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Le texte qui suit est une contribution écrite par Eric Bainvel, militant de longue date de la Gauche Indépendantiste, ex élu municipal à St Herblain , syndicaliste impliqué dans l’enseignement bilingue en pays Nantais. L’annonce faite par LFI sur les Eco-Régions , quand bien même nous la critiquons, permet de mettre le sujet de l’unité de la Bretagne sur la table dans le cadre des débats politiques liés à la présidentielle.

 

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Cette position sur les Eco-Regions de LFI a suscité en Bretagne d’autres réactions critiques. Citons entre autres , en plus de celle de Jonathan Guillaume de la Coordination Démocratique de Bretagne ,  celle de des Géographes de Bretagne sur le  site Geobreizh et celle du collectif indépendantiste Dispac’h .   Sans oublier celle Mickael Bodlore Penlae su site GeoBreizh. A l’intérieur même des rangs de LFI en Bretagne elle jette aussi un certain trouble. Ainsi les élus LFI de Loire-Atlantique ont renoncés à participer au débat de la Coordination Démocratique de Bretagne du lundi 7 septembre à Nantes alors qu’ils y étaient conviés.

Bretagne info.

Les contradictions de la France Insoumise sur les “Ecorégions”

Par Eric Bainvel militant de la Gauche Indépendantiste

Le 2 juillet dernier, Jean-Luc Mélenchon présentait la proposition de la France Insoumise, les écorégions.

Ces écorégions remplaceraient les régions actuelles et seraient organisées autour des bassins versants, avec des compétences fortes quant à la transition écologique et d’adaptation au changement climatique dans le cadre d’une « République écologique ».

On doit reconnaître que au sein des grandes formations politique françaises classées à gauche, la FI et le parti les Ecologistes, sont les seuls à s’emparer réellement des questions écologiques et climatiques en les mettant en avant et à faire des propositions qui ne soient pas des mesures cosmétiques.

Aussi cette proposition de la création d’écorégions apparaît en premier lieu comme une rupture avec la pensée d’aménagement fondée uniquement sur la course à la croissance, puisqu’elle se veut « faire face à la crise écologique globale ». Mais qu’en est-il réellement ?

 

Eric Bainvel en 2023 dans une manif à Nantes pour l’unité de la Bretagne

Ce concept d’écologie politique a commencé à être théorisé à la fin des années 1960 / début 1970 aux Etats-Unis, dans le bouillonnement politique de la contre-culture californienne. Ses principaux penseurs états-uniens sont Peter Berg,  Raymond Dasmann et Kirckpatrick Sale.

L’affirmation de réorganisation par bassin versant et la carte qui l’accompagne sont complètement en contradiction avec ce qui est écrit dans le programme de la FI pour les élections de 2027, puisqu’il y est écrit qu’il sera « Organiser le débat démocratique et le processus de planification à l’échelle du pays à travers la participation de tou·tes les citoyen·nes dès l’élaboration du plan par l’organisation de débats publics pouvant déboucher sur des Référendums d’initiative citoyenne (RIC), afin d’aboutir à un projet considéré comme réaliste et légitime par la population. » Quel débat démocratique pourrait avoir lieu si tout est déjà décidé par l’État central ?

 

Contradiction aussi au sujet des RIC, lorsque J-L Mélenchon le 14 juillet en meeting à Paimpont affirme qu’il ne veut pas de réunification, alors que plus de 105 000 électrices et électeurs de Loire-Atlantique, soit plus de 10 % du corps électoral départemental, ont signé une pétition, normalement prévue par la loi, pour demander une consultation sur la réunification. Et que les déput.é.e.s Insoumis.e.s de Loire-Atlantique, Ségolène Amiot et Andy Kerbrat, ont iels-mêmes cosigné en 2023 la proposition de loi de Paul Molac relative à la consultation des habitants d’un département sur le choix de leur région d’appartenance. Mais qu’en est-il aujourd’hui de leur part depuis les déclaration de leur leader ?

Comment s’étonner alors des déclarations totalement confuses et truffées d’inexactitudes géographiques, pour ne pas dire d’une nullité crasse, de Cécile Beaudouin, tête de liste de la FI aux élections municipales de Brest en 2027 et élue au Conseil Municipal, au micro de radio Breizh le 19 août dernier, tentant de justifier l’injustifiable pour une citoyenne élue en Bretagne.

Celle-ci affirme que « le pays nantais est lié à la Loire, ce qui n’est pas le cas pour le pays rennais et le pays vannetais. Ceux-ci sont liés à la Vilaine, la Rance, l’Elorn, l’Aulne… Pour l’eau et les rivière, la Bretagne est un pays un peu différent (sic) ». La réalité géographique et hydrographique qu’elle décrit est profondément fausse et uniquement motivée pour essayer de justifier leur projet.

Comme le signalait Jonathan Guillaume dans un texte publié le 16 juillet dernier sur ce même site, « en Bretagne, Jean-Luc Mélenchon refuse de discuter de la réunification alors même que près de 45 % du réseau hydrographique de la Loire-Atlantique ne relève pas du bassin versant de la Loire, tandis que les enjeux environnementaux de l’estuaire dépendent directement des politiques maritimes de la péninsule bretonne. » De même les géographes de Bretagne rappellent ce qu’est la réalité de la géographique physique en Bretagne en terme hydrographique : « Car en Bretagne, péninsule s’avançant dans l’océan, ce qui prime d’abord en matière hydrologique, c’est d’abord l’état de la mer, directement dépendant de nos actions à terre, impacté par de nombreuses pollutions et impliquant de gérer la ressource en eau , de la mer en remontant vers la source. Et retenir cette option proposée, ne résoudrait pas tout le problème. Car la Bretagne est un territoire complexe sur le plan hydrographique, n’offrant guère de réserves hydriques dans ses sols granitiques. Ici, 80% de pluies tombées rejoignent en moins de 3 jours la mer. Ici, peu de grands fleuves, hormis la Loire qui l’effleure mais impacte profondément son littoral sud. Le réseau hydrographique breton se distingue par l’existence de 4 autres systèmes bien distincts avec leurs caractéristiques propres selon les secteurs géographiques. L’essentiel de la ressource en eau provient de la zone centrale plus élevée (Monts d’Arrée et Montagne Noire) pour ensuite s’écouler à la mer dans des bassins bien différents de nature. La côte Nord-Ouest se caractérise par de petits fleuves côtiers rapides aux bassins limités qui coïncident à peu de chose près aux Pays, aux Communautés d’agglomération et aux nombreux Schémas de cohérence (SCoTs) des villes ports s’égrenant sur la côte. Ici la notion d’éco région peut prendre tout son sens, localement, mais son origine est tout autant historique que physique. Mais pour le reste du territoire, c’est moins le cas. Au Nord-Est, cette belle cohérence s’estompe, les fleuves côtiers en provenance des rebords nord du synclinorium médian s’avèrent moins nombreux, plus courts et plus lents, irriguant des bassins plus disparates et moins en adéquation avec l’organisation humaine sauf dans le cas de la Rance. Sur la côte Sud, le problème est plus complexe encore car les fleuves côtiers (Aulne, Elorn, Scorff et Ellé, Blavet) ont un parcours plus long, couvrant des bassins étendus n’offrant pas la même cohérence d’organisation humaine et surtout alimentant la plaine côtière littorale très densément peuplée (1/3 de la population bretonne y réside). Celle-ci devient alors plus complexe, couvrant plusieurs Pays. Quant au grand bassin de la Vilaine, le seul sédimentaire, il dépend pour son approvisionnement des reliefs du Mené et de ceux situés aux confins de la Mayenne. »

Le 1/4 Nord de la Loire-Atlantique en fait parti. Ainsi qu’une petite partie du Maine et Loire. « C’est le seul à posséder des réserves aquifères mais il doit supporter actuellement le poids de la métropole rennaise qui les pompe. Quant à la portion de la Loire irriguant de sud de la Bretagne, elle n’est en fait que l’estuaire d’un fleuve qui, après un long cours à travers le centre du pays s’englue dans ses sables et un lit majeur très large, s’évanouit en grand partie en arrivant en Bretagne, Son cours en aval de St Florent le Vieil n’est en fait qu’un estuaire soumis à la marée mais qui rejette les pollutions du grand bassin de la Loire. Aussi cette agence de gestion hydrographique Loire-Bretagne n’a guère de pertinence dans la gestion des eaux bretonnes, hormis sur la question des eaux maritimes bordières du littoral sud, fortement impactées par les rejets de ce fleuve. »

Si Mélenchon veut donc aller au bout de son raisonnement et suivre les bassins versants,  il faudrait donc modifier aussi les frontières départementales, voir les supprimer pour être en cohérence avec son projet. Mais peu de chance car le département, création technocratique de la révolution française, est un totem « républicain » pour lui. Il pourrait aller plus loin aussi pour être totalement logique, en rattachant l’Alsace au Bade-Wurtemberg puisqu’iels dépendent du bassin versant du Rhin. Mais aussi de réunifier le Pays Basque Nord avec le sud en raison du bassin versant de la Bidassoa.

Mais la réalité a peu d’importance dans la proposition des écorégions faite par la FI. Le but n’est pas la réalité et la vérité mais l’imposition d’une réalité alternative répondant aux fantasmes idéologiques nationalistes non ethnicistes et impérialistes français de gauche, dont J-L Mélenchon en bon disciple lambertiste inscrit sa pensée.

 

Dans la suite de l’interview, le journaliste lui fait remarquer l’importance de la culture, de l’histoire etc… pour les régions et pays et d’autant plus en terme écologique, et qu’avec cette carte ces points sont supprimés, elle répond : « je ne pense pas que c’est une bonne chose de lier le pays nantais avec la Bretagne (resic) car le pays nantais va aspirer les gens et les activités économiques. Ce sera fini pour le pays rennais, ce ne sera pas super pour le Finistère car nous sommes plus loin de Nantes que de Rennes. » Faut-il rappeler à Cécile Baudoin que Rennes est beaucoup plus près de Nantes que de Brest et que les distances entre Brest et Rennes et Brest et Nantes sont très proches. Si elles sont compliquées en terme de déplacement ferroviaire c’est uniquement en raison de choix politiques visant à favoriser le transport routier, au système centraliste français tourné vers Paris au détriment des territoires et de leurs populations, et de la volonté de détacher la Loire-Atlantique de la Bretagne afin de poursuivre l’oeuvre lancée par Pétain Darlan Laval à laquelle la FI semble aussi s’atteler. D’ailleurs les limites géographiques de la région proposée par la FI englobant la Loire-Atlantique correspond à celle créée par Vichy en 1941. Serait-ce en souvenir de François Mitterrand, dont J-L Mélenchon est un fervent admirateur, et de son passé collaborationniste vichyste ?

Quand au fait que « le pays nantais va aspirer les gens et les activités économiques » et que « ce sera fini pour le pays rennais », on tombe dans la méconnaissance, voulue ou non, des réalités. D’une part l’influence de l’économie du pays nantais, rattachement ou non, sur le reste de la Bretagne n’est pas récente. Elle date du moyen-âge, époque où le siège du pouvoir était Nantes. D’autre part Rennes n’est pas aspiré par Nantes et ne le sera pas.

La question en Bretagne ne se joue pas là, mais dans la fracture Est-Ouest, que la Délégation interministérielle à l’aménagement du territoire et à l’attractivité régionale (DATAR) définissait en 1992 : « Tout ce qui est à l’ouest de la ligne Rennes/Nantes/-Saint-Nazaire est un finistère, c’est à dire un territoire sans intérêt économique ». Et c’est ce territoire, dans le cadre de la politique de métropolisation et de concurrence territoriale, qui aspire depuis 40 ans les gens et les activités économiques de l’Ouest de la Bretagne, comme le montre leur dynamisme économique et démographique, au détriment du reste de la Bretagne, et en particulier des Côtes d’Armor et du centre Bretagne, de Pontivy à Carhaix. Cette volonté de résistance et de refus à cette politique délétère fut un des motifs de la lutte au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes. Enfin cela signifie donc pour Cécile Beaudoin, et on peut l’imaginer pour d’autres élu.e.s breton.ne.s de la FI, qu’elle ne remet pas en cause cet état de fait néolibérale de concurrence des territoires, puisqu’elle ne plaide pas pour une remise en cause de cette politique, mais au contraire l’assume comme inévitable.  

 

Biorégions contre écorégions : Démocratie locale contre centralisme étatique

 

Le choix du terme écorégions et non biorégions par la direction de la FI et donc Jean-luc Mélenchon n’est pas fortuite. En effet l’écorégion, à l’inverse de la biorégion, n’inclue pas la dimension humaine, culturelle et historique. Exit donc la question des différents peuples et de leurs cultures et langues qui composent le territoire français continental européen que la République française n’a cessé et ne cesse de chercher à détruire. Tout en dénonçant l’impérialisme de la langue anglaise au non de la diversité.

Le concept de biorégion est bien plus large que celui d’écorégion car il prend en compte de nombreux autres critères dont la réalité humaine, culturelle et historique.

Comme l’écrivent en 1977 Peter Berg et Raymond Dasmann, le terme de « biorégion » est utilisé pour « faire référence au contexte géographique autant qu’au contexte cognitif – à savoir aussi bien à un lieu qu’aux idées qui ont été développées à propos des manières de vivre en ce lieu ». « Au sein d’une biorégion, on trouve une uniformité de conditions d’influence du vivant ; conditions qui à leur tour influencent l’occupation humaine. » Et plus loin : « Une biorégion peut initialement être déterminée par le biais de la climatologie, de la géomorphologie, de la géographie animale et végétale, de l’histoire naturelle et d’autres sciences naturelles encore. Cependant, ce sont les gens qui y vivent, avec leur capacité à reconnaître les réalités du vivre in situ qui s’y pratique, qui peuvent le mieux définir les limites d’une biorégion. »

 

Pour l’auteur américain Kirckpatrick Sale, le biorégionalisme implique nécessairement des modes d’organisation décentralisés de la société. Selon lui, la biorégion est «un lieu défini non pas par des diktats humains, mais par des formes de vie, la topographie, son biotope ; une région gouvernée non par la législature, mais par la nature […]. Le biorégionalisme exprime ses idées essentielles que je crois nécessaires à la survie de l’humanité sur la terre : la compréhension écologique, la conscience régionale et communautaire, la possibilité de développer un ensemble de sagesses et de spiritualité basée sur la nature, la sensibilité bio centrée, l’organisation sociale décentralisée, l’entraide, et l’humilité des groupes humains. » A l’inverse donc du projet des fantasmes des technocrates centralisateurs de la France Insoumise ne connaissant pas les réalités locales et niant la réalité humaine, culturelle et historique.

 

 

La Bretagne : une bio région

Selon Serge Latouche, professeur émérite d’économie à l’université d’Orsay, surnommé « le pape de la décroissance », une biorégion correspond à « une entité spatiale cohérente traduisant une réalité géographique, sociale et historique ».

C’est exactement ainsi que l’on peut définir la Bretagne. Ce que l’on appelle l’identité bretonne, ou le peuple breton, correspond à cette entité. Il existe en effet une réalité géographique, sociale et historique, bien antérieure à ce que l’on appelle la France. Cette dernière commence véritablement à exister à partir du 13e siècle avec Louis 9, dit Saint Louis, qui abandonne le titre de roi des Francs au profit de celui de roi de France. La Bretagne, au début nommée Petite Bretagne (pour ne pas la confondre avec la Grande Bretagne) apparaît dans des textes dès le 6e siècle. Puis la noblesse bretonne s’émancipe totalement des carolingiens avec Nominoe en 845 en tant que royaume. Elle se transforme en duché en 945 avec Nantes comme capitale. Ses frontières n’ont quasiment pas bougées pendant 1000 ans jusqu’au découpage administratif de l’Etat Français pétainiste puis de l’Etat Français de la très monarchique et centraliste 5e République en 1972 avec la création de la région administrative dite des Pays De Loire (PDL qui sont aussi les initiales des 3 grands démocrates français qui en 1941 ont signé le 1er décret amputant la Bretagne d’1/5e de son territoire, à savoir Pétain Darlan Laval). Mais ce découpage purement administratif et technocratique fait que le pays nantais (en gros la Loire-Atlantique moins la partie morbihanaise située au sud de La Vilaine) est détaché administrativement de la Bretagne (sauf dans le domaine judiciaire) et rattaché à une région totalement artificielle qui elle est l’inverse même d’une entité spatiale cohérente traduisant une réalité géographique, sociale et historique. Lors de son dernier discours au palais de région (là encore la nostalgie monarchique contre la démocratie) de la région dite des Pays de Loire, un de ses créateurs et 1er président, Olivier Guichard affirma que cette  région administrative était obsolète.

Serge Latouche rajoute dans cette définition qu’une biorégion « peut-être plus ou moins rurale ou urbaine. […] Constituée d’un ensemble complexe de systèmes territoriaux locaux, dotée d’une forte capacité d’autosoutenabilité écologique ». Ce qui là aussi correspond au territoire breton historique. Même si celui-ci a été très abîmé par l’agriculture pétro-chimique, à l’image des marées vertes ; Que la pêche artisanale a été très affaiblie et sacrifiée par les dirigeant.e.s de l’Etat français au profit de la pêche industrielles et de celle d’autres Etats européens ; qu’un déséquilibre important a été créé par les politiques d’aménagement en faveur de l’axe Rennes, Nantes, Saint-Nazaire, la Bretagne est encore doté d’un maillage de petites ou moyennes communes, d’une agriculture qui se tourne de plus en plus vers l’avenir en se convertissant au bio (6e rang français pour la région administrative et 5e département de France pour la Loire Atlantique) et qui ne cesse de progresser en nombre, d’une pêche artisanale encore présente. Sa jeunesse est la plus diplômée et formée de l’hexagone. Et enfin et surtout une vitalité culturelle et un attachement important au territoire qui s’exprime régulièrement depuis la fin des années 1960 et en particulier depuis la lutte contre le projet de centrale nucléaire à Plogoff.  Suivra la lutte contre le projet de centrale nucléaire au Pellerin puis au Carnet. L’antinucléaire peut être considéré comme un sentiment national breton. Et évidement la lutte contre le projet d’aréroport à Notre Dame des Landes. La Bretagne  est donc « dotée d’une forte capacité d’autosoutenabilité écologique » si les choix politiques sont pris en ce sens afin de viser, comme le définit Serge Latouche, « à la réduction des dés économies externes et de la consommation d’énergie » 

 

Conclusion :

Les élection de 2027 et le péril fasciste, qu’il soit des candidat.e.s authentiquement d’extrême droite, comme de ceux ou celles qui en épousent les idées à droite, ne laisseront que peu de choix. Mais il n’y aura pas de chèque en blanc comme en 1981. Fini les lendemains qui déchantent.

Il en va du projet des écorégions présenté par J-L Mélenchon, en contradiction avec ce que son programme présente en terme de démocratie. Et en totale contradiction avec la pensée de l’écologie politique en général qui est basée sur la décentralisation des pouvoirs et l’autonomie démocratique, le respect des peuples, des cultures et des langues, et opposée donc à toute forme de centralisme et d’impérialisme. Il est donc nécessaire que celui-ci soit rediscuté. C’est ça la démocratie, n’en déplaise à Mélenchon et son rapport ambigu hérité du lambertisme à cette idée qu’il ne cesse d’invoquer. A moins qu’il ne veuille perde des voix, alors que le résultat du premier tour sera comme en 2022 très serré pour se qualifier au second tour.

Mais les déclarations de J-L Mélenchon souligne aussi la faiblesse historique du mouvement politique breton démocratique et l’incapacité des responsables du mouvement culturel et linguistique de comprendre que le problème est politique. Beaucoup dénonce ce que les corses ou basques du nord obtiennent. Mais c’est simplement à travers un rapport de force politique qu’iels sont construit.e.s dans leur territoire que les dirigeant.e.s de l’État français leur accorde plus d’autonomie. La FI d’ailleurs le reconnaît implicitement à travers ses déclarations sur l’autonomie de la Corse qu’elle considère comme légitime en raison des scores électoraux des mouvements autonomistes et indépendantistes corses.

Comme le déclarait officieusement, en décembre 1999, un ancien président socialiste du département de Loire-Atlantique : « tant que vous ne ferez pas au moins 5 % on en aura rien à foutre ! Et tant que certains accepteront des miettes, on leur donnera des miettes ! »

On peut se réjouir que les listes unitaires UDB/War-Sav/Pour la Bretagne aux sénatoriales dans les Finistère et dans les Côtes D’Armor assument cette revendication et fasse cette offre politique basée sur le droit de décider en Bretagne. 

Le prochain rendez-vous pour rappeler que cette revendication reste vivante en Loire-Atlantique aura lieu le 26 septembre à Nantes à 15h place de Bretagne.

Eric Bainvel (début septembre 2026)

 

 

 

Le jour de la Diada , le 11 septembre, journée national catalane a été célébrée de façon symbolique par les étudiantEs RennaisEs de l’UEB qui appellent à manifester à Nantes le 28 septembre prochain pour le droit de décider de Brest à Clisson. 

A l’appel de l’Union des Etudiant.e.s Breton.ne.s, une quinzaine d’étudiant.e.s rennais.es ont affiché.e.s leur soutien avec le peuple catalan et la république catalane en ce jour de Diada Nacional de Catalunya, la fête nationale catalane. A Barcelone, 750.000 personnes ont pris la rue pour exiger l’application des résultats du référendum d’autodétermination du 1er octobre 2017 – c’est à dire construire la République Catalane – et pour exiger la libération des prisonnier.e.s politiques. Pendant une journée campus axée sur la détente et la découverte de Villejean, ce rassemblement a été l’occasion de montrer aux étudiant.e.s que l’université est un terrain politique de premier plan pour les revendications nationales et sociales ainsi que pour la solidarité internationale. A Rennes comme à Barcelone : c’est nous qui déciderons !

Le texte qui suit est un point de vue du mouvement indépendantiste Corse “A Manca” (la gauche) .Il revient sur l’alliance entre Ada Colau Maire de Barcelone issue de la mouvance Podemos/Indignés et Manuel Valls, l’ex ministre PS dont le virage à droite tend toujours un peu plus vers l’extrême contre l’indépendantiste catalan Maragall. 

Nous partageons avec A Manca la profonde méfiance que nous inspire les mouvements “gazeux “ultra tricolores qui de ce coté des Pyrénées n’ont de cesse que de se vautrer dans le soutien à l’idée d’une république une et indivisible. Ce sont les mêmes qui ont entretenus un climax  Bleu Blanc Rouge autour de Ronds-Points en faisant copain-copain avec le parti de la droite-extrême d’Asselineau,  en entretenant un discours fort complaisant avec les brames souverainistes pro-RIC  et qui maintenant nous font injonction de participer à la campagne pour un référendum contre la privatisation de ADP. 

Ce sont les mêmes qui pourtant traitent avec un profond mépris ou une franche hostilité toute idée d’un référendum concernant l’avenir institutionnel de la Bretagne et les revendications linguistiques. La bas les “Les indignés” , ici “Les Insoumis” sont les derniers soutiens des états centralistes, ultrachauvins. Ils sont les ultimes remparts des états impérialistes français et espagnols dont ils défendent l’unité au bénéfice de la classe des exploiteurs.

Pour conclure cette courte introduction rappelons qu’en Catalogne il y a désormais 709 mairies indépendantistes. 359 pour la Gauche Républicaine Catalane ( ERC ), 370 pour JxC ( Centre droit indépendantiste ) , et 19 pour la CUP ( gauche radicale indépendantiste ). Les “Comuns” , alter égo du Front de Gauche et de la France Insoumise tiennent 12 municipalités. 

Bretagne info.

Elle ne s’est pas bouché le nez « l’indignée » Ada Colau lorsque Valls lui a apporté son soutien décisif afin qu’elle puisse continuer d’assurer les fonctions de maire de Barcelone.
Que lui importe le passé et le passif de l’ex premier ministre social-libéral d’Hollande. Elle aurait pu garder en mémoire la casse sociale et les cadeaux généreusement accordés au patronat et au monde de la finance par cet homme en réalité bien à droite. Non, avec ses amis de Podemos, elle est allée à la soupe, plus préoccupée de faire barrage à l’indépendantiste Ernest Maragall (arrivé en tête avec 5000 voix d’avance sur elle) que de la moindre éthique.
Ada Colau est donc élue maire grâce à un politicien qui a fait campagne avec le soutien de Ciudadanos, parti de droite qui n’a jamais cessé d’en appeler à la répression contre les indépendantistes catalans.

Dans le cadre des débats qui traversent le champ politique de la Catalogne, les « indignés » et leurs amis de Podemos caractérisent l’Esquerra Republicana de Catalunya (gauche indépendantiste) comme une formation modérée à qui ils reprochent de représenter les intérêts des petites et moyennes bourgeoisies catalanes. Ce qui n’est pas tout à fait inexact. Mais où mettent-ils le curseur quand ils s’allient avec Valls ? Quitte à camper sur ces positions de « gauche » pourquoi avoir accepter alors cet infect tripatouillage ? La réponse est là, lourde de sens. Tout d’abord l’ivresse stupide du pouvoir dans le cadre d’institutions dont on aurait beaucoup de mal à croire qu’elles sont l’antichambre des soviets ! En cela rien, hélas rien de bien particulier si ce n’est que cette manière de faire participe amplement à déboussoler encore un peu plus les classes populaires avec le risque d’un rejet, qui à termes ne peut profiter qu’aux populistes d’extrême droite.

Mais comme leurs amis français, plus ou moins « indignés » et accessoirement membres de la France Insoumise, ils tentent d’expliquer que les indépendantistes catalans divisent les travailleurs et œuvrent pour le renforcement du néo-libéralisme, au moins en Europe. Raisonnement qui mériterait un peu d’attention si il n’était toutefois quelque peu simpliste. La réponse à leurs arguments est venue du gouvernement central de l’État Espagnol et de la quasi totalité des gouvernements européens. Elle s’est traduite par une répression féroce et par la négation des résultats d’une consultation électorale. En résumé les libéraux européens ont fait bloc contre le mouvement indépendantistes catalans. Le néo-colonialisme s’est particulièrement fait entendre à cette occasion.
Comme leurs alter-ego de la pantelante « gauche » française et hélas, de mouvements situés à la gauche de la gauche, les « indignés » de Catalogne et d’Espagne sont dans l’incapacité de distinguer les questions démocratiques des questions révolutionnaires (pour peu qu’ils soient réellement des anti-capitalistes, ce qui est une autre histoire…). Alors plutôt que de s’accorder à lever un pan dans le système de domination des peuples, ils maintiennent le statu quo et s’assoient allègrement sur le droit des peuples à disposer d’eux mêmes !

On a beaucoup de mal à croire que ce positionnement renforce les idées de gauche mais il participe a contrario d’une dangereuse et mortelle opposition au sein des classes populaires. Malgré la proposition démocratique des indépendantistes du compromis d’une gouvernance municipale tournante, les indignés ont refusé et ils ont préféré conserver le pouvoir à n’importe quel prix.
Quoi qu’il en soit les infâmes tripatouillages des « indignés » et de leurs alliés de Podemos avec Valls ont une première conséquence : ils occultent les débats de fond et renvoient l’image dévastatrice d’une manière de faire de la politique identique à celle des politiciens « classiques » qui doivent se pourlécher les babines de cette capitulation devant l’autel de leurs systèmes.

Oui, nous sommes indignés par le comportement des «indignés » de Catalogne, qui ont abusé des espérances populaires et semé ainsi le doute et le découragement. Les trahisons coûtent toujours plus chers à ceux qui les subissent qu’à leurs auteurs.

A MANCA

 

La Bretagne est la grande absente des pauvres et poussifs débats de la campagne électorale des élections européennes 2019. Sa disparition dans la circonscription unique, après avoir été noyée dans une circo “Grand Ouest” lors des scrutins précédents, n’aide évidemment pas à en faire un objet de débat politique.

Tous les débats sur son évolution institutionnelle sont sous le tapis. Pourtant en 2018 le droit de décider avait fait irruption dans le débat politique breton grâce à de nombreuses initiatives politiques et citoyennes. Parmi elle la pétition des 100.000 de Bretagne Réunie, qui demandait au président du département de Loire-Atlantique de permettre aux citoyens de ce département de pouvoir se prononcer sur le retour du pays nantais dans la région Bretagne. Mais aussi les mobilisations de la mouvance de la Coordination Démocratique de Bretagne de Nantes en septembre et Rennes en décembre dernier, rassemblant des milliers de personnes pour “réaffirmer sa volonté de continuer à lutter pour l’unité territoriale de la Bretagne et le droit du peuple breton à décider de son avenir“.

Cela avait permis de commencer à ancrer dans le débat politique local le droit à décider, en affirmant notre souhait de pouvoir décider via un référendum de l’avenir de toute la Bretagne de Brest à Clisson, de son périmètre et de ses compétences. Un manifestant de la Gauche Indépendantiste le constatait : “Pour de très nombreux bretons et bretonnes, la revendication pour la réunification est connue et vivante… Maintenant c’est la revendication pour le référendum qui commence à s’installer et à être de plus en plus connue.”

Ainsi on avait pu commencer à entendre des représentants des partis institutionnels parler de consultation en Bretagne, ou seulement en Loire-atlantique, la presse évoquer à de nombreuses reprises la revendication de l’exercice du droit à l’autodétermination.

Faute d’avoir su mettre en place un agenda politique qui nous soit propre et spécifique en tant que peuple breton, c’est à dire non réglé sur la calendrier électoral ou les réformes imaginées à Paris, la mobilisation semblait marquer le pas.

Pour relancer le débat, l’association DIBAB — connue pour avoir organisé des votations interrogeant sur l’unité de la Bretagne et la mise en place d’une assemblée territoriale bretonne dotée de compétences large — a décidé de construire une campagne autour d’un sondage.

DIBAB s’est associée au Breizh Civic Lab et aux médias comme le Journal de la Bretagne et Radio Naoned pour commenter et publier le sondage.

Le but est de confier le travail de sondage a des professionnels (TMO Régions) pour chiffrer le désir de Bretagne des Breton·ne·s d’un point de vue politique et non sentimental.

Une quinzaine de questions seront posées à un échantillon représentatif de Bretons de toute la Bretagne historique pour rendre visible et restituer courant juin le degré de souveraineté que souhaitent les Bretons et les Bretonnes pour leur pays et le périmètre sur lequel elle devrait s’exercer.

L’intuition des initiateurs de la campagne est que le pourcentage de Bretonnes et de Bretons trouvant normal d’être consultés sur l’évolution institutionnelle de la Bretagne est élevé, tout comme progresse l’idée d’un pouvoir politique breton. Si cela ce confirme, il ne restera plus qu’à travailler à la mise en place d’une campagne unitaire pour ancrer dans notre calendrier local cette revendication. À un an des municipales et des régionales cela peut avoir une influence salutaire pour enfin obliger tout le monde à se positionner à ce que nous considérons comme la base de notre combat indépendantiste : le respect du droit du peuple breton à librement se déterminer en tant que communauté politique distincte et spécifique.

La campagne est participative, car près de 150 personnes ont déjà donné pour financer via un crowdfunding le sondage, très unitaire mais aussi clairement à contre-courant des discours passéistes, surannés et romantiques du mouvement breton justifiant tout par un passé mythifié, une démarche identitaire fantasque qui braquent tout ceux et celles qui sont à la recherche d’un projet national breton novateur, moderne, civique, citoyen synonyme de progrès social, environnemental et démocratique.

C’est une campagne moderne, popularisée par les réseaux sociaux : près de 70 % de la somme recherchée (sur les 10.000 € manquants) est déjà collectée !

Il y a quelques semaines, 3000 personnes manifestaient à Cardiff pour l’indépendance du Pays de Galles. Cette initiative a fait grand bruit et focalise les débats sur cette revendication et perspective que seulement 12 % des gallois soutiennent si l’on en croit le sondage mentionné ici par le Guardian.

  • Vous n’avez pas envie de savoir combien de Bretonnes et de Bretons pensent comme vous que nous devrions avoir notre mot à dire sur l’avenir de notre pays ?
  • Vous ne voyez pas le bénéfice politique que nous pouvons tirer d’une démarche transpartisane et participative qui ne se préoccupe pas de Paris ?
  • Vous ne voulez pas que la Bretagne deviennent un sujet de débat politique et non romantique ?

Si ?

Sortez votre carte bleue et laissez vous guider ! Pour commencer…

https://www.kengo.bzh/projet/1827/soutenez-un-sondage-exclusif-en-bretagne

Des militant·e·s indépendantistes de gauche investis dans la campagne.

 

Nous invitons à participer à l’initiative suivante samedi 23 février à Rennes pour un cortège antirépressif dans la manif dite des gilets jaunes.

Dans notre communiqué pour appeler au boycott du grand débat national nous écrivions ” Comment accepter de prétendument débattre alors que la répression d’une police en roue libre et d’une justice complice s’abat violemment dans les rues contre les jeunes, les révoltés du mouvement des gilets jaunes et toute forme d’opposition ? ” et plus loin : “Dans l’immédiat, le mouvement de mécontentement populaire doit rentrer dans une nouvelle phase en exigeant l’arrêt de la violence policière visant à terroriser le peuple pour l’inciter à ne pas descendre dans la rue, l’interdiction de l’utilisation d’armes mutilantes par les forces de répression,  et l’amnistie des condamnés. C’est ce à quoi nous sommes prêts à travailler avec l’ensemble de ceux et celles actuellement en mouvement ou avec les forces politiques et syndicales qui pourraient les rejoindre.“

L’initiative du “Collectif breton anti-répression” dont nous publions le texte ci-après nous semble aller dans ce sens. Nous oeuvrerons pour que ces revendications soient présentes dans la journée de mobilisation et de grève du 19 mars en Bretagne.

Ce 20 février on apprenait l’intervention du RAID à Rennes pour interpeller de façon médiatisée deux personnes soupçonnées de dégradations le 02 février dans cette même ville lors d’une manifestation Gilets Jaunes. Et la façon dont la presse traite la mobilisation de samedi nous semble annoncer de nouvelles limitations du droit de manifester et la légitimation anticipée du cortège de violences policières qui sont devenues la normes à Rennes comme à Nantes lors des manifestations sociales.

Refusons la limitation de nos libértés.

Refusons les violences policières et judiciaires et leur banalisation.

Ne laissons pas les rues de Bretagne à la violence de la police et des autres corps des forces d’occupations françaises.

Des militants de la Gauche Indépendantiste.

Non aux violences policières, non à un État autoritaire !

Que l’on soit Gilets Jaune, lycéen.nes contre la réforme du Bac, militant.es écologistes, libertaires, pour les droits des exilé.es ou habitant.es des quartiers populaires… Faisons face ensemble à la répression d’État et de ses flics qui nous touche dans nos manifs et au quotidien !

Cortège anti-répressif Rennes le 23, 14h à République.

Des milliers de blessé.es, une centaine de blessé.es grave, des
dizaines de mutilé.es et au moins une personne décédée…
La répression policière du mouvement des Gilets Jaunes et des lycéen.nes (contre la réforme du Bac et Parcoursup) a passé un cap dans la violence. L’usage d’armes comme le lanceur de balles de défense « LBD » (cousin du « flashball ») et les grenades GLIF4 contenant de la TNT est devenu la norme lors des opérations de « maintien de l’ordre ». Sans compter les dizaines de miliers de grenades lacrymogène et les coups de matraques qui s’abattent sur les manifestations depuis l’automne. Très souvent, l’usage de ses armes se fait en-dehors des cadres légaux : tirs tendus de grenades, tirs de LBD et coups de matraque au visage ! Hors-la-loi donc, mais en toute impunité. Même les street-medics et les journalistes indépendants deviennent des cibles de la police. Ce ne sont pas des bavures de quelques-un.es, c’est un choix stratégique du pouvoir politique et de sa police pour dissuader les militant.es de manifester.

Sur le plan judiciaire, la justice travaille main dans la main avec la police. Les arrestations pleuvent, les condamnations aussi, et la plupart du temps malgré des dossiers quasiment vides. Les mesures anti-terroristes de l’État d’urgence sont utilisées contre les manifestant.es. Quant à la loi dite « anti-casseurs », elle devrait encore plus mettre à mal le droit de manifester !

Cette répression de plus en plus féroce touche bien plus que le mouvement des Gilets Jaunes. Les habitants des quartiers pauvres en font les frais depuis des années, dans le silence des médias de masse. Babacar Gueye, Adama Traoré et des dizaines d’autres y ont laissé la vie. Les exilé.es sans-papiers aussi, à l’instar de la « jungle » de Calais, subissent cette violence sans répit. Et depuis les manifestations écologistes lors de la COP 21 et le mouvement contre la Loi Travail en 2015, ces techniques de répression sanglantes se sont banalisées au cours des manifestations. L’expulsion de la ZAD de Notre-Dame-des Landes en 2018, avec ses centaines de blessé.es et ses potagers noyés sous les gaz toxiques avait déjà passé un cap dans la brutalité, une brutalité qui se déchaîne aujourd’hui contre les Gilets Jaunes et les lycéen.nes.

Il n’y pas que la violence physique et judiciaire. La surveillance de masse cible les militant.es. On les fiche. On les contrôle sans cesse. On les intimide et on les menace. Comme à Bure, dans l’Est de la France, où les opposant.es à la poubelle nucléaire Cigéo vivent dans un climat de tension permanente entretenu par les gendarmes.

Les droits humains inaliénables régressent de partout. Les sans-papiers sont en première ligne, et toute personne qui s’oppose à l’État et aux pouvoirs financiers s’expose à la répression. Les jeunes comme les ancien.nes. Quand les institutions en manque de légitimité se retranchent derrière les boucliers et matraques des CRS, de la BAC, des Gendarmes mobiles, quand la seule réponse du gouvernement à un besoin d’une vie digne et d’un avenir vivable résonne comme un tir de LBD dans la tête, il devient urgent de dénoncer ce basculement dans un régime autoritaire.

Manifestons tout.es ensemble contre les violences policières et les politiques liberticides !

Cortège anti-répression le 23/02/2019 à Rennes
14h à République

Collectif breton anti-répression

La Gauche Indépendantiste Bretonne exhorte élus et habitants de Bretagne à boycotter le prétendu “grand débat national” de Macron. Comment accepter le cadre d’un prétendu débat alors que chaque propos, parole et attitude de ce président suinte le mépris de classe le plus hautain masquant à peine une volonté de toujours s’attaquer aux plus pauvres ?

Comment accepter de prétendument débattre alors que la répression d’une police en roue libre et d’une justice complice s’abat violemment dans les rues contre les jeunes, les révoltés du mouvement des gilets jaunes et toute forme d’opposition ?

Les élus locaux des territoires méprisés, telle la Bretagne, se voient contraints de se plier à ce simulacre de débat démocratique où les puissants parisiens disent aux opprimés ce sur quoi ils peuvent débattre.

Macron et son gouvernement nous refont le coup de la recherche de l’unité nationale, ne cautionnons pas cette manœuvre.

Le seul débat dont nous ayons besoin en Bretagne c’est d’un vivifiant processus constituant de Brest à Clisson pour construire un pouvoir politique populaire breton seul garant d’une juste répartition des richesses, des équipements, transports et services publics au bénéfice de tous et toutes et non d’une minorité de nantis qui, depuis Paris, nous crachent au visage.

Dans l’immédiat, le mouvement de mécontentement populaire doit rentrer dans une nouvelle phase en exigeant l’arrêt de la violence policière visant à terroriser le peuple pour l’inciter à ne pas descendre dans la rue, l’interdiction de l’utilisation d’armes mutilantes* par les forces de répression,  et l’amnistie des condamnés.

C’est ce à quoi nous sommes prêts à travailler avec l’ensemble de ceux et celles actuellement en mouvement ou avec les forces politiques et syndicales qui pourraient les rejoindre.

Pour la Gauche Indépendantiste (Breizhistance) : Maïwenn Salomon


* depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes, voici les chiffres connus dans l’hexagone au sujets des violences policières : 1 décès, 4 mains arrachées par des grenades, 17 œils crevés par des tirs de Flashball ou de LBD40 (Lanceur de balles de “défense”), au moins 90 blessés graves et entre 2000 et 3000 blessés supplémentaires. À cela s’ajoute environ 6000 interpellations.