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Le dossier du Lycée Diwan de Carhaix est revenu sur la table du président de région Loïc Chesnais-Girard le 10 Mars lorsque les lycéen.ne.s ont bloqué leur établissement pour dénoncer les conditions d’accueil fortement dégradées depuis la rentrée en Septembre 2024.

 

Rappelons que suite à des difficultés budgétaires et une baisse d’effectifs depuis la réforme des lycées, un accord “provisoire” a été trouvé avec l’association l’Aile qui gère la DSP ( Délégation de Service Public) pour l’occupation des bätiments et la facturation des services ( entretien, refectoire…).

 

Rappelons aussi qu’avant L’Aile, une autre association, Ti Degemer Kerampuilh, avait en charge cette responsabilité, et ce afin que puisse ouvrir un lycée Diwan sur le site de Kerampuilh. Ce site avait été choisi pour cette mission en 1999 et seulement pour cela, à savoir se doter à l’époque du seule lycée immersif en langue Bretonne en Bretagne. Il n’a jamais été question de partager ce site avec des activités touristiques ou autres durant la période scolaire, à charge pour l’association bénéficiaire de cette DSP de respecter cet engagement non négociable décidé par tous les partenaires à l’époque, Diwan, la Mairie de Carhaix et la Région Bretagne. La vocation première du site de Kerampuilh est un lycée Diwan, immersif en langue bretonne, et non pas une activité commerciale. Un lycée étant un sanctuaire, tout un chacun comprend bien que pour pouvoir evoluer sereinement dans son parcours éducatif, il ne faut pas ëtre déconcentré par l’organisation d’un festival , d’une classe verte ou d’un voyage organisé pour retraités. Or les choses n’ont plus l’air aussi évidentes pour l’Aile qui en quelques mois a transformé la mission du lieu, et ce avec l’aval de la Région, pour en dédier une partie à un centre d’hébergement, et ce au détriment du bien-ëtre des lycéen.ne.s brittophones. Pour exemple l’hébergement le 14 et 15 Mai d’un festival des mini-entreprises, organisé par “Entreprendre pour Apprendre”(sic§) et dont le premier partenaire sur leur site n’est autre que le Mouvement des Entreprises de France-MEDEF, accueillant plus de 2000 collégiens, et ce en mileu de semaine en plein Bac blanc, plus un concert le mercredi soir collé au dortoir du Lycée !

 

Enfin rappelons les conditions d’accueil qui ont déclenchées le mouvement de colères des jeunes: des classes surchargées, des chambres aussi avec certaines chambrées de 6 voire 7 jeunes ( difficile de travailler le soir dans ces conditions !) , pas de foyer, pas de cour mais un parking à la place. Les jeunes, privés de foyer, ont donc passé l’hiver les pieds dans la boue quand ils n’investissaient pas la bibliothèque pour avoir un endroit chaud, et donc par la force des choses détourner ce lieu de sa vocation initiale. Ils ont été reçu par le Président de Région afin d’exposer leurs revendications, plus que raisonnables, et ont eu une bonne leçon de “real politique”, des promesses mais toujours rien 3 mois plus tard et une grosse incertitude quand à la rentrée 2025-2026.

Les travaux sur le bâtiment B3 sont terminés après des années de chantier au milieu du Lycée, financés par la Région, donc par l’impöt des bretons pour l’accompagnement de la politique linguistique et de l’éducation en langue bretonne. Et nous apprenons que les salles de classe réalisées ne pourront servir de… salles de classe. Toujours pas de foyer, et maintenant la proposition de l’Aile de changer la destination de la moitié du lycée en hébergement touristique, censé être signée le Vendredi 6 Juin à Quimper, entre L’Aile, la Région et la mairie de Carhaix. Nous savons que Monsieur Christian Troadec, maire de Carhaix, refusera ce crachat à la face des lycéen.ne.s et de l’équipe pédagogique.

Quelle est la volonté de l’Aile ? Grignoter encore plus le lieu afin d’en récupérer la totalité et d’expulser le Lycée Diwan 

Et celle de la Région ? Accompagner voire accélérer le déclin de notre langue  ? 

Le sondage commandé par ses services n’est-il pas assez explicite? La baisse de la moitié des locuteurs n’est pas encore suffisante ? Diwan assure la transmission aux jeunes générations en formant des jeunes bretonnants actifs, ils font le “taf”, et c’est comme ça qu’on les remercie ?

Qu’en dit Madame Kaourintine Hulaud, vice-présidente de Région en charge de la langue bretonne ? Nous aimerions l’entendre apporter tout son soutien au Lycéé Diwan de Carhaix.

Et qu’en dit Monsieur Chesnais-Girard qui s’est fait élire avec le slogan ” plus de Bretagne” ? Mais quelle Bretagne ? Une Bretagne sans langue bretonne ?

 

Les lycéen.ne.s nous ont montrés la voie au Printemps en se mobilisant, nous ne devons pas les décevoir. Affichons haut et fort notre soutien au Lise Diwan Karaez et à la langue bretonne comme nous l’avons fait le 17 Mai dans les rues de Rennes.

 

Nous ne laisserons pas la logique mercantile l’emporter sur la sauvegarde et la transmission de la langue bretonne et le respect de notre jeunesse. Le Lycée Diwan de Carhaix assure une mission de service public, il doit ëtre traité comme n’importe quel autre lycée public. Ce n’est pas aux familles , aux jeunes et aux travailleurs de l’éducation en langue bretonne de supporter l’absence de volonté et de courage politique de la majorité en place à Rennes !

 

Soutien total aux lycéens et lycéennes de Kerampuilh

Soutien total à l’équipe pédagogique

Soutien total au réseau Diwan

 

Bevet ar brezhoneg, bevet Diwan !

 

War-Sav !

 

 

Suite à la dynamique grève des lycéen·nes de Diwan et à l’heure où de nombreuses collectivités locales de Bretagne votent ou s’apprêtent à voter des budgets marqués par l’austérité, les actrices et les acteurs du monde associatif impliqué·es dans l’action linguistique et culturelle bretonne, les artistes et les musicien·nes s’inquiètent des conséquences en termes d’emploi et de capacité de développement pour continuer à faire vivre et partager ce qui rend la Bretagne si originale.

Cette inquiétude pour les emplois, mais aussi l’éducation populaire, la transmission des fondamentaux d’une culture et d’une identité plurielle que nous voulons partager avec tous ceux qui viennent vivre dans notre pays, la Bretagne, est accentuée par la disparition de structures de diffusion éditoriales, de lieux de pratiques musicales et sportives, par les difficultés à faire appliquer les textes pour garantir une transmission de la langue bretonne.

Nous n’avons que faire des justifications pour expliquer les mesures d’austérité décidées à Paris pour couper dans les budgets locaux, notamment dans les domaines linguistiques, culturels, sportifs et éducatifs. Nous savons très bien que ces mêmes collectivités locales soutiennent bien souvent massivement l’industrie de l’armement, secteur qui, lui, ne connait que rarement l’austérité… Nous exigeons :

• Que la Région Bretagne assume les frais d’internat des lycées Diwan, au même titre que dans les lycées publics, Diwan remplissant une mission de service public à travers la gratuité, l’ouverture à toutes et tous et son aspect laïc. De fait, les salaires des animatrices et des animateurs doivent être pris en charge par cette collectivité, et ce, afin d’accompagner le seul réseau d’enseignement capable d’éduquer de jeunes brittophones actifs, donc de contrecarrer la chute des locutrices et des locuteurs mis en évidence par le dernier sondage commandité par la région Bretagne.

• L’officialisation de la langue bretonne et son droit non négociable à trouver sa place partout dans la péninsule, y compris dans les aires métropolitaines de l’Est, où se joue aussi l’avenir du breton.

• Que la langue et la culture bretonne ne subissent aucune mesure d’austérité économique par une baisse de subventions à celles et ceux qui la font vivre et soutiennent, encore plus les scènes locales, les lieux et structures associatives de transmissions des pratiques musicales bretonnes (chantées, sonnées ou dansées), mais aussi les structures liées à l’édition.

• Que les collectivités (métropoles et intercommunalités) bretonnes de Brest à Clisson s’engagent à verser au moins un Euro par habitant dans le mandat 2026-2032 en faveur d’actions d’usage et de transmission de la langue bretonne : elles le peuvent dans le cadre des possibilités offertes par la Loi Molac, qui les obligent à participer à l’enseignement, la promotion et à la diffusion de la langue bretonne.

• Que la Saint-Yves soit déclarée jour férié par les collectivités territoriales et locales bretonnes.

• Le droit de décider en Bretagne dans tous les domaines à travers un pouvoir politique breton législatif local doté d’une large autonomie.

Nous annonçons de ce fait une manifestation le 17 mai prochain à Rennes, pour porter ces revendications et une mobilisation subversive, pacifique, populaire autour de la Fête de la Bretagne, pour une Saint-Yves revendicative !

Faisons-en une journée inoubliable qui marque dans la joie et le partage, l’ouverture et le rejet de la xénophobie, notre volonté d’exister en tant que communauté, en tant que peuple qui comme tous les peuples doit pouvoir avoir les moyens de faire vivre, partager et transmettre ce qui fait son originalité.

Lycéens et Lycéennes de l’enseignement immersif et bilingue, étudiant·es et apprenants en langue bretonne, intermittent·es, sonneuses et sonneurs, parents d’élèves, danseuses et danseurs, lutteuses et lutteurs, travailleuses et travailleurs de la culture et de l’enseignement breton : faites signer cet appel et venez en famille manifester le samedi 17 mai prochain à 14h à Rennes sur le Mail Mitterrand !

 

Da-heul harz-labour liseadezed ha liseidi Diwan ha d’ar c’houlz ma voto kalz strollegezhioù e Breizh budjedoù reut a-walc’h a-benn dispign nebeutoc’h, e fell d’an dud oberiant engouestlet er stourm evit ar yezh hag an obererezhioù sevenadurel, d’an arzourien, sonerien hag all… reiñ da c’houzout int chalet gant an efed negativel war ar postoù-labour hag hor barregezh da ziorren evit ma kendalc’himp da lakaat da vevañ ha da dreuzkas ar pezh a laka Breizh da vezañ dibar.

An anken evit ar postoù-labour, an deskadurezh pobl, evit ar pezh a denn d’an treuzkas e-keñver diazezoù sevenadur hag un identelezh liesseurt a fell deomp profañ d’an holl dud zo o tont da vevañ en hor bro, az a war gresk c’hoazh abalamour d’an diaesterioù zo gant frammoù liammet ouzh an embann, al lec’hioù gouestlet d’ar sonerezh ha d’ar sport, d’an diaezamantoù evit lakaat da dalvezout ar skridoù lezennel a denn da dreuzkas ar brezhoneg.

Ne reomp ket forzh gant an abegoù roet deomp evit displegañ e rankomp arboellañ arc’hant er budjedoù lec’hel, dreist-holl evit ar yezh, ar sevenadur, ar sport, an deskadurezh abalamour da zibaboù graet e Pariz. Gouzout a reomp a-walc’h e vez arc’hantaouet gant ar memes strollegezhioù lec’hel industriezh an armoù, hag aze ne vez ket kaoz alies eus ruster war ar budjedoù… Setu ma c’houlennomp groñs :

  • Ma vo ur statud ofisiel gant ar brezhoneg ha gwir evit hor yezh da gavout he flas e kement korn ar vro, ha kement-se e meurgêrioù ar Reter e-lec’h m’emañ dazont ar brezhoneg ivez.
  • Ne vo ket gouzañvet gant yezh ha sevenadur Breizh un digresk eus ar yalc’hadoù d’ar re a laka anezho da vevañ hag e vefe sikouret muioc’h al leurennoù lec’hel, al lec’hioù hag ar frammoù kevredigezhel oberiant war dachenn sonerezh Breizh (kanet, sonet, dañset) pe war dachenn an embann ivez.
  • Ar strollegezhioù e Breizh (meurgêrioù hag etrekumuniezhioù) eus Brest betek Klison a ranko dispign un euro dre annezad e resped 2026-2032 evit obererezhioù a denn da implij ha treuzkas ar brezhoneg. Ret eo dezho en ober diouzh al lezenn Molac, ma lavarer e rankont kemer perzh evit kelenn, brudañ, skignañ ar brezhoneg.
  • Rannvro Breizh a rank paeañ mizoù lojañ liseoù Diwan evel ma ra gant al liseoù publik, dre m’eo Diwan ur servij publik digoust, digor d’an holl ha lik. Dre-se, goproù ar vuhezourien ha buhezourezed a rank bezañ kemeret e kont gant ar strollegezh-se, a-benn ambrougañ ar rouedad deskadurezh nemeti gouest da stummañ brezhonegerien oberiant ha da dalañ evel-se ouzh digresk an niver a vrezhonegerien lakaet war wel nevez zo gant ur sontadeg.
  • Devezh Sant-Erwan a rank bezañ lakaet da zevezh vak gant ar strollegezhioù lec’hel e Breizh.
  • Breizh a rank bezañ gouest da zibab war gement tachenn zo dre ur galloud politikel breton, gouest da lezenniñ gant un emrenerezh ledan.

Manifestomp d’ar 17 a viz Mae e Roazhon da zougen an azgoulennoù-se dre ur stourmadeg disuj, peoc’hek, poblek tro-dro da ouel Breizh evit ma teufe Sant-Erwan da vezañ un devezh stourm. Greomp pep tra evit ma vo un devezh hor bo soñj dioutañ, merket gant al levenez hag ar vrokusted, an digoradur koulz hag hor c’hoant splann da nac’hañ ar prezegennoù estrengas, hor c’hoant da vevañ evel kumuniezh dibar, evel ur bobl hag a rank evel an holl bobloù bezañ gouest da gaout peadra da lakaat da vevañ, lodennañ ha treuzkas ar pezh zo dibar enni.

Liseadezed ha liseidi an deskadurezh dre soubidigezh ha divyezhek, studierezed ha studierien ar brezhoneg, sonerezed ha sonerien, gourenerezed ha gourenerien, skrivagnerezed ha skrivagnerien, labourerezed ha labourerien ar sevenadur hag an deskadurezh vrezhonek, sinit ha lakait da sinañ ar galv ha deuit gant ho familh d’ar 17 a viz Mae da 2e GM e Roazhon war ar mailh Mitterrand !

Premier·es signataires — Sinerezed/Sinerien gentañ :

Loeiza Beauvir (arzour / artiste), Klet Beyer (arzour / artiste), Perynn Bleunvenn (arzour / artiste), Typhaine Corre (komedianez ha kanerez / comédienne et chanteuse), Anna Duval-Guennoc (arzour / artiste), Yann-Ildut Galiou (kelenner e Diwan / professeur à Diwan), Brieg Guerveno (arzour / artiste), Gwennyn (kanerez / chanteuse), Kadvael Jolived-Leforestier (kaner / chanteur), Fabris Kadou (kelenner en hentad divyezhek / professeur en filière bilingue), Riwal Kermarrec (komedian / comédien), Fanny Le Bigot (skolaerez e Diwan / professeure des écoles à Diwan), Gilles Le Bigot (soner / musicien), Tangi Le Gall Carré (soner  / musicien), Mélaine Looten (rener / directeur Radio Kerne-Naoned), Lena Louarn (bez-prezidantez a enor eus Kuzul Rannvro Breizh / vice-présidente honoraire du Conseil Régional de Bretagne), Manu Mehu (kazetenner / journaliste), Thelo Mell (animatour skinwel ha soner / animateur TV et sonneur), Ronan Menardeau (kelenner e Diwan / professeur à Diwan), Tifenn Merien (skolaerez e Diwan / professeure des écoles à Diwan), Kevin Merien (penngasour e Diwan / conseiller principal d’éducation à Diwan), Tangi Merien (komedian / comédien), Yann-Fañch Millet (rener lise Diwan Karaez / directeur du lycée Diwan de Carhaix), Erwan Moal (arzour / artiste), Anna Morvan (aktourez, kenurzhierez hag animatourez / actrice, coordinatrice et animatrice), Jil Penneg (aktour / acteur), Ronan Quintin (kelenner en hentad divyezhek / professeur en filière bilingue), Kevin Ruellan (soner kelenner / musicien enseignant), Maiwenn Salomon (gourdonerez Gouren / entraineuse de Gouren)…

 

War-sav, la Gauche Indépendantiste Bretonne, tient à apporter tout son soutien aux lycéen·ne·s de Diwan Karaez dans leur mouvement revendicatif pour une éducation en langue bretonne dans des conditions décentes.

Ce mouvement apparaît comme une éclaircie dans une période qui était jusqu’alors chargée de gros et lourds nuages au-dessus de nos têtes : grosses difficultés financières à la rentrée pour le réseau immersif en langue bretonne Diwan, et notamment au lycée de Carhaix avec la diminution de moitié de l’espace dédié aux élèves, des restrictions budgétaires sans précédent pour le monde de la culture et du sport entre autres votées par des collectivités (Conseil régional « Pays de la Loire », CD 35…) qui ont déjà commencé à se faire sentir dans la baisse du soutien aux associations culturelles bretonnes, un sondage qui nous annonce la perte de 50 % des locuteurs de breton en seulement 6 ans, la nomination plus que surprenante d’une vice-présidente en charge de la langue bretonne à la Région qui signait il y a un an de ça une tribune contre le bilinguisme français-breton pour toute la partie Est de la Bretagne…

Nous n’avions comme horizon que cet hiver politique sans fin, nuageux et pluvieux, et enfin l’hirondelle est revenue, là où personne ne l’attendait. Les lycéen·ne·s de Diwan Carhaix, eux qui ont grandi avec le breton dans la tête et sur les lèvres, nous annoncent donc ce printemps de la langue bretonne tant attendu. Ils n’acceptent plus d’être pris comme la variable d’ajustement par l’association l’AILES, qui gère le site de Kerampuilh pour la région, et réclament leurs droits, c’est-à-dire l’égalité avec les autres lycéen·ne·s breton·ne·s. Durant deux années, ils ont subi les nuisances sonores et visuelles d’un chantier de rénovation d’un bâtiment au milieu de leur lycée. Ce nouveau bâtiment est prévu de longue date pour le lycée, financé par la région, donc par l’impôt des bretons, pour pouvoir accompagner les engagements de cette collectivité au titre de la politique linguistique.

À la rentrée, cette même collectivité, avec le concours de l’association l’AILES, leur réduisait de moitié leur espace, plus de foyer, des chambres surchargées, un CDI qui devient un hall de gare, un parking et la boue de l’hiver en guise de cour ! Re Zo Re !

Jeudi dernier, ils ont donc voté en assemblée générale auto-organisée le blocage de leur lycée à compter de ce lundi et jusqu’à ce que des solutions soient trouvées pour la mise à disposition pérenne de ce nouveau bâtiment ainsi que du foyer lycéen et la reprise du dortoir actuellement vide.

Comme le dit Gilles Servat dans sa chanson, elle est revenue l’hirondelle, blanche au ventre et noire aux ailes, comme les couleurs de la Bretagne, et elle est annonciatrice de jours meilleurs. En cela, nous ne pouvons que saluer et remercier les lycéen·ne·s et ancien·ne·s lycéen·ne·s de Diwan qui nous percent les nuages et nous apportent l’espoir comme seule la jeunesse est capable de le faire. Nous serons toujours à leurs côtés, la langue bretonne a un avenir et ce sont nos jeunes locutrices et locuteurs qui le portent.

Tous les élus qui sont venus se pavaner à la manifestation du 29 mai 2021 à Guingamp pour la défense de l’enseignement immersif alors attaqué par le Conseil constitutionnel doivent savoir que nous ne les trouvons pas à la hauteur des enjeux linguistiques alors que la langue bretonne est acculée, et cela faute de courage politique de leur part pour affronter l’hostilité constitutionnelle française.

Qu’ont-ils fait de notre énergie et de notre belle mobilisation populaire ?

Nous n’avons que faire des justifications pour expliquer les mesures d’austérité décidées à Paris pour couper dans les budgets locaux, notamment dans les domaines linguistiques, culturels, sportifs et éducatifs. Nous savons très bien que ces mêmes collectivités locales soutiennent bien souvent massivement l’industrie de mort de l’armement, y compris le Conseil régional de Bretagne. Nous exigeons :

• Que la Région Bretagne assume les frais d’internat des lycées Diwan, au même titre que dans les lycées publics, Diwan remplissant une mission de service public à travers la gratuité, l’ouverture à toutes et tous et son aspect laïc. De fait, les salaires des animatrices et animateurs doivent être pris en charge par cette collectivité, et ce, afin d’accompagner le seul réseau d’enseignement capable d’éduquer de jeunes brittophones actifs, donc de contrecarrer la chute des locutrices et des locuteurs mis en évidence par le dernier sondage commandité par la région Bretagne.

• L’officialisation de la langue bretonne et son droit non négociable à trouver sa place partout dans la péninsule, y compris dans les aires métropolitaines de l’Est où se joue aussi l’avenir du breton.

• Que la langue et la culture bretonne ne subissent aucune mesure d’austérité économique par une baisse de subventions à celles et ceux qui la font vivre.

• Que les collectivités (métropoles et intercommunalités) bretonnes de Brest à Clisson s’engagent à verser au moins un Euro par habitant dans le mandat 2026-2032 en faveur d’actions d’usage et de transmission de la langue bretonne, elles le peuvent dans le cadre des possibilités offertes par la loi Molac qui les obligent à participer à l’enseignement, la promotion et à la diffusion de la langue bretonne.

• Que la Saint-Yves soit déclarée jour férié par les collectivités territoriales et locales bretonnes.

• Le droit de décider en Bretagne dans tous les domaines à travers un pouvoir politique breton législatif local doté d’une large autonomie, premier pas vers l’indépendance.

Nous annonçons de ce fait une manifestation le 17 mai prochain, dont le lieu reste à déterminer, pour porter les revendications des lycéen·ne·s Diwan et pour construire une mobilisation subversive autour de la Fête de la Bretagne, pour une Saint-Yves revendicative !

Bevet stourm liseadezed ha liseidi Diwan !
Brezhoneg yezh ofisiel, ur gwir statud evit Breizh !

 

 

Skeudennoù / Photos : Sarah Cariou

Unité territoriale de la Bretagne, construction d’un pouvoir politique breton, co-officialité de la langue bretonne, antifascisme et solidarité internationaliste étaient les moteurs de la manif du Nantes du 28 septembre.

Prés de 1500 personnes se sont donc retrouvées dans une ambiance chaleureuse, complice. Une petite foule trés jeune, joyeuse, d’horizons divers a convergé dans un moment d’unité populaire pour affirmer que la Bretagne est un sujet politique et pas romantique, et que nous avons besoin d’un pouvoir politique breton de Brest à Clisson.

Bien sûr, actualité oblige, beaucoup souhaitaient aussi marquer leurs solidarité avec les peuples Kanaks, Palestiniens et Libanais.

On a pu y croiser quelques élus locaux, Primael Petit et Eric Bainvel, militants de la Gauche Indépendantiste élus à Saint-Herblain, Aziliz Gouez, élue à la mairie de Nantes et au Conseil Régional de Bretagne, Lionel Henry, maire de Montreuil le Gast, Anton Burel, élu à Cintré, Gael Roblin élu à Guingamp , Maxime Picard adjoint à Questembert, mais aussi Ségolène Amiot Députée, NFP-LFI à Nantes Ouest.

Les collectifs de la Gauche extraparlementaires qui avaient tissé des alliances en perspective de cet événement ont su élargir à d’autres sensibilités, et pour beaucoup de participant·e·s c’était sans doute une première de s’inscrire dans une manifestation pour la réunification de la Bretagne. Une mobilisation qui a affirmé sans complexe la pertinence d’un projet politique dotant notre pays, la Bretagne, d’un autogouvernement de Brest à Clisson.

L’intuition politique des militants de la gauche indépendantiste diffusée dès le mois de mai était la bonne.

Des dizaines de militants associatifs, d’animateurs de collectifs revendicatifs divers , des membres d’autres organisations politique ont répondu à l’appel, et souhaitent cheminer ensemble pour affirmer le droit du peuple breton à décider d ‘un autre modèle social, institutionnel, environnemental.

Les mobilisations internationalistes en cours pour la Palestine, et le Liban y ont trouvé une large place.

Un espace politique novateur se dessine en Bretagne. C’est encourageant.

Nous reproduisons ci dessous l’intégralité de la prise de parole du collectif organisateur, lue par deux jeunes brittophones avant que ce défilé, sans aucun incident, ne se termine au son de la musique bretonne au pied de la tour Bretagne.

Les propositions de mobilisations communes pour construire la Bretagne en commun sont nombreuses. Le 12 octobre une importante convergence à Carhaix se dessine pour défendre l’hopital public et l’accès aux soins partout en Bretagne.

 

Prise de parole Bretagne en Commun– 28 septembre 2024, Nantes.

Nous sommes venus redire que le pays nantais, c’est la Bretagne, et que nous voulons être consultés par voie référendaire sur le périmètre et les compétences de notre pays, de Brest à Clisson.

Nous sommes venus redire notre colère à l’endroit des stratégies d’austérité déployées par la droite réactionnaire qui préside aux destinées de l’invraisemblable Région des Pays de la Loire, et qui ciblent en particulier les associations œuvrant en Loire Atlantique pour la langue bretonne et le gallo et pour la culture populaire bretonnes.

Ces attaques contre notre culture populaire sous toute ses formes et le patrimoine immatériel sont inadmissibles !

Et elles sont singulièrement préjudiciables au moment où nous avons besoin de moyens renforcés pour développer des fondamentaux culturels et linguistiques qui nous permettent de décliner une vision intégratrice de la Bretagne.

Une vision ouverte à toutes celles et ceux qui viennent vivre et travailler en Bretagne, sans distinction de couleur, de religion ou de genre.

Une vision arrimée à des principes de pluralisme démocratique, de diversité culturelle et d’humanisme que nous saurons défendre face aux tenants d’un nationalisme français xénophobe, autoritaire et ultra-jacobin.

Alors ici à Nantes, dans la ville qui abrite la plus grande école Diwan de Bretagne, nous sommes venus redire que doit cesser l’hostilité institutionnelle vis-à-vis de ceux qui œuvrent pour faire vivre la langue bretonne dans nos écoles et hors leurs murs. L’avenir de notre langue se joue aussi dans les métropoles et l’Est de la Bretagne. Afin de cadrer la politique linguistique en Loire Atlantique, nous avons besoin d’une convention équivalente à celle accordée à la Région Bretagne. Et à 18 mois des élections municipales, nous attendons des engagements en ce sens des élus nantais.

Nous allons devoir nous appuyer sur nos collectivités locales car le pouvoir central est entre des mains hostiles.

Faut-il l’illustrer ? Au sein du gouvernement de droite radicale aujourd’hui en place à Paris, le Ministère de l’intérieur est aux mains de Bruno Retailleau, ancien Président des Pays de la Loire –un homme qui s’est distingué – parmi d’autres combats d’arrière-garde – par son hostilité à la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires. La nouvelle Ministre de l’Education, Anne Genetet, figure quant à elle parmi les 60 députés signataires du recours constitutionnel contre la loi Molac sur les langues dites « régionales », ayant conduit à une censure partielle de cette loi et donc à une précarisation de l’enseignement immersif en langue bretonne.

Nous pourrions continuer la liste mais nous préférons nous arrêter là et proclamer haut et fort que les lugubres desseins de ces hérauts d’une conception monolithique, verticale et asséchante de la République ne passeront pas en Bretagne !

Et c’est pourquoi aujourd’hui, à Nantes, nous sommes venus – aussi et surtout – parler de démocratie. Car la réunification, la construction d’un pouvoir politique breton sur les cinq départements, sont fondamentalement des enjeux de réappropriation du droit de débattre, de délibérer et de décider de notre avenir collectif.

En ces jours où la frustration démocratique est à son comble suite à la nomination à Paris d’un gouvernement ne reflétant pas le résultat des urnes, nous clamons notre défiance à l’endroit de ce gouvernement et notre volonté de voir les collectivités locales bretonnes – depuis la commune jusqu’à la Région – devenir autant de lieux de résistance à un projet politique qui, sous la bannière du « retour à l’Ordre », s’annonce d’ores et déjà dangereusement réactionnaire, autoritaire, antisocial, anti-écologique, anti-féministe et ultra-centralisateur.

Un projet politique en phase avec l’agenda du Rassemblement National.

Lequel Rassemblement National, rappelons-le, propose (entre autres infamies) la suppression des conseils régionaux. Et lequel Rassemblement National a été le seul parti à voter, en session plénière de la Région Bretagne, CONTRE la demande d’autonomie qui y fait formellement consensus.

Nous avons pourtant urgemment besoin d’un cadre d’autogouvernement fiscal et législatif en Bretagne pour porter des politiques publiques transformatrices et équitables en matière de logement et de santé, d’aménagement du territoire et de partage des ressources.

Et parce que nous sommes fiers de notre identité bretonne ; parce que nous sommes forts de notre cohésion sociale et de notre vivacité culturelle, nous rejetons fermement la politique du bouc émissaire et l’exploitation des colères sociales qui constituent le fonds de commerce des nationalo- populistes en France comme ailleurs en Europe :

Ce ne sont ni les réfugiés ni les migrants, quelle que soit leur religion, qui contribuent au dérèglement climatique. Ils en sont souvent les premières victimes.

Ce ne sont ni les réfugiés ni les migrants, quelle que soit leur religion, qui sont la cause de la diminution dramatique de la population agricole et du nombre de fermes à travers la Bretagne. Ils sont nombreux à trimer dans nos serres et dans nos usines agro-alimentaires.

Ce ne sont pas eux non plus qui ont cassé les outils de financement du logement social, qui contribuent à l’envolée des prix des maisons sur le littoral breton, ou qui décident de la fermeture des services publics – hôpitaux, collèges, écoles – essentiels à la prospérité de nos territoires.

Et puisque l’on parle beaucoup de Front Populaire et d’unité ces temps-ci, rappelons que le terme fut utilisé pour la première fois en janvier 1936 à l’occasion d’un scrutin dans l’état espagnol. Ce fut un accord entre toutes les forces de gauche, mais aussi avec toutes les forces des périphéries, les nationalités — catalane, basque, galicienne, andalouse – un accord qui intégrait le respect du droit à l’autodétermination des peuples et une large amnistie pour les prisonniers politiques. On peut espérer que de telles exigences en matière de démocratie et de justice puissent inspirer les animateurs contemporains du Nouveau Front Populaire en France.

Aucune refondation démocratique ne pourra avoir lieu sans rupture avec la mystique du centralisme national-républicain.

Pour notre part, nous tenons à clôturer cette prise de parole par un salut à nos amis ukrainiens et palestiniens, dont les drapeaux flottent ici aux côtés du Gwenn-ha-Du. Et nous adressons un salut chaleureux, par-delà les mers et les murs des pénitenciers, aux insurgés Kanaks emprisonnés et à leurs familles, ainsi qu’à ceux qui — en Martinique et en Guadeloupe — manifestent contre la vie chère ; ils nous montrent l’exemple.

La mobilisation de la société bretonne pour une reconstruction démocratique est en cours. Elle doit se poursuivre et s’amplifier :

Le 1er octobre, les organisations syndicales mobiliseront contre l’austérité ; soyons partout à leurs côtés, dans les villes et dans les bourgs, dans les entreprises et dans les quartiers de Bretagne !

Le 5 octobre, une flottille antifasciste tentera de libérer l’archipel des Glénan de l’emprise de M.Bolloré ; faisons tout pour que cette action soit couronnée de succès et appelons les vents de la Bretagne à gonfler leurs voiles !

Le 12 octobre, à Carhaix, les défenseurs des hôpitaux publics se rassembleront pour défendre l’accès aux soins dans tous les territoires bretons, urbains comme ruraux ; saisissons cette occasion pour réaffirmer que la Bretagne est un espace civique cohérent pour construire des politiques publiques volontaristes au bénéfice du plus grand nombre, à commencer par les plus modestes.

Oui, commençons dès à présent à construire la Bretagne en commun, en forgeant des liens complices, des solidarités assumées, des alliances inédites, pour décider, agir et vivre ici en toute dignité ! Betek an trec’h !

 

Gildas Grimault, chercheur spécialiste de l’enseignement en langue bretonne fait le point sur les prétendus privilèges sociaux des élèves du réseau Diwan…et certaines légendes en prennent un coup…Merci à lui pour cette contribution.

L’indice de position sociale ne rend pas compte de la richesse économique des parents

 

Lors de l’année scolaire dernière, le réseau Diwan a pris connaissance du nouvel indice de position sociale publié par le Ministère de l’Éducation Nationale. Le classement obtenu par les écoles en immersion de breton a provoqué l’étonnement : le réseau toujours en proie à des difficultés financières apparaissait au côté des écoles les plus huppées de l’académie de Rennes. Cela dissonait avec les propres observations réalisées, par exemple au lycée Diwan de Carhaix où le nombre de boursiers est supérieur à la moyenne de cette même académie.

 

Cette confusion trouve sa source dans l’expression « position sociale », une expression peu usitée et mal définie en sociologie. Dès lors, son emploi dans un cadre médiatique produit des approximations, où nombre d’articles ont confondu la position sociale des parents à leur niveau de richesse. Or, les revenus, et encore moins le capital économique, n’interviennent quasiment pas dans le calcul de l’indice. 

 

 

Un indice trompeur

 

En réalité, cet indice est un indicateur du capital culturel des parents qui permet de savoir si les élèves sont issus d’un milieu social favorable aux apprentissages. Cet indicateur a été créé dans la filiation des travaux du sociologue Pierre Bourdieu dont les études avaient permis de montrer que le capital culturel des parents étaient plus important que le capital économique pour expliquer la réussite scolaire des enfants.

 

Avec cette logique, il a été choisi d’attribuer aux familles d’enseignants le plus fort IPS. A l’évidence, ce n’est pas le niveau de revenu qui leur vaut cette première place – de nombreuses professions et catégories socioprofessionnelles (PCS) ont un niveau moyen de revenu bien plus élevé – mais bien la réussite scolaire des enfants d’enseignants qui est effectivement supérieure à la moyenne des 31 autres PCS présents dans le calcul de l’IPS.

Si l’on s’intéresse à la construction factuelle de l’indice on s’aperçoit qu’il fait fi du capital financier (le nombre de biens immobiliers et d’actifs financiers que possèdent une famille) et que le niveau de revenu n’est pris en compte que dans une des cinq variables qui construisent l’indice. Et encore, comme un élément à côté d’autres comme le nombre de pièces du logement, le partage de chambres entre enfants, la présence d’ordinateurs au domicile… Bref, le poids du revenu est dérisoire dans le calcul de l’indice.

 

Suivant cette logique culturelle, l’IPS offre une meilleure note aux enfants de « professions de l’information, des arts et des spectacles » qu’aux enfants de « chefs d’entreprise de dix salariés ou plus ». Dit en des termes plus concrets, l’enfant d’un·e musicien·ne dont la mère ou le père aurait des difficultés à obtenir l’intermittence obtiendrait un indice IPS supérieur à l’enfant dont le père ou la mère serait à la tête d’une entreprise de 500 salarié·e·s, dont le capital économique est incommensurablement supérieur. Sans aucune donnée précise, de nombreuses indications nous laissent à penser une surreprésentation des parents exerçant dans les métiers des arts et spectacles à Diwan, ainsi que des parents professeurs, deux PCS où la langue bretonne est présente. Dans une moindre mesure, la forte représentation des parents exerçant des responsabilités dans le secteur associatif a pu également gonfler l’indice dans certaines écoles.

Finalement, l’indice nous “apprend” seulement que les parents de Diwan ont un intérêt prononcé pour la matière culturelle, un résultat bien moins surprenant pris sous cet angle et en adéquation avec les valeurs portées par le réseau immersif. Ce constat confirme l’urgence de la mise en place d’une vraie politique publique pour permettre à tous les élèves d’accéder à un enseignement immersif en breton, une revendication qui est au fondement des écoles Diwan déjà à la fin des années 70.

 

 

Au lycée Diwan de Carhaix, plus de boursiers que la moyenne académique

 

L’intérêt des parents de Diwan pour la culture ne présage rien de leur richesse économique, même s’il peut y avoir corrélation parfois. Les informations dont nous disposons au lycée de Carhaix montrent qu’à Diwan il y a bien une dissociation forte entre le capital économique (inférieur à la moyenne académique) et le capital culturel (supérieur à la moyenne académique). En effet, comme nous le notions déjà en 2020, dans un mémoire intitulé Petra a lak al liseidi da vont e brezhoneg er skol dre soubidigezh ?, au lycée Diwan « les familles de cadres supérieurs et d’enseignants sont surreprésentées au regard du reste de l’académie. 41 % des lycéens avaient des parents cadres ou enseignants contre 31 % dans le reste de l’académie en 2016. Toutefois, il y avait une plus grande part de lycéens boursiers que dans le reste de l’académie (20% contre 15%) » En 2022, c’est tout bonnement un quart (26 % exactement) des lycéen·ne·s de Diwan qui étaient boursiers contre 14,7 % au niveau académique, soit près du double.

 

Au final, suite à sa condamnation en 2022, l’Éducation Nationale a été contrainte de rendre public l’indice de position sociale école par école. On peut déplorer que cet IPS soit un indicateur incomplet et qui rend mal compte de la composition sociale des familles à l’école, et qu’il n’existe pas un indicateur complémentaire afin de révéler les inégalités économiques entre écoles.

En effet, les écoles Diwan, contrairement à la majorité des écoles privées, sont gratuites. Leur financement ne repose donc pas sur un prix d’entrée que supporteraient des parents fortunés, mais bien sur la solidarité financière des personnes qui pensent indispensable l’existence d’un réseau d’écoles immersives en langue bretonne. Le danger pour Diwan est que cet IPS, qui est confondu avec l’aisance économique, atténue la solidarité financière qui fait vivre les écoles.

 

Gildas Grimault

 

La Gauche Indépendantiste, War-Sav POGI, appelle à se joindre  au rassemblement le jeudi 25 août à 10h30 devant l’Inspection Académique 12 rue du Poulfanc à Morlaix pour l’ouverture de la filière bilingue dès la rentrée à Plougasnou. Après la lutte victorieuse que la communauté attachée à l’enseignement en langue bretonne, a mené l’an dernier pour l’ouverture de la filière bilingue au lycée Tristan Corbière à Morlaix, c’est pour Plougasnou qu’il faut se battre et suivre le chemin de la victoire morlaisienne il y a un an.

Seule la lutte paie ! Assez des attaques répétées des instances de l’Éducation Nationale !

Alors que toutes les conditions sont remplies pour l’ouverture de la filière bilingue publique breton-français sont réunies : nombre d’élèves inscrits, enseignante nommée, ATSEM recrutée, salle aménagée, soutien des élus locaux, l’inspection académique à décidé la veille des vacances d’été de suspendre l’ouverture à 2023.

Cette décision arbitraire est inacceptable et montre une énième attaque contre le développement de l’enseignement en langue bretonne. C’est aux bretonnes et bretons de décider pour que l’enseignement de notre langue soit pérennisé. Pour cela, nous demandons la gestion de la compétence éducation par une institution bretonne de plein exercice.

 

Le Conseil Constitutionnel vient de censurer 2 articles fondamentaux de la loi Molac. Cet organe garant de la Constitution Française ne pouvait en effet remettre en question l’article 2 de la Constitution qu’elle préserve. Un peu de sérieux si on se met dans la peau des Sages. L’article 2 pose la langue française comme langue de la République. Donc l’enseignement en immersion en breton, basque, catalan, corse, alsacien ou occitan dans l’enseignement public est anticonstitutionnel. Une fois encore logique si on se met dans la peau des mêmes Sages. Et puis le français, langue de la République, ne peut reconnaître les signes diacritiques des langues n’étant pas la sienne. La boucle est bouclée. Dans un précédent communiqué, nous faisions part de nos craintes quant aux suites données à la loi Molac. Nous ne nous sommes malheureusement pas trompés. Mais jusqu’à quand le Peuple Breton fera t-il l’aumône envers Paris ? Jusqu’à quand le Peuple Breton croira t-il en l’utilisation des institutions françaises pour qu’enfin ses droits les plus élémentaires soient reconnus et appliqués ? Nous avons, une fois encore, la fois de trop espérons-le, la preuve que cette stratégie ne marche pas et ne marchera jamais. Nous appelons donc à la construction d’un pouvoir propre en Bretagne muni de compétences législatives dans les domaines linguistiques, éducatifs, économiques, sanitaires et environnementaux. Cette construction ne semble pas être à l’agenda des diverses listes voulant toutes « plus de Bretagne » à l’occasion des prochaines élections régionales. Si nous oeuvrerons à la construction cette justice sociale nous seront également dans la rue aux côtés de celles et ceux qui lutterons pour parvenir à cet objectif. A commencer par le samedi 29 mai à Guingamp à 13h30, place de la Gare, pour la grande manifestation pour l’officialisation de la langue bretonne, à l’occasion de l’arrivée de la Redadeg 2021.

Pour l’organisation de la Gauche Indépendantiste, War-Sav.

Le 29 mai la Redadeg arrivera à Guingamp lors d’un événement habituellement festif. Mais la Redadeg est aussi une forme de lutte pour la langue bretonne. C’est pourquoi nous appelons à une manifestation pour la défense de notre langue ce même jour à partir de 14h00 à la gare de Guingamp.

La loi Paul Molac sur les langues dites régionales a été votée par l’ ensemble des députés bretons toutes tendances confondues et majoritairement bien accueillie par les élus locaux. Cela montre que les bretons sont capables de s’unir pour défendre la langue bretonne.

Cette nouvelle loi, si elle n’est pas invalidée par le Conseil Constitutionnel, permettra de renforcer la place de la langue sur les panneaux routiers, à l’état civil et bien sûr de financer de manière plus juste les écoles Diwan et de pratiquer l’éducation immersive dans les écoles publiques comme privées.

 

Pour que la langue vive et qu’elle soit langue de vie quotidienne il faut mettre en place une politique linguistique ambitieuse avec les moyens financiers adéquats, dans chaque collectivité dans toute la Bretagne et dans tous les champs d’action :

– la petite enfance, l’éducation de la maternelle à l’université,

– les médias et l’édition, l’audiovisuel et le numérique,

– la formation des adultes,

– les loisirs pour les plus petits et les adultes,

– les pratiques culturelles amateures et professionnelles,

– l’économie et les services publics.

Tout ceci doit être clairement spécifié dans les objectifs qui seront inscrits dans la convention Etat/Région sur la langue bretonne et son utilisation dans la vie publique et le transfert de compétences à la Bretagne.

Pour une convention Etat/Région ambitieuse, pour refuser les attaques injustes de la part du gouvernement nous vous invitons à venir manifester à Guingamp le 29 mai à l’occasion de l’arrivée de la Redadeg.

Quelques jours avant les élections départementales et régionales, nous défilerons pour montrer notre volonté de voir notre langue bien vivante se développer dans le cadre d’un statut officiel.

Appel signé par les associations: Stumdi, Mervent, Sked, KLT, DAO, Emglev Bro Gwened, Arvorig FM, Bannoù Heol, Ar Redadeg, KBP-APLB, Emglev Bro An Oriant, Ti Douar Alre, KEAV, Ti ar Vro Landerne-Daoulaz, Mignoned ar brezhoneg, Daoulagad Breizh, Ti ar Vro Gwengamp, Telenn – Ti ar Vro Sant-Brieg, Ai’ta!, C’hoariva, Keit Vimp Bev, Roudour….

 

La journée d’action contre la réforme de l’assurance chômage émanant des lieux culturels occupés par notamment des intermittents et précaires en lutte a rassemblé ce 23 avril des manifestants dans des proportions honorables à Lannion , Guingamp , Saint-Brieuc, Rennes ,Nantes ,Quimper, Brest, Vannes…

Les organisateurs majoritairement issus des milieux artistiques syndiqués et politisés un peu à la manière du mouvement « Nuit Debout » ont réussis à maintenir un cycle de mobilisation visible dans la durée puisque ces occupations durent depuis plus d’un mois pour certaines.

Bien sur le mouvement est traversé de contradictions et les limites de son volontarisme à être le mouvement de tous les précaires sont évidentes. Mais il est clair que les artistes et techniciens habitués à s’organiser ces dernières années contre les attaques du système de l’intermittence ont fait preuve d’une capacité certaine d’auto-organisation et ils disent avec raison être la partie émergée de l’iceberg de la misère et de la précarité qui s’abat sur tous sur fond de crise économique liée au Covid, prétexte pour attaquer les droits sociaux.

En Bretagne on croise parmi les animateurs de ce mouvement beaucoup de musiciens et chanteurs des scènes de musiques populaires bretonnes ( Fest-Noz), d’acteurs et actrices bilingues…On a vu fleurir ici et là des banderoles en breton , des affichettes dans cette langue…

Fin mars une initiative est passé un peu inaperçue, celle portée par le Collectif des Théâtres en Langues Autochtones. Cette structure regroupe des troupes de théâtres pro ou amateurs de Bretagne, Pays Basque, Corse , Occitanie, Alsace, Catalogne Nord depuis 2019.

Investis dans le mouvement d’occupations des lieux de spectacles ses animateurs et animatrices ont des revendications spécifiques aux langues dites « régionales » avec lesquelles ils et elles créent et travaillent.

Ces revendications qui leurs sont propres méritent d’être connues et popularisées car elles contribuent à la transmission de la langue bretonne.

Nous avons publié la version bretonne de ce texte ici.

 

 

 

Communiqué du C.T.L.AUTOCHTONES

Le Collectif des Théâtres en Langues Autochtones, solidaire de l’ensemble des luttes en cours, rappelle ses vœux généraux pour l’ensemble de la filière des théâtres en langues autochtones dites aussi « régionales », « minoritaires » ou « minorisées » du territoire national :

  • Avoir l’accès aux réseaux institutionnels de diffusion (Centres Dramatiques Nationaux, Scènes Nationales, Scènes Conventionnées…) et être programmés régulièrement et de façon officielle dans le cadre de leurs saisons culturelles.

  • Avoir les moyens humains et financiers pour développer des formations artistiques professionnelles spécifiques à nos langues et nos cultures.

  • Être soutenus dans nos moyens de production, de création, de diffusion et d’édition.

Quant aux effets délétères de la crise sanitaire, aggravant de fait :

  • L’état de « survivance » de la filière professionnelle des théâtres en langues autochtones,

  • Le maintien des personnels salariés et l’emploi des intermittents des secteurs artistique, culturel et associatif, dont nous nous portons solidaires,

  • La précarité des structures sans véritable reconnaissance officielle, dont nous nous portons solidaires,

Nous, C.T.L.Autochtones, souhaitons :

  • Une attention particulière envers la filière des Théâtres en Langues Autochtones de la part de l’ensemble des pouvoirs publics ayant la maîtrise de la chaîne artistique, culturelle et associative.

  • La création d’un statut officiel « Structure Empêchée » et la mise en place de moyens financiers qui permettront de garantir les loyers, les charges… les salaires à taux plein de l’ensemble des personnels intermittents (le paiement des répétitions etc…) et le maintien du personnel salarié.

  • Dès lors que la reprise du spectacle vivant sera possible : la garantie de programmations régulières de spectacles professionnels en langues autochtones en l’inscrivant au cahier des charges de l’ensemble des circuits de diffusion bénéficiant des fonds publics conséquents de l’Etat, des collectivités territoriales et locales.

  • Concernant toujours l’ensemble des lieux de diffusion subventionnés (scènes conventionnées, théâtres municipaux, nationaux…) : l’accueil en résidence de création et une aide financière de coproduction pour les compagnies de théâtre en langues autochtones.

  • Par région, la mise en place d’une aide spécifique pour la création de spectacles jeune public en langues autochtones, accompagné d’un circuit de diffusion destiné à l’ensemble des établissements scolaires associatifs, privés et publics de la maternelle au secondaire qui dispensent une langue régionale (en immersion et bilingues).

  • Pour les organisateurs occasionnels de spectacle : le développement, l’extension et la pérennisation d’un dispositif dédié à la diffusion de spectacles professionnels en langues autochtones à l’exemple de la Bretagne avec le GIP Cafés Cultures (qui prendra fin au 31/06/2021)

Le C.T.L.Autochtones, le 22 mars 2021

Le recours devant le conseil constitutionnel d’une soixantaine de députés LREM contre l’adoption de la loi sur les langues dites régionales vient rappeler l’hostilité profonde de cette formation et singulièrement de JM Blanquer à la diversité linguistique. C’est aussi la non promulgation de la loi dans les 15 jours par le président de la République française qui aura permis cette saisine du conseil constitutionnel, comme si la stratégie était réglée à l’avance.

En 2021 il n’est pas normal que l’avenir de la langue bretonne et des autres langues ayant résisté au rouleau compresseur français dépende de l’avis d’un Conseil non élu sur une constitution datant de 1958.

En Bretagne la transmission de notre langue fait consensus ce qui nous fait défaut ce sont des institutions bretonnes spécifiques pour pouvoir prendre prendre nos décisions en toute indépendance notamment pour impulser une politique de réappropriation linguistique ambitieuse.

Nous restons disponibles pour réoccuper la rue et entamer un bras de fer avec Paris pour être respecté en tant que peuple breton.

Pour l’Organisation de la Gauche Indépendantiste (War-Sav)