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Social / Sokial

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C’est une petite foule d’un millier de personnes qui a défilé dans Nantes le 27 septembre. La moyenne d’âge était très basse et beaucoup de militants plus aguerris ont apprécié la tenue de ce rendez-vous qui s’est déroulée sans anicroche.

Il semblait important aux organisateurs, regroupés sous le sigle “Coordination Démocratique de Bretagne”, de garder un rendez-vous dans la rue pour socialiser dans l’espace publique une revendication qui ne doit pas être cantonnée aux débats “citoyens” entre Happy-Few ou entre personnalités (plus ou moins qualifiées…) qui s’approprient le débat sur la réunification bretonne.

Les slogans en breton ou en français rappelaient l’importance du recentrage de ce débat dans le combat plus vaste pour un pouvoir politique breton de Brest à Clisson. C’est l’axe central de l’intervention des organisateurs lue en début de manif reproduit plus bas. Ce slogan “Pour un pouvoir politique breton de Brest à Clisson” peut être l’axe central d’une campagne plus large que nous appelons de nos vœux. 

Une petite délégation Kanak conduite par le président du FLNKS Christian Tein, récemment libéré de prison, était présente et fût chaleureusement applaudie.

L’intervention, reproduite ici, replace notre combat au cœur des mobilisations sociales en cours du moment contre l’austérité imposée par Paris.

Déclaration de la manifestation de Nantes
27/09/2025

Les débats feutrés dans les salons et les vœux que personne ne prend en compte ne nous satisfont pas. Pour faire avancer la nécessité d’envisager la Bretagne, toute la Bretagne, comme un espace politique, il faut occuper la rue, à date régulière, pour ritualiser notre agenda politique breton.

Et pour expliquer pourquoi , la construction d’un pouvoir politique breton de Brest à Clisson est un projet réaliste pour améliorer nos conditions de vie que les gouvernements qui se succèdent à Paris veulent encore dégrader avec des budgets d’austérité.

Dans son projet, M. Bayrou envisageait de demander un effort de 5,3 milliards d’euros aux collectivités locales pour l’année 2026 qui devrait en réalité s’élever à 9 milliards, selon le vice-président délégué de l’Association des maires. Si Sébastien Le Cornu reprenait ce budget, cela grèverait de façon inacceptable la capacité des communes et des intercommunalités à renforcer les services publics locaux qui sont sous leurs responsabilités. Cela nous empêcherait de répondre aux exigences légitimes pour un meilleur accès au logement social, à la médecine dans le cadre du service public, aux investissements dans les écoles publiques, à la revalorisation du traitement aux agents de la fonction publique territoriale, à l’accompagnement du riche tissu associatif qui œuvre au quotidien pour l’accès de toutes et tous aux sports, à la culture et aux loisirs.

Il n’était pas question de faire des économies pour doter la région parisienne d’équipements sportifs de prestige pour les Jeux olympiques. Il n’était pas question de faire des économies lorsque la France dépensait des milliards pour mater nos frères et sœurs Kanaks en révolte contre le colonialisme. Il n’était pas question de faire des économies pour arroser d’argent public les entreprises du lobby militaro-industriel qui vendent des armes à Israël pour massacrer les Palestiniens ou pour continuer l’escalade belliciste.

Ici, en Loire-Atlantique, on subit en plus et depuis longtemps la rigueur de la gestion de la Région Pays de la Loire par Christelle de la Morançais qui impacte de larges secteurs de la vie artistique et culturelle et plus particulièrement le tissu culturel et linguistique spécifiquement breton qui puisqu’il est hors Région Bretagne ne peut bénéficier des mêmes aides et conventions notamment pour l’usage et la transmission de la langue bretonne.

Les budgets de rigueur précédents imposés par Paris ont cassé les services publics de santé en Bretagne et privent d’accès aux soins des centaines de milliers de Bretons. L’absence de politique du logement ambitieuse pilotée depuis la Bretagne prive d’accès à un toit des milliers de travailleurs bretons. Nous avons notre mot à dire et le droit de décider ici de la façon dont l’argent des bretons est dépensé par Paris.

La lutte des classes a aussi une dimension territoriale. L’économie capitaliste dans le cadre de l’État français profite au grand patronat, mais aussi quasi exclusivement au centre de la métropole impérialiste parisienne et à quelques grandes métropoles.

C’est pour toutes ces raisons que la Bretagne doit être réunifiée, pour construire un pouvoir populaire breton, pas seulement pour rectifier une décision antidémocratique qui nie l’histoire de Bretagne. Il faut réunifier la Bretagne pour garantir à tous et toutes l’accès aux services publics sous gouvernance locale et gérer nous même notre fiscalité.

Alors oui il faudra voter en Loire-Atlantique comme dans le reste de la Bretagne pour librement déterminer des compétences que nous voulons maîtriser en tant que peuple breton, mais il ne faut donc pas dissocier le combat pour la réunification du combat breton plus large pour la construction d’un pouvoir politique breton de Brest à Clisson !

Il ne faut pas déserter la rue bretonne, ni la laisser aux fascistes. Merci à celles et ceux qui sont venus aujourd’hui. Nous étions des milliers pour une Saint-Yves revendicative le 17 mai dernier à Rennes. En 2026, la Saint-Yves revendicative aura lieu sur le parcours de la Redadeg qui finira le 16 mai 2026 à Nantes. Que les derniers kilomètres soient une clameur populaire pour la langue bretonne, la démocratie et le droit à l’autodétermination du peuple breton.

Ne désertons pas la rue, rendez-vous le samedi 26 septembre 2026 ici, place de Bretagne à Nantes.

La Bretagne, toute la Bretagne, est notre pays,
nous avons le droit de décider de son avenir !