Malgré un ultime recours en cassation, non suspensif, le militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah, incarcéré en France depuis 1984 en raison de sa participation à des actions contre l’occupation de la Palestine et du Liban par Israel et contre l’impérialisme devrait rentrer au Liban le 25 juillet.
Comme toutes les composantes impliquées dans la campagne pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah les militants de la Gauche Indépendantiste se réjouissent de sa prochaine libération. Une libération obtenue comme le rappelle le principale intéressé grâce à la solidarité tant au Liban, en Palestine que dans l’état français , en Bretagne et ailleurs..
Nous avons depuis 2005 contribué à ces campagnes pour Georges Abdallah aux cotés d’autres forces et sensibilités en Bretagne et dans l’Hexagone. A Rennes, Saint-Herblain, Guingamp, Nantes, Brest, Carhaix nous avons souvent fait campagne pour lui sous différentes formes d’actions. Nous nous sommes attachés à faire connaitre sa situation dans la population mais aussi chez nos camarades en Kanaky, Galice, Irlande, Martinique qui ont eux aussi répondu présents pour Georges. Nous n’avons pas hésité à nous servir de la tribune électorale pour le soutenir en faisant fi de toute quête de respectabilité.
Si Georges aurait bien sur du rentrer chez lui bien plus tôt , obtenir sa libération sans contrepartie de reniement dans le contexte actuel de profonde offensive contre le mouvement de solidarité avec le Peuple Palestinien tant dans le périmètre de la République Française que dans le reste de l’UE et du monde occidental est bel et bien une victoire politique.

En 1999 Georges Abdallah , incarcéré lui depuis 1984, et d’autres prisonniers politiques écrivaient dans le cadre de la Plate-forme du 19 juin 1999 signée par des prisonnier(e)s révolutionnaires, communistes, anarchistes, antifascistes et anti-impérialistes : «Au-delà de leurs divergences politiques et idéologiques, ils/elles entendent constituer une communauté de lutte dans et contre la prison impérialiste et ils/elles espèrent que cette initiative rencontrera un écho dans les luttes extérieures à la prison. La solidarité est une arme ! Les signataires constatent que les raisons qui les ont amené(e)s à lutter contre la bourgeoisie impérialiste, ses États, ses alliances, ses fractions nationales, ses compradores, ses forces armées et policières, etc., loin d’avoir disparu, sont plus impératives que jamais. Jamais l’injustice, la misère et l’oppression n’ont régné à ce point en maîtres de l’humanité. Les lois de l’économie de marché plongent chaque jour plus profondément les peuples du monde dans la misère. La négation des droits nationaux de nombreux peuples, le racisme, le sexisme et la dévastation de l’écosystème participent de cet écrasement général de l’humanité au profit d’une poignée de nanti(e)s. On a raison de se révolter ! » Si le contexte a changé, si beaucoup ont été libérés , ces constats restent pertinents.
Ce texte initié par les militants de la Guérilla Anti-impérialiste des années 80 en Europe de l’Ouest avait été cosigné par Georges bien sur, mais aussi des militants anarchistes, communistes, des républicains irlandais et indépendantistes bretons incarcérés.

Plus loin, anticipant le chantage au reniement , au repentir que la justice Française n’a cessé de réclamer (en vain ) de Georges Abdallah , les signataires précisaient : « Au-delà de toutes les divergences possibles de stratégie et de tactique, au-delà de toutes les discussions sur l’opportunité de telle ou telle forme de lutte à tel ou tel moment, les signataires affirment que le recours à la violence est légitime contre l’exploitation et l’oppression, pour la libération sociale et populaire, pour la conquête d’une société juste et fraternelle.
Pas de justice, pas de paix ! Par conséquent, les signataires refusent et dénoncent tout chantage du type « libération contre repentir », « libération contre dissociation », « libération contre collaboration », etc. Les signataires peuvent avoir un regard critique sur leur expérience militante, mais ce regard critique ne concerne et ne doit servir que le mouvement de libération sociale et populaire. Ils refusent donc de faire de cet éventuel regard critique l’objet d’une transaction avec l’appareil bourgeois, dans la mesure où celui-ci ne pourra que s’en servir contre le mouvement de libération sociale et populaire. Ni repentir, ni capitulation ! Les signataires ont tous et toutes bénéficié d’un soutien extérieur, d’une solidarité active avec leurs pays respectifs et parfois au-delà. Ils/elles appellent toutes les forces et toutes les personnes solidaires à prendre acte de la communauté de lutte qu’ils/ elles constituent, à refléter cette communauté de lutte dans leur propre activité de soutien, à développer la coopération et l’unité entre elles. »

@Crédit Bretagne-Info
Dans une période de dépolitisation extrême , de criminalisation de l’expression la plus basique de la solidarité avec le peuple palestinien , relire cet appel , un quart de siècle après , replace les enjeux fondamentalement politiques de la solidarité avec Georges Abdallah, mais aussi avec les forces qui au Liban et en Palestine, combattent l’impérialisme occidental , notamment français.
Nous saluons ceux et celles avec qui nous avons partagé ces campagnes et initiatives et qui parfois , tel le collectif “Palestine Vaincra” de Toulouse ou d’autres qui ont subit la répression pour leur solidarité avec le mouvement de libération nationale en Palestine.
Nous remercions Georges Abdallah qui a tenu tête à la justice française depuis tant de décennies et qui prouve ainsi que l’on peut résister à l’ordre impérialiste qui ordonne dans la métropole la soumission et la dépolitisation.
Nous affirmons notre solidarité avec les milliers de prisonniers politiques palestiniens, avec tous les détenus de la guérilla communiste et anti-impérialiste encore emprisonnés dans l’État Espagnol, en Italie et plus particulièrement avec Daniela Klette actuellement en procès en Allemagne pour sa participation aux actions de la Fraction Armée Rouge. Cette solidarité politique s’étend aussi aux militants indépendantistes Corses et Basques qui ont été longtemps les camarades de détention de Georges.
Nous émettons le souhait que les convergences nées en Bretagne dans les campagnes de solidarité avec la Palestine depuis quelques mois qui ont permis d’affirmer haut et fort l’exigence de la libération de Georges Abdallah perdurent. La dénonciation du versement d’argent public à l’industrie de mort à Brest, Etrelles, Nantes, Indret, Saint-Nazaire, Lorient, Lannion, au profit de Thalès, Naval Group, et tous leurs sous-traitants doit être à l’agenda politique du mouvement de la solidarité avec la Palestine en Bretagne. C’est avec cet argent de différentes collectivités locales , dont le Conseil Régional de Bretagne, que sont fabriqués les engins de mort qui participent au génocide à Gaza perpétré aux yeux de tous par les sionistes.
C’est un objectif important pour la solidarité concrète avec le peuple palestinien et avec tous ceux qui vivent sous les bombes de l’impérialisme notamment au Liban et qui résistent. C’est aussi un objectif important pour démilitariser la Bretagne et la libérer de l’influence néfaste du lobby militaro-industriel qui gangrène notre économie et pollue notre pays, trompe notre jeunesse.
War-Sav, Pour la Gauche Indépendantiste Bretonne.


