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Le texte qui suit est une contribution écrite par Eric Bainvel, militant de longue date de la Gauche Indépendantiste, ex élu municipal à St Herblain , syndicaliste impliqué dans l’enseignement bilingue en pays Nantais. L’annonce faite par LFI sur les Eco-Régions , quand bien même nous la critiquons, permet de mettre le sujet de l’unité de la Bretagne sur la table dans le cadre des débats politiques liés à la présidentielle.

 

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Cette position sur les Eco-Regions de LFI a suscité en Bretagne d’autres réactions critiques. Citons entre autres , en plus de celle de Jonathan Guillaume de la Coordination Démocratique de Bretagne ,  celle de des Géographes de Bretagne sur le  site Geobreizh et celle du collectif indépendantiste Dispac’h .   Sans oublier celle Mickael Bodlore Penlae su site GeoBreizh. A l’intérieur même des rangs de LFI en Bretagne elle jette aussi un certain trouble. Ainsi les élus LFI de Loire-Atlantique ont renoncés à participer au débat de la Coordination Démocratique de Bretagne du lundi 7 septembre à Nantes alors qu’ils y étaient conviés.

Bretagne info.

Les contradictions de la France Insoumise sur les “Ecorégions”

Par Eric Bainvel militant de la Gauche Indépendantiste

Le 2 juillet dernier, Jean-Luc Mélenchon présentait la proposition de la France Insoumise, les écorégions.

Ces écorégions remplaceraient les régions actuelles et seraient organisées autour des bassins versants, avec des compétences fortes quant à la transition écologique et d’adaptation au changement climatique dans le cadre d’une « République écologique ».

On doit reconnaître que au sein des grandes formations politique françaises classées à gauche, la FI et le parti les Ecologistes, sont les seuls à s’emparer réellement des questions écologiques et climatiques en les mettant en avant et à faire des propositions qui ne soient pas des mesures cosmétiques.

Aussi cette proposition de la création d’écorégions apparaît en premier lieu comme une rupture avec la pensée d’aménagement fondée uniquement sur la course à la croissance, puisqu’elle se veut « faire face à la crise écologique globale ». Mais qu’en est-il réellement ?

 

Eric Bainvel en 2023 dans une manif à Nantes pour l’unité de la Bretagne

Ce concept d’écologie politique a commencé à être théorisé à la fin des années 1960 / début 1970 aux Etats-Unis, dans le bouillonnement politique de la contre-culture californienne. Ses principaux penseurs états-uniens sont Peter Berg,  Raymond Dasmann et Kirckpatrick Sale.

L’affirmation de réorganisation par bassin versant et la carte qui l’accompagne sont complètement en contradiction avec ce qui est écrit dans le programme de la FI pour les élections de 2027, puisqu’il y est écrit qu’il sera « Organiser le débat démocratique et le processus de planification à l’échelle du pays à travers la participation de tou·tes les citoyen·nes dès l’élaboration du plan par l’organisation de débats publics pouvant déboucher sur des Référendums d’initiative citoyenne (RIC), afin d’aboutir à un projet considéré comme réaliste et légitime par la population. » Quel débat démocratique pourrait avoir lieu si tout est déjà décidé par l’État central ?

 

Contradiction aussi au sujet des RIC, lorsque J-L Mélenchon le 14 juillet en meeting à Paimpont affirme qu’il ne veut pas de réunification, alors que plus de 105 000 électrices et électeurs de Loire-Atlantique, soit plus de 10 % du corps électoral départemental, ont signé une pétition, normalement prévue par la loi, pour demander une consultation sur la réunification. Et que les déput.é.e.s Insoumis.e.s de Loire-Atlantique, Ségolène Amiot et Andy Kerbrat, ont iels-mêmes cosigné en 2023 la proposition de loi de Paul Molac relative à la consultation des habitants d’un département sur le choix de leur région d’appartenance. Mais qu’en est-il aujourd’hui de leur part depuis les déclaration de leur leader ?

Comment s’étonner alors des déclarations totalement confuses et truffées d’inexactitudes géographiques, pour ne pas dire d’une nullité crasse, de Cécile Beaudouin, tête de liste de la FI aux élections municipales de Brest en 2027 et élue au Conseil Municipal, au micro de radio Breizh le 19 août dernier, tentant de justifier l’injustifiable pour une citoyenne élue en Bretagne.

Celle-ci affirme que « le pays nantais est lié à la Loire, ce qui n’est pas le cas pour le pays rennais et le pays vannetais. Ceux-ci sont liés à la Vilaine, la Rance, l’Elorn, l’Aulne… Pour l’eau et les rivière, la Bretagne est un pays un peu différent (sic) ». La réalité géographique et hydrographique qu’elle décrit est profondément fausse et uniquement motivée pour essayer de justifier leur projet.

Comme le signalait Jonathan Guillaume dans un texte publié le 16 juillet dernier sur ce même site, « en Bretagne, Jean-Luc Mélenchon refuse de discuter de la réunification alors même que près de 45 % du réseau hydrographique de la Loire-Atlantique ne relève pas du bassin versant de la Loire, tandis que les enjeux environnementaux de l’estuaire dépendent directement des politiques maritimes de la péninsule bretonne. » De même les géographes de Bretagne rappellent ce qu’est la réalité de la géographique physique en Bretagne en terme hydrographique : « Car en Bretagne, péninsule s’avançant dans l’océan, ce qui prime d’abord en matière hydrologique, c’est d’abord l’état de la mer, directement dépendant de nos actions à terre, impacté par de nombreuses pollutions et impliquant de gérer la ressource en eau , de la mer en remontant vers la source. Et retenir cette option proposée, ne résoudrait pas tout le problème. Car la Bretagne est un territoire complexe sur le plan hydrographique, n’offrant guère de réserves hydriques dans ses sols granitiques. Ici, 80% de pluies tombées rejoignent en moins de 3 jours la mer. Ici, peu de grands fleuves, hormis la Loire qui l’effleure mais impacte profondément son littoral sud. Le réseau hydrographique breton se distingue par l’existence de 4 autres systèmes bien distincts avec leurs caractéristiques propres selon les secteurs géographiques. L’essentiel de la ressource en eau provient de la zone centrale plus élevée (Monts d’Arrée et Montagne Noire) pour ensuite s’écouler à la mer dans des bassins bien différents de nature. La côte Nord-Ouest se caractérise par de petits fleuves côtiers rapides aux bassins limités qui coïncident à peu de chose près aux Pays, aux Communautés d’agglomération et aux nombreux Schémas de cohérence (SCoTs) des villes ports s’égrenant sur la côte. Ici la notion d’éco région peut prendre tout son sens, localement, mais son origine est tout autant historique que physique. Mais pour le reste du territoire, c’est moins le cas. Au Nord-Est, cette belle cohérence s’estompe, les fleuves côtiers en provenance des rebords nord du synclinorium médian s’avèrent moins nombreux, plus courts et plus lents, irriguant des bassins plus disparates et moins en adéquation avec l’organisation humaine sauf dans le cas de la Rance. Sur la côte Sud, le problème est plus complexe encore car les fleuves côtiers (Aulne, Elorn, Scorff et Ellé, Blavet) ont un parcours plus long, couvrant des bassins étendus n’offrant pas la même cohérence d’organisation humaine et surtout alimentant la plaine côtière littorale très densément peuplée (1/3 de la population bretonne y réside). Celle-ci devient alors plus complexe, couvrant plusieurs Pays. Quant au grand bassin de la Vilaine, le seul sédimentaire, il dépend pour son approvisionnement des reliefs du Mené et de ceux situés aux confins de la Mayenne. »

Le 1/4 Nord de la Loire-Atlantique en fait parti. Ainsi qu’une petite partie du Maine et Loire. « C’est le seul à posséder des réserves aquifères mais il doit supporter actuellement le poids de la métropole rennaise qui les pompe. Quant à la portion de la Loire irriguant de sud de la Bretagne, elle n’est en fait que l’estuaire d’un fleuve qui, après un long cours à travers le centre du pays s’englue dans ses sables et un lit majeur très large, s’évanouit en grand partie en arrivant en Bretagne, Son cours en aval de St Florent le Vieil n’est en fait qu’un estuaire soumis à la marée mais qui rejette les pollutions du grand bassin de la Loire. Aussi cette agence de gestion hydrographique Loire-Bretagne n’a guère de pertinence dans la gestion des eaux bretonnes, hormis sur la question des eaux maritimes bordières du littoral sud, fortement impactées par les rejets de ce fleuve. »

Si Mélenchon veut donc aller au bout de son raisonnement et suivre les bassins versants,  il faudrait donc modifier aussi les frontières départementales, voir les supprimer pour être en cohérence avec son projet. Mais peu de chance car le département, création technocratique de la révolution française, est un totem « républicain » pour lui. Il pourrait aller plus loin aussi pour être totalement logique, en rattachant l’Alsace au Bade-Wurtemberg puisqu’iels dépendent du bassin versant du Rhin. Mais aussi de réunifier le Pays Basque Nord avec le sud en raison du bassin versant de la Bidassoa.

Mais la réalité a peu d’importance dans la proposition des écorégions faite par la FI. Le but n’est pas la réalité et la vérité mais l’imposition d’une réalité alternative répondant aux fantasmes idéologiques nationalistes non ethnicistes et impérialistes français de gauche, dont J-L Mélenchon en bon disciple lambertiste inscrit sa pensée.

 

Dans la suite de l’interview, le journaliste lui fait remarquer l’importance de la culture, de l’histoire etc… pour les régions et pays et d’autant plus en terme écologique, et qu’avec cette carte ces points sont supprimés, elle répond : « je ne pense pas que c’est une bonne chose de lier le pays nantais avec la Bretagne (resic) car le pays nantais va aspirer les gens et les activités économiques. Ce sera fini pour le pays rennais, ce ne sera pas super pour le Finistère car nous sommes plus loin de Nantes que de Rennes. » Faut-il rappeler à Cécile Baudoin que Rennes est beaucoup plus près de Nantes que de Brest et que les distances entre Brest et Rennes et Brest et Nantes sont très proches. Si elles sont compliquées en terme de déplacement ferroviaire c’est uniquement en raison de choix politiques visant à favoriser le transport routier, au système centraliste français tourné vers Paris au détriment des territoires et de leurs populations, et de la volonté de détacher la Loire-Atlantique de la Bretagne afin de poursuivre l’oeuvre lancée par Pétain Darlan Laval à laquelle la FI semble aussi s’atteler. D’ailleurs les limites géographiques de la région proposée par la FI englobant la Loire-Atlantique correspond à celle créée par Vichy en 1941. Serait-ce en souvenir de François Mitterrand, dont J-L Mélenchon est un fervent admirateur, et de son passé collaborationniste vichyste ?

Quand au fait que « le pays nantais va aspirer les gens et les activités économiques » et que « ce sera fini pour le pays rennais », on tombe dans la méconnaissance, voulue ou non, des réalités. D’une part l’influence de l’économie du pays nantais, rattachement ou non, sur le reste de la Bretagne n’est pas récente. Elle date du moyen-âge, époque où le siège du pouvoir était Nantes. D’autre part Rennes n’est pas aspiré par Nantes et ne le sera pas.

La question en Bretagne ne se joue pas là, mais dans la fracture Est-Ouest, que la Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (DATAR) définissait en 1992 : « Tout ce qui est à l’ouest de la ligne Rennes/Nantes/-Saint-Nazaire est un finistère, c’est à dire un territoire sans intérêt économique ». Et c’est ce territoire, dans le cadre de la politique de métropolisation et de concurrence territoriale, qui aspire depuis 40 ans les gens et les activités économiques de l’Ouest de la Bretagne, comme le montre leur dynamisme économique et démographique, au détriment du reste de la Bretagne, et en particulier des Côtes d’Armor et du centre Bretagne, de Pontivy à Carhaix. Cette volonté de résistance et de refus à cette politique délétère fut un des motifs de la lutte au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Enfin cela signifie donc pour Cécile Beaudoin, et on peut l’imaginer pour d’autres élu.e.s breton.ne.s de la FI, qu’elle ne remet pas en cause cet état de fait néolibérale de concurrence des territoires, puisqu’elle ne plaide pas pour une remise en cause de cette politique, mais au contraire l’assume comme inévitable.  

 

Biorégions contre écorégions : Démocratie locale contre centralisme étatique

 

Le choix du terme écorégions et non biorégions par la direction de la FI et donc Jean-luc Mélenchon n’est pas fortuite. En effet l’écorégion, à l’inverse de la biorégion, n’inclue pas la dimension humaine, culturelle et historique. Exit donc la question des différents peuples et de leurs cultures et langues qui composent le territoire français continental européen que la République française n’a cessé et ne cesse de chercher à détruire. Tout en dénonçant l’impérialisme de la langue anglaise au non de la diversité.

Le concept de biorégion est bien plus large que celui d’écorégion car il prend en compte de nombreux autres critères dont la réalité humaine, culturelle et historique.

Comme l’écrivent en 1977 Peter Berg et Raymond Dasmann, le terme de « biorégion » est utilisé pour « faire référence au contexte géographique autant qu’au contexte cognitif – à savoir aussi bien à un lieu qu’aux idées qui ont été développées à propos des manières de vivre en ce lieu ». « Au sein d’une biorégion, on trouve une uniformité de conditions d’influence du vivant ; conditions qui à leur tour influencent l’occupation humaine. » Et plus loin : « Une biorégion peut initialement être déterminée par le biais de la climatologie, de la géomorphologie, de la géographie animale et végétale, de l’histoire naturelle et d’autres sciences naturelles encore. Cependant, ce sont les gens qui y vivent, avec leur capacité à reconnaître les réalités du vivre in situ qui s’y pratique, qui peuvent le mieux définir les limites d’une biorégion. »

 

Pour l’auteur américain Kirckpatrick Sale, le biorégionalisme implique nécessairement des modes d’organisation décentralisés de la société. Selon lui, la biorégion est «un lieu défini non pas par des diktats humains, mais par des formes de vie, la topographie, son biotope ; une région gouvernée non par la législature, mais par la nature […]. Le biorégionalisme exprime ses idées essentielles que je crois nécessaires à la survie de l’humanité sur la terre : la compréhension écologique, la conscience régionale et communautaire, la possibilité de développer un ensemble de sagesses et de spiritualité basée sur la nature, la sensibilité bio centrée, l’organisation sociale décentralisée, l’entraide, et l’humilité des groupes humains. » A l’inverse donc du projet des fantasmes des technocrates centralisateurs de la France Insoumise ne connaissant pas les réalités locales et niant la réalité humaine, culturelle et historique.

 

 

La Bretagne : une bio région

Selon Serge Latouche, professeur émérite d’économie à l’université d’Orsay, surnommé « le pape de la décroissance », une biorégion correspond à « une entité spatiale cohérente traduisant une réalité géographique, sociale et historique ».

C’est exactement ainsi que l’on peut définir la Bretagne. Ce que l’on appelle l’identité bretonne, ou le peuple breton, correspond à cette entité. Il existe en effet une réalité géographique, sociale et historique, bien antérieure à ce que l’on appelle la France. Cette dernière commence véritablement à exister à partir du 13e siècle avec Louis 9, dit Saint Louis, qui abandonne le titre de roi des Francs au profit de celui de roi de France. La Bretagne, au début nommée Petite Bretagne (pour ne pas la confondre avec la Grande Bretagne) apparaît dans des textes dès le 6e siècle. Puis la noblesse bretonne s’émancipe totalement des carolingiens avec Nominoe en 845 en tant que royaume. Elle se transforme en duché en 945 avec Nantes comme capitale. Ses frontières n’ont quasiment pas bougées pendant 1000 ans jusqu’au découpage administratif de l’Etat Français pétainiste puis de l’Etat Français de la très monarchique et centraliste 5e République en 1972 avec la création de la région administrative dite des Pays De Loire (PDL qui sont aussi les initiales des 3 grands démocrates français qui en 1941 ont signé le 1er décret amputant la Bretagne d’1/5e de son territoire, à savoir Pétain Darlan Laval). Mais ce découpage purement administratif et technocratique fait que le pays nantais (en gros la Loire-Atlantique moins la partie morbihanaise située au sud de La Vilaine) est détaché administrativement de la Bretagne (sauf dans le domaine judiciaire) et rattaché à une région totalement artificielle qui elle est l’inverse même d’une entité spatiale cohérente traduisant une réalité géographique, sociale et historique. Lors de son dernier discours au palais de région (là encore la nostalgie monarchique contre la démocratie) de la région dite des Pays de Loire, un de ses créateurs et 1er président, Olivier Guichard affirma que cette  région administrative était obsolète.

Serge Latouche rajoute dans cette définition qu’une biorégion « peut-être plus ou moins rurale ou urbaine. […] Constituée d’un ensemble complexe de systèmes territoriaux locaux, dotée d’une forte capacité d’autosoutenabilité écologique ». Ce qui là aussi correspond au territoire breton historique. Même si celui-ci a été très abîmé par l’agriculture pétro-chimique, à l’image des marées vertes ; Que la pêche artisanale a été très affaiblie et sacrifiée par les dirigeant.e.s de l’Etat français au profit de la pêche industrielles et de celle d’autres Etats européens ; qu’un déséquilibre important a été créé par les politiques d’aménagement en faveur de l’axe Rennes, Nantes, Saint-Nazaire, la Bretagne est encore doté d’un maillage de petites ou moyennes communes, d’une agriculture qui se tourne de plus en plus vers l’avenir en se convertissant au bio (6e rang français pour la région administrative et 5e département de France pour la Loire Atlantique) et qui ne cesse de progresser en nombre, d’une pêche artisanale encore présente. Sa jeunesse est la plus diplômée et formée de l’hexagone. Et enfin et surtout une vitalité culturelle et un attachement important au territoire qui s’exprime régulièrement depuis la fin des années 1960 et en particulier depuis la lutte contre le projet de centrale nucléaire à Plogoff.  Suivra la lutte contre le projet de centrale nucléaire au Pellerin puis au Carnet. L’antinucléaire peut être considéré comme un sentiment national breton. Et évidement la lutte contre le projet d’aréroport à Notre Dame des Landes. La Bretagne  est donc « dotée d’une forte capacité d’autosoutenabilité écologique » si les choix politiques sont pris en ce sens afin de viser, comme le définit Serge Latouche, « à la réduction des dés économies externes et de la consommation d’énergie » 

 

Conclusion :

Les élection de 2027 et le péril fasciste, qu’il soit des candidat.e.s authentiquement d’extrême droite, comme de ceux ou celles qui en épousent les idées à droite, ne laisseront que peu de choix. Mais il n’y aura pas de chèque en blanc comme en 1981. Fini les lendemains qui déchantent.

Il en va du projet des écorégions présenté par J-L Mélenchon, en contradiction avec ce que son programme présente en terme de démocratie. Et en totale contradiction avec la pensée de l’écologie politique en général qui est basée sur la décentralisation des pouvoirs et l’autonomie démocratique, le respect des peuples, des cultures et des langues, et opposée donc à toute forme de centralisme et d’impérialisme. Il est donc nécessaire que celui-ci soit rediscuté. C’est ça la démocratie, n’en déplaise à Mélenchon et son rapport ambigu hérité du lambertisme à cette idée qu’il ne cesse d’invoquer. A moins qu’il ne veuille perde des voix, alors que le résultat du premier tour sera comme en 2022 très serré pour se qualifier au second tour.

Mais les déclarations de J-L Mélenchon souligne aussi la faiblesse historique du mouvement politique breton démocratique et l’incapacité des responsables du mouvement culturel et linguistique de comprendre que le problème est politique. Beaucoup dénonce ce que les corses ou basques du nord obtiennent. Mais c’est simplement à travers un rapport de force politique qu’iels sont construit.e.s dans leur territoire que les dirigeant.e.s de l’État français leur accorde plus d’autonomie. La FI d’ailleurs le reconnaît implicitement à travers ses déclarations sur l’autonomie de la Corse qu’elle considère comme légitime en raison des scores électoraux des mouvements autonomistes et indépendantistes corses.

Comme le déclarait officieusement, en décembre 1999, un ancien président socialiste du département de Loire-Atlantique : « tant que vous ne ferez pas au moins 5 % on en aura rien à foutre ! Et tant que certains accepteront des miettes, on leur donnera des miettes ! »

On peut se réjouir que les listes unitaires UDB/War-Sav/Pour la Bretagne aux sénatoriales dans les Finistère et dans les Côtes D’Armor assument cette revendication et fasse cette offre politique basée sur le droit de décider en Bretagne. 

Le prochain rendez-vous pour rappeler que cette revendication reste vivante en Loire-Atlantique aura lieu le 26 septembre à Nantes à 15h place de Bretagne.

Eric Bainvel (début septembre 2026)

 

 

 

L’Union Démocratique Bretonne, le mouvement Pour la Bretagne et la Gauche Indépendantiste War-Sav apportent leur soutien aux listes “Décider en Bretagne – Dibab e Breizh” aux élections sénatoriales, afin de porter une option basée sur le droit de décider en Bretagne devant les grands électeurs et grandes électrices.

Alors que les parlementaires de Bretagne ont apporté leur soutien à la demande corse d’un statut d’autonomie, il nous parait logique d’affirmer que les Bretons et Bretonnes ont tout autant de légitimité àdéfendre la nécessité d’un cadre démocratique rénové leur permettant d’avoir prise sur leur quotidien en matière d’accès au logement, aux soins, à la justice fiscale et à la réduction des inégalités territoriales, à la
diversité linguistique.

Face à la grave crise démocratique en cours, nos trois organisations affirment que l’autonomie est urgente et indispensable, et que cette proposition doit être au coeur du débat politique des élections sénatoriales. Nous appelons les organisations et individus favorable à la dévolution d’un pouvoir politique en Bretagne à apporter leur soutien à ces listes.

Les quatre titulaires de la liste dans le Finistère sont : Fulup Plouzané, maire de Commana et conseiller communautaire du Pays de Landivisiau, Izold Guégan, conseillère municipale de Carhaix, déléguée à
la langue bretonne et aux relations internationales, Yann Uguen, conseiller municipal de Plabennec, et Louise Le Coz, conseillère municipale de Pont-Aven.

Une démarche similaire est en cours Côtes D’Armor avec Nil Caouissin , conseiller régional, Christèle Daisey-Mogère, ancienne élue de Plouha, et Fabris Tréhorel, maire du Haut-Corlay.

Les deux suppléants sont Nolwenn Morvan, élue à Coatréven et Gael Roblin, élu à Guingamp.

Par ailleurs les organisations impliquées invitent à manifester le 26 septembre à Nantes pour le retour de la Loire-Atlantique en Bretagne et le droit de décider pour le peuple breton de Brest à Clisson, la veilledu scrutin des sénatoriales.

WAR-SAV ( Gauche Indépendantiste ) – UNION DÉMOCRATIQUE BRETONNE – POUR LA BRETAGNE

Le samedi 27 septembre prochain à 15h00 aura lieu la Manifestation « Divizomp e Breizh / Construisons un pouvoir politique breton » à Naoned / Nantes, place de Bretagne, à l’initiative de la Coordination Démocratique de Bretagne.

Le texte ci-dessous a été diffusé pour appeler à participer à cette initiative pour l’unité de la Bretagne, le droit de décider au pays, la justice sociale et environnementale, la langue bretonne. Diffusez cet appel et le visuel sur les réseaux sociaux, et venez en famille manifester le samedi 27 septembre prochain à Nantes ! Stourmomp betek an trec’h !

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Ceux qui pensent que la revendication pour le retour de la Loire-Atlantique au sein d’une Bretagne dont la population disposerait enfin d’un droit de décision sur son avenir n’est plus d’actualité se trompent lourdement.

Face au désengagement de l’État central, qui abandonne de nombreuses missions et conduit des politiques publiques dont les effets sont l’accroissement des inégalités sociales, l’accélération de la destruction écologique et du dérèglement climatique, les bretonnes et les bretons ont le droit de décider de l’avenir de leur pays, de la réunification et des compétences qui y sont liées.

Nous étions des milliers dans les rues de Rennes, le 17 mai, pour refuser l’austérité imposée par Paris aux collectivités locales bretonnes, une austérité qui frappe durement le tissu associatif œuvrant pour la langue et la culture bretonne.

Des collectivités se revendiquant « de gauche », au lieu de résister, appliquent elles-mêmes des mesures d’austérité, au détriment des plus vulnérables, de l’écologie et de la culture. La langue bretonne, déjà en danger, et la culture bretonne paient un prix très lourd en raison de ces coupes budgétaires, tandis qu’en Loire-Atlantique s’exprime une hostilité institutionnelle manifeste de la présidente du Conseil régional dit des « Pays de la Loire », la trumpiste sarthoise Christelle Morançais.

La Bretagne, pays nantais compris, doit devenir un lieu de résistance face au projet politique de M. Retailleau et du Rassemblement national : raciste, réactionnaire, autoritaire, antisocial, anti-écologique, anti-féministe et ultra-centralisateur.

Face à la crise globale du capitalisme, la seule réponse des dirigeant·es pour conserver prérogatives et privilèges passe par l’autoritarisme et la remise en cause des libertés individuelles et collectives conquises par les luttes, tout en détournant la réalité de leurs responsabilités sur des populations dites « étrangères ».
D’où leur soutien, à l’image de Bolloré, aux mouvements fascistes et néo-nazis, dernière ressource de leur projet. La Bretagne est pour eux une terre de mission.

Où sont passées les promesses de ceux qui dirigent aujourd’hui le Conseil régional de Bretagne, qui affirmaient dans leurs programmes vouloir « plus de Bretagne » et agir pour la réunification ?

Un projet que la gauche parisienne et ses relais en Bretagne sont incapables de combattre efficacement, parce qu’ils refusent d’admettre ce constat : en Bretagne, nous avons besoin d’un véritable cadre d’autogouvernement fiscal et législatif, pour porter des politiques publiques ambitieuses en matière de logement, de santé, d’aménagement du territoire, de partage des ressources, de politique linguistique et culturelle au service du peuple.

Construisons la Bretagne en commun, en forgeant des liens complices, des solidarités assumées, des alliances inédites, pour décider, agir et vivre ici, en toute dignité, quelles que soient nos origines ! Stourmomp betek an trec’h !

Communiqué de presse

Le 28 septembre, près de 1500 personnes défilaient à notre initiative, sans aucun incident, dans Nantes, en défendant une vision de la Bretagne arrimée à des principes de pluralisme démocratique, de diversité culturelle et d’humanisme face aux tenants d’un nationalisme français xénophobe, autoritaire et ultra-jacobin. Il s’agissait aussi de réaffirmer que la Bretagne, de Brest à Clisson, est un espace civique cohérent pour construire des politiques publiques volontaristes au bénéfice du plus grand nombre, à commencer par les plus modestes. Dans une ambiance chaleureuse, complice, une petite foule très jeune, joyeuse, de divers horizons avait donc convergé pour affirmer le droit du peuple breton à décider d’un autre modèle social, institutionnel, environnemental.


C’est cette manifestation que Bretagne Réunie et ses alliés avaient choisi de concurrencer par une initiative le 12 octobre dernier.

Nous avons été surpris que certains acteurs de la vie démocratique Nantaise que nous estimons ne sachent pas saisir l’opportunité du 28 septembre pour une Bretagne démocratique.
L’initiative du 12 octobre — qui a fini dans la confusion et des échanges de coups — est la conséquence de la présence d’un groupe nostalgique du 3ᵉ Reich, puisque que Bretagne Réunie n’a pas su les tenir à distance en ayant un message clairement antiraciste.
Plutôt que de se livrer à une autocritique, Bretagne Réunie préfère aujourd’hui mettre sur le même plan les néofascistes et ceux qui les combattent et refusent leur présence. C’est pour nous inacceptable. Cela oblitère de manière définitive et irrémédiable la possibilité pour Bretagne Réunie d’incarner un quelconque combat démocratique breton et de défiler dans les rues de Nantes.
Nous donnons d’ors et déjà rendez-vous à celles et ceux qui défendent l’idée d’un pouvoir politique breton sur les cinq départements et le refus du fascisme, à manifester le samedi 27 septembre 2025 dans les rues de Nantes.

D’ici là, nous proposerons d’autres rendez-vous de mobilisations communes sur lesquels nous communiquerons.

Réseau Asambles : Coordination pour Un Front Révolutionnaire Breton, Dispac’h, Ensemble Sur Nos Territoires, Ingalañ, UDB Yaouank, War-Sav-Gauche Indépendantiste, …

 

Bonus Bretagne Info sur les dérives anciennes de Bretagne Réunie
et sa capacité à tolérer l’intolérable :

2010 : Alan Coraud, actuel président de Bretagne Réunie, œuvrait déjà pour faire entrer des fascistes dans nos actions
https://44breizh.com/2010/03/02/fresque-humaine-reactions-de-44breizh/

2016 : Communiqué de la Gauche Indépendantiste sur les compromis de Bretagne Réunie avec le fascisme
https://www.bretagne-info.bzh/2016/09/26/pour-une-bretagne-reunie-de-brest-a-clisson-pour-le-droit-de-decider-et-contre-le-fascisme/

2017 : Lettre ouverte de Jean-Do Robin aux dirigeants de Bretagne Réunie
https://www.bretagne-info.bzh/2017/09/27/lettre-ouverte-aux-co-presidents-de-bretagne-reunie/

 

 
 

 

Construisons la Bretagne en commun Une manifestation pour l’unité de la Bretagne aura lieu à Nantes ce samedi 28 septembre. Mise à l’agenda par une vingtaine d’organisations culturelles et politiques bretonnes, elle tombe à pic ! Ce rassemblement est le premier jalon d’une série de mobilisations portées par la société bretonne. Elle se veut le creuset de convergences entre une demande démocratique non satisfaite en faveur de la consultation de la population sur l’unité et l’évolution institutionnelle de la Bretagne, des exigences linguistiques, culturelles et sociales fondamentales, et le refus de l’extrême-droite et de la xénophobie. En ces jours où la frustration démocratique est à son comble suite à la nomination d’un gouvernement contraire au résultat des urnes, nous invitons l’ensemble des forces politiques humanistes à saisir cette opportunité de manifester dans l’unité notre défiance à l’endroit du gouvernement et notre volonté de voir les collectivités locales bretonnes, depuis la commune jusqu’à la Région, devenir autant de lieux de résistance à une politique qui – sous la bannière du “retour à l’Ordre” – s’annonce dangereusement réactionnaire, autoritaire, anti-écologique, anti-féministe et ultra-centralisatrice.

La manifestation partira du Miroir d’Eau à 15h et se clôturera par un concert-fest noz et une offre de restauration

Communiqué co-signé par Ensemble Sur Nos Territoires, l’Union Démocratique Bretonne et War Sav

Premiers signataires de l’appel du 28 septembre 2024 (par ordre alphabétique) : La Coordination pour un Front Révolutionaire breton CFRB, Dispac’h, Diwan, Ensemble Sur Nos Territoires, la Fédération de Gouren, Ingalañ, Gwened Antifa, la Maison des Citoyens du Monde, la Marche des Solidarités, le Mouvement des Jeunes Kanaks en France, Radio Kerne, Radio Naoned, Ti ar Vro Gwengamp, Ti ar Vro Landerne, Union Démocratique Bretonne, Volya-solidarité Ukraine, War Sav-La Gauche Indépendantiste..

Nous publions ici l’appel écrit par des élus de la Gauche Indépendantiste issus des listes et expériences municipalistes. Cette liste va s’élargir dans les jours qui viennent.

Le tract est déja diffusé en breton et en français dans de nombreux lieux associatifs, en masse lors de l’arrivée de la Redadeg. de très nombreux militants sont ravis de l’initiative qui sera la première à remettre la Bretagne comme sujet politique suite à la langue séquence électorale d’où elle a été absente. Un rendez-vous à ne pas louper !

 

La Bretagne en commun ! La Bretagne c’est politique !

Le Département de la Loire-Atlantique a refusé d’inscrire à l’ordre du jour des débats la question de la réunification de la Bretagne, en dépit d’une pétition ayant recueilli 105.000 signatures et récemment la justice lui a donné raison. Cela renforce un sentiment de frustration démocratique. Ceux qui pensent que cela fera taire les revendications pour le retour de la Loire-Atlantique au sein de la Bretagne se trompent. Il est temps de réoccuper la rue. Les bretons et les bretonnes ont le droit de décider de l’avenir de leur pays, de sa taille, et ses compétences. La Région Bretagne a elle voté ( sans les voix des fascistes du RN qui est pour la suppression des Conseils Régionaux ) un vœu à une très large majorité pour l’autonomie, et donc pour construire un pouvoir politique breton. Mais comme sur le terrain de la réunification de la Bretagne les forces politiques présentes au Conseil Régional peinent à aller plus loin que des déclarations d’intentions et à donner un contenu sociale et populaire à cette démarche. A l’heure où l’état central se désengage de nombreuses missions pour conduire des politiques publiques bénéficiant à la majorité sociale alors que les inégalités sociales vont croissantes et obligent les collectivités à des mesures d’austérité, il est temps de réaffirmer la nécessité d’un pouvoir politique breton de Brest à Clisson, doté de compétences permettant :

-Une juste répartition des richesses et des équipements entre les métropoles et le reste de la Bretagne.

-L’accès équitable aux service publics de santé ou de transports

-Le logement à l’année pour ceux qui habitent et travaillent ici.

Les débats politiques français sont saturés par une surenchère identitaire excluante il nous paraît vitale de dire que la Bretagne est un espace civique et politique cohérent pour construire des politiques publiques favorables au plus grand nombre , et singulièrement aux plus modestes. C’est dans cet espace cohérent que chacun doit pouvoir s’exprimer pour que le peuple et les travailleurs de Bretagne puissent librement se déterminer en faveur d’un autre modèle démocratique,économique ,social et environnemental qui soit une réponse de proximité à la crise sociale et climatique.

 

 

Sur le terrain culturel et linguistique ceux qui œuvrent en Loire-Atlantique pour une culture bretonne populaire et pour faire vivre la langue bretonne dans et hors des écoles sont confrontés à une hostilité institutionnelle manifeste. Le Conseil Régional des Pays de la Loire a décidé de ne plus subventionner des associations œuvrant autour de Nantes pour la langue et la culture bretonne.

Contrairement au reste de la Bretagne les locuteurs de breton dans le département de Loire-Atlantique ne bénéficient pas d’une convention entre une collectivité locale et l ‘état favorisant l’usage des ces langues. Cela nous est dommageable alors que nous avons besoin de moyens pour développer des fondamentaux culturels et linguistiques permettant de décliner une vision intégratrice de la Bretagne que l’on puisse partager avec ceux et celles qui viennent vivre en Bretagne, sans distinction de couleurs, religions ou de genres. Pour affirmer le droit de décider du peuple breton à travers un processus référendaire de Brest à Clisson il faut reprendre la rue ! Pour que la culture et la langue bretonne puissent bénéficier des mêmes soutiens en Loire-Atlantique qu’en Région Bretagne il faut reprendre la rue !

Venez manifester avec nous le samedi 28 septembre 2024 à 15h au miroir d’eau à Nantes. Nous invitons toutes les forces politiques et culturelles bretonnes partageant les constats de ce texte à travailler avec nous à la mobilisation avant et après pour affirmer que la Bretagne c’est politique et que cela nous regarde !  Si vous vous voulez signer au nom de votre parti, association, collectif faites le nous savoir via l’adresse électronique de la Coordination Democratique de Bretagne

Erig Bainvel Conseiller Municipal St Herblain en Commun, Primael Petit Conseiller Municipal et conseiller Communautaire St Herblain en Commun, Anton Burel Conseiller Municipal Cintré en Commun, Gael Roblin Conseiller Municipal Guingamp en Commun-Kumun Gwengamp…

La journée d’action contre la réforme de l’assurance chômage émanant des lieux culturels occupés par notamment des intermittents et précaires en lutte a rassemblé ce 23 avril des manifestants dans des proportions honorables à Lannion , Guingamp , Saint-Brieuc, Rennes ,Nantes ,Quimper, Brest, Vannes…

Les organisateurs majoritairement issus des milieux artistiques syndiqués et politisés un peu à la manière du mouvement « Nuit Debout » ont réussis à maintenir un cycle de mobilisation visible dans la durée puisque ces occupations durent depuis plus d’un mois pour certaines.

Bien sur le mouvement est traversé de contradictions et les limites de son volontarisme à être le mouvement de tous les précaires sont évidentes. Mais il est clair que les artistes et techniciens habitués à s’organiser ces dernières années contre les attaques du système de l’intermittence ont fait preuve d’une capacité certaine d’auto-organisation et ils disent avec raison être la partie émergée de l’iceberg de la misère et de la précarité qui s’abat sur tous sur fond de crise économique liée au Covid, prétexte pour attaquer les droits sociaux.

En Bretagne on croise parmi les animateurs de ce mouvement beaucoup de musiciens et chanteurs des scènes de musiques populaires bretonnes ( Fest-Noz), d’acteurs et actrices bilingues…On a vu fleurir ici et là des banderoles en breton , des affichettes dans cette langue…

Fin mars une initiative est passé un peu inaperçue, celle portée par le Collectif des Théâtres en Langues Autochtones. Cette structure regroupe des troupes de théâtres pro ou amateurs de Bretagne, Pays Basque, Corse , Occitanie, Alsace, Catalogne Nord depuis 2019.

Investis dans le mouvement d’occupations des lieux de spectacles ses animateurs et animatrices ont des revendications spécifiques aux langues dites « régionales » avec lesquelles ils et elles créent et travaillent.

Ces revendications qui leurs sont propres méritent d’être connues et popularisées car elles contribuent à la transmission de la langue bretonne.

Nous avons publié la version bretonne de ce texte ici.

 

 

 

Communiqué du C.T.L.AUTOCHTONES

Le Collectif des Théâtres en Langues Autochtones, solidaire de l’ensemble des luttes en cours, rappelle ses vœux généraux pour l’ensemble de la filière des théâtres en langues autochtones dites aussi « régionales », « minoritaires » ou « minorisées » du territoire national :

  • Avoir l’accès aux réseaux institutionnels de diffusion (Centres Dramatiques Nationaux, Scènes Nationales, Scènes Conventionnées…) et être programmés régulièrement et de façon officielle dans le cadre de leurs saisons culturelles.

  • Avoir les moyens humains et financiers pour développer des formations artistiques professionnelles spécifiques à nos langues et nos cultures.

  • Être soutenus dans nos moyens de production, de création, de diffusion et d’édition.

Quant aux effets délétères de la crise sanitaire, aggravant de fait :

  • L’état de « survivance » de la filière professionnelle des théâtres en langues autochtones,

  • Le maintien des personnels salariés et l’emploi des intermittents des secteurs artistique, culturel et associatif, dont nous nous portons solidaires,

  • La précarité des structures sans véritable reconnaissance officielle, dont nous nous portons solidaires,

Nous, C.T.L.Autochtones, souhaitons :

  • Une attention particulière envers la filière des Théâtres en Langues Autochtones de la part de l’ensemble des pouvoirs publics ayant la maîtrise de la chaîne artistique, culturelle et associative.

  • La création d’un statut officiel « Structure Empêchée » et la mise en place de moyens financiers qui permettront de garantir les loyers, les charges… les salaires à taux plein de l’ensemble des personnels intermittents (le paiement des répétitions etc…) et le maintien du personnel salarié.

  • Dès lors que la reprise du spectacle vivant sera possible : la garantie de programmations régulières de spectacles professionnels en langues autochtones en l’inscrivant au cahier des charges de l’ensemble des circuits de diffusion bénéficiant des fonds publics conséquents de l’Etat, des collectivités territoriales et locales.

  • Concernant toujours l’ensemble des lieux de diffusion subventionnés (scènes conventionnées, théâtres municipaux, nationaux…) : l’accueil en résidence de création et une aide financière de coproduction pour les compagnies de théâtre en langues autochtones.

  • Par région, la mise en place d’une aide spécifique pour la création de spectacles jeune public en langues autochtones, accompagné d’un circuit de diffusion destiné à l’ensemble des établissements scolaires associatifs, privés et publics de la maternelle au secondaire qui dispensent une langue régionale (en immersion et bilingues).

  • Pour les organisateurs occasionnels de spectacle : le développement, l’extension et la pérennisation d’un dispositif dédié à la diffusion de spectacles professionnels en langues autochtones à l’exemple de la Bretagne avec le GIP Cafés Cultures (qui prendra fin au 31/06/2021). 

Le C.T.L.Autochtones, le 22 mars 2021

Les récents vœux en mairie de Nantes et Rennes mettent en relief la persistance de la revendication du retour de la Loire-Atlantique dans une collectivité “Bretagne”. Ces initiatives ont le mérite d’animer cette pré-campagne des élections Régionales et Départementales, et ce n’est pas rien. Tant pour l’instant les listes prétendant faire candidature en Juin (sauf changement de calendrier) se gardent bien de s’avancer sur l’évolution institutionnelle de la Bretagne. De ce point de vue, ce sont des initiatives à valoriser car elles placent ce débat dans un cadre civique et pas romantique et historique. Mais elles sont aussi à critiquer pour enrichir ce débat citoyen spécifiquement breton. 

L’initiative revient à l’association “À la Bretonne” et au “Breizh Civic Lab”, et avait été annoncée le 11 octobre dernier suite à un colloque rassemblant beaucoup d’élus de tous bords. Un nombre conséquent d’entre eux s’étaient engagés à œuvrer pour demander à l’état central et à son président la mise en place d’un référendum sur le rattachement de la “Loire-Atlantique” à la Bretagne.

J’avais pour ma part refusé de signer cette supplique au président de république Française car cela représente un danger tactique. Si je me réjouis de voir l’idée du droit de décider en Bretagne progresser, je me refuse à le saucissonner entre “Région Bretagne” et habitants du département de “Loire-Atlantique” : c’est tous ensemble que nous devons être consultés, en tant que sujet politique collectif, dans un seul agrégat.

  1. Je pense que faire croire qu’une telle démarche auprès de cette présidence si hautaine, méprisante et si honnie peut aboutir relève d’un certain irréalisme. Cela légitime dans une prétendue posture d’écoute un président qui a violemment réprimé les Gilets Jaunes, magnifiquement méprisé les manifestations contre la réforme des retraites et qui s’entoure d’un aréopage de personnages dont la proximité avec la fange de l’extreme-droite n’est plus à démontrer (Benalla, Darmanin…). Est-ce bien sérieux que de parler de démocratie, au nom du peuple, et de réclamer un référendum décisionnel à un pouvoir autoritaire lointain et brutal, depuis le confort de conseils municipaux réunis à huis-clos — crise sanitaire oblige — où l’on a été élus avec à peine 40 % de participation ? Est cela le débat populaire dont nous avons besoin ?

  2. Cela va à l’encontre de la tradition d’auto-organisation qui prévaut en Bretagne. Laisser le soin au pouvoir central de délimiter le périmètre et la question d’un tel référendum, que ses promoteurs veulent décisionnel, est du pur suicide politique pour les partisans d’une Bretagne unie dotée de compétences nouvelles. 

  3. Cela déresponsabilise ceux et celles qui  dirigeront la Région Bretagne, car toute l’initiative politique est laissée à Paris. Loig Chesnais-Girard peut continuer à poser des plaques Breizh 5/5 dans le hall du Conseil Régional de Bretagne en arguant qu’il ne peut faire plus tant que le président de la République n’a pas daigné répondre aux voeux… Cela l’exonère de toute initiative politique visant à auto-organiser une consultation sur l’ensemble de la Bretagne et sur son évolution globale vers plus de pouvoir politique breton. Christophe Prugne, le président d’ À la Bretonne peut faire un bon jeu de mots en disant que Loig Chesnais-Girard est à coté de la plaque, mais la pression qui est mise sur lui est bien négligeable… Et en annonçant que la perspective est 2026 pour le référendum, on comprend tout de suite que l’on parle du futur quinquennat et pas du futur mandat Régional.

  4. Les vœux en marie de Nantes et Rennes ont ceci de positifs qu’ils montrent que la question de la consultation sur le retour de la Loire-Atlantique en Bretagne bouscule tous les camps politiques. Le PS vote pour à Nantes mais s’abstient à Rennes, la droite s’abstient à Nantes et vote pour à Rennes. Le plus cocasse est la posture d’EELV avec qui Florian Le Teuff (initiateur d’A la Bretonne) est associé, puisqu’il a été élu sur la liste “Verte” au conseil municipal de Nantes. Ces derniers votent positivement pour une consultation aux Conseils Municipaux de Rennes et Nantes mais leurs tête de liste en Région “Pays de la Loire”, habitant en Loire-Atlantique, pond aussitôt un hallucinant communiqué pour réclamer plus de coopération entre la Région Bretagne et les Pays de la Loire et s’opposer ainsi à toute idée de réunification de la Bretagne. Un caillou (et pas un petit) dans les chaussures de la liste EELV-UDB en Région Bretagne… qui vont devoir nous expliquer comment ils vont faire pour faire pression sur le PS avec qui ils piaffent d’impatience de gérer la Région Bretagne, alors qu’ils n’ont pas réussi à convaincre dans leur propre camp…

     

Pour conclure provisoirement, je me permet de publier ici la question que j’avais posé à Nantes le 11 octobre, certes un peu longue, mais qui redéfinie la différence entre consultation et référendum, et sur la nécessité de remettre la conquête de nouvelles compétences pour la Région Bretagne ” (sanitaires… par exemple…) au calendrier politique… pour donner envie à d’autres d’y venir…

C’est ce que le sondage DIBAB et Breizh Civic Lab avait démontré.

On peut espérer que ces modestes réflexions permettront d’alimenter les projets de ceux et celles qui auraient des velléités à construire une alternative démocratique pour les futures élections régionales, assumant sans complexe aucun la perspective d’une Bretagne, unie, co-construite, solidaire, et dotée de compétences législatives et fiscales.

Gael Roblin (militant Indépendantiste de Gauche et accessoirement conseiller municipal à Guingamp) 

 

Merci infiniment aux initiateurs de cette journée qui contribue à dépoussiérer cette revendication de l’unité territoriale de la Bretagne, et à repolitiser, au sens noble du terme, cette problématique trop souvent limitée à des aspects culturels et pseudo-identitaires. Votre initiative qui soutient l’idée d’une participation citoyenne, d’une implication du peuple dans la délimitation du territoire breton et des compétences de la Bretagne est enthousiasmante.

Vous souhaitez fixer une feuille de route pour la réunification. Puisque l’on parle de « Transformer nos institutions et mieux coopérer pour répondre aux grands défis », je pense qu’il faut lister toutes les étapes, et pas seulement se concentrer sur 2026 et adresser des suppliques au pouvoir central pour qu’il organise un hypothétique référendum.

Certes la Région n’a pas compétence à organiser un référendum, mais rien n’empeche légalement une association de consulter les citoyens des 5 départements. Car le décret FILLON permet aux partis politiques d’organiser des primaires pour désigner leurs candidats en mettant à disposition urnes, lieux de vote, et listes électorales. C’est par ce biais que l’association DIBAB a organisé des votations sur le thème de l’unité de la Bretagne et de son l’évolution institutionelle.

La présidente ou le président de la Région Bretagne aura bien plus de légitimité — une fois consultée la population par ce biais — pour négocier avec le pouvoir central l’organisation d’un référendum en bonne et due forme.

L’organisation d’une consultation citoyenne par le riche tissu associatif breton, financée de façon participative par son biais permettra de surcroit de réunifier la Bretagne dans les faits.

Car limiter l’exercice du droit de décider à la seule Loire-Atlantique, le saucisonner en votant les uns après les autres, est pour le moins étrange… Étant donné que nous supposons, en tant que partisans de l’unité de la Bretagne, que la préférence de l’agrégat (de l’électorat breton dans son ensemble) se porte vers l’unité bretonne, il est pour le moins suprenant de considérer comme un acte démocratique répondant aux attentes du peuple breton de mettre un place une consultation qui exclut précisément cette option, celle de voter tous ensemble en tant que bretons.

C’est étrange intellectuellement de présuposser que la Bretagne est un espace civique cohérent pour impulser des politiques publiques aux bénéfices du plus nombre et de rediviser la Bretagne en consultant ses habitants les uns aprés les autres et pas tous en même temps.

C’est également étrange de présupposer que les bretons, de Brest à Clisson, ont un désir de Bretagne visant à maitriser de nouvelles compétences, en excluant de les interroger ensemble sur ces nouvelles compétences en même temps que l’on les interroge sur les limites de la Bretagne.

Pour mémoire, le sondage commanditée par DIBAB et Breizh Civic Lab l’an dernier indiquait que c’étaient les habitants de Loire-Atlantique qui étaient le plus favorables à la prise de compétences d’état par la Région Bretagne, et ce à la hauteur de 68 %.

L’ensemble des bretonnes et bretons répondaient favorablement à la hauteur de 61 % à la question : “Êtes-vous favorables à la mise en place d’un référendum sur les compéntences que devraient maitriser la Région Bretagne ?”

C’est bien une montée des compétences de la Région Bretagne qui favorisera le retour de la Loire-Atlantique dans la même collectivité territoriale. Ces questions ne sont pas disscociables.

II y a beaucoup d’élus ici, mais attention à l’entre-soi : il faut nous interroger en permanence sur notre représentativité, notre légitimité en tant qu’élu à parler aux noms des citoyens. À quelle taux de participation avons nous été élus ? A quel taux de participation seront élus les conseillers régionaux et départementaux ? Sans doute pas à 86 % comme lors du référendum de dimanche dernier en Kanaky ? Sommes-nous vraiment représentatifs de la population bretonne ? Combien d’élus de petites communes ? Combien d’ouvriers ? De paysans ? Combien de femmes ? Combien de moins de 50 ans ? Combien de bretons issus de l’immigration ? Des quartiers populaires ?

C’est la Bretagne dans toute sa diversité qui doit s’approprier le débat sur les limites et compétences de notre pays. Pour conférer à notre exécutif régional un vrai légitimité avant de discuter avec le pouvoir parisien de la mise en place d’un référendum en bonne et due forme.

Je crois que les organisateurs de la journée veulent mettre à l’agenda politique ces thèmes à la veille de régionales et départementales.

Qui parmi les participants à cette table ronde — et qui a des vélléités pour présider la Région Bretagne ou du département de Loire-Atlantique — s’engage à impulser et soutenir, accompagner cette consultation citoyenne précédent un éventuel référendum ?

Car le droit de grève s’acquiert en faisant grève, le droit de manifester en manifestant, le droit de vote en votant. C’est un catalan qui l’a rappelé à la barre d’un tribunal récemment pour avoir pris part à la mise en place d’une consultation pour le droit de décider.

Appel au rassemblement en soutien aux sans-papiers

 

Kengred, collectif de soutien et d’accueil pour les nouveaux arrivants ( ex migrants ) appelle au rassemblement de Saint-Brieuc le Vendredi 18 Décembre à 18h, place de la préfecture ainsi qu’au rassemblement de Lannion ce même jour à 17h30, place de la mairie, dans le cadre de la journée internationale de solidarité pour les sans-papiers.

Ailleurs en Bretagne sur le même theme : Rennes/Roazhon 18h le 18/12 à République, Saint-Nazaire/Sant-Nazer 19/12 15h, Naoned/nates 18/12 18h Bouffay.

Cette journée est d’autant plus importante que le pouvoir se durcit face aux demandeurs de titre de séjour, la dernière illustration étant l’évacuation très violente par la police de plusieurs centaines de migrants à Paris, devant les caméras des journalistes.

Ici, en Bretagne, et en Côtes d’Armor particulièrement, c’est le refus de donner un rendez-vous aux demandeurs de titre de séjour depuis le mois de Mars 2020 et la crise sanitaire qui plonge des dizaines de personnes dans des situations très compliquées, voire désespérées. Une tribune regroupant plus de cinquante élus municipaux du département, deux groupes d’élus au conseil départemental, une conseillère régionale et une sénatrice à d’ailleurs été publiée et déposée en main propre à la préfecture, sans aucune réponse pour le moment. Un regroupement d’associations solidaires du pays de Saint-Brieuc a fait de même, ainsi qu’un autre sénateur sur son initiative personnelle. Et toujours pas de réponse. Que faut-il de plus pour se faire entendre ?

C’est pourquoi nous appelons tous les humanistes à se mobiliser le 18 Décembre afin qu’enfin la préfecture réponde favorablement aux demandes démocratiques de justice envers ces personnes complètement démunies.

Ce ne sont pas des numéros sur un dossier mais des personnes en danger qui, sans rendez-vous, ne peuvent se projeter, ne peuvent pas travailler, accéder à un logement, commencer une vie normale.

C’est aussi des employeurs qui attendent l’autorisation de les embaucher depuis des mois, qui ne peuvent assurer leurs engagements envers leurs clients dans des métiers, rappelons-le, qui manquent de main-d’oeuvre.

C’est aussi des familles solidaires et des associations bénévoles qui doivent se démener dans les méandres d’un fonctionnement administratif obscur pour faire avancer les dossiers, sans aucune aide des services concernés.

Montrons que la solidarité bretonne n’est pas un vain mot.

Pour une Bretagne fraternelle, solidarité avec les sans-papiers

 

Saioa Sanchez Iturregi est une militante indépendantiste révolutionnaire basque incarcérée à Nantes. Elle purge depuis 2013 une peine de 28 ans de prison pour l’exécution de deux gardes civil espagnols par ETA, elle doit faire face à d’autres procédures judiciaires dans l’état espagnol pour ses activités dans la clandestinité. 

Elle est incarcérée à la prison pour femmes de Rennes comme d’autres femmes basques car c’est une des deux seules prisons pour femmes qui accueillent les longues peines. Si elle a été transférée à Nantes c’est pour accoucher, cet établissement étant plus adapté.

Son enfant est né en septembre. Le 30 novembre dernier elle devait être transférée pour un examen gynécologique. L’escorte lui a signifié qu’elle ne pouvait faire ce transfert en compagnie de son enfant, puis lui a dit, après un premier refus de sa part, que ce transfert pouvait se faire en  compagnie de son enfant si elle acceptait d’être entravée aux jambes reliées à la taille par une chaine. Saoia a refusé cette humiliation, l’examen gynécologique n’a pu avoir lieu.

Le statut de DPS, détenue particulièrement surveillée, semble donc être maintenu de façon aléatoire à l’encontre des prisonniers politiques basques.

Pour écrire à Saioa Sanchez Iturregi Maison d’Arrêt des Femmes de Nantes Rue de la Mainguais 44300 Naoned.

Il y aussi deux autres prisonnières politiques basques à Rennes : Moreno Martinez, Itziar 9599 et Aramendi Jaunarena, Alaitz 9544 18 bis, Rue de Châtillon    B.P. 3107 35031  Roazhon Cédex