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Gant tristidigezh ha from o deus desket izili an tu-kleiz dizalc’hour – War-Sav eo aet da Anaon Charlie Grall, stourmer e vuhez pad evit frankiz pobl Vreizh. Mont a ra hor soñjoù d’e dud nes er mareoù poanius-se.

Pa’z eo aet e-tro ur bajennad eus istor politikel Breizh a-vremañ. Charlie zo bet unan an eus arouezioù stourmerien Breizh mareoù stourm an FLB hag an ARB eus ar bloavezhioù 1970 betek 2012. Arestet e voe da vare e obererezh kuzh e 1979 goude bezañ kemeret perzh e diskar peul Roc’h Tredudon en FLB e 1974 ha distruj ti Komiser Le Taillanter, chef Servij Polis Justis Roazhon. Barnet ha kondaonet e voe e 1980 e Pariz gant Lez-Varn surentez ar Stad a-raok bezañ distaolet gant Fañch Mitterand, prezidant nevez dilennet e Bro-C’hall e 1981, hag adkavout ar frankiz goude daou vloaz toull-bac’h.

Chom a raio feal d’e vennozhioù dizalc’hour ha d’e stourm evit difenn gwirioù politikel ha yezhel pobl Vreizh oc’h embann en un doare foran e souten da obererezhioù Stourm ar Brezhoneg eus ar bloavezhioù 1980 betek 2010 peotramant o vezañ ezel eus ar strollad politikel dizalc’hour Emgann er bloavezhioù 1990.

Tomm e galon ouzh Euskal Herria gant he stourm evit an dizalc’houriezh hag ar sokialouriezh e voe e-pad un 40 vloaz bennak ha c’hoariet ur rol a-bouez evit ma voe degemeret stourmerien Bro Euskal e Breizh er bloavezhioù 1990. Liammoù kreñv zo bet savet a-drugarez dezhañ, denel ha politikel, etre an div vro. Setu penaos e voe krouet komite gevelliñ Karaez-Oiartzun, oberiant hiziv-an-deiz c’hoazh, ha treuzkaset valeurioù etrevroadel a stourm ha kengred d’ar rummadoù yaouankoc’h.

En e skridoù kazetenniñ, Le Poher pe Breizh-Info, krouet gantañ, en deus roet heklev d’ar mennozhioù stourmoù broadel, sokialour hag etrevroadel. Afer en do adarre gant ar Stad C’hall ha moustrerezh he justis. Tapet ha toull-bac’het adarre e 1999 da vare laeroñsi danvez tarzh e Plevin gant ar strollad euskarad ETA, skoazellet gant an ARB, rebechet dezhañ bezañ kejet ouzh unan eus izili komando ETA, aterset hervezañ evit ur pennad-skrid. Kondaonet da 7 vloaz toull-bac’h e 2005 gant Lez-Varn Ispisial Pariz eo chomet dieub goude ar galv graet kerkent. Er prosez galv e 2012 eo kondaonet da 2 vloaz toull-bac’h goursez.

M’eo cheñchet ar stummoù azgoulennoù evit doujañs da wirioù pobl Vreizh hag he dizalc’houriezh goude mare an ARB e kaso bepred Charlie e skoazell d’ar stourmerien ha stourmerezed nec’het gant ar justis gall. Un toullad prizonidi bolitikel eus Breizh o do bet skoazell brizius Skoazell Vreizh, evel Charlie. Evel-se, evel anaoudegezh ha doujañs evit al labour a-stroll-se, e asant Charlie sammañ karg prezidantelezh ar gevredigezh e 2013. Un tamm mat a brosezioù a dremeno. Menegomp prosezioù stourmerien adunvanidigezh 44=BZH, stourmerien Ai’ta evit difenn ar brezhoneg, stourmerien dizalc’hour ebarzhet er stourm a-enep al lezenn Labour, liseidi Diwan o deus stourmet evit tremen arnodennoù ar bak e brezhoneg, ar stourmerez yaouank o tiskuliañ an eil-tiez pe c’hoazh an aferioù Fañch hag o deus graet trouz. Soñj o do ivez ar prizoniadezed politikel euskarat bac’het e Roazhon eus souten Skoazell Vreizh dindan e brezidantelezh.

Ma oa Charlie Grall ur stourmer dizalc’hour istorel e voe ivez ur skrivagner puilh e brezhoneg hag e galleg. Dre al lennegezh hag e bennadoù er gelaouenn Al Lanv en deus roet tro d’al lennerien beajiñ  er bedoù politikel ha sokial breton hag euskarad. A-drugarez dezhañ e teu miliadoù a dud abaoe 1990 da eskemm e brezhoneg, dizoloiñ oberennoù a-vil-vern ha tabutal da vare Gouel al Levrioù e Karaez. Un oberenn veur en doa krouet, deuet da vezañ un darvoud hep e bar e bed ar sevenadur breton.

Mil drugarez dit Charlie. Ra vo wenn da ved kamarad.

Stourmomp betek an trec’h bepred ! Bevet Breizh dizalc’h ha sokialour !

An obidoù a vo lidet
dimeurzh 3 a viz Meurzh da 2e e krematorium Karaez.

 


 

C’est avec tristesse et émotion que les membres de la Gauche Indépendantiste – War-Sav ont appris la disparition de Charlie Grall, militant tout au long de sa vie pour la liberté du peuple breton. Nos pensées vont à ses proches dans ces moments douloureux.

Avec son départ se tourne une page de l’histoire politique de la Bretagne contemporaine. Charlie a été l’un des symboles des militants bretons des périodes de lutte du FLB et de l’ARB des années 1970 à 2012. Il fut arrêté en 1979 après avoir participé aux plastiquages de l’antenne émettrice de Roc’h Tredudon du FLB en 1974 et de la maison du Commissaire Le Taillanter, chef de la Police Judiciaire de Rennes. Il sera jugé et condamné en 1980 à Paris par la Cour de Sécurité de l’État avant d’être amnistié par Mitterrand, nouveau président élu en France en 1981, et ainsi retrouver la liberté après deux ans de prison. Il restera fidèle à ses idées indépendantistes et à son engagement pour la défense des droits politiques et linguistiques du peuple breton en martelant publiquement son soutien aux actions de Stourm ar Brezhoneg des années 1980 à 2010 ou comme membre du parti politique indépendantiste Emgann dans les années 1990.

Sa proximité avec le Pays Basque et sa lutte pour l’indépendance et le socialisme pendant une quarantaine d’années a joué un rôle important dans sa vie. C’est ainsi que des militants du Pays Basque furent accueillis en Bretagne dans les années 1990. Des liens forts ont été créés grâce à lui, humains et politiques, entre les deux pays. Il a œuvré à la création du comité de jumelage Carhaix-Oiartzun, encore actif aujourd’hui, et transmis des valeurs internationales de lutte et de solidarité aux générations plus jeunes. Par ses écrits de presse, du Poher ou de Breizh-Info, qu’il a créés, il a donné de l’écho aux luttes de libération nationales, socialistes et internationales. Il aura à nouveau affaire avec l’État français, sa répression de sa justice. Arrêté et emprisonné à nouveau en 1999 lors du vol d’explosifs à Plevin par ETA, soutenu par l’ARB, il est accusé d’avoir rencontré un membre du commando ETA, interrogé selon lui pour la rédaction d’un article. Condamné à 7 ans de prison en 2005 par la Cour d’Assises Spéciales de Paris, il est resté libre et fait l’appel. Lors du procès d’appel de 2012, il est condamné à 2 ans de prison de sursis.

Si les formes de revendications pour le respect des droits du peuple breton et son indépendance ont changé à la suite de la fin d’activité de l’ARB, Charlie apportera toujours son soutien aux militantes et militants inquiétés par la justice française. Un certain nombre de prisonniers politiques bretons ont bénéficié de l’aide précieuse de Skoazell Vreizh, comme Charlie. Ainsi, par reconnaissance et respect pour ce travail collectif, Charlie accepte de prendre la responsabilité de la présidence de l’association en 2013. Un bon nombre de procès se dérouleront. Mentionnons les procès des militants de la réunification 44=BZH, des militants d’Ai’ta pour défendre le breton, des militants indépendantistes engagés dans la lutte contre la loi Travail, des lycéens de Diwan qui se sont battus pour passer les examens du bac en breton, la jeune militante luttant contre les résidences secondaires ou encore les affaires Fañch qui ont fait grand bruit. Les prisonnières politiques basques emprisonnées à Rennes se souviendront également du soutien de Skoazell Vreizh sous sa présidence.

Si Charlie Grall était un militant indépendantiste historique, il fut aussi un écrivain en breton comme en français. Grâce ces ouvrages et ses articles dans la revue Al Lanv, il a permis aux lecteurs de voyager dans les mondes politiques et sociaux bretons et basques. Grâce à lui, des milliers de personnes viennent depuis 1990 échanger en breton, découvrir une foule d’œuvres et discuter lors du Salon du Livre à Carhaix. Il a ainsi créé un évènement majeur, devenu incontournable dans le monde de la culture bretonne.

Merci infiniment Charlie. Que la terre de la Bretagne te soit légère camarade.

Vive la Bretagne libre et socialiste ! Luttons jusqu’à la victoire, toujours !

War-sav, la Gauche Indépendantiste Bretonne, tient à apporter tout son soutien aux lycéen·ne·s de Diwan Karaez dans leur mouvement revendicatif pour une éducation en langue bretonne dans des conditions décentes.

Ce mouvement apparaît comme une éclaircie dans une période qui était jusqu’alors chargée de gros et lourds nuages au-dessus de nos têtes : grosses difficultés financières à la rentrée pour le réseau immersif en langue bretonne Diwan, et notamment au lycée de Carhaix avec la diminution de moitié de l’espace dédié aux élèves, des restrictions budgétaires sans précédent pour le monde de la culture et du sport entre autres votées par des collectivités (Conseil régional « Pays de la Loire », CD 35…) qui ont déjà commencé à se faire sentir dans la baisse du soutien aux associations culturelles bretonnes, un sondage qui nous annonce la perte de 50 % des locuteurs de breton en seulement 6 ans, la nomination plus que surprenante d’une vice-présidente en charge de la langue bretonne à la Région qui signait il y a un an de ça une tribune contre le bilinguisme français-breton pour toute la partie Est de la Bretagne…

Nous n’avions comme horizon que cet hiver politique sans fin, nuageux et pluvieux, et enfin l’hirondelle est revenue, là où personne ne l’attendait. Les lycéen·ne·s de Diwan Carhaix, eux qui ont grandi avec le breton dans la tête et sur les lèvres, nous annoncent donc ce printemps de la langue bretonne tant attendu. Ils n’acceptent plus d’être pris comme la variable d’ajustement par l’association l’AILES, qui gère le site de Kerampuilh pour la région, et réclament leurs droits, c’est-à-dire l’égalité avec les autres lycéen·ne·s breton·ne·s. Durant deux années, ils ont subi les nuisances sonores et visuelles d’un chantier de rénovation d’un bâtiment au milieu de leur lycée. Ce nouveau bâtiment est prévu de longue date pour le lycée, financé par la région, donc par l’impôt des bretons, pour pouvoir accompagner les engagements de cette collectivité au titre de la politique linguistique.

À la rentrée, cette même collectivité, avec le concours de l’association l’AILES, leur réduisait de moitié leur espace, plus de foyer, des chambres surchargées, un CDI qui devient un hall de gare, un parking et la boue de l’hiver en guise de cour ! Re Zo Re !

Jeudi dernier, ils ont donc voté en assemblée générale auto-organisée le blocage de leur lycée à compter de ce lundi et jusqu’à ce que des solutions soient trouvées pour la mise à disposition pérenne de ce nouveau bâtiment ainsi que du foyer lycéen et la reprise du dortoir actuellement vide.

Comme le dit Gilles Servat dans sa chanson, elle est revenue l’hirondelle, blanche au ventre et noire aux ailes, comme les couleurs de la Bretagne, et elle est annonciatrice de jours meilleurs. En cela, nous ne pouvons que saluer et remercier les lycéen·ne·s et ancien·ne·s lycéen·ne·s de Diwan qui nous percent les nuages et nous apportent l’espoir comme seule la jeunesse est capable de le faire. Nous serons toujours à leurs côtés, la langue bretonne a un avenir et ce sont nos jeunes locutrices et locuteurs qui le portent.

Tous les élus qui sont venus se pavaner à la manifestation du 29 mai 2021 à Guingamp pour la défense de l’enseignement immersif alors attaqué par le Conseil constitutionnel doivent savoir que nous ne les trouvons pas à la hauteur des enjeux linguistiques alors que la langue bretonne est acculée, et cela faute de courage politique de leur part pour affronter l’hostilité constitutionnelle française.

Qu’ont-ils fait de notre énergie et de notre belle mobilisation populaire ?

Nous n’avons que faire des justifications pour expliquer les mesures d’austérité décidées à Paris pour couper dans les budgets locaux, notamment dans les domaines linguistiques, culturels, sportifs et éducatifs. Nous savons très bien que ces mêmes collectivités locales soutiennent bien souvent massivement l’industrie de mort de l’armement, y compris le Conseil régional de Bretagne. Nous exigeons :

• Que la Région Bretagne assume les frais d’internat des lycées Diwan, au même titre que dans les lycées publics, Diwan remplissant une mission de service public à travers la gratuité, l’ouverture à toutes et tous et son aspect laïc. De fait, les salaires des animatrices et animateurs doivent être pris en charge par cette collectivité, et ce, afin d’accompagner le seul réseau d’enseignement capable d’éduquer de jeunes brittophones actifs, donc de contrecarrer la chute des locutrices et des locuteurs mis en évidence par le dernier sondage commandité par la région Bretagne.

• L’officialisation de la langue bretonne et son droit non négociable à trouver sa place partout dans la péninsule, y compris dans les aires métropolitaines de l’Est où se joue aussi l’avenir du breton.

• Que la langue et la culture bretonne ne subissent aucune mesure d’austérité économique par une baisse de subventions à celles et ceux qui la font vivre.

• Que les collectivités (métropoles et intercommunalités) bretonnes de Brest à Clisson s’engagent à verser au moins un Euro par habitant dans le mandat 2026-2032 en faveur d’actions d’usage et de transmission de la langue bretonne, elles le peuvent dans le cadre des possibilités offertes par la loi Molac qui les obligent à participer à l’enseignement, la promotion et à la diffusion de la langue bretonne.

• Que la Saint-Yves soit déclarée jour férié par les collectivités territoriales et locales bretonnes.

• Le droit de décider en Bretagne dans tous les domaines à travers un pouvoir politique breton législatif local doté d’une large autonomie, premier pas vers l’indépendance.

Nous annonçons de ce fait une manifestation le 17 mai prochain, dont le lieu reste à déterminer, pour porter les revendications des lycéen·ne·s Diwan et pour construire une mobilisation subversive autour de la Fête de la Bretagne, pour une Saint-Yves revendicative !

Bevet stourm liseadezed ha liseidi Diwan !
Brezhoneg yezh ofisiel, ur gwir statud evit Breizh !

 

 

Skeudennoù / Photos : Sarah Cariou

Unité territoriale de la Bretagne, construction d’un pouvoir politique breton, co-officialité de la langue bretonne, antifascisme et solidarité internationaliste étaient les moteurs de la manif du Nantes du 28 septembre.

Prés de 1500 personnes se sont donc retrouvées dans une ambiance chaleureuse, complice. Une petite foule trés jeune, joyeuse, d’horizons divers a convergé dans un moment d’unité populaire pour affirmer que la Bretagne est un sujet politique et pas romantique, et que nous avons besoin d’un pouvoir politique breton de Brest à Clisson.

Bien sûr, actualité oblige, beaucoup souhaitaient aussi marquer leurs solidarité avec les peuples Kanaks, Palestiniens et Libanais.

On a pu y croiser quelques élus locaux, Primael Petit et Eric Bainvel, militants de la Gauche Indépendantiste élus à Saint-Herblain, Aziliz Gouez, élue à la mairie de Nantes et au Conseil Régional de Bretagne, Lionel Henry, maire de Montreuil le Gast, Anton Burel, élu à Cintré, Gael Roblin élu à Guingamp , Maxime Picard adjoint à Questembert, mais aussi Ségolène Amiot Députée, NFP-LFI à Nantes Ouest.

Les collectifs de la Gauche extraparlementaires qui avaient tissé des alliances en perspective de cet événement ont su élargir à d’autres sensibilités, et pour beaucoup de participant·e·s c’était sans doute une première de s’inscrire dans une manifestation pour la réunification de la Bretagne. Une mobilisation qui a affirmé sans complexe la pertinence d’un projet politique dotant notre pays, la Bretagne, d’un autogouvernement de Brest à Clisson.

L’intuition politique des militants de la gauche indépendantiste diffusée dès le mois de mai était la bonne.

Des dizaines de militants associatifs, d’animateurs de collectifs revendicatifs divers , des membres d’autres organisations politique ont répondu à l’appel, et souhaitent cheminer ensemble pour affirmer le droit du peuple breton à décider d ‘un autre modèle social, institutionnel, environnemental.

Les mobilisations internationalistes en cours pour la Palestine, et le Liban y ont trouvé une large place.

Un espace politique novateur se dessine en Bretagne. C’est encourageant.

Nous reproduisons ci dessous l’intégralité de la prise de parole du collectif organisateur, lue par deux jeunes brittophones avant que ce défilé, sans aucun incident, ne se termine au son de la musique bretonne au pied de la tour Bretagne.

Les propositions de mobilisations communes pour construire la Bretagne en commun sont nombreuses. Le 12 octobre une importante convergence à Carhaix se dessine pour défendre l’hopital public et l’accès aux soins partout en Bretagne.

 

Prise de parole Bretagne en Commun– 28 septembre 2024, Nantes.

Nous sommes venus redire que le pays nantais, c’est la Bretagne, et que nous voulons être consultés par voie référendaire sur le périmètre et les compétences de notre pays, de Brest à Clisson.

Nous sommes venus redire notre colère à l’endroit des stratégies d’austérité déployées par la droite réactionnaire qui préside aux destinées de l’invraisemblable Région des Pays de la Loire, et qui ciblent en particulier les associations œuvrant en Loire Atlantique pour la langue bretonne et le gallo et pour la culture populaire bretonnes.

Ces attaques contre notre culture populaire sous toute ses formes et le patrimoine immatériel sont inadmissibles !

Et elles sont singulièrement préjudiciables au moment où nous avons besoin de moyens renforcés pour développer des fondamentaux culturels et linguistiques qui nous permettent de décliner une vision intégratrice de la Bretagne.

Une vision ouverte à toutes celles et ceux qui viennent vivre et travailler en Bretagne, sans distinction de couleur, de religion ou de genre.

Une vision arrimée à des principes de pluralisme démocratique, de diversité culturelle et d’humanisme que nous saurons défendre face aux tenants d’un nationalisme français xénophobe, autoritaire et ultra-jacobin.

Alors ici à Nantes, dans la ville qui abrite la plus grande école Diwan de Bretagne, nous sommes venus redire que doit cesser l’hostilité institutionnelle vis-à-vis de ceux qui œuvrent pour faire vivre la langue bretonne dans nos écoles et hors leurs murs. L’avenir de notre langue se joue aussi dans les métropoles et l’Est de la Bretagne. Afin de cadrer la politique linguistique en Loire Atlantique, nous avons besoin d’une convention équivalente à celle accordée à la Région Bretagne. Et à 18 mois des élections municipales, nous attendons des engagements en ce sens des élus nantais.

Nous allons devoir nous appuyer sur nos collectivités locales car le pouvoir central est entre des mains hostiles.

Faut-il l’illustrer ? Au sein du gouvernement de droite radicale aujourd’hui en place à Paris, le Ministère de l’intérieur est aux mains de Bruno Retailleau, ancien Président des Pays de la Loire –un homme qui s’est distingué – parmi d’autres combats d’arrière-garde – par son hostilité à la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires. La nouvelle Ministre de l’Education, Anne Genetet, figure quant à elle parmi les 60 députés signataires du recours constitutionnel contre la loi Molac sur les langues dites « régionales », ayant conduit à une censure partielle de cette loi et donc à une précarisation de l’enseignement immersif en langue bretonne.

Nous pourrions continuer la liste mais nous préférons nous arrêter là et proclamer haut et fort que les lugubres desseins de ces hérauts d’une conception monolithique, verticale et asséchante de la République ne passeront pas en Bretagne !

Et c’est pourquoi aujourd’hui, à Nantes, nous sommes venus – aussi et surtout – parler de démocratie. Car la réunification, la construction d’un pouvoir politique breton sur les cinq départements, sont fondamentalement des enjeux de réappropriation du droit de débattre, de délibérer et de décider de notre avenir collectif.

En ces jours où la frustration démocratique est à son comble suite à la nomination à Paris d’un gouvernement ne reflétant pas le résultat des urnes, nous clamons notre défiance à l’endroit de ce gouvernement et notre volonté de voir les collectivités locales bretonnes – depuis la commune jusqu’à la Région – devenir autant de lieux de résistance à un projet politique qui, sous la bannière du « retour à l’Ordre », s’annonce d’ores et déjà dangereusement réactionnaire, autoritaire, antisocial, anti-écologique, anti-féministe et ultra-centralisateur.

Un projet politique en phase avec l’agenda du Rassemblement National.

Lequel Rassemblement National, rappelons-le, propose (entre autres infamies) la suppression des conseils régionaux. Et lequel Rassemblement National a été le seul parti à voter, en session plénière de la Région Bretagne, CONTRE la demande d’autonomie qui y fait formellement consensus.

Nous avons pourtant urgemment besoin d’un cadre d’autogouvernement fiscal et législatif en Bretagne pour porter des politiques publiques transformatrices et équitables en matière de logement et de santé, d’aménagement du territoire et de partage des ressources.

Et parce que nous sommes fiers de notre identité bretonne ; parce que nous sommes forts de notre cohésion sociale et de notre vivacité culturelle, nous rejetons fermement la politique du bouc émissaire et l’exploitation des colères sociales qui constituent le fonds de commerce des nationalo- populistes en France comme ailleurs en Europe :

Ce ne sont ni les réfugiés ni les migrants, quelle que soit leur religion, qui contribuent au dérèglement climatique. Ils en sont souvent les premières victimes.

Ce ne sont ni les réfugiés ni les migrants, quelle que soit leur religion, qui sont la cause de la diminution dramatique de la population agricole et du nombre de fermes à travers la Bretagne. Ils sont nombreux à trimer dans nos serres et dans nos usines agro-alimentaires.

Ce ne sont pas eux non plus qui ont cassé les outils de financement du logement social, qui contribuent à l’envolée des prix des maisons sur le littoral breton, ou qui décident de la fermeture des services publics – hôpitaux, collèges, écoles – essentiels à la prospérité de nos territoires.

Et puisque l’on parle beaucoup de Front Populaire et d’unité ces temps-ci, rappelons que le terme fut utilisé pour la première fois en janvier 1936 à l’occasion d’un scrutin dans l’état espagnol. Ce fut un accord entre toutes les forces de gauche, mais aussi avec toutes les forces des périphéries, les nationalités — catalane, basque, galicienne, andalouse – un accord qui intégrait le respect du droit à l’autodétermination des peuples et une large amnistie pour les prisonniers politiques. On peut espérer que de telles exigences en matière de démocratie et de justice puissent inspirer les animateurs contemporains du Nouveau Front Populaire en France.

Aucune refondation démocratique ne pourra avoir lieu sans rupture avec la mystique du centralisme national-républicain.

Pour notre part, nous tenons à clôturer cette prise de parole par un salut à nos amis ukrainiens et palestiniens, dont les drapeaux flottent ici aux côtés du Gwenn-ha-Du. Et nous adressons un salut chaleureux, par-delà les mers et les murs des pénitenciers, aux insurgés Kanaks emprisonnés et à leurs familles, ainsi qu’à ceux qui — en Martinique et en Guadeloupe — manifestent contre la vie chère ; ils nous montrent l’exemple.

La mobilisation de la société bretonne pour une reconstruction démocratique est en cours. Elle doit se poursuivre et s’amplifier :

Le 1er octobre, les organisations syndicales mobiliseront contre l’austérité ; soyons partout à leurs côtés, dans les villes et dans les bourgs, dans les entreprises et dans les quartiers de Bretagne !

Le 5 octobre, une flottille antifasciste tentera de libérer l’archipel des Glénan de l’emprise de M.Bolloré ; faisons tout pour que cette action soit couronnée de succès et appelons les vents de la Bretagne à gonfler leurs voiles !

Le 12 octobre, à Carhaix, les défenseurs des hôpitaux publics se rassembleront pour défendre l’accès aux soins dans tous les territoires bretons, urbains comme ruraux ; saisissons cette occasion pour réaffirmer que la Bretagne est un espace civique cohérent pour construire des politiques publiques volontaristes au bénéfice du plus grand nombre, à commencer par les plus modestes.

Oui, commençons dès à présent à construire la Bretagne en commun, en forgeant des liens complices, des solidarités assumées, des alliances inédites, pour décider, agir et vivre ici en toute dignité ! Betek an trec’h !

 

La Gauche Indépendantiste Bretonne (War-Sav) a pris connaissance des procédures en cours contre des habitant.e.s de Carhaix investi.e.s dans la défense de l’hôpital public. Ces mises en causes pour une prétendue séquestration d’une responsable du CHUR sont ridicules, elles doivent être abandonnées et ces habitant.e.s du Poher laissé.e.s en paix.

Nous exigeons l’abandon des poursuites. Ceux qui devraient être jugés au tribunal sont ceux et celles qui cassent le service public hospitalier méthodiquement et privent ainsi les habitants du Kreiz-Breizh de l’accès aux soins prés de chez eux. Les habitants de Redon, Pontivy, Guingamp, Lannion connaissent bien eux aussi cette situation inadmissible.

Aucune alternative ne leurs ai proposé par ceux qui détruisent l’hôpital public. Lorsque des protocoles issus du rapport de forces que construisent les habitants délaissés comme à Carhaix sont signés , le gouvernement et les services de l’État sont incapables de les mettre en oeuvre. Cette manoeuvre délétère contre les défenseurs de l’hôpital de Carhaix renforcera la combativité de tous ceux et celles qui dans les zones d’exclusions sanitaires qui grandissent en Bretagne luttent pour l’égalité d’accès aux soins et la défense du service public.

La Gauche Indépendantiste Bretonne (War-Sav)

PS : Seront entendues à partir du 14 mai sous le régime de la garde à vue 9 personnes présentes dans les locaux de l’ARS à Quimper, le 14 septembre 2023  pour avoir séquestration et prétendues faits de violences en réunion lors d’une manifestation de défense de l’hôpital public de Carhaix.

Le Monde a récemment évoqué la présence massive de médecins cubains en Calabre. Depuis 2019 les militants de la Gauche Indépendantiste Bretonne défendent l’idée que face à l’effondrement du système sanitaire français l’éventualité de faire venir des soignants cubains en Bretagne doit être étudié sérieusement et invitent les élus locaux à se positionner sur ce sujet.

Plus prés de nous dans l’actualité on se souvient de l’échange entre Gael Roblin militant de la Gauche Indépendantiste élu à la Ville de Guingamp, ville dans laquelle les accouchements ne sont plus possibles faute de personnel, et l’ambassade de Cuba à Paris. Les autorités cubaines s’étant déclarés disposées à déployer des personnels de santé dés que le gouvernement français aurait pris un décret les y autorisant.

 

 

Depuis d’autres forces politiques comme le PCF et le NPA ont soutenus cette proposition. Nous nous en réjouissons. Elles l’ont rendu public lors de la manifestation d’envergure bretonne qui a regroupé 3000 manifestants en juin dernier.

C’est pourquoi elles demandent au gouvernement français de signer immédiatement un décret permettant le déploiement de personnel médical de Cuba en Bretagne comme cela avait été fait lors de la pandémie de Covid en Guadeloupe et Martinique.

La Calabre est dirigée par le parti du défunt Silvio Berlusconi , qui bien qu’a droite toute a du bien constaté que c’était la seule solution crédible. Malgré le coup de gueule de la représentation en Europe des USA auprès des autorités Italiennes pour tenter de contrer ce déploiement humanitaire.

Autour de Guingamp où l’idée fait son chemin comme ailleurs en Bretagne, beaucoup d’élus sous couvert d’anonymat salut la bonne idée. Mais préfèrent essayer de faire venir des soignantes de Madagascar qui en a pourtant cruellement besoin, contrairement à Cuba qui a un niveau de sécurité sanitaire reconnu internationalement.

Seulement voilà envisager de faire des accords avec Cuba reviendrait aussi à parler du blocus injuste que subit l’Ile à cause des USA et à expliquer que Cuba peut investir dans l’éducation et  la formation de médecins et de soignants par ce que l’Ile refuse l”ingérence impérialiste et ne finance pas de guerre…Contrairement à la France et à l’Union Européenne…

 

Bretagne info.

Nous publions ici l’intégralité de l’article de Prensa Latina sur l’arrivée de 120 nouveaux médecins que nous a transmis un syndicaliste CGT de la métallurgie de Saint-Nazaire.

 

Les médecins et l’équipe de soignants cubains en Calabre photo Prensa Latina

 

Rome, 6 août (Prensa Latina) Cent vingt nouveaux médecins cubains arrivés en Italie se joignent aujourd’hui à leurs 51 collègues qui, depuis la fin de l’année dernière, contribuent à l’amélioration des soins de santé dans la région méridionale de la Calabre, indiquent les médias locaux.

Selon un article publié sur le site numérique du quotidien Il Quotidiano del Sud, à leur arrivée dans la nuit de vendredi dernier à l’aéroport calabrais de Lamezia Terme, les médecins de la nation caribéenne ont été reçus par le président de la région, Roberto Occhiuto, qui les a remerciés pour leur présence.
« Ces derniers mois, vos collègues qui sont arrivés en Calabre en décembre dernier ont apporté une contribution essentielle à notre région, pour maintenir les hôpitaux ouverts et apporter des réponses aux patients, et nous sommes certains que vous aussi vous vous intégrerez très bien, et ce sera une expérience réussie », a déclaré Occhiuto.
« Quand j’ai annoncé que j’engagerais des médecins cubains, beaucoup m’ont critiqué pour cette initiative, et aujourd’hui tout le monde en Italie veut m’imiter », a-t-il manifesté.
« Je remercie le ministère des Affaires étrangères qui nous a aidés ces dernières semaines à surmonter certains problèmes bureaucratiques, ainsi que l’Université de Calabre », où seront hébergés temporairement les médecins nouvellement arrivés pour recevoir un cours intensif d’italien.
Pour sa part, le recteur de ce haut centre d’études, Nicola Leone, qui s’est joint à l’accueil, a également exprimé sa reconnaissance « en tant que Calabrais ».
« J’ai interagi avec les collègues qui vous ont précédés, et j’ai pu apprécier l’enthousiasme et le désir de participer à une mission importante », a ajouté Leone.

Le 23 mai dernier, les ministres de la Santé de Cuba et d’Italie, José Angel Portal et Orazio Schillaci, respectivement, ont signé un mémorandum d’accord sur la collaboration dans les domaines de la santé et des sciences médicales.
En paraphant le document, à Genève, en Suisse, dans le cadre de la LXXVI Assemblée mondiale de la Santé, Schillaci a reconnu les avancées de Cuba en matière de santé et de recherche scientifique et bio-pharmaceutique.
Le ministre italien a également remercié les médecins cubains de la brigade Henry Reeve présents dans les régions de la Lombardie et du Piémont pour l’aide apportée en 2020 lors des moments les plus critiques de la lutte contre la pandémie de la Covid-19 dans cette nation européenne.
peo/rgh/Ort

Plusieurs organisations politiques de gauche impliquées dans les luttes pour la défense du système de santé publique et la défense des hopitaux menacés à Guingamp , Carhaix, Landerneau appellent conjointement à se joindre à la manif du 17 juin à Guingamp contre les fermetures de services d’urgences, de maternité, de chirurgies.

Elles font aussi cause commune pour dire ensemble que l’idée de déployer des médecins et soignants cubains en Bretagne est une option à étudier de prés. Un conseiller municipal de Guingamp avait déja obtenu un engagement positif de l’ambassade de Cuba. Une idée mise en pratique ailleurs en Europe notamment en Calabre.  

Et qui semble faire son chemin comme alternative concrète à la situation qui pourrait perdurer à Guingamp et ailleurs…

Les organisations signataires s’associent aux mobilisations en cours en vue notamment de la manifestation du 17 juin à Guingamp pour la défense de l’hôpital public, l’égalité d’accès aux soins et contre les nombreuses fermetures de services hospitaliers en Bretagne.

Nous exigeons de concert avec les organisations syndicales et les collectifs de défense une politique de recrutement adéquat pour répondre aux problèmes d’effectifs de personnels et des engagements écrits clairs du ministre de la santé pour le maintien de l’offre de soins à Guingamp, Carhaix et ailleurs.

Par ailleurs nous trouvons pertinente l’idée d’un renfort momentané de personnel médical Cubain comme cela se fait ailleurs en Europe en ce moment grâce à la générosité du gouvernement de Cuba et à sa politique sanitaire solidaire dont nul ne conteste l’efficacité.

C’est pourquoi nous demandons au gouvernement français de signer immédiatement un décret permettant le déploiement de personnel médical de Cuba en Bretagne comme cela avait été fait lors de la pandémie de Covid en Guadeloupe et Martinique.

Cet apport salutaire empêcherait concrètement des fermetures de services dont le maintien semble crucial à tous et toutes celles et ceux qui ont pour souci l’accès au service public de santé partout y compris dans les territoires ruraux.

Signataires : Gauche Indépendantiste Bretonne ( War-Sav )  PCF Section de   Guingamp et  Fédération PCF 29, MJCF 22  ( Mouvement des Jeunes Communistes  des Côtes d’Armor ) ,  Comités NPA ( Nouveau parti Anticapitaliste ) de Brest et Guingamp-Lannion-Paimpol.

 

 

Le texte de l’appel de la Coordination :

 

Matthieu Guillemot, ses proches et ses camarades du NPA Kreiz-Breizh sont bien connus pour leurs engagements divers en faveur des plus démunis, des travailleurs licenciés par les patrons de l’agro-alimentaire, des services publics notamment hospitaliers,des prisonniers politiques bretons.

Pendant 12 ans dans le cadre de son mandat municipal, il a continué à défendre ces engagements.

Désormais commerçant de son état il a naturellement pris des initiatives visant à attirer l’attention sur les difficultés auxquelles doivent faire face les professions des commerces fermés en temps de pandémie.

Dans ce cadre il a interpellé à plusieurs reprises le préfet, le sous préfet et le président de l’assemblée nationale et député Macroniste Richard Ferrand avec ténacité, humour et franc parler.

Au lendemain d’un accueil revendicatif en musique d’une délégation préfectorale en Mairie de Carhaix pour rappeler les demandes des intermittents en lutte, action au cours de laquelle Mathieu a dressé un faux PV au préfet dont la délégation était composée de plus de 6 personnes, il a été convoqué à la gendarmerie.

Il doit être entendu le 7 avril dans le cadre de l’enquête sur les dégradations intervenues sur le domicile de Mr Richard Ferrand à Mottreff pendant le mouvement de Gilets Jaunes et ce en tant que témoin,action dans laquelle il n’a évidemment rien à voir.

Face à cette nouvelle tentative d’intimidation d’un militant connu pour son irrévérence et son impertinence à l’endroit des puissants nous tenons à adresser un salut fraternel à Matthieu , ses proches et camarades. Un salut du type de ceux que les Communards s’adressaient il y a 150 ans quand ils devaient faire face aux Versaillais de Thiers dont Mr Ferrand est l’héritier politique tant son engagement incarnant un pouvoir lointain, incompétent et autoritaire au service des plus riches est de plus en plus flagrant.

La poursuite des pressions exercées sur Matthieu entraînera les mobilisations nécessaires au-delà des limites du Poher.

Pour l’Organisation de la Gauche Indépendantiste ( War-Sav ) : Gael Roblin

 

( Illustration Mr Guillemot et Ph. Poutou ) 

C’est le sentiment qu’on peut avoir à quelques jours du second tour des municipales. Comme nous l’expliquions le premier tour avait été le théâtre de certaines performances, modestes certes, mais notables de partisans d’un pouvoir politique breton.

Nous nous étions longuement étendus sur les performances des indépendantistes de gauche identifiés et élus lors de premier tour, à Cintré, Plounevez-Moedeg, Guingamp… Nous aurions aussi pu parler de l’élection de Lionel Henry à la tête de la mairie de Montreuil-Le-Gast, partisan bien connu d’une Bretagne réunifiée et souveraine et ne cachant pas son engagement à gauche, de Jean-Yves Kallag à Lannion qui entame un troisième mandat d’opposition et sur lequel on peut compter pour défendre notamment la langue bretonne.

Au moment où nous écrivons ces lignes nous ne savons pas quel sera le score de « Saint-Herblain en Commun » mais cette liste de Gauche, Écolo, Bretonne de la sixième ville de Bretagne avait tout de même gagné 30 % des suffrages au premier tour !

L’Union Démocratique Bretonne (autonomiste de gauche) et son allié Christian Troadec (réélu à Carhaix) de « Pour La Bretagne » pourront compter eux aussi leurs élus et faire un bilan plutôt positif de cet exercice électoral.

Mais c’est le deuxième tour des bords de Loire à Nantes qui fait ressurgir la Bretagne comme objet civique et politique.

Comme l’indique Le Télégramme dans son article du 7 juin, l’accord entre EELV et le PS et ses autres alliés stipule : « Dans un volet intitulé « Promouvoir la langue et la culture bretonne » (points 287 à 290 de leur « contrat de mandat »), Johanna Rolland et sa troisième colistière Julie Laernoes proposent, entre autres, d’« adopter un vœu demandant l’organisation d’un référendum sur la réunification de la Bretagne » et de continuer en indiquant que l’accord prévoit aussi que la Ville se dote d’« une instance pour engager une concertation avec l’État sur les modalités d’organisation de ce dernier ». Florian Le Teuf (candidat EELV, figure du milieu des supporters du FCN et opposant au Yellow Park) pourrait être chargé des questions bretonnes (dont le référendum) à la mairie de Nantes une fois élu, alors qu’il figure en 4ème position, même si l’UDB (également présente sur la liste de Johanna Roland mais dés le 1er tour) avait aussi introduit l’idée d’un tel « débat citoyen » dans ses accords.

Beaucoup dans la presse et sur les réseaux sociaux s’interrogent sur cette soudaine conversion et sur les limites de cet accord.

 

Mais ne boudons pas notre plaisir de voir la Bretagne, l’unité territoriale de notre pays devenir un objet de débat citoyen, surtout après des décennies de débretonisation !

Quelques soient nos réserves et interrogations, saluons là le fait que ces rapports de forces électoraux aient fait entrer dans les négociations le terme « référendum » et introduit ainsi l’idée que le droit de décider de l’avenir institutionnel de la Bretagne appartient au peuple breton.

C’est aussi le fruit du travail des adhérent·e·s de Bretagne Réunie, qui avaient marqué les esprits en rassemblant 100.000 signatures afin d’obliger (en vain) le Conseil Départemental de Loire-Atlantique à débattre de l’unité de la Bretagne dans le cadre du droit d’option.

Les votations auto-organisées par Dibab entre 2014 et 2015, assez nombreuses en Loire-Atlantique avaient aussi marquées l’histoire politique bretonne contemporaine et fait progresser l’idée d’un référendum sur l’unité de la Bretagne et la dévolution de pouvoirs à une « assemblée de Bretagne ».

Le sondage de septembre 2019, commandité par “DIBAB — Decidez la Bretagne” et le Breizh Civic Lab, mettait bien en exergue ce désir largement partagé des breton·ne·s de Brest à Clisson de s’exprimer sur l’avenir de la Bretagne.

Quelle méthode référendaire ?

La première crainte qui nous semble importante de rappeler, c’est qu’il est très risqué de laisser le gouvernement central déterminer l’objet de la question soumise au référendum et son périmètre. Et si l’on peux être sur que le Conseil Départemental de Loire-Atlantique ne voudra pas ouvrir la boite de pandore, c’est bien sûr vers la Région administrative Bretagne que l’instance chargée par la ville de Nantes désignera pour mener le débat va devoir se tourner.

Le Conseil Régional de Bretagne avait d’ailleurs pré-budgétisé en février 2020 une somme pour organiser un référendum sur l’unité de la Bretagne, sans en dire plus.

Et puis, si la question posée ne porte que sur le retour de la Loire-Atlantique dans la Région Bretagne — sans évoquer des avancées institutionnelles pour l’ensemble de la Bretagne en termes de souveraineté — tout laisse à croire que ce débat ne sera pas motivant.

Le sondage évoqué plus haut le rappelait déjà : ce sont les habitant·e·s du pays nantais qui sont le plus favorables à la prise de compétences d’état par la « Région Bretagne » ou une « Assemblée de Bretagne », et ce à la hauteur de 68 % des sondé·e·s. Et c’est le même chiffre qui ressort dans ce département sur l’opportunité d’organiser un référendum sur les compétences de la « Région Bretagne » !

Limiter le débat à la question de l’unité territoriale c’est jouer pour perdre et contribuera à confiner les échanges autour de l’histoire, de l’identité, du marketing territorial. Alors que l’enjeu doit se focaliser autour de la question démocratique et sociale et environnementale. En effet, quel serait l’intérêt pour les électeurs et électrices, d’une Bretagne réunifiée qui ne serait qu’une seule addition de conseils départementaux, si cela n’a aucun impact positif sur leur conditions de vie quotidienne ?

Quelle sociologie pour l’organisation du débat ?

On peut se réjouir du début de débat mais aussi faire part de ses craintes avec courtoisie quand on voit comment le débat risque fort d’être cantonné au sein des élus métropolitains. Toujours dans le même article du Télégramme on pouvait lire : « Et le sénateur Ronan Dantec de souligner en parallèle la probable nomination à la métropole d’Aziliz Gouez, anthropologue et ex-plume du charismatique président irlandais : “L’idée est de faire du pôle métropolitain Loire Bretagne un outil de dialogue entre territoires. Aziliz va œuvrer pour que Nantes, Brest et Rennes travaillent différemment”. »

Ainsi donc l’organisation du débat préalable au référendum serait élaboré, initié par les élu·e·s des métropoles ? Si on voulait opposer la Bretagne des petites « communautés de communes », celle des modestes intercommunalités à celle des métropoles où se concentrent équipements culturels de prestiges, transports, universités, emplois du tertiaire, etc… on ne s’y prendrait pas autrement…

Il suffit de jeter un coup d’œil à la liste de Nathalie Appéré pour le second tour des municipales à Rennes pour voir que parmi les noms de la liste (EELV/PS/UDB/Radicaux de Gauche/PCF), 42 d’entre eux sur 61 exercent des professions qualifiées de CSP +. La liste de Johanna Rolland à Nantes reflète le même genre de proportion de cadres, de chefs d’entreprises, de dirigeants, de possédants, de riches…

Cela illustre parfaitement le déséquilibre Est-Ouest en Bretagne. On voit bien où sont les lieux de pouvoirs réels.

Soyons sérieux : est-ce ce genre de sociologie habituée à un certain entre-soi des plus confortables qui va renverser la table si le gouvernement ne veut pas d’un référendum dans les termes choisis par les bretons ? Est-ce ce type de sociologie — celles des catégories socio-professionnelles supérieures — qui va incarner et percevoir le profond désir de justice sociale des classes les plus défavorisées, celles exclues des métropoles, celles exclues de la représentation politique ?

Bien sur que non… Car ces classes n’ont pas besoin d’un rééquilibrage réel des lieux de décisions, elles veulent surtout continuer à être l’interlocuteur raisonnable du gouvernement central pour négocier à leur profit quelques transferts de compétences.

16 ans de cogestion de la Région Bretagne par le PS et ses alliés (y compris EELV, l’UDB et tous les régionalistes) n’ont pas permis de faire progresser l’idée du droit de décider.

Ce dont nous avons besoin c’est d’un processus constituant pour que tous les breton·ne·s (et pas seulement les grands élus des métropoles !) puissent donner leur avis.

Une partie de l’alternative se trouvera dans la rue… Mais aussi dans les échéances électorales régionales et départementales de mars prochain. Couvrir la Loire-Atlantique de candidatures unitaires ou non concurrentielles pour les départementales pour affirmer la nécessité du droit à décider, de l’exercice d’autodétermination par voie référendaire, en défendant la démocratie directe, le partage des richesses, des mesures radicales en matière environnementale, est facile à mettre en place…

En « Région Bretagne »… certains autour de l’UDB et de Christian Troadec nous reparlent de « Oui la Bretagne », la coalition autonomiste des régionales de 2015… Mais « Oui, décidons la Bretagne en Commun ! » offrirait plus de perspectives pour imposer la tenue d’un référendum d’autodétermination, avec ou sans l’accord de Paris, dans le cadre du mandat 2020-2026…

C’est un scénario bien plus sûr pour mettre à l’agenda électoral la question du pouvoir politique breton, que la simple addition de forces vouées à fusionner avec le PS en négociant des postes de vice-présidence… Voter, décider, s’autogouverner en quelque sorte…

Sinon, bien sûr, la tentation de faire des listes plus ou moins testimoniales trouvera un peu d’écho pour faire entendre un autre discours.

Il suffit de le vouloir et de construire un accord programmatique pour quadriller le territoire de candidatures unitaire (aux départementales et aux régionales), d’un « Frente Amplio » de gauche, écolo, populaire, antilibéral, breton… dont la tenue du référendum sur la taille et les compétences de la Bretagne sera un point incontournable et non négociable.

Ce message subliminal sera-t-il entendu ?

Bretagne Info.

Le mouvement de refus de la réforme des retraites rentre en ce début janvier dans une phase décisive. C’est un mouvement incroyablement populaire. En témoigne les sondages, les réseaux sociaux et malgré le matraquage anti-grévistes des médias mainstream et le discours antisyndical. Et ce malgré l’arsenal ultraviolent du corps policier et les brutales décisions de justice qui ont été la norme ces dernières années dans le cadre du mouvement contre la loi-travail et contre les Gilets Jaunes. Politique répressive assumée par le gouvernement pour blesser et dissuader toute tentative de révolte.

Une grève populaire se mesure bien sur au nombre de manifestants les jours de grève dans les métropoles. De ce point de vue les grandes villes Bretonne , Brest, Rennes, Nantes ont en décembre connues des manifestations massives se comptant en dizaine de milliers de personnes mobilisées.

Mais elle se mesure aussi à la multitude d’initiatives dans les plus petites cités peu habituées aux bruyant cortèges et à une certaine radicalité militante. Lannion bien sur comme St Brieuc ou Morlaix mais aussi  Guingamp, Pontivy, Carhaix, Chateaubriant, Paimpol, Landerneau, Combourg, Fougères, Redon, Rostrenen, Belle Isle en Mer, ont ainsi connu plusieurs manifs depuis décembre, des interpellations d’élus LREM dans les conseils municipaux, des blocages, rassemblements…Avec parfois de fortes participations.

La grève ce n’est pas que à la TV, ce n’est pas que la RATP ou la lointaine métropole parisienne.

 

 

Une grève qui est populaire , ce n’est pas une grève que l’on mène par procuration en laissant une catégorie de travailleurs assumer seuls le poids de la grève. Et contrairement à ce que raconte certains, beaucoup de salariés du privé y prennent part, même si pour gagner il faut élargir la mobilisation et aller vers le blocage de l’économie.

 

La particularité de ce mouvement de grève est bien sur la mise en place de très nombreuses initiatives de solidarité avec les grévistes à travers des caisses de grèves.

Ainsi à Rennes pour le personnel de Rennes 2 :

 

A Nantes dans l’éducation

 

Prés de Guingamp à Louargat c’est un Fest-Noz qui a rassemblé 300 personnes qui a grandement contribué à rassembler prés de 5000 euro localement pour faire vivre la grève .

 

 

Convergences avec les paysans : Comme le rappelle le site l’Expansive “À Lorient et dans le Morbihan, une équipe de maraicher·e·s et d’autres personnes investies dans la grève ont décidé de lancer un réseau de ravitaillement des luttes sur le Morbihan. Après le pays nantais et rennais, c’est donc le troisième territoire breton à voir les luttes se doter d’un outil d’approvisionnement bien efficace !”

La plupart des Union Locales de la CGT ont mis en place des caisses de grèves pour ceux et celles qui préfèrent envoyer des chèques.

 

 

 

Voici donc quelques outils et idées pour faire vivre la grève chez vous. Pour que la lutte continue après le 09 janvier ces outils de solidarité et d’auto-organisation au plus prés du peuple sont fondamentaux. A nous de les construire, renforcer et faire vivre partout en Bretagne.

 

 

Des militant.es de la Gauche Indépendantiste investi.es dans la grève.

25 points de mobilisation en Bretagne, autant de rendez-vous pour des rassemblements, regroupements ou manifestation motivés par la volonté de faire reculer le gouvernement de Paris sur son projet du droit à la Retraite.

Cet openagenda est un outil simple pour permettre au plus grand nombre de participer au plus prés de son lieu de travail ou de son domicile. Vous pouvez y contribuer.

On notera qu’a Lorient ou Guingamp par exemple, les syndicats, notamment la CGT, assument la perspective d’actions visant à ralentir ou bloquer l’économie.

Mais bien sûr c’est la reconduction du mouvement et ses déclinaisons locales permettant au plus grand nom de s’impliquer et s’approprier la grève qui seront déterminantes dans la bataille qui s’annonce.

La Gauche Indépendantiste invite à rejoindre l’action dans cette perspective, celle du blocage multiforme de l’économie partout où c’est possible tout en favorisant les initiatives interprofessionnelles à la base, en refusant le centralisme des modes d’actions ou la lutte par délégation, en construisant des outils d’autodéfense solidaires pour faire face à la répression qui s’annonce brutale.

Faisons reculer ce pouvoir qui dégrade nos conditions de vie ! 

De Brest à Fougères, de Nantes à Quimper :  construisons la lutte et le pouvoir populaire !

La Gauche Indépendantiste Bretonne.