etat égyptien est allé jusqu’à faire raser les habitations de la partie égyptienne de la ville de Rafah et à transférer les habitants à plusieurs dizaines de kilomètres de là…

La littérature sur la lutte de libération nationale du peuple palestinien est riche, en quoi d’après toi ton livre peut apporter un autre point de vue ?

Je ne suis probablement pas le mieux placé pour dire ce que mon livre aurait de plus ou de moins que les autres. Je peux par contre expliquer pourquoi il existe, et ce que j’ai tenté de faire en l’écrivant. Ce bouquin est centré sur Gaza, où rentrent peu d’étrangers en raison du blocus, et il se situe à mi chemin entre le témoignage et l’essai. J’essaie à la fois de faire un récit de ce que j’y ai vécu, de décrire la vie quotidienne à Gaza, et de mettre politiquement en perspective les évènements, sur le moyen terme. On ne compte plus les chroniques de la vie à Gaza tentant de nous surprendre en nous expliquant que Gaza est peuplée d’êtres humains comme les autres, avant d’insister sur le fait qu’il y a en dehors des massacres des jours très tranquilles… Pour ce qui est de la couverture de ce qu’il se passe à Gaza par les grands médias, celle-ci se borne le plus souvent à faire le récit des bombardements. Je tente de me détacher de cette temporalité médiatique, pour expliquer en quoi les bombardements sont le prolongement direct du siège et de l’étouffement de toute forme de vie.  Je tente d’expliquer en quoi ce qui est peu couvert (le siège, l’organisation de pénuries, les tentatives menées par Israël pour faire de certaines parties de la Bande de Gaza des zones désertiques, etc) peut au contraire permettre d’expliquer ce qu’il se passe lors des massacres en Palestine, dont les médias parlent beaucoup mais pour ne pas dire grand chose.


Peux tu en quelques mots expliquer en quoi il est incorrect de parler de « regain de tension » lorsque Israël utilise la force militaire en Palestine ?

Je crois avoir eu l’idée de ce livre à l’été 2014, au cours duquel 2 310 habitants de Gaza ont été tués par l’armée israélienne. Un peu plus d’un an après mon retour de Gaza, je reconnaissais certains des lieux bombardés sur les images diffusées par les chaînes d’information, tout en trouvant consternant le discours qui l’accompagnait, avec toute la série de poncifs sur un « regain de tension » ou un « cycle de la violence entre Israël et le Hamas ». Une partie du mouvement de solidarité en France reprenait en partie ce discours, s’en distinguant seulement en insistant sur l’asymétrie des forces en présence. Je pense au contraire qu’il n’y a pas de « cycle de la violence » ni de « regain de tension », tout au plus une routine du blocus, et une volonté israélienne d’étouffer Gaza, avec simplement des variations d’intensité dans les moyens employés selon les périodes.


Je peux citer quelques exemples. Les territoires les plus bombardés à l’été 2014 sont soit les infrastructures construites sur les terrains des anciennes colonies, que le blocus, les restrictions sur les importations ou les coupures d’électricité ont (entre autres) pour but d’empêcher de fonctionner, soit des territoires situés près des « frontières », dont Israël souhaiterait faire un 
no man’s land, prétextant des questions de sécuritéEn 2013, au sud est de la Bande de Gaza, à Kuza’a, j’avais vu des jeeps et des chars israéliens faire des aller-retour pour effrayer les habitants. L’un des paysans qui, malgré les menaces, continuait à se rendre sur ses terres (parfois en compagnie de militants internationaux), m’avait appris que seule la culture du blé était autorisée par Israël, qui menaçait d’attaquer Kuza’a si des arbres étaient plantés, car des « terroristes » pourraient se cacher derrière… Une française membre de l’ISM qui se rendait plus fréquemment que moi aux côtés de ces paysans de Kuza’a m’avait raconté les tirs des snipers qui se positionnaient près de Kuza’a, visaient régulièrement des animaux, ou tiraient près des paysans et de leurs familles pour les faire fuir… Ils avaient aussi menacé un jour de tirer sur une délégation internationale plus nombreuse qu’à l’accoutumée. Voilà donc ce à quoi ressemble une période de paix à Gaza. A l’été 2014, Israël a donné ordre aux habitants de Kuza’a, qu’ils souhaitent expulser depuis longtemps, de quitter leurs terres. 30% d’entre eux sont tout de même restés, sans qu’on sache combien l’ont fait pour résister, et combien n’avaient simplement aucun autre endroit où aller, ou étaient dans l’impossibilité physique de marcher plusieurs kilomètres. Suite à cela, en une nuit, plusieurs dizaines des habitants de Kuza’a restés dans leurs habitations sont morts sous les bombardements. Je pense qu’on comprend mieux ce qu’il s’est passé à l’été 2014 en sachant ce qu’il se passait un an avant, plutôt qu’en imaginant une période de paix qui aurait été rompue et dont ce massacre serait l’exact opposé…


On pourrait multiplier les exemples… En 2015, près de Kuza’a, à Al-Qarra, mais aussi à 
Wadi as-Salqa, au centre de la Bande, Israël a décidé de bombarder les terres agricoles en y déversant des pesticides… Certes, personne n’est directement mort de ces épandages le jour où ils ont eu lieu, mais connaître ces évènements pousse à mépriser d’avance toute personne qui, lors de la prochaine « opération » qu’Israël ne manquera pas de déclencher contre les habitants de la Bande de Gaza, affirmera que « le Hamas a rompu la trêve qui courait depuis 2014 »…


Quelles doivent être d’après toi les tâches prioritaires de ceux et celles qui s’affirment solidaires du peuple palestinien en Europe ?

Passées l’émotion et les grandes manifestations qui ont lieu lors des périodes de bombardements, il n’est pas toujours évident de faire perdurer le soutien concret à la résistance palestinienne. Ca me paraît cependant important, ne serait-ce qu’en raison de la continuité coloniale et policière des régimes. A ceux qui parlent d’« importation » de cette question en France, je rappelle que Vincent Auriol, président de la République française en 1948, raconte dans son journal que la raison principale du soutien de la France à la création d’Israël est qu’une victoire des Palestiniens aurait risqué de renforcer la lutte du FLN en Algérie … Je rappelle aussi qu’Israël est un modèle pour tous les pays occidentaux en ce qui concerne les interventions militaires, l’antiterrorisme et le maintien de l’ordre… Comme le dit un ministre israélien, « si Israël vend des armes, c’est parce que les acheteurs savent qu’elles ont été testées »…

Puisqu’il ne faut pas se contenter d’incantations sur la révolution mondiale, se rendre en Palestine est parfois utile, pas seulement parce que cela permet de percevoir plus finement les enjeux et de témoigner à son retour, mais aussi parce que certaines actions sur place peuvent produire des effets. Par exemple celles consistant à assurer une présence sur des terres ou dans des maisons dont les habitants sont menacés d’être expulsés pour être remplacés par des colons.

Pour ce qui est des actions menées en Europe, si je suis favorable au boycott des produits israéliens, ce n’est pas parce que je croirais dans la possibilité d’une moralisation du capitalisme, mais parce que cela s’inscrit dans une campagne politique, Boycott, Désinvestissements, Sanctions, appellant à faire preuve d’une solidarité internationale en tentant de faire payer le prix de l’occupation à Israël comme à ses complices. Pour ce qui est des manières dont des militants tentent de s’en prendre concrètement aux responsables de l’occupation de la Palestine, des sabotages menés contre des usines d’armements en Grande-Bretagne lors de l’opération « Plomb durci » sont un exemple (les militants du collectif Smash EDO et de l’International Solidarity Movement interpellés après cette action avaient d’ailleurs été relaxés lors de leur procès, le tribunal reconnaissant que leur action avait pour but d’empêcher des crimes de guerre). Le blocage de cargos israéliens en Amérique du nord à l’été 2014 en est un autre.

Dans les entreprises françaises complices de l’occupation et de la colonisation, on peut prendre l’exemple de Véolia. De 2005 à 2015 (date de la fin de ses activités en Palestine occupée), pendant que des Palestiniens sabotaient parfois les infrastructures du tramway (reliant Jerusalem ouest aux colonies israéliennes en territoires occupés) pendant des manifestations, les pressions populaires sur les élus ont fait perdre à Véolia près de 15 milliards de dollars de contrats signés avec des municipalités du monde entier. Il y a aussi Orange, qui a alimenté en Cisjordanie les antennes et les relais implantés sur des terres confisquées aux Palestiniens pour les communications de l’armée israélienne et des colons, et qui a même parrainé deux unités de l’armée israélienne lors du massacre à Gaza en 2014… En 2015, Orange a perdu de gros contrats en Égypte, a été boycotté au Maroc, et des rassemblements répétés devant ses boutiques en France ont parfois contraint les gérants à baisser momentanément le rideau. A la suite de cela, Orange n’a pas renouvelé son contrat avec Partner Communications, leur entreprise israélienne partenaire. Il y a aussi une campagne contre AXA, qui est actionnaire de trois banques israéliennes ainsi que d’Elbit Systems, l’une des principales sociétés d’armement israéliennes (celle là même qui est accusée d’avoir fabriqué les bombes au phosphore blanc qui ont servi à bombarder Gaza…). Il y a aussi les actions contre le salon de l’armement à Paris, la critique de la manière dont la Palestine sert de laboratoire à l’évolution des techniques de contre-insurrection … A Rennes, des étudiants de Sciences-Po mènent une campagne contre le partenariat de leur école avec l’Université de Tel Aviv, qui, comme toutes les universités israéliennes, est engagée dans des programmes de recherche militaire.


Enfin, les campagnes pour la libération des 7 000 Palestiniens emprisonnés par Israël me paraissent elles aussi importantes, même s’il est difficile d’en mesurer les effets. Il y a d’ailleurs un rassemblement ce 20 septembre à Rennes, pour la libération de Salah Hamouri, militant franco-palestinien emprisonné par Israël sous le régime de la détention administrative… Et des manifestations régulières à Lannemezan, dans le sud de la France, où est incarcéré Georges Ibrahim Abdallah, militant libanais emprisonné depuis 33 ans par la France, pour 
complicité dans des actes de lutte armée revendiqués par un groupe d’extrême-gauche libanais, des actes qui répondaient à l’invasion israélienne du Liban en 1982.

Libérez Georges Ibrahim Abdallah !
@Crédit Bretagne-Info

Le ministre de la défense français et président de la région Bretagne s’est rendu à Beyrouth capitale du Liban ce 06 mars. Sa venue n’a pas manqué de susciter une manifestation de nombreux Libanais en faveur de la libération de Georges Ibrahim Abdallah. Ce communiste Libanais est incarcéré en France depuis 1984 pour avoir soutenu la résistance Palestinienne et Libanaise à l’occupation Israélienne, il est libérable depuis 2007 et maintenu en détention sur ordres des Etats-Unis et d’Israel.

M. Le Drian a déclaré, d’après le journal Libanais L’orient le Jour : “La France est extrêmement attachée à l’intégrité et à la souveraineté du Liban. Cela passe (…) par l’existence de forces armées libanaises structurées et solides”, à l’issue d’un entretien avec son homologue libanais Yaacoub Sarraf.

Sur la pancarte centrale : "Georges Abdallah est un résistant, et la résistance n'oublie pas ses prisonniers chez les geoliers" Sur celle de gauche : "la liberté, la souveraineté, l'indépendance perdent leurs valeurs quand les combattants restent en prison
Sur la pancarte centrale : “Georges Abdallah est un résistant, et la résistance n’oublie pas ses prisonniers chez les geoliers”
Sur celle de gauche : “la liberté, la souveraineté, l’indépendance perdent leurs valeurs quand les combattants restent en prison.

Une affirmation pour le moins hypocrite tant la France semble méprisée impérialement la volonté de nombreux Libanais pour le retour de Georges Abdallah dans son propre pays et l’accord du gouvernement de cet état souverain pour l’accueillir. C’est ce que sont venus dénoncer des nombreux manifestants, notamment communistes, devant les grilles de l’ambassade de France. Vous pouvez consulter sur la page Facebook de son comité de soutien les vidéos du rassemblement.

En Bretagne la Gauche Indépendantiste s’est mobilisée avec d’autres pour la libération immédiate de Georges Abadllah qui se refuse à renier sa fidélité à son engagement révolutionnaire, anti-impérialiste et antisioniste.

Les actions internationales en sa faveur sont nombreuses et relayées ici.

 

Kantadoù a vannieloù eus Palestina a oa bet douget uhel d’an 18 a viz Eost e Glaschù gant harperien Celtic Glasgow da vare ar c’hrogad mell-droad enep da skipailh Hapoer Beer Sheva hag a zo kampion Israel. Trec’h eo bet ar skosiz gant 5 pal hag unan hepken evit an Israeliz. Diwar galv “Celtic fans for Palestine” e oa bet aozet an dasparzh bannieloù er sportva, ar pezh en deus rediet an UEFA da embann e oa aet ar supporterien en tu all da lezennoù ar reolennoù diabarzh a vir ouzh an dud da gas « kemmenadennoù ideologel, politikel, a denn eus ar relijion, kunujennus pe feukus » e doare pe zoare da vare krogadoù an UEFA. D’an 22 a viz Gwengolo e vo gouvezet petra e vo ar c’hastiz evit Celtic Glasgow.

celtic

Hep gortoz an deiziad se paotred ha merc’hed ar c’hlub bet krouet gant Iwerzhoniz harluet da Skos o doa graet ur galv evit paieañ an taol-kastiz gortozet. Klevet mat-tre eo bet ar galv, kar kement a arc’hant zo bet gounezet e vo gouest harperien Glasgow da gas arc’hant ouzhpenn d’un ospital e Palestina, d’ur greizenn evit bugale Palestina repuet e broioù all pe c’hoazh d’ur greizenn sevenadurel Palestinad. En tu all da 100 000 euro zo bet rastellet evit poent.

 Ur c’hrogad « distro » a vo dalc’het d’al lun 29 a viz Eost e Israel ar wezh-mañ. Polis ar vro en deus roet da c’houzout e vije berzhet ober kement all en o sportva. 250 Skosad zo gortozet enno.

Supporterien Celtic Glaschù a vez kustum da embann o mennozhioù politikel e mod pe vod er sportvaoù, evit Palestina, a-enep d’ar ouennelouriezh pe evit Iwerzhon unvan war a seblant n’emaint en soñj chom a sav.

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