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Etats complices de la crise financière et mobilisations indépendantistes

Le 11 septembre, une manifestation pour l’indépendance de la Catalogne a réuni près de 2 millions de personnes à Barcelone, onze jours plus tard une marche était organisée à Edimbourgh pour annoncer le référendum sur l’indépendance de l’Ecosse qui aura lieu en 2014. Durant l’été c’était le Syndicat Andalou des Travailleurs qui se portait en pointe du combat social européen en organisant des réappropriations collectives et des occupations lors de marches ouvrières intitulées «Andalousie debout !». De même au Québec, les élections organisées à la suite du mouvement social étudiant ont vu le gouvernement de droite libéral se faire éjecter par les indépendantistes.

En Ecosse, au Québec, en Catalogne, au Pays Basque, en Galice et même en Andalousie les politiques budgétaires antisociales des gouvernements centraux renforcent la revendication du droit à l’autodétermination comme alternative face à la crise économique. La désillusion est complète sur les gouvernements des Etats occidentaux qui ont préféré sauver les banques en 2008-2009 plutôt que de défendre leur peuple face aux spéculations des financiers. Après l’émergence, puis le déclin d’un «mouvement des indignés» qui n’a pas su donner de perspectives suffisantes aux peuples d’Europe, le réveil de certaines nations sans Etat se regarde différemment à travers le prisme d’une crise qui s’installe durablement.

Manifestation du 11 septembre à Barcelone

Nous le savons, les politiques économiques antisociales imposées par l’Union Européenne, depuis Maastricht et jusqu’au TSCG, ont participé à une montée des extrêmes droites nationalistes en même temps que les peuples perdaient peu à peu tout illusion d’une Europe symbole de fraternité et de justice sociale. Il peut paraître en ce sens déplorable que les organisations de gauche françaises n’offrent aucune analyse quant aux 2 millions de catalans (dont des ressortissants français) qui se sont mobilisés ces dernières semaines dans les rues de Barcelone, ou pire, qu’avec certains médias, ils y voit un «repli identitaire égoïste comparable en temps de crise à ce qui s’est passé dans le nord de l’Italie ou en Slovénie». Il nous parait ici nécessaire de rappeler dans quel mesure ces mobilisations participent du mouvement social contre l’austérité, et sont l’opposé d’un nationalisme fermé. A ce titre nous ne serons que conseillé le texte de Neal Baxter, militant indépendantiste galicien, envoyé en guise de réponse à un article paru dans le Tout est nous n°159 (organe du NPA)

Marche pour l’indépendance de l’Ecosse, 22/09/12

Bien sûr Arthur Mas, à la tête du gouvernement catalan, qui a convoqué de nouvelles élections pour novembre et dans lesquelles la question du droit à l’autodétermination sera centrale, et Alex Salmond, premier ministre du gouvernement écossais, sont loin d’être de férus anticapitalistes. Néanmoins leurs discours sur la question nationale se base clairement sur une aspiration populaire à une politique de justice sociale face à l’austérité. Pour le cas d’Arthur Mas, il y est même contraint par les mobilisations sociales et nationales. Lors de la marche du 22 septembre à Edimbourgh, la mobilisation s’est clairement faite sur des mots d’ordre d’opposition à la politique d’austérité du Royaume-Uni. Alex Salmond y a pris la parole en déclarant que l’indépendance avait pour signification «l’arrêt des coupes sociales, empêcher les écossais d’aller à la guerre qu’ils ne veulent pas et éliminer les armes nucléaire du pays». Le leader du Parti Vert, Patrick Harvie, appelait à une indépendance «qui casse les pouvoirs des multinationales et des banquiers.», pendant que Denis Canavan, ancien unioniste, disait lui, qu’en tant qu’internationaliste il voyait l’indépendance comme un moyen d’atteindre la justice sociale.

Marche ouvrière andalouse du 08/09/12
Marche ouvrière andalouse du 08/09/12

De même les mobilisations et grèves contre les politiques d’austérité qui ont eu lieu cette semaine dans l’Etat Espagnol posaient clairement la question du droit à l’autodétermination en Galice, en Andalousie, en Catalogne et notamment en Pays Basque. Près de 150 000 personnes se sont mobilisées dans les rues du pays Basque le 26 septembre à l’occasion d’une grève générale à l’appel de l’ensemble des syndicats indépendantiste. Celles-ci avec une requête adressée directement aux autorités locales et demandant à passer du «j’ applique la réforme du gouvernement central parce que c’est obligatoire» au «je ne peux pas l’appliquer parce que la société du Pays Basque l’a refusée». Pendant ce temps, au sud de la péninsule, les réappropriations collectives de terres agricoles se déroulent toujours sous les couleurs blanches et vertes du drapeau andalou.

Ce constat d’interpénétration entre revendication nationale et revendication sociale pourrait être aussi fait pour le Quebec, qui après plusieurs mois d’une mobilisation contre la réforme de l’université imposée par Ottawa et le gouvernement Québecois néo-libéral, a débouché sur une victoire et le retour en avant de la revendication indépendantiste, avec la construction d’un bloc de gauche radical indépendantiste (Quebec Solidaire) s’installant durablement dans le pays.

Manifestation quebecoise Juin 2012

C’est bien le dynamisme social des indépendantistes comme force progressiste défendant le droit de la majorité sociale de chaque nation, qui permet d’expliquer pourquoi les gouvernements centraux remettent en cause l’autonomie des pouvoirs locaux et régionaux au Québec ou en Catalogne. Qui croirait, au vue de l’assujettissement de gouvernements centraux à la finance, qu’il s’agit ici d’équité territoriale à l’intérieur de ces Etats ?

La revendication indépendantiste bretonne au service du mouvement social

De la même manière qu’il est acquis que revendications écologistes et revendications sociales se sont interpénétrées pour élargir et renforcer la palette de l’opposition à l’ordre capitaliste, la revendication du droit à l’autodétermination comme légitimité démocratique pour s’opposer aux réformes néo-libérales et l’ordre économique, doit pénétrer le mouvement social en Bretagne. Elle donne clairement plus de force à nos revendications et dame le pion à l’extrême droite sur le plan identitaire. Cette conscience permet de ne pas attendre sans cesse des directives de centrales parisiennes mollassonnes et bureaucratiques, d’organiser la lutte localement quand de tous les côtés les plans sociaux se multiplient.

C’est d’ailleurs ce que nous mettions en avant au moment des grèves en Martinique et en Guadeloupe en 2009. L’aspiration indépendantiste, par sa non-sujétion au pouvoir centrale, y a permis l’émergence d’une revendication et d’un mouvement social mené localement et à la base, terriblement plus efficace que les traditionnels rendez-vous syndicaux hexagonaux.

mobilisation en Gwadloup

Malheureusement, les organisations syndicales françaises, comme le Front de gauche, ou dans une moindre mesure le NPA, voient toutes constructions de dynamique à travers la seule échelle étatique et dans le cadre d’accord entre organisations centralisées. Privilégiant ainsi le jeu électoral, parfois utile, mais au détriment du travail extraparlementaire et de la remise en cause des institutions centralistes françaises (présentées comme le nec plus ultra tricolore de l’égalité sociale face à la méchante Europe). Elles militent de facto pour le maintien des institutions françaises qui n’ont jamais garanti l’équité territoriale et un égal accès aux biens et services publics. Alors qu’un «acte III de la décentralisation» est annoncé prochainement, en même temps qu’une réforme territoriale qui laissera entrevoir le discours austère du traité budgétaire européen, nous pouvons craindre une certaine nullité en terme de revendications démocratiques. Le manque de réflexion des organisations syndicales et politiques de gauche sur la question du droit à l’autodétermination des peuples de l’hexagone, risque d’y associer thème de la «démocratie locale» et de la «décentralisation» à celui d’«austérité», sans qu’on y reconnaissance la justification d’une revendication nationale des peuples sans Etat sous domination française dans le combat pour la justice sociale et l’environnement.

Combien de temps allons nous encore attendre que les grands syndicats de Paris nous proposent une autre journée d’action (9 octobre 2012) ou que les grands partis de la gauche pas trop radicale tentent de nous emmener dans des processions préélectorales qui se déroulent à Paris (cf 30 septembre 2012) ? Alors qu’il faut construire ici des cadres de résistance pour défendre nos conditions de vie impliquant le plus grand nombre, au plus prés de la réalité sociale et ne cherchant pas le coup de comm’ du 20 heures ou un hypothétique cadre de négociation avec la nouvelle gauche plurielle de Paris

C’est bien l’auto-organisation du peuple breton et des forces sociales qui le compose, comme lors de la lutte contre le CPE (contrat première embauche ) avec l’exemple du LKP en Guadeloupe ou des actions ouvrières andalouses, qui permettra de résister directement et ici aux politiques d’austérité, et de construire les alternatives sociales au service des classes populaires et du plus grand nombre. D’une part en faisant vivre des solidarités concrètes et des revendications : droit au logement et donc le droit de légiférer localement contre la spéculation immobilière et les résidences secondaires, accès à l’énergie, aux soins, à l’éducation, aux loisirs, éradication de la précarité et du chômage par une réduction massive du temps de travail, … Ainsi qu’en menant des expérimentations sociales de rupture : réappropriation des outils de travail, occupations des terres, coopératives d’achats en circuits courts, régies publiques autogérées de production et de distribution de l’énergie, transports publics de proximité gratuits, monnaies de substitution… C’est ces pratiques qui nous amèneront à la revendication d’une souveraineté populaire en Bretagne s’exprimant en faveur d’un parlement et du droit à l’autodétermination. C’est ce type d’initiatives que nous proposons et soutiendrons partout en Bretagne.

BREIZHISTANCE-IS

 

Petit retour sur le premier été de l’ère Hollande-Ayrault

Bien sûr on dira que le nouveau gouvernement PS (+ EELV et PRG) n’est en place que depuis quelques mois, qu’« il faut lui laisser le temps » pour imposer un « changement » qui devait à l’origine être « maintenant ». En attendant les attaques antisociales contre les travailleurs et les travailleuses continuent inlassablement et les mouvements sociaux sont encore et toujours réprimés, notamment en Bretagne. Tout ne serait donc qu’une affaire de «style», pourtant, qu’il est étonnant (pour ceux et celles qui y croyaient encore) de voir cette nouvelle majorité reprendre les mêmes mots que l’ancienne, «morale républicaine» ou «laïque» à l’école, imposition d’une politique européenne néo-libérale avec le traité budgétaire et évacuation estivale de camps roms. En tout cas, nous, en Bretagne, qu’on soit ouvrier-e de l’industrie, paysan-ne prolétarisé-e, militant-e anti-nucléaire, opposé à l’aéroport ou pour la langue bretonne, on a pas vu la différence … Cela ne veut pas dire que nous sommes condamnés à cette réalité, juste que la solution ne se trouve ni à Paris, ni avec le PS ou l’UMP.


De DOUX à PSA, construisons l’alternative ici, en Bretagne

L’actualité sociale et industrielle en Bretagne aura notamment été marquée par les dossiers DOUX et PSA. En effet, peu après les présidentielles, les plans sociaux sont tombés. 800 agriculteurs et 2000 emplois menacés à DOUX, 1400 dans l’usine PSA de Rennes avec la fermeture d’un site en France, à Aulnay (3000 salariés), sans compter les sous-traitants. Ceci au moment même où la Commission européenne accorde 12 millions d’euros d’aides pour plus de 2000 salariés de PSA licenciés en 2009 et 2010, s’ajoutant au 4 milliards d’aides publiques perçues ces dernières années par l’entreprise. Alors que l’entreprise DOUX a bénéficié elle de près d’un milliard d’euros d’aide de la PAC en 15 ans, de centaines de millions d’euros d’aides publiques des différents gouvernements français et que la famille DOUX est une des plus riche de Bretagne.bulletin-web_Page_3_Image_0001

Le cas de la société DOUX était prévisible tant l’agriculture productiviste et ultra-libérale a montré ses limites, que ce soit en terme environnemental ou en terme social, comme on le constate aujourd’hui. La « rationalisation » des exploitations agricoles, en les spécialisant à outrance, a rapidement montré ses dérives entrainant la prolétarisation des paysans et des salariés de l’agro-industrie, des produits de masse de faible qualité, une dépendance à l’Europe de ses élevages par manque de protéines végétales, des problèmes environnementaux dus à la concentration de la production sur des territoires de plus en plus restreints, le dumping des excédents exportés qui anéantissent les paysans locaux.

Alors que l’affaire Doux devrait être un coup de semonce nous permettant de poser les bonnes questions et d’apporter les bonnes réponses, on ne peut que déplorer les déclarations du gouvernement ou des députés nouvellement élus ne dépassant pas les appels à la « pérennisation de l’outil industriel ».

Sans doute dans les prochains mois verrons nous les mêmes catastrophes sociales se reproduire dans la filière porcine, avec les mêmes responsables politiques se prononçant pour une « économie verte » et une « agriculture durable » qui défendront la filière productiviste au détriment d’une restructuration radicale du modèle agricole breton.

Quant à PSA, les chiffres parlent d’eux-mêmes : des milliards d’euros de l’Etat pour le groupe PSA, prime à la casse, chômage partiel financé par la collectivité (APLD), augmentation du chiffre d’affaires du groupe à 60 milliards d’euros…. et des licenciements de masse qui se succèdent. Tout comme avec les salariés de DOUX nous serons aux côtés de ceux et celles qui refusent de payer la crise à la place de ses responsables. Il y a besoin d’une refonte radicale de l’industrie vers une production socialement et écologiquement utile qui ne pourra se faire sans un contrôle publique de l’entreprise. En attendant les représentants de la nouvelle majorité devraient pouvoir imposer la mise en place d’un fonds patronal mutualisé, financé par les entreprises du secteur de l’automobile (Renault, Toyota, etc.), ils devraient instaurer un droit de véto pour les comités d’entreprises contre les licenciements collectifs. Encore faudrait-il qu’ils le veuillent, encore faudrait-il que le « changement soit maintenant ». De même tout en dénonçant l’injustice du modèle économique de DOUX nous devons agir en Bretagne pour une réappropriation collective des structures de l’entreprise vers une agriculture paysanne. Ce qui arrive aux salarié-e-s de DOUX ou PSA est bien la conséquence de l’absence de contrôle démocratique et économique de ces secteurs stratégiques laissés dans les mains des pires spéculateurs. Via un parlement breton nous pourrions imposer un contrôle citoyen et un contrôle social des CA de ces entreprises, et ceci est bien légitime quand presque l’ensemble des collectivités en Bretagne participent à leur financement !

Force est de constater que les salariés de Doux ou PSA sont assez isolés. Malgré nos critiques sur le modèle économique désastreux sur le plan environnementale que représente ces entreprises, nous souhaitons rappeler avec force que c’est les ouvriers que nous défendons et pas leur travail !

Il est clair que ces salariés n’ont pas à payer la crise des grands patrons. Leurs mobilisations légitimes ne sont pas ou peu appuyer par le reste du paysage syndical et politique.

Aujourd’hui c’est eux, demain ça sera nous tous et toutes à qui ont fera payer par des licenciements de masse et des mesures d’austérité la crise provoquée par une minorité de spéculateurs et de capitalistes.

On ne peut que le constater, les mobilisations traditionnelles de type journées nationales d’action pour l’emploi ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. Les mobilisations victorieuses de la Guadeloupe et de la Martinique de l’année 2010 nous on montré la voie à suivre, un regroupement à la base des forces syndicales et politiques sur la base d’un programme revendicatif pour défendre les intérêts populaires. Plus près de nous, les grèves générales massives construites par les syndicats basques ou galiciens vont dans le même sens et nous invitent à nous émanciper du syndicalisme centralisé. L’ampleur des mobilisations des syndicats andalous (SAT/SOC) et de la gauche souverainiste andalouse organisée autour de CUT-BAI, et qui se déroulent depuis début septembre à travers des marches ouvrières pour imposer des mesures favorables aux travailleurs (logements, emplois, contre les aides publiques aux banques, etc …), doivent alimenter notre réflexion et notre pratique. Elles doivent nous inspirer pour contribuer à construire une riposte de classe ici, en Bretagne et à la base, sans attendre la grève générale dont aucun grand syndicat français ne veut, tant leurs dirigeants sont liés au nouveau pouvoir.

BREIZHISTANCE-IS et ses militant-e-s sont disponibles pour construire des mobilisations à la base ici en Bretagne, clairement anticapitalistes, pour la défense des emplois socialement utiles, pour la reconversion dans cette perspective, pour l’augmentation des salaires, pour le logement et contre la spéculation immobilière, contre la hausse des prix et pour la défense des minimas sociaux que sans doute on attaquera bientôt.

Répression ? oui, mais de gauche

Les tribunaux français n’ont pas chômé durant les congés ! Yoann Colas et Corentin Lemonnier, deux militants de Breizhistance – IS, ont été condamnés le 16 août à Rennes à 1000 et 1500 euros d’amende pour avoir barbouillé deux panneaux routiers unilingues. La présence publique de la langue bretonne est un droit légitime et démocratique qui progresse de Brest à Clisson. Il semble cependant que le Conseil général d’Ille et Vilaine qui avait porté plainte, tout comme les magistrats rennais, ne soient pas encore prêt à emboiter le pas de ceux du Finistère, des Côtes et d’Armor et du Morbihan. Le refus du président du tribunal d’accorder un interprète à nos deux camarades ayant souhaiter défendre leurs droits en breton, alors même que la police française leur avait accordé ce droit lors de leur interrogatoire, les réquisitions du procureur, les remarques humiliantes de la juge pour notre langue nationale et ses défenseurs, et ces condamnations témoignent une fois encore de la vision jacobine de la justice de l’Etat français et de sa partialité politique.

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Face au coupable immobilisme d’une part réactionnaire des élus en Bretagne, l’action de désobéissance civile et populaire reste un des meilleurs moyens d’avancer vers l’officialité de notre langue.

Mickael Garabello, guingampais de 24 ans et étudiant à Rennes, a lui été condamné à 3 mois de prison ferme le 21 août pour avoir participé au week-end de résistance et à l’action anti-THT du 24 juin dernier à Chefresne dans la Manche (70km au nord de Fougères). Alors que le parquet lui-même avait abandonné les poursuites par manque de preuves, Mickael a été reconnu coupable des blessures légères occasionnées à deux gendarmes. Lors de la marche qui devait conduire les participants au week-end au chantier d’un pylône, ceux-ci avait tout de suite été empêchés par les gardes-mobiles usant de grenades assourdissantes et de bombes lacrymogènes envoyées à tirs tendus. Deux manifestants ont été touchés à l’œil, entrainant pour l’un une hémorragie du vitré et pour l’autre une triple fracture du massif facial nécessitant une opération chirurgicale. Enfin une troisième personne s’est vu percluse d’éclats de grenades dont l’un ayant sectionné un nerf de l’avant-bras.

Le mardi 28 août sont passées devant le tribunal de Saint-Nazaire les 37e et 38e personnes inculpées dans le cadre de lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Ils sont accusés de « violence avec arme sur personne dépositaire de l’autorité publique » pour Sylvain Fresneau (porte-parole de l’ADECA) et « violence sur personne dépositaire de l’autorité publique » et « refus de fichage ADN » pour l’autre, Clément, arrêté un mois après les faits à son domicile. Le 21 juin 2012, ils participaient à un rassemblement contre le déroulement d’une enquête publique préalable à la réalisation du projet d’Aéroport Grand Ouest à Notre-Dame-des-Landes. Rassemblement devant la mairie, blocage des entrées par des tracteurs et des serrures collées et occupation du toit. Des centaines de personnes marquaient ainsi leur opposition à ce projet contre lequel elles luttent depuis plus de 30 ans. Sylvain Fresneau s’était alors fait arrêté dans son tracteur (« arme par destination ») manœuvrant devant les forces de l’ordre. L’audience s’est déroulée sous la pression populaire comme en témoigne la présence de 150 tracteurs et près de 1000 personnes réunies pour soutenir les deux prévenus, une mobilisation importante en cette fin d’été. La venue de quelques personnalités comme José Bové aura permis une médiatisation relativement importante de l’événement. Clément sera relaxé pour le délit d’attroupement, son avocat faisant état de l’absence de PV des forces de l’ordre quant à l’effectivité de sommations… mais 2 mois de prison avec sursis seront requis pour chacun des autres chefs d’inculpation. C’est ensuite Sylvain qui comparaît. La procureure s’offusquera aussi qu’on ait pu faire « rentrer la politique dans le tribunal », rappelant « l’indépendance de la justice » avant de requérir des peines dont le caractère politique n’échappera à personne : amende de 800 euros, interdiction de manifester pendant un an à Notre-Dame-des-Landes, confiscation et interdiction de porter des armes (le tracteur n’étant cependant ici plus une arme). Délibéré le 11 septembre à Saint-Nazaire (ce même jour verra l’audience de la famille Herbin, locataires sur la ZAD et mis en demeure par Vinci malgré l’accord signé avec le PS suite à la grève de la faim du printemps). Rappelons aussi que les expulsions sauvages par les gardes mobiles et les CRS sont de plus en plus redoutées…

Si l’acharnement judiciaire continue contre les militants, rien n’a non plus vraiment changé dans la politique intérieur du gouvernement actuel. En témoigne les démantèlements hebdomadaires des camps de Roms sous la houlette d’un ministre de l’Intérieur il est vrai coutumier du fait depuis son mandat à la tête de la commune d’Evry. Les fallacieux prétextes sanitaires ne sauraient nous duper. Ces actions menées à grand renforts de forces policières sous l’œil des caméras ne conduisent qu’à la stigmatisation d’une population qui dérange la vision normative qu’à le gouvernement de la société.

Le gouvernement socialiste continue de même à collaborer avec l’Etat sécuritaire espagnol dans la gestion du conflit basque où un processus de paix est impulsé. Aux arrestations des militants indépendantistes basques sur le territoire français, se succèdent les silences aux demandes du rapprochement des prisonniers politiques basques et de la libération de 14 d’entre eux gravement malades. Le pays se targuant d’être celui de la patrie des Droits de l’Homme, qui a fait libérer Papon pour raisons de santé, a-t-il fait un quelconque signe envers ces prisonniers (dont 150 sont incarcérés en France) ?

Dans ces conditions, il est difficile de voir une ministre EELV de ce gouvernement français prendre la défense du groupe russe Pussy Riot, quand répression et injustices se succèdent sur le territoire hexagonal. L’indépendantiste guyanaise que fut la Garde des Sceaux Christiane Taubira n’a pas d’ailleurs plus fait de signe envers les militants corses ni le militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah embastillé depuis bientôt 30 ans en France.

Enfin on remarquera le silence des partenaires du PS a commencer par Europe Ecologie, ou même du Front de Gauche, à propos des lois liberticides dites anti-terroristes votées par la droite en 1986 et renforcées depuis par tous les gouvernements, et dont plus personnes ne demandent l’abolition. A la

prochaine rafle du style Tarnac, ou anti-indépendantistes bretons, basques ou corses on en reparlera.

Ministère de la Défense, un «décolonisateur» qui colonise

La gauche indépendantiste bretonne s’est toujours élevée contre toute politique militariste où que ce soit dans le monde, à fortiori quand elle touche directement notre territoire. Ainsi il y a un an nous impulsions une campagne antimilitariste en nous élevant notamment contre les journées de recrutement de l’armée française en Bretagne, les JAPD.

C’est dans ce cadre, qu’au mois de juillet nous avons interpellé l’ancien président de la Région Bretagne et actuel ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian, et le député Paul Molac (apparenté UDB et siégeant dans le groupe parlementaire d’EELV) sur le choix sulfureux du nom de la promotion des élèves officiers de St-Cyr, De Castelneau. Ni l’un, ni l’autre n’ont réagi à notre indignation publique que soulève l’idéologie d’extrême-droite véhiculée par ce personnage, soutien de Franco et créateur d’une ligue fasciste dans l’entre deux-guerre. Ce député « autonomiste mais pas trop » avait pourtant félicité J.-Y. Le Drian de sa nomination à la Défense, disant de lui qu’il avait « fait sortir la Bretagne de l’ère coloniale »… Pas vraiment le genre de « Bretagne décolonisée » dont nous rêvons… Ce qui n’a pas empêché les deux compères de se retrouver pour assister au baptême de la classe St-Cyr.

D’ailleurs cette politique de promotion de l’armée française et de ses valeurs impérialistes en Bretagne poursuit allègrement son cours. Entre le 28 et le 31 août, des recruteurs du poste d’information de Nantes ont sillonné les routes bretonnes de St-Malo à Pontivy en passant par Lamballe, Morlaix et La Baule afin de recruter pour la Légion étrangère.

On retrouvera d’ailleurs Le Drian le 10 septembre à Brest, pas au service du lobby militaro-nucléaire pour un sou, à l’université d’été de la Compagnie européenne d’intelligence stratégique, cabinet privé de lobbying douteux et officine sarkozyste s’il en est, mise en accusation dans un dossier de corruption avec Bouygues par le Canard Enchainé en début d’année… On choisit la « décolonisation » que l’on peut …

Cheñch penn d’ar vazh*

Encore une fois nous le disons, nous n’avons rien à attendre du Parti Socialiste en Bretagne, et encore moins de ceux qui choisiront de s’aligner sur sa politique. Que dire de la participation à ce gouvernement d’EELV, notamment sur la politique énergétique ? Cela a toutes les chances de conduire à un échec politique qui profitera à un Front de Gauche dont les structures dirigeantes reposent malheureusement sur des caciques du nationalisme français et du productivisme.

Le changement ne pourra être porté que par une prise de conscience massive du peuple dans sa capacité à s’autodéterminer et à mettre en place les élément d’une alternative au capitalisme et au productivisme. C’est le seul moyen d’aller vers un véritable partage des richesses et le bien-être collectif. En ce sens, face à un gouvernement qui nous endort, il faut être prêt à proposer et à construire cette alternative par nous-mêmes, et au-delà des mots d’ordre des centrales parisiennes. En Bretagne ces exigences sociales et environnementales ne peuvent passer à côté de la revendication démocratique à disposer de nos propres institutions et d’un territoire réunifié.

* Changer radicalement

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Le comité local BREIZHISTANCE-IS Gwened-Vannes salue l’initiative lancé pour le samedi 10 décembre à Lorient et appelle à participer à ce rassemblement anticapitaliste contre les politiques d’austérité partout en Europe. C’est bien la multiplication de ce genre d’initiative qui pourra déstabiliser l’oligarchie économique actuelle, sans oublier que la revendication de notre droit à l’autodétermination de construire les outils démocratique qui pourront nous permettre de reprendre notre destin en main.

La dette n’est pas la nôtre : refusons de la payer ! Les plans d’austérité sont illégitimes !


Partout en Europe les gouvernements expliquent que la dette augmente parce que nous vivons au-dessus de nos moyens et que nous devons donc accepter l’austérité et des coupes sombres dans les budgets sociaux. Quel mépris pour les millions de chômeurs/chômeuses, de travailleurs/travailleuses pauvres, de retraités dans la misère, d’ouvriers licenciés sur l’autel des dividendes versés aux actionnaires ! La dette est le résultat de 30 années de politiques libérales qui ont asséché les caisses de l’Etat, l’amenant à emprunter pour pourvoir aux besoins sociaux. La dette a explosé ces 3 dernières années à cause du sauvetage du capitalisme en ingurgitant des centaines de milliards d’euros dans les banques pour éviter qu’elles s’effondrent.

Si les plans d’austérité se succèdent en France comme partout en Europe, c’est pour sauver le système capitaliste, sauvegarder et augmenter les profits d’une minorité de riches qui contrôle l’économie et n’en ont strictement rien à faire de nos conditions de vie et de travail. Nous n’avons aucun intérêt à secourir ce système économique qui ne propose que survie pour les uns et luxe pour les autres. En France, la droite est à l’attaque mais les socialistes ailleurs en Europe mènent la même politique : rembourser la dette, donner des gages aux marché financiers, servir la soupe aux intérêts égoïstes du patronat et des actionnaires. Et tout cela avec la bénédiction de l’Union Européenne, monstre bureaucratique au service du grand patronat, de la banque centrale européenne et du FMI.affiche-unitaire-refus-de-payer-la-dette-10-d--cembre

On nous parle de sortir de la crise mais c’est bien la sortie du capitalisme qui doit être à l’ordre du jour. Il n’y a pas de fatalité à ce système économique qui va droit dans le mur. Des mesures radicales s’imposent contre les intérêts et le pouvoir des capitalistes dans la société et les entreprises. Pour cela, la mobilisation des travailleurs, de la jeunesse, des retraités, de toutes celles et ceux qui subissent est décisive pour défendre nos conditions de vie et de travail, les améliorer.

Quels que soient nos choix lors des Présidentielles de 2012, nous appelons l’ensemble des travailleurs, des chômeurs, de la jeunesse et des retraités à prendre le chemin d’une lutte déterminée et solidaire contre les puissances de l’argent, à forger les outils de notre libération, pour une véritable démocratie. Tous nos acquis sociaux ont été gagnés par la lutte de nos aînés. Cela fait trop longtemps que nous encaissons reculs sur reculs, nous sommes la majorité, ils ne sont qu’une poignée, ne l’oublions pas.

Organisez-vous, ne courbez pas le dos car c’est ce que gouvernement et patronat espèrent. C’est ce que les travailleurs et la population grecque refusent en se révoltant depuis des mois. C’est bien pour cela que les grecs sont autant critiqués dans les médias et par une partie de la classe politique vendue à la défense des intérêts capitalistes !

Rassemblons-nous pour affirmer qu’un pôle de résistance et d’alternative existe à la dictature des capitalistes sur nos vies. Faisons front, dans une lutte résolue pour un avenir d’égalité sociale, de liberté et de solidarité entre tous les travailleurs de France, entre tous les peuples !

Manifestation Samedi 10 décembre à 14h Place Aristide Briand (Fnac) de Lorient

Les premiers signataires de l’appel sont  : Alternative Libertaire, Confédération Nationale du Travail, Jeunes Communistes 56, Fédération pour une Alternative Sociale et Ecologique, Fédération Anarchiste, Les Alternatifs, Nouveau Parti Anticapitaliste.