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Comme nous le rappelions dans cet article “Le saumon remontera t il la campagne électorale“, les élections départementales dans le canton de Guingamp avaient permis aux candidats indépendantistes de mettre les pieds dans le plat pour attirer l’attention sur les risques environnementaux qui découleraient de l’implantation d’une ferme usine à saumons à Plouisy. 

L’été n’a pas permis de grande mobilisation mais chacun reste vigilant. Les opposants s’organisent.

Le 27 aout dernier, le président de Région — qui compte dans sa majorité Fanny Chappé, maire de Paimpol qui a voté la cession de terres publiques à l’agglomération de Guingamp-Paimpol pour ce projet dantesque — communiquait sur la tenue d”une rencontre régionale sur les SCOT (Schéma d’Orientations Territoriaux) dont il loue l’importance en les termes suivants :

 

Par ailleurs, Eaux et Rivières de Bretagne soulignait ce même jour combien le dérèglement climatique et le réchauffement contribueraient encore plus à la raréfaction de la ressource en eaux en Bretagne.

 

Des femmes et des hommes politiques responsables  devraient à l’aune de ces constats se positionner contre le projet de ferme usine à saumon qui consommera au moins 600 m3 d’eau par jour. Eau que l’on fera venir d’ailleurs.

Pour refaire le point sur ce dossier qui risque bien de rebondir nous vous publions des extraits de l’intervention de Gael Roblin au Conseil Municipal de Guingamp fin juin après le deuxième tour des élections départementales.

Il avait visiblement épluché le SCOT du pays de Guingamp… À relire… pour certains…. Il est disponible sur le site de l’Agglomération GPA celle qui vend des terres à Smart Salmon

Le président de l’Agglomération GPA Vincent Le Meaux, membre de la direction du PS ne l’a peut-être pas relu pendant l’université d’été du PS à Blois avec sa délégation bretonne. On peut voir Vincent Le Meaux sous le mot d’ordre ” Justice Sociale et Ecologique” devant la gare de Blois ….Ca ne s’invente pas. C’est le mot d’ordre du PS , sa fédération costarmoricaine en a une interprétation bien particulière. 

Les délégués PS breton à l’université d’été du PS à Blois, parmi eux Vincent Le Meaux

Je souhaite profiter de ce moment d’échange sur l’actualité communautaire pour vous faire part de ma sidération sur le projet de ferme usines à saumons que le Conseil d’Agglomération soutient.
Et j’ai bien sur quelques questions.
Je suis sidéré que le conseil d’agglomération ait validé la vente de terres appartenant à la population à une multinationale portant un projet aussi contestable.
Ce projet ne fera pas consensus et sera la cause de profondes oppositions dans la population locale, c’est un projet néfaste pour l’environnement mais aussi pour le vivre ensemble et l’attractivité du Pays de Guingamp.
Comment les élus de GPA ont-ils pu croire qu’un projet industriel de cette taille n’allait pas rencontrer de contestation ?
Ce projet est une aberration sur le plan environnemental comme le rappel Eaux et Rivieres de Bretagne, association qui a bénéficié du soutien de l’Agglo et dont il serait bon que les élus lisent les communiqués. Voici ce que dit Eaux et Rivieres de Bretagne :
Alors que depuis début mars, le Trieux voit ses saumons sauvages mourir les uns après les autres, les élus de Guingamp Paimpol Agglomération (GPA) accueillent à bras ouverts le projet d’implantation à Plouisy d’un élevage industriel de saumon et d’une usine d’abattage et de transformation, pour une production de 10 000 tonnes/an. Ce projet, d’ailleurs instruit dans la plus grande opacité, est porté par la société Smart Salmon. Ce groupe norvégien est, avec d’autres, à l’origine de la pollution organique et médicamenteuse par les fermes aquacoles des estuaires norvégiens, et de la dissémination dans les cours d’eau de parasites (pou du saumon) qui ont progressivement contaminé le cheptel sauvage. Une concentration aussi importante de saumons d’élevages augmente dangereusement les risques sanitaires pour les saumons sauvages. Elle peut impacter de façon irréversible le patrimoine piscicole du Trieux.
En effet pour nourrir ces poissons élevés en batterie on aura recours à d’autres poissons venant d’autres régions du monde et l’utilisation d’antibiotiques sera inévitable au regard de la concentration hallucinante de saumons dans les bacs sans considération aucune pour le bien être animal
Dans la presse (Télégramme du 18 juin) les promoteurs de ce projet avouent qu’ils veulent à terme la construction d’une station d’épuration (l’eau pourrait ensuite être rejetée dans le Trieux), mais aussi des forages pour capter les eaux souterraines. Nous ne sommes donc pas dans le merveilleux et vertueux circuit fermé que l’on nous a vendu.
Ce projet est une aberration sur le plan de la création d’emploi : en effet les légumes produits sous serres en utilisant les nutriments des eaux usées rentreront en concurrence directe avec ceux des producteurs locaux .
La logique de la concurrence capitaliste veut que ce genre d’entreprise ait pour logique de prendre des parts de marchés et liquider ses concurrents, plus petits et moins compétitifs, qu’ils soient en Bretagne ou ailleurs ce géant Smart Salmon va liquider d’autres emplois en inondant le marché du saumon. C’est la dure loi du capitalisme.
Nous n’avons pas en tant que collectivité à prendre part à ce genre de projets qui ne s’inscrivent que dans une logique de féroce compétition capitaliste. Nous devrions
réserver la vente de terres appartenant à la collectivité à des projets durables, solidaires et renforçant l’économie relocalisée, protégeant l’environnement. Ce projet là c’est tout le contraire.
J’invite chacun à se faire une idée des conditions de travail des salariés travaillant en Norvège dans des fermes à saumons, qui distribuent des farines animales harnachés comme des décontaminateurs de Tchernobyl. Je dis ceci au cas où les drames s’étant déroulés à Plouisy dans des entreprises d’agro-alimentaires n’avaient pas été retenus. Les premières victimes des conditions de productions de ce type d’alimentation de mauvaise qualité se sont souvent les membres de la classe ouvrière. Et leurs vies valent plus que les profits de Smart Salmon
C’est un projet aberrant en terme de solidarité internationale : pour nourrir ces saumons on va avoir recours à d’autres poissons ou plutôt de la farine de poissons. Pour en fabriquer on va pécher et ravager des pays comme la Gambie et c’est des entreprises chinoises qui vont l’acheminer.
Cela vient s’ajouter au bilan carbone délirant de ce projet qui consiste à faire venir des œufs d’Ecosse pour les faire éclore en Bretagne et vendre du saumon à l’internationale… Car jamais le marché breton n’absorbera les quantités prévues en production à Plouisy.
De surcroit le recours à la technologie de Aquamaof entreprise Israelienne pour mener à bien ce projet va forcément donner une autre dimension au mouvement d’opposition . Puisque voici ce que dit la CIMADE (Comité inter-mouvements auprès des évacués, un mouvement chrétien membre de la fédération protestante de France ) à propos d’Israel : Le mot apartheid n’est pas seulement une description de ce qui s’est passé en Afrique du Sud.
Le crime d’apartheid est qualifié par le Statut de Rome (1998), instituant la Cour Pénale Internationale, comme un crime contre l’humanité ; cette qualification fut initialement opérée par différentes résolutions du Conseil de Sécurité (1984) et de l’Assemblée Générale (1966) des Nations-Unies relatives à l’Afrique du Sud. La Convention pour l’Élimination et la Répression du crime d’Apartheid de 1973 le définit comme « un régime institutionnalisé d’oppression systématique et de domination d’un groupe racial sur tout autre groupe racial ou tous autres groupes raciaux et dans l’intention de maintenir ce régime ».
La situation d’oppression qu’impose l’État d’Israël aux Palestiniens, au sein de son territoire national comme dans les territoires occupés répond à cette définition juridique. En effet en Israël un million et demi de Palestiniens sont victimes de discrimination (en ce qui concerne la nationalité, le mariage, l’accès au travail, au permis de construire etc.) ; dans les territoires occupés l’armée israélienne contrôle l’eau de Cisjordanie ; aucun droit ne régit le travail des Palestiniens (ni salaire minimum, ni âge minimum, ni maxima horaires). Les Palestiniens vivent sous l’arbitraire de la juridiction militaire à l’intérieur de « Bantoustans » isolés entre lesquels il n’est pas possible de circuler sans autorisation israélienne. Enfin un million et demi de Palestiniens dans la bande de Gaza vivent un cas extrême d’oppression systématique : blocus, privation des produits de première nécessité, bombardements fréquents
Fin mai 2021, Jean-Yves Le Drian lui même qui n’est vraiment pas un dangereux islamo gauchiste a mis en garde contre “un risque fort d’apartheid” en Israël.
Il y a beaucoup de partisans du boycott systématique des entreprises israeliennes tant que perdurera ce régime d’Apartheid à l’encontre du peuple palestinien. Et j’en fais partie.

C’est un projet aberrant en terme de cohérence politique : nous vivons sur les communes de GPA ou la consommation d’eau, la qualité de l’eau, sa distribution par des multinationales suscitent interrogations et inquiétudes.
Voila ce qui figure dans le SCOT du pays de Guingamp dans le tableau de synthèse et enjeux et qui est disponible sur le site de GPA :

Enjeux et Orientations pour l’ Hydrographie et les eaux de surface : 

  • « Prendre en compte la « faiblesse » de la ressource en eau et les faibles potentialités de développement dans l’aménagement ; prioriser les actions de sobriété ou envisager des solutions alternatives (récupération d’eau de pluie par exemple)
  • Au global, s’appuyer sur et prendre en compte les caractéristiques physiques du territoire (relief, géologie, hydrogéologie…) pour valoriser les atouts du territoire (attractivité touristique) sans les compromettre..

Mais aussi dans la liste des points faibles listés par le SCOT :

Des ressources en eaux souterraines et de surfaces fragiles au niveau de la qualité et de la quantité posant des problèmes pour l’alimentation en eau potable et la préservation de la biodiversité en période d’étiage

• Une agriculture (élevage) pouvant poser des problèmes de qualité des eaux. A noter toutefois une dynamique positive avec une tendance à l’amélioration de la qualité des eaux sur le territoire

• La présence de très nombreux obstacles à l’écoulement avec un ouvrage minimum par cours d’eau et, sur les cours d’eau principaux (Trieux, Leff…), une succession d’ouvrages contraignant la libre circulation des espèces et des sédiments…

• La qualité des eaux souterraines pour la période 2008-2013 : Bonne pour Baie de Lannion Aulne et Blavet, mais médiocre pour Argoat-Tregor-Goëlo et Saint-Brieuc ; en cause une concentration trop importante en nitrates.
Mais aussi plus loin dans les recommandations :

• Articuler et mettre en compatibilité le SCoT avec l’ensemble des actions (opérationnelles ou réglementaires) déjà engagées (SAGE ; syndicat de bassin…)
• Sensibiliser les élus, acteurs et habitants à la question de la préservation de l’eau, notamment au niveau des impacts de l’agriculture pour éviter les conflits d’usage
• Encourager le développement d’une agriculture raisonnée.
Et encore :
• Préserver l’activité agricole et développer les circuits de valorisation locale.
• Privilégiez la reprise de petites exploitations avec des chefs d’exploitation jeunes pouvant donner une dynamique forte au territoire.
• Sensibiliser sur une agriculture raisonnée pour le plus grand nombre d’exploitations dans une démarche de valorisation environnementale.
• Développer l’agriculture biologique et mise en place des circuits courts : source de développement local en particulier dans les communes rurales.
• Maintenir la Surface Agricole Utile et notamment porter une attention particulière aux terres agricoles de qualité
• Œuvrer localement et au travers des leviers offerts par le SCoT pour limiter les consommations d’énergie et les émissions de gaz à effet de serre .
Donc voici ma première question : Ne pensez vous pas que le projet de Smart Salmon est en totale contradiction avec les prétentions d’engagement de l’Agglomération en faveur de l’environnement et avec le SCOT ?

 

Ma derniere question : les membres du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat tirent la sonnette d’alarme sur notre modèle économique et ses conséquences sur l’environnement et la planète allez-vous au niveau du conseil d’Agglo persister dans ce projet aberrant et clivant ?
Un large pannel de la population, d’horizons très divers peut se mettre en mouvement et faire de Plouisy une commune aussi connue que Plogoff ou Notre-Dame-Des-Landes.
Ce projet concentre toutes les contradictions, limites et horreurs du capitalisme sauvage à l’échelle planétaire, les limites d’un modèle d’exploitation agro-industrielle dont toute une partie de la population en Bretagne ne veut plus car il va briser notre tissu économique local, polluer nos rivières, mettre en danger notre santé, et cliver notre société alors qu’il faut nous rassembler et garantir la distribution de nos terres à des projets locaux, durables, soutenables, respectueux du vivant, et du monde paysan ici et ailleurs.

Le saumon est un poisson anadrome, c’est à dire qu’il remonte les rivières après avoir quitté l’eau salé pour se reproduire…Enfin ça c’était avant…Avant l’industrialisation à outrance de notre planète et l’exploitation éhontée des ressources naturelles. Il a quasiment disparu de l’océan atlantique.

Une entreprise norvégienne, Smart Salmon veut implanter une ferme usine à saumons à Plouisy prés de Guingamp.

Le conseil d’agglomération de Guingamp Paimpol , dominé par le PS mais cogéré avec un vice président ( maire de Plouisy ) Remy Guillou notoirement proche de la galaxie LREM a acté de vendre des terres à cette entreprise. On notera parmi les promotrices de ce projet, le nom de Fanny Chappé, maire PS de Paimpol et proche de Loig Chesnais Girard au Conseil Régional

Aussitôt les animatrices et animateurs de Eaux et Rivieres de Bretagne ont tiré la sonnette d’alarme :

“Guingamp-Paimpol agglomération se félicite d’accueillir prochainement sur son territoire un élevage hors-sol de saumons. Sur la commune de Plouisy (22), le groupe norvégien Smart Salmon prévoit en effet l’installation d’une ferme de 56 000m² (5,6 ha) sur une parcelle de 10ha de la zone industrielle de Kérizac. Un projet qui suscite l’inquiétude d’Eau & Rivières de Bretagne C’est un symbole cruel : alors que depuis début mars, le Trieux voit ses saumons sauvages mourir les uns après les autres, les élus de Guingamp Paimpol Agglomération (GPA) accueillent à bras ouverts le projet d’implantation à Plouisy d’un élevage industriel de saumon et d’une usine d’abattage et de transformation, pour une production de 10 000 tonnes/an. Ce projet, d’ailleurs instruit dans la plus grande opacité, est porté par la société Smart Salmon. Ce groupe norvégien est, avec d’autres, à l’origine de la pollution organique et médicamenteuse par les fermes aquacoles des estuaires norvégiens, et de la dissémination dans les cours d’eau de parasites (pou du saumon) qui ont progressivement contaminé le cheptel sauvage. Une concentration aussi importante de saumons d’élevages augmente dangereusement les risques sanitaires pour les saumons sauvages. Elle peut impacter de façon irréversible le patrimoine piscicole du Trieux.

 

Credit Photo Smart Salmon

Des rejets supplémentaires sur un territoire déjà saturé?

Alors que GPA est déjà confrontée à l’insuffisance de ses stations d’épuration et rejette fréquemment  des eaux usées non traitées, il n’est pas concevable que des rejets supplémentaires, directs ou indirects, viennent aggraver une situation dégradant la qualité des eaux du Trieux. L’argument d’un élevage fonctionnant en circuit intégralement fermé est un mythe, les rejets organiques et médicamenteux produits devront bien être traités quelque part.

 

Des consommations d’eau dans un territoire déjà en tension?

Le contexte actuel de dérèglement climatique affecte déjà concrètement nos rivières et réduit les débits en période estivale et automnale. Il nous oblige déjà à réduire les consommations d’eau de toutes origines, pour garantir le bon état écologique de nos rivières et garantir l’alimentation en eau potable des populations. Aller chercher de l’eau ailleurs comme le suggère le maire de Plouisy pour approvisionner l’usine, ne peut constituer une solution durable. Puiser l’eau et traiter les déchets ailleurs ne constituent pas une argumentation sérieuse.

 

C’est peu dire que ce projet suscite de fortes inquiétudes pour notre association qui demande publiquement aux élus de GPA d’indiquer précisément quelles sont les garanties qui ont été demandées pour éviter toute dégradation supplémentaire de notre environnement local et de la biodiversité.”

 

Campagne électorale…

Mais ce n’est pas tout les militants de la Gauche Independantiste en ont fait un thème de campagne pendant le scrutin des départementales dans le canton de Guingamp. On notera qu’en plus d’un score très honorable de 8,3 % des suffrages c’est dans la commune de Plouisy qu’ils obtiennent leur meilleur score : 14 %.

Et c’est ainsi qu’ils ont fait part de leurs non consignes pour le deuxième tour.

Le score de notre candidature est un motif de satisfaction. Plus de 8 % des suffrages pour une liste de candidats assumant pleinement leur identité politique indépendantiste, écologiste et anticapitaliste ;revendiquant sa solidarité active avec les réfugiés est loin d’être anodin.

La perte de voix du RN sur le canton est aussi significative , tout comme le retard de la liste de droite proche du député Macroniste Yannick Kerlogot menée par Guilda Guillaumin et Thierry Buhé sur leurs adversaires PS pour le deuxieme tour, ainsi que la très faible prestation de Madame Garcia.
Pour autant nous avons été les seuls candidats à s’inquiéter du dantesque projet de ferme usine à saumons à Plouisy qui est un chantier inutile et dangereux pour l’environnement et qui est porté et promu par la famille politique d’Anne-Marie Pasquiet et de Guillaume Louis, c’est à dire le Parti Socialiste.
Les suffrages qui se sont portés sur nos noms ne nous appartiennent pas et ceux qui voudraient en bénéficier se doivent de s’expliquer dans l’entre deux tours sur ce projet qui va gravement nuire à la qualité de l’eau , sans oublier de prendre des engagements contre l’habitat indigne en taxant les logements vacants et pour la co-officalisation de la langue bretonne. Maiwenn Salomon, Gael Roblin, Anna Kerrain, Mickael Sauvage.

Gael Roblin , conseiller municipal a renchéri dans le cadre de sa tribune transmise pour parution dans le bulletin municipal :

Le Conseil d’Agglomération de Guingamp-Paimpol a acté la vente de terres pour construire une ferme usine à saumon. Les délégués de la ville de Guingamp ont voté cette délibération au bénéfice d’entreprises Norvégienne et Israélienne impliquée pour cette dernière dans la situation d’apartheid que subit le peuple palestinien.

Les membres du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat tirent la sonnette d’alarme sur notre modèle économique et ses conséquences sur l’environnement et la planète mais nos élus bradent le foncier au profit des capitalistes.

Le projet consiste à faire venir des œufs de saumons depuis l’Écosse pour éclore dans une ferme usine en Bretagne sur la zone de Kerizac à Plouisy et bien sur exporter la production loin d’ici.

Les promesses en terme d’emplois sont invérifiables et n’évoquent pas les emplois détruits dans les entreprises existantes déjà dans le même secteur qui seront en concurrence avec ce projet dantesque.

La communication pour nous vendre ce projet est bien cafouilleuse, puisque l’on nous parle dans un premier temps d’un circuit fermé sans rejet dans la nappe phréatique alors qu’il s’agit de produire 5 millions de saumons en batterie nourris avec du poissons et des médicaments. Heureusement la presse locale a vite découvert que le projet consistait à construire des forages souterrains pour prélever de l’eau mais aussi à rejeter après filtrage des eaux usagées. Alors que le pays de Guingamp connaît de nombreuses polémiques sur la qualité de l’eau et que les ressources en eau baissent dramatiquement est ce bien le rôle de la puissance publique que de céder à des capitalistes avides de profit des terres appartenant aux 57 communes de GPA et à ses habitants ?

L’implication d’une entreprise ( Aquamaof )  liée à l’état colonial Israélien en Palestine risque de donner un autre relief à ce dossier, une entreprise déjà impliquée dans un autre projet du même type à Boulogne et cela a suscité des interpellations diverses.

Par ailleurs le site ReporTerre a souligné combien était nocives les fermes usines pour les poissons en raison des densités de peuplement  insensées liés à la concentration industrielle de ce type d’exploitation.

Enfin sur les substrats filtrés l’entreprise Smart Salmon envisage de cultiver des légumes sous serres qui entreront en concurrence directe avec ceux déjà produits en Bretagne.

Chacun a en mémoire que c’est à Plouisy que l’entreprise Nutrea/Triskalia/Eureden spécialisée dans la nourriture animale a été condamnée pour avoir empoisonnés des salariés avec des pesticides. Une entreprise dont la Région Bretagne est actionnaire. A ceux et celles qui nous parleront des emplois induits par le projet nous conseillons vivement d’observer avec attention comment sont habillés les ouvriers chargés de nourrir des saumons en Norvege dans une ferme usine dans ce film.

Et surtout qu’ils nous expliquent alors que Aquamaof se vante d’automatiser au maximum la production où se trouveront les emplois ?

La liste des opposants potentiels s’élargit de jour en jour et déjà sur le terrain plusieurs sensibilités politiques et associatives ont fait connaitre leurs disponibilités pour opposer à un projet qui illustre le fossé entre les déclarations du PS Breton à la Région sur sa compréhension des question climatiques et environnementales et sa propension à défendre un projet qui saccage la Bretagne et la planète au profit d’une minorité.

Dans un secteur où les mobilisations contre les projets miniers avaient connu un niveau assez élevé qui avait conduit à l’abandon du projet, la motivation reste importante, la fin de la campagne des Régionales va-t-elle permettre de mettre sous les yeux de l’ensemble des bretons ce projet stupéfiant ?

Il y a une vie politique entre les scrutins plus trépidante que le cirque électoral, et un potentiel pour une ZAD qui cristallisera à Plouisy les oppositions à l’agro-business…Les élus locaux y ont ils seulement pensé ?

Des militants de la Gauche Indépendantiste du Pays de Guingamp.

 

 

Le projet de Parc Eolien offshore n’est pas seulement contesté par la droite locale qui par pur électoralisme en fait procès à l’actuel majorité régionale qui se mobilise pour son installation. un lecteur nous à envoyé ce texte et nous le remercions. Dans un souci d’information nous le publions bien volontiers. Les critiques induites recoupent celles des militants indépendantistes qui ont pris position contre le Parc Eolien terrestre de Gurunuhel

La construction d’un parc d’une soixantaine d’éolien se met en place baie de Saint-Brieuc, où a quelques kilomètres de la côte forage, bétonnage et pollutions sonore risquent de déloger la faune sous marine de la baie, abritant cétacés, de nombreuses espèces de poissons et de mollusques, métant également en danger la pêche locale .

Projet de parc éolien en baie de St-Brieuc

Plusieurs travaux et installations sont déjà en cours à terre, 16 kilomètres de câbles électriques sont enfouis sous terre et 33 km sous la mer. La base arrière de l’entreprise « Ailes Marines » est en cours d’installation 16 000m2 de terrain avec 1000m2 de bureaux à Kerantour.

Installation et travaux à terre

À KerantourAiles Marines s’installe sur 16 000 m² de terrain : 1 000 m² de bureaux (constructions modulaires), un entrepôt de 500 à 1 000 m², un espace de livraison et de manutention de 600 m², une zone de stockage extérieure de 600 m² et un parking de 70 places. Des navettes emmèneront le personnel quotidiennement sur le port.

À Lézardrieux, les travaux ont également commencé, le 15 septembre, sur le quai précédemment occupé par le sablier et la société Copermer. Bâtiment logistique, zone de stockage, zone de chargement, grue d’une capacité d’une tonne, cuve de stockage de carburant pour les bateaux… Les aménagements prévus sont importants. Les éléments les plus imposants du parc éolien (fondations, éoliennes) seront acheminés par la mer, directement depuis l’Espagne et Le Havre (Seine-Maritime), entre 2021 et 2023.

Sur la côte de Penthièvre, depuis le 8 septembre, c’est RTE, le gestionnaire du réseau électrique de très haute tension, qui s’’est implanté. Deux câbles de 220 000 Volt, protégés dans des fourreaux, doivent traverser trois communes, entre la plage de Caroual et le poste électrique de la Doberie : Erquy, Saint-Alban et Hénansal.
RTE a annoncé avoir commencé à creuser des tranchées dans des champs à Saint-Alban et Erquy. L’entreprise publique a signé des conventions avec les agriculteurs

Ne laissons pas les industriels de l’énergie ‘’verte’’ s’emparer de la mer et continuer sous prétexte d’écologie leur système marchand qui exploite l’humain et décime le vivant. Le capitalisme vert avance au rythme de leurs intérêts économique

En l’attente d’actions, manifs, n’hésitez pas à faire tourner.

D’autre infos ici . 

Nous publions ci dessous le communiqué du comité Guingampais de la Gauche Indépendantiste sur le dernier épisode de pollution atmosphérique qui a été largement repris par la presse locale.
Bretagne Info
 
 
Le département des Côtes d’Armor est fortement touché par la pollution aux particules fines.
Le comité Guingampais de la  Gauche Indépendantiste (Breizhistance) souhaite ardemment que les transports publics régionaux (TER et autocars) soient gratuits toute la durée de l’épisode de pollution et qu’ils en soit de même sur toutes les lignes de transports en commun départementales.
Ce type de mesures incitatives existent dans les métropoles comme Rennes en cas d’épisodes polluant comme celui que nous subissons, elles sont transposables partout en Bretagne.
Ce serait une mesure de santé publique simple, efficace et juste socialement à la hauteur de l’enjeu environnemental que met en exergue l’alerte de pollution actuelle. Nos élus régionaux, départementaux, locaux ont-ils un avis sur la question ?

Une fois encore nous nous retrouvons aux côtés des organisations et soutiens historiques de la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes dans les diverses manifestations et rassemblements organisés depuis hier en Bretagne en soutien à nos camarades de la ZAD. Et ce aussi souvent qu’il le faudra, de Nantes à Brest, de Rennes à Quimper. Une fois encore nous dénonçons fermement l’attitude du gouvernement qui a décidé de montrer ses muscles sur la ZAD, face à ses occupants, ceux qui défendent un monde différent, basé sur le respect de l’environnement, une agriculture alternative, contre la société de consommation qu’engendre le capitalisme.

Le gouvernement Macron a décidé d’en finir par la violence avec la commune libre de Notre-Dame-des-Landes. La presse est interdite sur place et les informations des mass-médias les plus lus en Bretagne, comme Ouest-France se font le relais, une fois n’est pas coutume, de la préfecture. Ils détruisent des lieux de vie, des terrains travaillés, un mode de vie… Ce gouvernement montre tous les signes d’un glissement vers un autoritarisme fort salué dans son action à Notre-Dame-des-Landes par la droite française comme l’extrême-droite.

Mais n’oublions pas que les précédents gouvernements étaient de la même veine. Macron se faisant le chantre du ni gauche ni droite, ne vient pas de nulle part. Il s’inscrit dans la continuité d’une logique bien plus ancienne qui est la logique de l’État-Nation France. Cet État-Nation n’a de cesse d’écraser les revendications légitimes des peuples à décider de leur avenir que ce soit en matière environnementale, sociale, culturelle, linguistique…

Aujourd’hui il attaque la ZAD et promet des poursuites judiciaires complètement démesurées à tous ceux qui remettront en question sa détermination. Hier, 7 personnes ont déjà été arrêtées et une placée en déféré au tribunal de Saint-Nazaire. Ce soir le chiffre aura surement augmenté. Pendant ce temps les bandes fascistes organisées attaquent à coup de batte de baseball les universités occupées par les étudiants et les enseignants comme à Montpellier, Strasbourg, Tolbiac, le château à Nantes qui héberge 200 sans-papiers et des étudiants grévistes. Et ce sans la moindre condamnation d’un État sécuritaire dans la lignée de ses prédécesseurs. Rappelons-nous de l’acquittement du gendarme responsable de la mort de Rémi Fraisse à Sivens. Quid de l’attitude la justice aux ordres de l’État quand l’extrême-droite nantaise issue des beaux quartiers tabassent des jeunes ados ? On leur rappelle que ce n’est pas bien.

Alors oui nous devons dénoncer l’agression armée de la ZAD orchestrée par Macron et son sbire Collomb qui envoient des blindés dorénavant sur les opposants. Mais nous devons aussi condamner l’État-Nation autocrate, centraliste, oligarque, de mise avec les multinationales et les gros investisseurs de l’agro-buisiness qui n’hésite pas à frapper sans discernement quand il détruit par exemple la ferme des 100 Noms, porteuse d’un projet agricole alternatif depuis des années.

C’est aussi un moyen de détourner l’attention alors que se met en place un vrai mouvement social, une grève dure pour les cheminots qui défendent courageusement leurs droits et un service public de transport qui va à contresens de la logique capitaliste du gouvernement. Les habitants de Notre-Dame-des-Landes ne se sont d’ailleurs pas trompés en appelant à soutenir les cheminots.

Tant que le peuple sera privé du droit à l’autodétermination dans la gestion de son avenir social, économique, environnemental, agricole, culturel ou institutionnel, que les décisions seront prises par quelques-uns, élus par quelques autres et légitimés par un système politique obsolète, alors les agressions de l’État-Nation continueront.

Sur la ZAD, contre les grévistes, pour imposer des projets miniers en Bretagne ou une centrale à gaz, contre la langue bretonne ou par son intransigeance à  imposer la partition de la Bretagne, à nous imposer un modèle économique, politique, agricole.

C’est la démocratie qui est confisquée depuis bien longtemps par les puissants et l’agression policière que subissent nos camarades de la ZAD n’en est que l’aboutissement. Il est temps de s’organiser autrement, organiser des résistances partout, exercer notre droit à l’autodétermination ici en Bretagne comme ailleurs pour décider à la base de quoi sera fait notre avenir. Seule une Bretagne Libre et socialiste, de Brest à Clisson en passant par Notre-Dame-des-Landes, brittophone, égalitaire, accueillante et solidaire, féministe, écologiste et organisée à la base, par le peuple breton lui-même, est à même de prendre son destin.

La ZAD a fait germer un espoir révolutionnaire en Bretagne que le gouvernement veut détruire, soufflons sur les braises et allumons de nouveaux foyers un peu partout.

Le peuple uni ne sera jamais vaincu !

Vive la ZAD ! Vive le droit à l’autodétermination !

Vive la Bretagne libre et socialiste !

Le collectif indépendantiste Dispac’h lance une campagne contre la spéculation immobilière. Durant le week-end du 17 et 18 mars, des militant.e.s ont collés des affiches sur des résidences secondaires aux 4 coins de la Bretagne :

- A Saint-Malo sur le site du projet d’un Hôtel 5 étoiles privé en bordure de mer (et sur un terrain public !!).

- Dans le pays de Guérande où la spéculation empêche particulièrement les jeunes paludiers de s’installer dans de bonnes conditions, et à Mesquer où près de 70% des logements sont des habitats secondaires.

- Dans le pays de Carantec, en nord Bretagne, où les résidences secondaires représentent presque 40% des habitations comme partout sur le littoral breton.

- Mais aussi en Cornouaille à Fouesnant et Bénodet, ou dans les Côtes d’Armor à Plouha, villes qui voient aussi leur jeunesse s’exiler vers les campagnes !

En Bretagne, le territoire côtier est dépendant à l’économie touristique. Cette quasi mono-activité, saisonnière, est lourde de conséquences pour nos villages : commerces qui tournent au ralenti et travail saisonnier durant la moitié de l’année. Cette situation entraîne également une exploitation des travailleuse.r.s en précarisant les emplois et en multipliant les abus aux droits du travail.

Le tourisme est consommateur d’espace et donc de logements. La non régulation de l’immobilier et le développement des résidences secondaires depuis des dizaines d’années entraînent une hausse des prix et des loyers constante. Les logements sont ainsi devenus inaccessibles à celles et ceux ayant de faibles revenus au moment où nous en manquons cruellement ! Travailleuse.r.s précarisé.e.s, familles, jeunes, migrants… etc. Les villages ainsi vidés de leur vie plus de la moitié de l’année voient fuir les services publiques et disparaître les dynamiques et initiatives locales. C’est la ruine de nos villages et la jeunesse qui s’exile !

L’industrie touristique est aussi destructrice de l’environnement. La concentration de visiteurs durant une période courte de l’année sur le littoral nécessite la construction d’équipements toujours plus importants qui participent au bétonnage de nos côtes. Cela entraîne également une surproduction de déchets qu’il faut gérer (stations d’épuration saturées, coûts de collecte des déchets…). Le tourisme que nous subissons aujourd’hui n’est pas un tourisme durable qui crée une harmonie en termes d’aménagement du territoire.

En Bretagne, les modèles de mono-économie comme le tout tourisme sur nos côtes, ou l’agriculture productiviste dans nos campagnes ne sont plus acceptable. Pour d’autres choix de société et de vie, nous revendiquons le droit de décider pour les territoires sur lesquels nous vivons.

Des pouvoirs communaux jusqu’à l’indépendance, autodétermination pour le peuple breton !

Dispac’h (la Révolte en français) est un nouveau collectif indépendantiste en Bretagne et dont les militant.e.s se retrouvent autours des valeurs ayant trait à l’écologie, le féminisme, la lutte contre le capitalisme, l’internationalisme, l’antifascisme et la promotion de la langue bretonne.

Site internet : www.dispach.bzh

La Gauche Indépendantiste vous propose de se retrouver demain sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes à 12h au lieu-dit Le Gourbi (voir plan) et de se diriger ensemble, derrière notre banderole, lors de la déambulation musicale vers Bellevue.

Comme à Plogoff, au Carnet, au Pellerin et à Notre-Dame-des-Landes…

c’est ensemble qu’on a gagné, c’est ensemble qu’on gagnera !

Stourmomp betek an trec’h !

 

Programme de la journée : www.acipa-ndl.fr

 

La Gauche Indépendantiste bretonne ne cache pas son immense satisfaction à l’annonce de l’abandon du projet d’aéroport à NDDL par le premier ministre français.

Merci aux opposants historiques, aux zadistes, à toutes les composantes de la lutte qui ont prouvé que c’est par la lutte collective et multiforme que l’on change le cours de l’histoire.

C’est une victoire contre un projet devenu le ciment des luttes écologistes et anti-capitaliste.

C’est une victoire contre la multinationale Vinci, son monde destructeur de terres agricoles, sa recherche permanente de profit.

C’est une victoire politique contre tous les partisans de ce projet ayant menti de façon éhontée pendant des années dans un seul et unique but : assouvir un pouvoir politique et économique. Du plus haut niveau de l’État français avec les anciens premiers ministres socialistes M. Ayrault et M. Valls, ancien ministre de la Défense, M. Le Drian, aux collectivités territoriales et locales : celles du Conseil Régional de Bretagne présidé par… M. Le Drian à nouveau (!) et actuellement M. Chesnais-Girard, du Conseil Régional des Pays-de-la-Loire présidé par M. Retailleau, celles du Conseil départemental de Loire-Atlantique présidé par M. Grosvalet, également président du syndicat mixte aéroportuaire, ou bien encore les majorités des municipalités nantaises et rennaises dirigées par Mmes Rolland et Appéré.

C’est une victoire collective obtenue par la mobilisation sans faille de tous les acteurs qui ont lutté sur terrain judiciaire comme sur les terres de la ZAD aux côtés des occupants historiques ou face aux forces militaires.

C’est enfin une victoire qui s’est bâti, ne l’oublions jamais, dans un contexte de répression policière inouïe au prix de centaines de blessés, de personnes jugées et incarcérées, d’innombrables procès au cours des décennies, jusqu’à la farce électorale de la consultation de 2016.

Il faut maintenant d’urgence mettre les acteurs autour de la table pour pouvoir pérenniser les lieux de vie car les activités agricoles foisonnent sur place, mais aussi pour que la vie retrouve son cours à NDDL. Cela prendra du temps et toute évacuation manu militari serait dangereuse et totalement contre-productive. A l’instar de nombreuses organisations, nous demandons donc un moratoire pour la suite de la gestion des lieux.

Comme à Plogoff et au Carnet, le peuple breton a toujours gagné !

Longue vie à la ZAD de NDDL !

* 2018, année de la victoire ! Non à l’aéroport !

Depuis plusieurs semaines, une campagne médiatique s’est mise en place pour préparer les esprits à une évacuation violente de la ZAD, « quoiqu’il se passe ». Alors qu’un appel unitaire à la mobilisation a été lancé pour fêter la fin de validité de la Déclaration d’Utilité Publique (DUP) du projet, le samedi 10 février à la ZAD.

De l’abandon du projet…

Le rapport des médiateurs remis au président Macron le 12 décembre dernier a clairement mis en relief la possibilité d’un réaménagement de l’aéroport existant. C’est ce qui est proposé depuis de nombreuses années par les opposant.e.s. et notamment l’étude économique du cabinet CeDelft commandé par le Cedpa en 2011. D’une certaine manière ce rapport est un camouflet pour l’Etat, il reconnaît à demi-mot que la solution d’une modernisation de l’aéroport actuel a constamment été occultée depuis le débat public de 2002/2003 jusqu’à la consultation départementale de 2016. 15 ans de mensonges. L’entêtement des édiles locaux, le manque d’honnêteté et de démocratie auront donc amené à installer un des principaux foyer de résistance à l’Etat central en périphérie de la métropole nantaise. Macron a annoncé qu’«une décision définitive (…) sera prise au plus tard en janvier», c’est à dire juste avant la fin de validité de la DUP (qui peut néanmoins être prolongée). Beaucoup croient donc aujourd’hui à un abandon du projet de Notre-Dame-des-Landes au profit d’un réaménagement de Nantes-Atlantique.

… à l’évacuation de la ZAD ?

La certitude d’un abandon du projet, beaucoup l’ont acquise lors de l’impressionnante mobilisation de l’automne 2012, dans et autour de la ZAD, qui a fait échouer l’opération d’évacuation et rend toute nouvelle tentative extrêmement complexe. Mais cette certitude en accompagne une autre, celle que l’État ne toléra pas une zone d’autonomie de 1600 hectares à 20 bornes de Nantes. La campagne médiatique de criminalisation orchestrée ces derniers jours par le gouvernement et une partie de la presse tend à l’infirmer. Son caractère fabriquée et hallucinée, à l’image des techniques éprouvées localement en amont des manifs nantaises de 2012 et 2014, amènera même le JDD et les services de gendarmeries à se prendre les pieds dans le tapis en se faisant épingler pour avoir publié de fausses photos secrètes de la ZAD.

Vers la première commune libre de Bretagne

Contrairement aux affabulations médiatiques, les opposant.e.s au projet savent que leur force ne réside pas dans une ingéniosité capable de « souder des lames de rasoir sur des boules de pétanques ». Ils et elles ont en commun plus de 10 ans de luttes sans interruptions ! Des dizaines de projets, regardés de par le monde entier, se sont construits dans la ZAD, les vies se sont entremêlées. L’histoire vécue entre les diverses composantes de la lutte est commune et indissociable et ce que sera l’avenir de ce territoire et de leurs habitant.e.s. Malgré les conflits internes, une solidarité extrêmement forte existe entre les occupant.e.s de la ZAD, et au-delà parmi toutes celles et ceux qui ont contribué à la lutte. Le socle de cette solidarité, qui garantit l’existence tant des nouveaux.elles arrivant.e.s que des ancien.ne.s, s’exprime dans les 6 points pour l’avenir de la ZAD, texte rédigé fin 2015 toujours d’actualité et affirmant un cadre unitaire de revendication des occupant.e.s :

  1. Que les habitant-e-s, propriétaires ou locataires faisant l’objet d’une procédure d’expropriation ou d’expulsion puissent rester sur la zone et retrouver leur droits
  2. Que les agriculteurs-ices impacté-e-s, en lutte, ayant refusé de plier face à AGO-VINCI, puissent continuer de cultiver librement les terres dont il-elles ont l’usage, recouvrir leurs droits et poursuivre leurs activités dans de bonnes conditions.
  3. Que les nouveaux habitant-e-s venu-e-s occuper la ZAD pour prendre part à la lutte puissent rester sur la zone. Que ce qui s’est construit depuis 2007 dans le mouvement d’occupation en terme d’expérimentations agricoles hors cadres, d’habitat auto-construit ou d’habitat léger (cabanes, caravanes, yourtes, etc), de formes de vies et de luttes, puisse se maintenir et se poursuivre.
  4. Que les terres redistribuées chaque année par la chambre d’agriculture pour le compte d’AGO-VINCI sous la forme de baux précaires soient prises en charge par une entité issue du mouvement de lutte qui rassemblera toutes ses composantes. Que ce soit donc le mouvement anti-aéroport et non les institutions habituelles qui détermine l’usage de ces terres.
  5. Que ces terres aillent à de nouvelles installations agricoles et non agricoles, officielles ou hors cadre, et non à l’agrandissement.
  6. Que ces bases deviennent une réalité par notre détermination collective. Et nous porterons ensemble une attention à résoudre les éventuels conflits liés à leurs mise en oeuvre.

Nous semons et construisons déjà un avenir sans aéroport dans la diversité et la cohésion. C’est à nous tout-e-s, dès aujourd’hui, de le faire fleurir et de le défendre.

Nous le voyons, la proposition sous-jacente au mouvement après l’abandon, c’est bien de la pérennité de la ZAD dans son caractère autonome et auto-organisée, parvenir à la gestion collective des terres, en faire un commun indépendant de l’autorité de l’État sur le domaine foncier.

La ZAD nous l’avons gagné, nous nous battrons pour la garder

En cas d’abandon, le gouvernement français et son président seront pressés d’évacuer la ZAD le plus rapidement possible, en attaquant d’abord les nouveaux occupant.e.s. En intervenant vite, il risque alors de se heurter à la solidarité pleine du mouvement. Les 6 points tiendront les différentes composantes du mouvement entre elles, les organisations citoyennistes et paysannes défendront les « nouveaux.elles habitant.e.s » face aux tentatives d’évacuation. Peu de médias ont souligné la mobilisation des comités locaux que l’annonce gouvernementale ou présidentielle de janvier et la manifestation du 10 février vont réactivés. La profusion de leurs actions déconcentrées (blocages, manif, sabotages, …), cruciales lors de l’opération César, sera encore déterminante et témoignera du niveau de solidarité avec la ZAD. Il y aura sans doute des tentatives de dissensions du gouvernement avant toute toute tentative d’interventions (la criminalisation d’une part du mouvement en est une), nous devrons rester vigilant.e.s et défendre l’unité autour des 6 points pour la sauvegarde de la ZAD.

La ZAD de Notre-Dame-des-Landes a cristallisé depuis près de 15 ans beaucoup d’espoir dans l’ensemble des mouvements écologistes et anticapitalistes, alors que les mouvements sociaux subissait trop régulièrement des échecs. Elle est aujourd’hui un terrain d’expérimentation sociale, politique et écologique emblématique en Bretagne que nous devons défendre. Nous devons garder ce « territoire perdu de la République » !

La gauche indépendantiste bretonne appelle donc ses militant.e.s et sympathisant.e.s à se mobiliser dans les comités ZAD-NDDL locaux pour préparer la résistance aux tentatives d’évacuation. Soyons réactif.ve.s dès l’annonce de janvier. Soyons le plus nombreux.ses possible le samedi 10 Février à Notre-Dame-des-Landes !

Voici un texte diffusé initialement sur le site Expansive.info et qui explique le pourquoi d’une campagne d’abstention active en Bretagne pour les élections présidentielles 2017.

La rédaction de Bretagne Info.

 

Selon les pronostics, l’abstention sera comme toujours la grande gagnante des élections du printemps 2017. Néanmoins, il semble qu’une fois encore les politiques ne vont pas la prendre au sérieux. Une infime minorité aura donc à nouveau le droit de faire la loi, quelqu’un sera reconduit à la tête de l’État, l’assemblée des vieux blancs corrompus se remplira à nouveau. Pour remédier à ce problème, c’est à dire pour que la France ne vienne plus nous déranger avec ses élections et ce qu’il en résulte, des militantEs de la gauche indépendantiste bretonne ont décidé de répondre favorablement aux appels internationaux à une piraterie de classe contre les présidentielles.

Notre participation au cirque électoral par une campagne d’abstention active s’est imposée comme une évidence. Qu’importe qui fera reculer les droits sociaux, nous refusera toujours le droit de décider collectivement du sort de nos territoires, passera en force sur les projets inutiles et imposés, niera fidèlement le droit du peuple breton à se gouverner lui-même de Ouessant à Clisson. S’il faudra lutter contre l’une ou l’autre de ces personnes après l’élection, autant commencer dès le début de la campagne. Nos voix seront dans les rues et sur les murs, pas dans les urnes. Il est d’autant plus impensable en Bretagne, d’accepter passivement cette énième injonction à aller choisir qui va continuer à ne pas nous représenter ; pas après avoir expérimenté sur la ZAD le fait se représenter soi-même, pas après avoir montré pendant le mouvement contre la loi travail notre capacité à s’organiser contre ce monde, et pas à un seul instant tant que notre peuple est privé de son droit à s’autogérer.

Comme beaucoup nous ne nous déplaçons pas pour aller voter car nous ne ressentons rien pour les mascarades présidentielles. Choisir entre le pire et le différemment pire ne fait pas vibrer grand monde. Que cela s’exprime par un discours militant ou non, les beaux succès permanent de l’abstention et la disparition du vote de conviction au profit du vote de dépit sont plus que des aveux d’échec. Ils sont aussi des frontières qui existent entre un monde politique coupé du réel, et les classes populaires qui subissent sa loi sans rien pouvoir obtenir autrement que par la lutte. Ce monde clos est à ce point loin des réalités qu’il fait même une élection sous un état d’urgence devenu semi-permanent.

Nous savons déjà de quoi sera fait le débat : concours de casse sociale, nationalisme tricolore outrancier et va en guerre, racisme, sexisme, course au renoncement écologique. A l’inverse, pour construire une Bretagne indépendante, réunifiée, anticapitaliste, féministe, écologiste, brittophone et solidaire, notre programme passe donc par la perturbation des élections présidentielles françaises. Puisque nous n’avons pas notre place dans les médias pro-élections, nos propositions s’écriront sur les murs et dans la nature. Nous invitons les volontaires à répandre cette dynamique à travers tout le pays. Exprimez-vous dans cet espace électoral conçu pour être verrouillé, portez y l’affrontement, tournez-le en ridicule, sabotez-le, à vous de trouver vos méthodes. Organisons-nous pour lancer dès à présent la riposte. Pour une fois nous prendrons la parole, en tant que partisanes et partisans du boycott de 2017, en tant que bretonnes et bretons.

Sabordons les élections, à l’abordage !

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